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BRIDE

avec le hourd, qui formait une galerie continue couronnant une muraille ou une tour.

On plaça de ces ouvrages au niveau des combles et même à cheval sur les angles des bâtiments, comme le montre la figure 635, où la bretèche est placée au-dessus d'un hourd en charpente.

A partir du xive siècle, on établit des bretèches ou sortes de balcons au milieu de la façade des hôtels de ville ; c'est là que se faisait la proclamation des actes publics.

Les bretèches se voient encore aujourd'hui en Allemagne sous la forme de demi-tourelles, placées souvent au-dessus des portes. En France, ces encorbellements se posent généralement aux angles des habitations (voy. Tourelle).

Bretté, part, passé. — Fer bretté

(voy. Rabot).

Marteau bretté (voy. Laie).

Bretteler, v. a. — Maçonnerie.

Tailler, dresser le parement d'une pierre avec un outil à dents.

On dit aussi bretter.

Peinture. Faire sur une moulure des hachures d'une teinte différente de celle du fond.

On appelle brettelures les hachures en couleur d'or ou rehaussées que l'on fait transversalement sur un listel, sur une plate-bande, etc.

Brettelure,

teler.

f. — Voy. Bret-

Bretter, v. a. — Voy. Bretteler.

Bretture, s. f. — 1° Nom que les tailleurs de pierre du moyen âge donnaient à une sorte de marteau tranchant et dentelé (fig. 636) qu'ils employaient pour layer les parements. Aujourd'hui cet outil prend le nom de laie (voy. ce mot).

2° Brettures : traces laissées sur la

pierre par les outils dentés ; on nomme

Fig. 636.

aussi de même les dents de la laie ou marteau bretté.

Bride, s. f. — l°Lien en fer méplat servant cà relier entre elles des pièces de bois ou de fer ; par exemple : deux poutres accolées, pour composer une seule pièce de plus grande résistance (voy.

Armature); deux solives en fer à T accouplées, pour former un poitrail, un filet, etc. (voy. ces mots) ; ou deux pièces de bois ou de fer dont l'une, verticale, sert à suspendre l'autre horizontalement (voy. Assemblage).

2° On donne encore le nom de brides à des saillies placées aux extrémités de deux tuyaux en fonte qui doivent se placer bout à bout ; ces saillies se superposent Tune à l'autre et sont maintenues par des boulons.

Fig. 637.

Les saillies (fig. 637) qui sont traver-

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sées par des boulons de jonction, dans un collier, pour tuyau en fonte sont encore appelées brides.

Brifier, s. m. — Bande de plomb qui, dans un comble couvert en ardoise, recouvre la rencontre de deux pans.

Brin (Bois de). — Bois non scié mais équarri sur ses quatre faces, et de sa grosseur naturelle, provenant d'arbres ou de branches sur lesquelles on n'a pu prélever d'autres pièces.

Brindilles, s. f. pi. — l°Fers plats (flg. 638) dont on fait des enroulements

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Fig. 638.

pour l'ornementation des panneaux de balcons, de grilles, etc.

2° Ornements que Ton fait sur papier de même fond.

Brique, s. f. — Pierre artificielle formée d'argile et qui s'emploie crue, c'est-à-dire séchée seulement au soleil, ou cuite, c'est-à-dire durcie sous Faction du feu.

L'antiquité de l'usage de la brique est démontrée, depuis longtemps déjà, par les ruines des monuments anciens de l'Egypte et de l'Orient.

Les Assyriens et les Babyloniens construisaient à l'aide de brigues cimentées au bitume. Nous noierons ici ce fait re-

marquable, que dans certains de leurs crues et d'un revêtement de pierre.

édifices, au Birs-Nimrod par exemple, situé près des rives de l'Euphrate, les briques portaient des inscriptions en caractères cunéiformes, avec cette particularité que ces inscriptions sont toujours placées au-dessous d'elles, tandis que, dans les monuments d'un âge plus récent, on en voit aussi sur les faces extérieures et même sur toutes les faces. Au Birs-Nimrod, les briques portent le nom de Nabucbodonosor. Dans un autre amas de décombres placé sur la rive occidentale de l'Euphrate et où le voyageur Ker Porter pense avoir retrouvé le palais occidental de Babylone, on a reconnu que les briques, avant leur mise au feu, avaient reçu l'impression de figures d'animaux de tous genres, représentés au naturel, par des couleurs employées avec la plus grande habileté.

Les ruines de Ninive témoignent de l'emploi de la brique chez les Assyriens. L'enceinte de cette ville était fermée par d'épais massifs de briques. Les palais reposaient sur des noyaux ou massifs de briques cuites au feu. On a même reconnu que des voûtes entières avaient été exécutées avec ces matériaux. Comme à Babylone on a constaté l'usage de la brique coloriée. C'est ainsi qu'au palais de Khorsabad, on a découvert des fragments de peinture en émail, des briques revêtues d'ornements de diverses couleurs.

Les Égyptiens employaient la brique sur une moins vaste échelle que les peuples de l'Asie, privés de matériaux de grande dimension, tels que pouvaient en fournir aux Égyptiens leurs carrières de granit et de porphyre. Toutefois, les briques découvertes dans les ruines de l'Egypte suffisent pour attester l'antiquité de leur usage dans cette contrée.

On a retrouvé, construites entièrement avec cette matière, des routes établies pour le transport des matériaux destinés à la construction de certaines pyramides. Les pyramides elles-mêmes sont souvent formées d'un noyau en briques

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En général, les briques employées par les Égyptiens étaient faites avec une terre limoneuse, c'est-à-dire avec un mélange de terre noire et argileuse, de petits cailloux, de coquillages et de paille hachée. La confection de ces briques était effectuée par les esclaves et les prisonniers de guerre.

Les archéologues ont longtemps douté que les Égyptiens aient pu produire des briques cuites, à cause de la disette de combustible qui afflige leur pays. Toutefois, on sait aujourd'hui que ces matériaux ont très-bien pu être cuits avec des broussailles et même les matières fécales desséchées des chameaux et des autres animaux.

Dans l'architecture persépolitaine , on trouve également des témoignages nombreux de l'emploi de la brique et même de la terre cuite émaillée. Hérodote cite les créneaux qui surmontaient les enceintes d'Ecbatane comme présentant diverses couleurs obtenues au moyen de briques ou de carreaux émaillés et cuits au feu.

Nous ne quitterons pas l'Orient sans citer aussi les Chinois, chez qui l'usage de la brique se perd dans la nuit^des temps. La Tour de Nankin, vulgairement appelée la Tour de porcelaine, est construite en briques cuites et ses parois extérieures sont revêtues de porcelaine.

La fameuse Muraille de la Chine est en briques, au moins sur une grande partie de son développement.

Les Grecs et les Romains ont utilisé aussi la brique crue et la brique cuite. Leurs briques crues étaient, comme celles qui furent employées dans les plus anciens monuments de l'Asie, composées de terre grasse ou argileuse broyée avec de la paille hachée. On les laissait sécher pendant plusieurs années avant de les mettre en œuvre.

Vitruve rapporte que l'on fabriquait à Galente, en Espagne, à Marseille, dans la Gaule, et à Pitane, ville d'Asie, des briques surnageant sur l'eau, lorsqu'elles étaient sèches, parce que la terre dont

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elles étaient formées avait la même nature que la pierre ponce. Ces briques réunissaient à une grande légèreté une dureté extérieure telle que l'eau ne pouvait les pénétrer et, par suite, les portait sans les submerger.

On a beaucoup controversé sur la question de savoir si les briques crues employées par les Grecs et les Romains étaient cubiques. S'appuyant sur certains textes de Vitruve, un certain nombre d'archéologues ont penché pour l'affirmative et ont pensé qu'on avait imaginé de les faire méplates lorsqu'on avait commencé à les faire cuire. Sans décider la question, puisqu'on n'a pas retrouvé de briques crues dans les édifices grecs et romains, nous ferons seulement remarquer qu'il n'y a rien d'extraordinaire à ce que la forme méplate eût été adoptée dès l'origine, puisqu'elle existait dans les constructions de l'Orient bien avant l'emploi de la brique par les peuples occidentaux.

Il ne semble pas que l'usage des briques cuites existât à Rome du temps de Vitruve. Les murs des maisons étaient faits au moyen de petites pierres et de tuileaux, et ce genre de construction prenait le nom de structura testacea. Ce n'est guère que sous le règne des- empereurs que l'usage des briques cuites s'est réellement établi pour la construction des Thermes et des grands édifices.

Quoi qu'il en soit de l'époque qu'il faille assigner à cet emploi, il ressort de l'examen des débris de leurs édifices que les Romains donnaient à toutes les briques la forme carrée. Il y en avait de grande, de moyenne et de petite dimension, ces dernières étant employées pour revêtir les murs en blocage. Mais un mode d'emploi très-fréquent est celui qui consistait à alterner des assises de briques avec des assises de petits moellons. Ce procédé de construction se perpétua à Rome, ainsi que le prouvent Saint-Laurent et d'autres édifices contemporains de Constantin, et passa de

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là à Byzance. Les claveaux mômes des arcs furent alternés avec des briques ; on vit fréquemment des cornières, des impostes formées d'assises de briques superposées et présentant leurs angles en saillie, de manière à composer une ornementation simple et d'une exécution facile. La brique ou la terre cuite a même servi, dans certaines églises de style byzantin, à former, sur les parements des murs, à l'aide de diverses combinaisons, de véritables mosaïques.

Les Romains employaient encore cette matière à la construction de murs de quais ou d'enceintes fortifiées, comme en témoignent les fouilles exécutées h Ostie. Comme dans les ruines babyloniennes, on a remarqué que les briques mises en œuvre dans les constructions romaines portaient des caractères, des signes, des lettres initiales de quelques noms célèbres, la marque de fabrique ou la date du consulat sous lequel elles étaient fabriquées.

Au ve et au vie siècle, la construction homogène prévalut et ce fut d'abord la brique qui obtint la préférence. Toutes les églises latines de Rome qui sont postérieures au ive siècle n'offrent pas d'autres éléments que la terre cuite dans la confection de leurs murailles principales.

Les constructions gallo-romaines et mérovingiennes conservèrent le mode d'appareil en maçonnerie de blocage avec parements de petits moellons taillés, alternés avec des lits de briques posées de plat.

Les briques usitées en Italie, pendant le moyen âge, paraissent identiques à celles des ruines romaines. On trouve cependant, en Lombardie, un grand nombre de riches édifices de cette époque construits en briques ornées et, dans les autres parties de la péninsule, on rencontre encore de nombreux exemples de constructions où les briques sont employées, non comme massifs destinés à être revêtus de parements en quelque autre matière, mais comme

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éléments composant seuls la construction.

A partir du ixe siècle, on ne trouve plus, en France, que très-rarement, des briques mêlées aux autres matériaux.

On ne les emploie plus ou on les emploie seules. Cependant l'usage en existait encore dans les régions où manquait la pierre, dans le Midi, par exemple. On s'en servait pour les remplissages, les voûtes, les parements unis, en réservant la pierre pour les piles, les angles, les tableaux de fenêtres, les arcs, les bandeaux et les corniches.

Au moyen âge la brique servit encore, fréquemment, pour les carrelages intérieurs ; elle était alors émaillée sur incrustations de terres de diverses couleurs.

La construction en briques s'étendit de plus en plus, h l'époque delà Renaissance. Quelques grands architectes, et notamment Palladio , qui vivait au xvie siècle, eurent même pour la brique une sorte de prédilection. En France, les constructions mélangées de pierre et de briques furent en grande faveur.

Parmi les exemples remarquables de ce genre de construction datant de cette époque, nous citerons l'aile de Louis XII, au château de Fontainebleau, et le célèbre château de Madrid, bâti par François Ier, près de Paris, et où la terre cuite émaillée venait se marier à la pierre.

A cette époque les briques sont employées à la décoration architecturale :

tantôt leur arrangement est combiné de façon à former des corniches, des entablements, des modillons, des consoles ; tantôt, présentant des teintes variées dues à divers degrés de cuisson, à des qualités différentes de l'argile, ou à des vernis colorés, ces matériaux composent sur les parements des murs différents dessins (fig. 639). Ce mode d'emploi est encore en usage aujourd'hui.

Les briques généralement employées de nos jours, en Italie, paraissent iden-

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tiques à celles que Ton retrouve dans les ruines des édifices romains, et l'on

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