‹ Dictionnaire des termes employés dans la constructionChapitre 208 sur 278 · CAMAÏEU · texte numérisé non relu

CAMAÏEU

proprement parler, transporter on dessin d'un corps sur un autre.

Parmi les procédés employés, nous citerons le suivant : on frotte le revers du dessin avec un crayon ou une pierre tendre de couleur quelconque, mais différente de celle du corps sur lequel on veut transporter le dessin. On assujettit celui-ci d'une main, tandis que de l'autre main on passe avec une pointe émoussée sur chaque trait du dessin, qui s'imprime sur le corps placé audessous, au moyen de la couleur dont on a frotté le revers. La pointe émoussée ou arrondie que l'on emploie est un calquoir. Elle peut être en acier, en ivoire, en buis ou en cuivre.

Dans les travaux de bureau nécessaires à la confection des plans, l'expression calquer, faire un calque, signifie : placer sur un dessin un papier transparent et reproduire ce dessin en suivant tous les traits. On emploie beaucoup ce procédé, dans les travaux, pour faire des expéditions de plans.

Calvaire, s. m, — Aux xve et xvie siècles, on appelait ainsi la représentation dans les cloîtres, dans les cimetières ou dans une chapelle attenant à une église, des scènes de la Passion, à l'aide de figurines sculptées sur pierre ou sur bois, en ronde bosse, et placées soit dans un encadrement, soit sur des gradins aboutissant à une plate-forme qui portait les trois croix avec le Christ et les deux larrons.

Aujourd'hui, on donne le nom de calvaire à l'ensemble des stations élevées de distance en distance sur les pentes d'une colline ou bien sculptées ou peintes dans des cadres qu'on place dans une église.

Camaïeu, s. m. — Dans son acception primitive, ce mot désignait l'imitation d'un objet faite au moyen dune seule couleur, variée par le seul effet du clair-obscur.

On appelle ainsi, aujourd'hui, un

genre de peinture d'une ou de deux couleurs, où l'on n'a pas pour but de reproduire la couleur naturelle des objets, et que l'on établit sur un fond d'une autre couleur, quelquefois d'or.

On imite aussi des bas-reliefs, des ornements en bronze incrustés dans le marbre, des omx gravés, des médailles, des stucs, etc.

Appliqué à l'ornementation, le camdieu, dont on a fait abus au xvmc siècle, trouve cependant sa place naturelle dans l'embellissement des théâtres, dans les décorations provisoires pour fêtes, spectacles, etc. . . On peut s'en servir pour imiter avec art et intelligence des stucs, des bas-reliefs, des ornements de bronze et de marbre, des camées et autres objets.

Les rehaussés d'or entrent dans le genre camaïeu, et peuvent être heureusement employés dans les plafonds.

Il y a des camaïeux bleus, verts, rouges, etc., selon l'espèce de couleur qui domine dans le tableau.

Toute imitation produite par la dégradation combinée des ombres et des lumières est un camaïeu. Ainsi, un dessin à la sanguine, au crayon noir, à la sépia, à l'encre de Chine sur papier blanc ou nuancé, les estampes à trois I couleurs et rehaussées de blanc, les grisailles, les cirages ou bas-reliefs peints en bronze sont autant de camaïeux.

Cependant on appelle plus particulièrement peintures monochromes, grisailles, celles qui. devant imiter des basreliefs en pierre, sont faites avec du noir et du blanc. On voit des peintures de ce genre à la Bourse de Paris. Mais lorsque, ainsi que dans les salles du Vatican et dans les voûtes de la galerie de Versailles, ces peintures sont de couleurs variées et rehaussées d'or, pour imiter les bas-reliefs en bronze, en porphyre ou en lapis-lazuli, elles sont, à meilleur droit, appelées camaïeux, comme on disait, au xvie siècle, des dessins de couleurs foncées rehaussées d'or.

CAMINUS.

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