‹ Dictionnaire des termes employés dans la constructionChapitre 180 sur 278 · XL · texte numérisé non relu

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Fig. 639.

voit facilement que la méthode de les fabriquer et de les mettre en œuvre n'a pas changé.

On exécute aussi, à Milan, des briques ornementées qui produisent de trèsheureux effets.

L'Allemagne est un des pays où les briques sont le plus fréquemment employées. On les divise en trois espèces : briques ordinaires, briques demi-fines, briques polies, fines, coupées, dites briques de revêtements. Les briques de la première variété entrent dans la construction des murs dont les parements sont recouverts d'enduits ; les deux autres espèces, d'une fabrication plus soignée, sont utilisées pour les constructions en briques apparentes.

L'Angleterre est encore un pays où l'usage des briques a pris une très grande extension depuis la Renaissance.

On trouve dans plusieurs provinces anglaises de très-beaux spécimens de constructions en briques du xvne et même du xvnic siècle. Les ornements y sont, en partie, moulés et, en partie, taillés dans les briques après leur cuisson. A Londres, les maisons modernes sont en briques. Les habitations importantes ont leurs façades revêtues d'un ciment très dur et très résistant , qui prend absolument le ton de la pierre de taille.

En France, la forme généralement adoptée pour la brique est celle d'un parallélipipède rectangle de 0m,22 de longueur sur 0m,l 1 de largeur et 0m,055 d'épaisseur; les deux premières dimensions, étant des multiples de la der-

nière, facilitent l'emploi de ces matériaux.

Les qualités que l'on doit rechercher dans la brique sont :

1° U homogénéité, c'est-à-dire l'absence de fissures et de défauts, une texture égale, un grain fin et une cassure brillante ;

2° La dureté, c'est-à-dire la résistance à la fente et à l'écrasement ;

3° La régularité de formes, qui comprend un extérieur uni, lisse, à vives arêtes, non déjeté, de telle sorte que les joints soient de même épaisseur et le tassement de construction uniforme ;

4° La facilité de la taille, pour que l'ouvrier puisse la couper selon les besoins du travail.

Ces qualités dépendent de la fabrication, qui se divise en quatre opérations distinctes : la préparât ion de la terre, le moulage, le séchage et la cuisson.

Tout d'abord, l'argile commune, choisie pour la composition des briques, ne doit être ni trop grasse ni trop maigre ; dans le premier cas, les produits se gauchissent, se déforment et se fendillent au séchage ou à la cuisson ; dans le second cas, les briques formées se vitrifieraient ou fondraient au feu et n'offriraient pas une résistance suffisante.

On dégraisse l'argile trop plastique avec du sable fin ou des matières calcaires; les pâtes trop maigres exigent l'addition d'une certaine quantité de chaux ou de marne, rarement d'argile plastique. Les cendres de houille, ajoutées à la masse, avec une certaine portion de calcaire, contribuent au dégraissage et régularisent la cuisson, comme agents conducteurs de la chaleur. Les briques ainsi obtenues ont éprouvé un commencement de vitrification; elles sont noirâtres, compactes, sonores et résistent parfaitement à l'air et à la pluie.

Dans le choix de l'argile, on doit, en outre, rejeter les terres contenant des corps étrangers, tels que morceaux

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de ( ;i l. aire et de silex, ou pyrites de fer en grande quantité.

L'extraction de l'argile se fait généralement en automne et on la laisse exposée à l'action des agents atmosphériques, en la remuant de temps à autre, pendant tout l'hiver; ensuite, on détrempe cette terre et on la pétrit. Cette opération se fait dans une fosse en maçonnerie où Ton jette de l'eau pour former une pâte assez ferme, tandis qu'un ouvrier, muni d'une bêche, piétine cette pâte et la recoupe en ayant soin d'enlever les cailloux et les matières étrangères ; c'est ce qu'on appelle marcher la terre ; on ajoute alors à l'argile corroyée, les quantités de sable ou de calcaire nécessaires pour la dégraisser ou pour la rendre moins maigre. Quelquefois, le pétrissage se fait à la mécanique, soit à l'aide de cylindres, unis ou cannelés, entre lesquels on fait passer la matière, soit avec des tinnes ou tonneaux convoyeurs analogues à ceux que l'on emploie pour la fabrication du mortier (voy. ce mot).

Quand le corroyage est achevé, on procède au moulage. Les moules employés sont des cadres sans fond (fig.

640), en bois ou en métal, un peu plus

Fig. 640.

grands que la dimension prévue pour la brique, parce que celle-ci éprouve un retrait à la cuisson. L'ouvrier mouleur pose ce cadre sur une table saupoudrée de sable, le remplit d'argile, et enlève l'excédant avec la main et avec un couteau en bois nommé plane. Souvent le moule est double et l'on peut fabriquer deux briques à la fois.

Dans quelques grands centres de production, on remplace le moulage à la

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main par le moulage mécanique; les machines les plus employées sont celles de MM. Terrasson, Carville, Capouillet, Mac-Henri, qui toutes effectuent le mélange, le pétrissage et le moulage de la terre.

Les briques moulées doivent être soumises à une dessiccation lente. Pour cela, on les pose sur une aire sablée, d'abord à plat, puis de champ ; quand elles ont pris assez de consistance, on les pare, c'est-à-dire qu'on enlève les bavures du moule avec un couteau, et on les dresse en les battant sur toutes les faces avec une batte. Quelquefois on expulse l'eau par compression mécanique en plaçant la brique dans un moule en fonte et en la frappant d'un coup de balancier ; ce procédé est expédilif mais coûteux. Enfin, on opère le mettage en haie, c'est-à-dire qu'on place les produits moulés, parés et rebattus, les uns sur les autres, de manière à en former une espèce de muraille à clairevoie, pour qu'ils finissent de se sécher entièrement.

La cuisson de la brique se fait soit en plein air, soit dans des fours. Le premier procédé est dit à la volée ou en meules ; il consiste à placer les briques de champ, en tas rectangulaire, sur un sol dressé ; on dispose les premières assises de façon à ménager à la base des canaux dans lesquels on met plus tard le combustible et au-dessus on alterne les assises de briques avec des couches de houille menue ; les lits successifs communiquent entre eux par des conduits verticaux qui permettent à la fumée de s'échapper; puis, on entoure la masse avec de l'argile détrempée pour éviter l'action de l'air, du vent ou de la pluie. Le feu dure plusieurs jours, ainsi que le refroidissement. Comme combustible, la tourbe est préférable à la houille, qui donne une chaleur trop violente.

La cuisson dans les fours se fait au bois, à la tourbe ou à la houille. Les fours sont carrés ou rectangulaires ,

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formés de murs épais en briques, et pourvus à leur partie inférieure de petites voûtes à claire-voie qui se prolongent dans toute retendue du four, et supportent les briques placées de champ. Tantôt la masse est à découvert, tantôt le four est surmonté d'une voûte cylindrique percée d'ouvertures servant au tirage et donnant issue à la fumée. Dans les fours à houille, les foyers sont à grille et placés d'un même côté dans l'épaisseur des parois. Des voûtes à claire-voie distribuent la chaleur dans toute retendue du four.

Dans les cas ordinaires, la cuisson demande dix à douze jours et le refroidissement cinq ou six. On arrête le feu au moment où la vitrification se manifeste, parce que la plupart des argiles se fondent à une température qui n'est pas très élevée. Cependant quelques-unes sont infusibles et sont dites réfractaires, on les emploie à la construction des fourneaux.

On peut fabriquer des briques réfracta ires en ajoutant à certaines argiles dégraissées un ou deux volumes de ciment de terre réfractaire, broyé finement.

En raison de l'inégalité de cuisson qui est inévitable dans les divers procédés employés et décrits ci-dessus, les briques présentent différentes qualités. On reconnaît qu'elles sont bonnes quand elles sont d'un rouge brun foncé et présentant quelquefois à la surface des parties vitrifiées rendant un son clair, lorsqu'on les frappe, faisant feu sous le briquet. Les briques de mauvaise qualité donnent au choc un son sourd, ont une teinte jaune rougeàtre, s'endettent sous les doigts et absorbent avidement l'eau ; cette absorption ne doit pas dépasser 1/5 du poids. On doit s'assurer que ces pierres factices ne sont pas gélives (voy. Gé lie th'> .

Quand elles contiennent du carbonate de chaux, on peut les silicatiser, comme les calcaires (voy. Silicatùation).

La résistance de ces matériaux à la rupture par compression varie par cen-

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timètre carré de surface entre 33 kilpgr. pour la brique crue, et 150 kilogr. pour la brique dure très-cuite.

Au point de vue de la forme, des dimensions et des provenances, on divise les briques en plusieurs catégories :

Briques ordinaires : ces briques sont des parallélipipèdes rectangles ayant 0m,22 de longueur sur 0m,ll de largeur et de 0m,055 d'épaisseur ; les meilleures parmi celles qu'on emploie à Paris, sont la brique de Bourgogne, dont les dimensions sont 0V220, 0m,107 et 0m,055; on la reconnaît à sa couleur rouge pâle, mélangée de petites taches brunes produites par des matières vitrifiées ; elle est dure et pèse 2,250 kilogr. le mille; la brique de Monter eau, qui, pour les qualités, approche de la précédente, n'a que 0m,05 d'épaisseur et ne pèse que 2,063 kilogr. le mille; la brique dite de pays, qui se fabrique à Paris ou dans ses environs, est moins estimée et présente une plus grande légèreté ; parmi les briques de pays, une brique très employée est celle dite façon Bourgogne, provenant de Vaugirard.

Briques dites anglaises : leurs dimensions atteignent 0m,24 à 0m,27 de longueur, 0m,10 à 0m,17 de largeur el 0m,06 à 0m,07 d'épaisseur.

Demi-briques : ce sont des briques qui ont 0m,12 sur 0m,12 et 0m,06 d'épaisseur et qui peuvent s'employer dans le cas où l'on aurait à casser des briques entières. On appelle aussi demi-briques celles qui ont les dimensions ordinaires sur 0m,03 d'épaisseur.

Briques pour réservoirs, aqueducs, routes, etc. : ces briques sont moulées sur diverses formes, soit en voussoirs, en cintres de réservoirs, soit en portions de gouttières ou de caniveaux.

Briques circulaires ou briques Courtier, du nom de leur inventeur : on s'en sert pour la construction des -tuyaux de cheminées, dans l'épaisseur des murs :

on les divise en briques cintrées et briques arrondies; les premières présentent deux modèles pour tuyaux circulaires

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de 0m,25 et 0m,23 de diamètre ; la figure 641 représente, en plan, deux as-

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Fig. 641.

sises consécutives, pour tuyaux isolés et pour suites de tuyaux ; les briques formant ces conduits ont des noms parti -

Fig. 642.

culiers, dont le détail est donné par la figure 642 : A , équerre ; B , plat à barbe ; G , chapeau du commissaire ; D, violon. Ces briques arrondies ont aussi un grand modèle, pour tuyaux d'angles arrondis de 0m,14 à 0m,40 de diamètre sur 0m,25 de large et un petit modèle dont la section de conduite est la même, mais qui sont moins épaisses.

Les briques Gourlier présentent sur les anciens coffres de murs 'de cheminées l'avantage de se relier au mur en briques, d'en faire partie intégrante, de ne pas nuire, par conséquent, à la solidité et de pouvoir éprouver un tassement sans se briser.

Briques creuses ou tubulaires : depuis quelque temps, on utilise ces briques inventées par M. Paul Borie, pour les ouvrages légers , tels que planchers , voûtes, cloisons. Leur avantage sur les briques pleines est considérable , car

elles sont mieux cuites, résistent mieux à la rupture et aux agents atmosphériques, et isolent plus complètement de l'humidité. Les formes et les dimensions de ces briques varient ; elles sont en général prismatiques, et pourvues de petites cloisons longitudinales ; nous en

Fig. 643.

donnons plusieurs types (fig. 643). La fabrication exige des machines spéciales ; mais le prix de revient est moins élevé que celui des briques pleines, en raison de l'économie de matière première et de combustible; en outre, le séchage est beaucoup plus rapide.

Briques légères : on fait aussi des briques plus légères que l'eau et qui sont réfractaires, en mélangeant 1/20 d'argile avec une sorte de magnésite poreuse composée de 55 parties de silice, 15 de magnésie, 14 d'eau, 12 d'alumine, 3 de chaux et 1 d'oxyde de fer ; une brique ainsi fabriquée pèse 0k,450 et offre plus de résistance, sous le môme poids, que la brique commune. On obtient le môme résultat en mélangeant certains tufs siliceux avec 1/25 d'argile.

Il importe de savoir, dans le métré des ouvrages, quelles sont les diverses sortes de briques que l'on emploie, et la quantité de chacune des espèces qui entre dans la confection de 1 mètre cube, et de 1 mètre carré de maçonnerie.

On emploie, à Paris, environ six ca-

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tégories de briques : 1° la brique de Bourgogne ; 2° la brique façon Bourgogne; 3° la brique creuse : 4° La brique réfractaire et demi-réfractaire ; 5° la brique cintrée, dite Gourlier ; 6° la brique carrée.

Briques de Bourgogne. Cette brique, dont on utilise trois qualités différant entre elles par leur couleur rouge, grise ou brune, a pour dimensions 0m,22, 0M1 et 0ra,054.

Il en entre, dans 1 mètre cube, 630.

Dans 1 mètre superficiel de 0m,22 d'épaisseur 140

Dans 1 mètre superficiel de 0m,ll d'épaisseur 70

Dans 1 mètre superficiel de 0m,06 d'épaisseur 38

Briques façon Bourgogne. Il y a six classes de briques de cette nature admises par la Série de la ville de Paris.

1° La brique de Vaugirard, de 0m,22 X 0m,H x 0m,06, de très-bonne qualité et coûtant, le mille 60 fr.

2° La brique de deuxième qualité de Vaugirard, de 0m,22 X 0m,l I x 0m,065 à 0m,07, de très-bonne qualité aussi et coûtant, le mille 60 fr.

3° Les briques de Pantin, des Buttes- Chaumont ou d'Aubervillers, de mêmes dimensions, mais de moins bonne qualité que les précédentes, et coûtant, le mille 54 fr.

4° Les briques de Passy, de 0m,22 X 0m,ll x 0m,07, et coûtant, le mille 48 fr.

5° Les briques de Bicétre, de Montrouge, de Chat Mon et de Ville juif, coûtant, le mille 48 fr.

6° Les briques faites avec les mêmes terres non moulées, les terres n'étant pas broyées et les briques étant simplement estampées, ayant pour dimensions, comme celles de la cinquième catégorie, 0m,21, 0m,10, et un peu moins de 0m,06 d'épaisseur, et coûtant, le mille. 45 IV.

Si la brique façon Bourgogne a pour dimensions 0m,22 x 0m,H x 0m,065. il en ont iv dans 1 mètre cube . . . 560

Dans 1 mètre superficiel de 0m.22 d'épaisseur 130

Dans 1 mètre superficiel de 0m.ll d'épaisseur 65

Dans 1 mètre superficiel de 0m.06o d'épaisseur 37

Briques creuses. Les briques de cette nature, que l'on trouve dans le commerce, sont énumérées dans le tableau suivant, extrait du Dictionnaire raisonné du métré de M. Masselin, avec leurs dimensions et leurs prix en iv-

gard :

0in,22 su

,11 etO"

,04. Pi

ix du millier

, 48 fi

1 1 il

La brique Borie, ainsi nommée du nom de l'inventeur de la brique creuse, coûte un peu plus cher ; on la regarde toujours comme étant de première qualité.

Brique réfractaire. Cette brique, fabriquée avec une terre de première qualité a les mêmes dimensions que la brique de Bourgogne ; elle coûte, à Paris, jusqu'à 120 francs le mille.

Brique cintrée dite Gourlier. Cette brique dont les formes sont variées, s'évalue ainsi, d'après la Série de la ville de Paris :

Pour tuyaux ménagés dans l'épaisseur des murs :

le mille.

Pour murs de 0m,50 d'épaisseur, 140 fr.

0m,45 130 fr.

— 0m.40 120 fr.

Brique carrée. Les briques de ce genre sont destinées à se raccorder dans les murs avec la brique cintrée ; leurs dimensions sont de 0m.22 x 0m,07o et 0m,09. el leur prix courant est de 60 fr. le mille.

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