BOULE
Les peuples de l'Asie et de la Grèce connaissaient, depuis longtemps, l'usage des moulins pour faire le pain, que les Romains ne savaient point encore moudre le blé ; ils avaient coutume de le piler ; aussi donnait-on le nom de pistores aux boulangers et celui depistrina aux lieux où Ton faisait la manutention du pain.
La figure 606 extraite de l'ouvrage de Mazois sur les ruines de Pompéi représente, en plan, la partie d'une habitation de cette ville qui était affectée à cet
Fig. 606.
usage; on y voit marquée 4 Y officine, pièce qui renfermait quatre moulins en pierre représentés par leur projection (voy. Moulin) ; près de la porte du pistrinum se trouve, à droite, l'ouverture du puits par laquelle on puisait l'eau nécessaire au service ; de chaque côté de cette ouverture sont placés des vases pour recevoir l'eau ; près du puits est le four 2 (voy. Four), sous lequel est ménagé un réceptacle pour recevoir la braise et au-devant un petit caveau dans lequel on jetait la cendre ; à gauche de ce caveau est un vase destiné à contenir de l'eau ou peut-être la farine dont on saupoudre habituellement la pelle pour éviter que la pâte ne s'y attache ; c'est dans la pièce marquée 3 que l'on faisait lever la pâte ; on y voit encore les pieds en pierre qui supportaient une table en bois ; la chambre 4 renferme plusieurs sortes il»v lussins qui servaient probablement à la préparation de. la pâte; on y trouve aussi un escalier qui condui-
sait, sans doute, au logement des esclaves pratiqué au-dessus de la pièce Sucette dernière chambre était, à en juger par l'auge en maçonnerie qu'elle contient, destinée à recevoir des ânes et non des chevaux, comme l'indique le peu de hauteur qu'elle possède.
Dans les exploitations rurales isolées, l'établissement d'une boulangerie est nécessaire et, suivant l'importance de ces exploitations, les trois locaux cidessus indiqués sont distincts ou ne forment qu'une seule pièce. Le plus souvent, le fournil est à part, le pétrin et la paneterie sont réunis ; dans les premier et dernier cas, le pétrin doit être attenant au fournil et communiquer avec cette pièce par une porte aussi rapprochée que possible.
En raison des dangers d'incendie que présente une boulangerie, il est bon de l'installer dans un bâtiment isolé, rapproché de la maison d'habitation, et éloigné, au contraire, des granges et greniers à fourrages.
Dans les villes, le pétrin et le fournil sont généralement en sous-sol, et la paneterie forme boutique au rez-de-chaussée.
Des dispositions spéciales sont indiquées pai* les règlements administratifs à l'effet de prévenir les incendies (voy. Four, Fournil).
Boule, s. f. — 1° Boule de rampe :
Fig. 607.
objet creux de forme sphéroïdale ou