‹ Dictionnaire des termes employés dans la constructionChapitre 209 sur 278 · CAMION · texte numérisé non relu

CAMION

Camara ou Caméra. — Mot

d'origine grecque, appliqué par les Romains au plafond voûté d'une chambre, quand il était fait de bois ou de plâtre, au lieu de -représenter un arc régulier de briquetage on de maçonnerie, genre de construction qu'ils appelaient fornix. C'est de ce mot que viennent les noms italien et français camara el chambre.

Camard, adj. — Les serruriers appellent bouton camard un bouton affectant la forme dune olive (voy. ce mot).

Cambrer, v. a. — Rendre courbe une pièce de bois.

On appelle. cambrure la courbure décrite par cette pièce ; on donne aussi ce nom au cintre d'une voûte.

Caminus. — Mot latin auquel les Romains attribuaient plusieurs significations et qui a donné lieu, cbez les modernes, à une controverse sur la question de savoir si les anciens faisaient usage de cheminées telles que celles qui sont employées de nos jours.

D'une part, les passages des auteurs que l'ou pourrait citer pour l'affirmative ne sont nullement concluants à cet égard ; d'autre part, on n'a trouvé, dans les nombreux points de vue représentés par les artistes de Pompéi, aucune construction qui ressemblât aune cheminée au sommet d'un édifice ; enfin on n'a découvert nulle trace d'une semblable disposition dans les édifices publics et particuliers de cette ville.

Si de l'Italie nous passons à la Grèce, nous devons, a fortiori, reconnaître l'absence de ce système de chauffage.

En effet, Reckmann a prouvé que le mot xaTTvooo/;/] , qu'on a quelquefois traduit par cheminée , ne désignait qu'une ouverture dans le toit, ouverture qu'on pouvait fermer par une espèce de soupape et par Laquelle on donnait issue à In fumée produite par le feu allumé dans les chambres pour les chauffer ou dans les cuisines. En outre, certains

passages d'auteurs grecs démontrent qu'on faisait sortir la fumée par la fenêtre.

Les véritables sens du mot caminus, sont les suivants :

1° Fournaise et foyer servant à fondre les métaux ;

2° Forge de forgeron ;

3° Atre ou foyer peu élevé que l'on disposait au milieu d'une chambre pour recevoir les bûches de bois à brûler, mais sans tuyau pour l'évacuation de la fumée. En effet, si les Romains avaient eu des cheminées construites comme les nôtres, on ne trouverait pas si fréquemment, dans leurs auteurs, des plaintes sur les inconvénients de la fumée. Vitruve, notamment, parlant de la décoration des pièces, fait observer que dans les chambres où l'on allume du feu, surtout dans les salles à manger d'hiver, on ne doit pas suspendre de tableaux et qu'il faut laisser les corniches et les moulures unies et sans ornements de sculpture, parce que la fumée gâterait tout.

Ce sont ces inconvénients qui faisaient rechercher aux Romains tous les moyens possibles de chauffer les appartements avant de recourir aux foyers découverts. Ainsi, ils donnaient aux chambres destinées à être habitées l'hiver, une exposition telle qu'elles offraient aux rayons du soleil le plus facile accès. Les salles à manger étaient ouvertes au sud-ouest, c'est-à-dire du côté où le soleil se couche en hiver, afin que ces chambres pussent être chauffées, dans l'après-midi et vers le soir, ara heures où les Romains prenaient leur repas principal.

Des procédés artificiels étaient également employés (voy. Brasier, llypocauste).

Camion, s. m. — 1° Petit tombereau à deux roues avec un ou deux timons, traîné par plusieurs hommes on par un cheval.

On l'emploie au transport des terres ou des matériaux.

CAMP

CAMP

2° Petite voiture à bras et à deux roues (fig. 702) que les ouvriers des

divers corps d'état emploient pour transporter les outils et marchandises à pied d' œuvre.

3° Peinture. Vase de fer-blanc dans

Fig. 703.

lequel les peintres font chauffer le mélange de leurs couleurs (fig. 703).

Camp, s. m. — On désigne ainsi un lieu choisi pour y placer une armée ou un corps de troupes et qui est fortifié soit par la nature, soit par la main de l'homme.

L'usage des camps est fort ancien ; la Bible fait mention du camp des Hébreux établi sur les bords du Jourdain, devant Jéricho, et de celui que les Assyriens placèrent devant Bétlmlie.

La forme de ces camps était quadrilatérale; il en était probablement de môme pour ceux des anciens Grecs.

Homère cite le camp des Grecs avec son fossé, sa palissade et son enceinte fortifiée de tours. Cependant, les Grecs adoptèrent quelquefois la forme circulaire, mise depuis en usage par les Arabes.

Cette dernière forme, ainsi que l'attestent certains bas-reliefs de la colonne Trajane, fut quelquefois utilisée par les Romains pour les camps, auxquels ils donnaient le nom de castra. Toutefois,

le carré ou le parallélogramme étaient ordinairement adoptés.

On distinguait les camps passagers, établis en campagne pendant la marche des armées, et des camps fixes, construits devant les villes assiégées ou sur les frontières qu'il fallait défendre d'une manière permanente.

Les lieux que les généraux romains préféraient pour asseoir leurs camps étaient principalement les larges pla- : teaux à proximité des cours d'eau ou bien les plaines. Ils regardaient une hauteur escarpée comme une mauvaise position et leur pratique constante était de faire niveler le terrain que devaient occuper leurs troupes.

L'enceinte du camp, appelée vallum, était composée d'un fossé ou fossa, large de 12 à 18 pieds romains ; d'un retranchement (agger) formé par le rejet des terres du côté du camp pour constituer un parapet sur lequel on élevait une forte palissade. Chacune des quatre faces de l'enceinte fortifiée possédait une porte pour l'entrée et la sortie.

La figure 704, qui représente le plan d'un camp romain, montre \& porte prétorienne, ainsi nommée parce qu'elle faisait face au prétoire, enceinte particulière, dans laquelle était dressée la tente du général. La porte qui était directement opposée à la précédente était appelée décumane, parce que dix soldats pouvaient y passer de front. La porte prétorienne devait toujours faire face à l'ennemi, et l'on plaçait la porte décumane sur le côté le plus élevé, afin que le camp fût tourné vers le terrain inférieur et qu'il dominât l'ennemi. Les deux autres portes étaient les portes principales, appelées l'une porta dextra, l'autre porta sinistra. L'intérieur était divisé' par de larges rues, se coupant à angles droits et le long desquelles étaient rangées symétriquement les tentes des soldats.

On donnait le nom de via principalis à la plus grande rue, qui traversait le camp d'un bout à l'autre, dans le sens de

CAMP

CAMP

la largeur et qui passait devant le prétoire. Cette rue, plus rapprochée de la porte prétorienne que de la porte dé-

cumane, était nivelée avec un grand soin. Un des côtés était occupé par les tentes des tribuns et celles des préfets

Fier. 704.

des troupes auxiliaires. Une autre rue, de 60 pieds de large, conduisait du prétoire à la porte décumane; elle était bordée, à gauche et à droite, par la cavalerie, dont chaque troupe avait derrière elle un peloton de fantassins appelés triaires. À droite et à gauche de ceux-ci, des rues de 50 pieds de largeur allaient de la voie principale à l'extrémité du camp. Le long de ces rues étaient rangés les soldats principes et au-delà les hastati, fantassins dont le nombre était le même et qui occupaient le même espace de terrain. Les hastati faisaient face à deux autres rues larges de 50 pieds au-delà desquelles étaient campées la cavalerie, puis l'infanterie des alliés, le dernier de ces corps étant tourné vers le rempart. Toute cette partie du camp était partagée en deux divisions égales par une rue parallèle à la viaprincipalis, moitié moins large, et que Ton appelait via quintana. Les centurions étaient placés à la tête de leurs compagnies, leurs lentes faisant face aux rues.

La partie du camp placée entre les tentes des tribuns et la porte prétorienne était ainsi disposée : une rue parallèle à la voie principale séparait du prétoire tes tentes des tribuns. On ménageait aussi, de chaque côté du prétoire, des espaces, dont l'un était appelé le marché ou forant et dont l'autre était réservé au questeur; on y rendait la justice et c'était là également que se trouvaient les magasins d'armes, d'habits et de provisions.

A droite et à gauche de ces places étaient campés les cavaliers d'élite auxiliaires, puis les fantassins vétérans, evocati. En tact' du prétoire et sur les côtés d'une voie qui se dirigeail de ce point à la porte prétorienne, étaient placées la cavalerie supplémentaire alliée, pais l'infanterie supplémentaire du même corps d'armée extraor dinar ii pedites. A droite et à gauche, deux espaces étaient réservés pour loger les étrangers ou les renforts qui se réunissaient a l'année.

Enfin, entre les tentes et le retranchement un espace appelé via singulam et

CAMP

GAMI

large de 200 pieds facilitait les mouvements de Iroupes et mettait les tentes à l'abri du feu et des traits qu'aurait pu lancer l'ennemi t par-dessus le rempart.

Ce plan, dressé d'après la description de Polybe, suffit pour montrer quelle était la disposition générale des camps romains les plus anciens.

Les camps passagers étaient pourvus quelquefois d'ouvrages de fortifications qui les rapprochaient des camps fixes.

Ainsi Manilius, devant Carthage, entoura son camp d'un mur de pierres.

Parfois aussi, la disposition habituellement adoptée était plus ou moins modifiée : au siège de Gergovie, en Auvergne, César, au moyen d une enceinte additionnelle, joignit à son camp une colline escarpée utile aux travaux du siège. Dans le pays des Bellovaques, le même général entoura son camp d'un rempart avec double fossé et tours à trois étages.

Les camps passagers, ainsi pourvus de travaux militaires durables, forment la transition entre les camps volants à palissades et les camps fixes. L'enceinte de ces derniers fut munie de tous les moyens de défense imaginables : fossés plus larges et plus profonds, murailles accompagnées de tours remplaçant Yagger, galeries à parapet, etc.

Les villes mêmes eurent des camps permanents ou casernes. On peut citer, à Rome, le castra prœtoriana, et à la villa d'Adrien, l'édifice appelé vulgairement les cent chambres.

Une construction analogue, découverte à Pompéi, a reçu le nom de camp des soldats (voy. Caserne).

Les Romains construisirent aussi, sur les frontières de leur empire, des camps fixes ou castra stativa, destinés à loger, d une manière permanente, un certain nombre de soldats, soit pour repousser les attaques de l'ennemi, soit pour se tenir prêts à une agression. Ces ouvrages correspondent à ce qu'on appelle aujourd'hui des camps retranchés. Nous citerons le camp de Trœsmis, élevé au

bord du Danube, sur la ligne qui séparait anciennement la Mésie inférieure de la Scythie. Ce camp retranché, dont M. Baudry a relevé le plan sur les fouilles qu'il y fit exécuter, renfermait, dans son enceinte garnie de tours, nonseulement un forum autour duquel étaient distribués les logements des troupes, mais encore une place publique et plusieurs édifices importants.

La figure 705, empruntée au Dictionnaire de l'Académie des Beaux-Arts, représente le plan d'un camp retranché

Fig. 705.

découvert à Constantia, sur les anciennes frontières romaines du Danube.

C'est une enceinte flanquée de quatre tours d'angle et d'une terrasse où l'on plaçait les batistes et autres engins destinés à lancer des traits.

Les murailles de ces camps sont construites en pierres et briques.. Une enceinte analogue à celles que nous venons de citer existe h Jublains, dans le département de la Mayenne.

Vers la fin de l'empire romain, les formes traditionnelles des camps furent profondément modifiées : les uns eurent

CAMPAGNE

l'aspect de quadrilatères avec angles arrondis ; les autres, de cercles complets ou tronqués.

Les camps des Barbares, qui parurent en Occident vers la fin de la république romaine, étaient de simples enceintes formées de chariots, et cet usage dura plusieurs siècles.

Durant le moyen âge, les camps temporaires furent, à peu de chose près, disposés comme par le passé ; les camps fixes eurent des enceintes fortifiées avec toutes les ressources dont disposait l'art militaire de l'époque.

A l'époque de la Renaissance, les camps étaient défendus par des fossés, des terrassements et des palissades.

On distingue, aujourd'hui, les camps de rassemblement où se réunissent les divers corps qui doivent former une armée à l'ouverture d'une guerre ou d'une campagne; les camps de manœuvres, qui servent, en temps de paix, à l'instruction des troupes, aux revues, aux simulacres de batailles; les camps retranchés, vastes espaces de terrain protégés par des ouvrages de fortification permanente, où les armées peuvent trouver un abri, soit pour échapper à un désastre, soit pour se refaire et se ravitailler.

Enfin, on donne encore la désignation de camp à une réunion de tentes et de cabanes dressées, en temps de paix, à l'effet de loger un grand nombre de personnes qui se rassemblent pour célébrer une fête civile ou religieuse. Tel fut le camp du Drap d'or, qui servit, en 1520, à l'entrevue de Henri VIII et de François Ier, et qui fut ainsi nommé à cause de la magnificence qu'on y déploya.

Campagne (Pierre de). — Calcaire gréseux, tendre, que Ton tire des carrières de Campagne, dans l'arrondissement de Sarlat.

Cette pierre, à grain lin. durcit à l'air, est de couleur blanc jaunâtre et porte de 0V20 à 1 mètre de hauteur d'assise. On l'emploie à Limoges et à Agen.

366 — CAMPANILE

Gampan, s. m. — Marbre des Pyrénées, tiré de la vallée de Campan, près de Bagnères-de-Bigorre , à Espadiet (Hautes-Pyrénées).

Le vert et le rouge de Moulins, le campan Isabelle sont des variétés de Campan.

Campane, s. f. -- 1° Corps de!

chapiteaux corinthien et composite, présentant la forme d'un cône renversé.

On le nomme aussi vase et tambour.

2° On appelle campanes des ornements en lambrequin dont on décore un dais d'autel ou de trône.

3° On donne encore ce nom à des ornements en plomb, chantournés et é vidés, qu'on place au bas d'un faîte ou d'un brisis de comble.

Campanile, s. m. — Tour ronde, carrée, ou à pans, construite près d'une église et destinée à recevoir les cloches.

C'est particulièrement en Italie que l'on trouve des édifices de ce genre.

Outre le campanile de Pise, représenté par la figure 706 et qui est si célèbre

Fig. 706.

par l'inclinaison que lui a fait prendre l'affaissement partiel du sol, on cite les campaniles de Crémone, de Florence, de Bologne, de Ravenne, de Padoue, etc

Le campanile de Crémone, qui passe pour être la plus haute tour de l'Europe, a 120 mètres d'élévation.

Le campanile de Florence, le plus renommé de tous par la richesse de sa décoration, fui construit d'après les dessins de Giotto : c'est une tour carrée

CAMPANILE

CAMPANILE

(07) de 86 mètres de hauteur sur

hmtgL- ^- ..- ^ •■

Fig. 707.

14 mètres de côté, entièrement revêtue

de marbres blancs, rouges et noirs, et qui devait être surmontée d'une flèche de 30 mètres, dont on aperçoit la première assise sur la terrasse qui couronne la tour. Les faces du campanile sont ornées de statues et de bas-reliefs dus au talent d'artistes célèbres, tels qu'André de Pise, Donatello, Jean Rossi, Luca délia Robbia, et autres.

Le campanile de Bologne est, comme celui de Pise, une tour inclinée, résultat dû également au tassement irrégulier du sol sur lequel reposent les fondations. Sa hauteur n'est que de 47 mètres.

Par analogie, on a donné le nom de campanile à des espèces de petites lanternes ou clochers à jour (fig. 708) sur-

Fig. 708.

montant le toit d'un édifice, hôtel de ville, église ou mairie, et renfermant un petit beffroi qui contient une ou plusieurs cloches.

On appelle encore campaniles, dans les constructions de chemins de fer, certains assemblages de charpente destinés

CANAL

CANAL

à supporter une horloge ; on les place

Fig. 709.

ordinairement au sommet des pignons (fig- 709).

Camphre, s. m. — Résine légère, blanche, à odeur particulière qu'on emploie dans les vernis à alcool, pour les rendre plus liants et les empêcher de gercer.

On doit en mettre peu et s'assurer qu'il est bien pur.

Can. — Voy. Champ.

Canal, s. m. — Architecture. 1° Partie évidée dans le plafond d'un larmier pour former la mouchette pendante (voy. Larmier).

2° Sillon en spirale tracé sur les circonvolutions de la volute ionique et bordé de chaque côté par un listel.

3° Cavité droite ou torse dont on orne les caulicoles du chapiteau corinthien.

4° Canal de îriglyphe. Chaque triglyphe a deux canaux au centre el deux demi-canaux sur les angles de lace (voy. Triglyphe).

Architecture hydraulique. Cours d'eau établi de main d'homme pour permettre la navigation entre deux points, transmettre le mouvement à certaines machines telles que les roues hydrauliques, porter les eaux d'une rivière dans des pays exposés au dessèchement, ou décharger dans la mer les eaux d'un pays marécageux.

Il y a donc des canaux de navigation, de dérivation, d'irrigation et de dessèchement.

Quand une rivière est peu favorable à la navigation, on régularise son cours en la canalisant ou bien on établit près de cette voie naturelle et dans la même direction, un canal dit latéral qui s'alimente aux eaux de la même rivière.

Les canaux sont simples ou à écluses.

Les premiers sont des tranchées auxquelles on donne une très faible pente en égalisant le fond au moyen de déblais ou de remblais. Les terres qu'on rejette de chaque côté forment les berges.

Mais, quand on veut faire communiquer deux rivières que sépare une chaîne de collines plus ou moins élevées, il faut établir un canal h double pente. On

Fig. 710.

remplace les pentes par une série de lignes horizontales formant chacune un canal particulier (fig. 710; compris entre

CANAL

CANAL

deux écluses à sas (voy. Écluse . A ces diverses parties, on donne le nom de bief (voy. ce mot). Le bief situé au point où le canal franchit le faite s'appelle

bief de partage, et la voie entière se ûomme canal à point de partage. Comme les pentes sont généralement faibles, les écluses peuvent être établies à une assez grande distance les unes des autres. En France, la largeur d'un canal est toujours un peu plus du double de celle des bateaux : elle est comprise entre 10 et io mètres. La profondeur varie de im,o0 à 2 mètres. Les talus ont ordinairement lm,o0 de base pour 1 mètre de hauteur. Les chemins de halage doivent être placés le plus près possible du canal et leur largeur a pour limites lm.50 et 6 mètres. Dans les traversées de villes, aux ports d'embarquement, on supprime les talus ; on contient les berges par des maçonneries en pierres sèches ou avec mortier. Quand le canal doit traverser une rivière où les crues sont abondantes, on modifie ordinairement le tracé du bief et l'on fait un pont-canal voy. ce mot).

L'établissement d'un canal nécessite des travaux accessoires. L'alimentation se fait au moyen des ruisseaux et des sources qui prennent naissance au-dessus du niveau du bief et qu'on est souvent obligé d'aller chercher avec des rigoles. De plus, comme les eaux sont plus abondantes en hiver qu'en été. il est indispensable d'établir des réservoirs qui permettent de régulariser l'alimentation ; ces bassins sont placés dans des vallées qui correspondent à de grands versants et recueillent une quantité notable d'eaux de source et d'eaux de pluie, que l'on retient par une digue en terre ou en maçonnerie. Des conduits traversent ce barrage et amènent l'eau dans une rigole, qui communique avec le bief de partage. Souvent, ce bief même sert de réservoir s'il est d'une grande étendue.

On attribue aux Égyptiens l'invention des canaux d'arrosement : ils s'en ser-

vaient pour conduire les eaux du Nil dans les endroits les plus éloignés.

Lorsque le terrain qu'il fallait arroser était plus bas que le niveau du fleuve, le canal était un simple tuyau de conduite se divisant en plusieurs branches pour distribuer l'eau sur différents points. Si. au contraire, le terrain était plus élevé , les Égyptiens y faisaient arriver l'eau à l'aide de machines élevatoires.

L'Italie, ainsi que certaines provinces méridionales de la France, possèdent des canaux d'irrigation destinés aussi à fertiliser les plaines.

L'écoulement des eaux stagnantes et la décharge des fleuves ou des lacs sujets à déborder ont encore fait l'objet des préoccupations des anciens et donné lieu à des travaux considérables.

Parmi les ouvrages de ce genre qui sont dus aux Romains, on peut citer les canaux de dessèchement qu'ils construisirent pour les marais Pontins. les canaux de décharge du lac d'Albane et du lac Fucin.

L'origine des canaux de navigation se perd dans la nuit des temps. D'après les auteurs anciens, le Tigre et l'Euphrate auraient été réunis par un canal assez vaste pour contenir les plus grands vaisseaux.

En Afrique, les plus anciens canaux sont ceux de l'Egypte. Le plus célèbre est celui qui réunissait une des branches du Nil à la mer Rouge. Bien que Ptolémée Philadelphe passe pour être l'auteur de cet ouvrage, il est certain qu'il fut commencé bien longtemps avant le règne de ce prince et. parmi les monarques que l'on cite comme ayant contribué à son exécution, se trouvent Sésostris, Psammétieus. Néchao, Darius. Une reste aucun vestige de cet ouvrage, qui vient d'être avantageusement remplacé de nos jours par le canal de Suez, reliant directement entre elles la mer Rouge et la Méditerranée.

Parmi les peuples anciens de l'Europe, les Romains furent ceux qui se

CANAL

CANDELABRE.

distinguèrent le plus pour ces travaux d'utilité publique. Il nous suffira de citer le canal d'Auguste, à Ravenne, le plus célèbre de tous; le canal de Trajan, destiné à préserver Rome des inondations du Tibre ; le canal des marais Pontins, qui servait, à la fois, pour l'assainissement et pour la navigation.

Au moyen âge, c'est surtout en Italie que l'on s'occupa de canaux ; le canal de navigation entre le Tessin et l'Adda fut commencé en 1179.

Le premier canal à écluses construit en Europe date de 1481 ; il fut creusé par les habitants de Venise.

C'est sous le règne de Henri IV que l'on fit, en France, les premiers essais de canalisation. Le canal de Briare fut entrepris en 1605. Le plus connu de tous, le canal du Languedoc, fut creusé de 1668 à 1688, sur les ordres de Colbert et d'après les plans de Riquet ; ce dernier fut secondé, dans son œuvre, par l'ingénieur italien Andreossi. Cette voie de communication, que l'on appelle aussi le canal du Midi, traverse les bassins de la Garonne, de l'Aude, de l'Orb et de l'Hérault ; ayant une écluse de prise d'eau dans la Garonne, à Toulouse, et son embouchure au port des Anglais, sur l'étang de Thau, le canal fait communiquer l'Océan avec la Méditerranée.

Sa longueur totale est de 24,083 mètres : la largeur est presque partout de 19m,50 à la surface de l'eau, et de 10m,40 dans le fond ; la profondeur de l'eau est au moins de 2 mètres. En 1679, fut entrepris le canal d Orléans. En 1728, la Somme fut réunie à l'Oise par le canal de Picardie ; le canal de Bourgogne fut commencé en 1775 ; celui du Centre, entrepris en 1784, joignit le Rhône à la Loire, et le canal du Nivernais fut creusé vers la même époque. Le premier consul ordonna, en 1802, la construction du canal de l'Ourcq et, en 1803, celle du canal qui dut joindre le Rhône au Rhin. Enfin, les travaux de canalisation marchent avec rapidité depuis le commencement du siècle, et la France comptait,

en 1866, 4,850 kilomètres de voies artificielles navigables.

Vers le milieu du xviii* siècle, l'Angleterre commença la construction de ses canaux, et aujourd'hui cette contrée possède un système de canalisation des plus complets.

La Belgique et la Hollande sont pourvues de nombreux canaux qui ont eflicacement contribué à la prospérité dont jouissent ces deux pays. L'Allemagne est encore assez mal dotée sous ce rapport. L'Espagne, la Suède, la Hongrie, la Russie ont aussi quelques canaux, remarquables par leur étendue et leur utilité. Les Etats-Unis ont marché si vite dans cette voie de progrès, qu'ils possèdent actuellement 7,000 kilomètres de canaux,

Canali. — Nom de tuiles creuses employées autrefois en Italie dans les couvertures, et qui sont encore en usage aujourd'hui dans ce pays. Ces tuiles se posent à recouvrement sur l'espace qui sépare les tuiles plates appelées tegole dans ce système de couverture (voy.

Tuile).

Canalisation, s. f. — 1° Ce terme s'applique à l'ensemble des travaux nécessaires à l'établissement d'eau et de gaz (voy. Eau et Gaz).

2° On l'emploie aussi pour désigner les travaux faits en vue de rendre un fleuve navigable ou de percer une contrée de canaux (voy. Canal).

Cancel, s. m. — Voy. Chancel.

Candélabre, s. m. — Nom que les anciens donnaient à un meuble formé d'une tige à trois pieds et qui servait à porter une chandelle de cire (candella) ou d'autres matières inflammables , telles que de la poix ou de la résine.

Les anciens distinguaient plusieurs sortes de candélabres :

1° Le candélabre où l'on pouvait placer des chandelles de cire et qui était,

CANDÉLABRE

CANDELABRE.

comme les nôtres, pourvu soit d'un tuyau pour mettre le bout de la chandelle, soit d'une pointe aiguë sur laquelle on enfonçait la cire.

2° Les candélabres destinés à porter une lampe à huile, ayant la forme de trépieds, quelquefois en bois, mais plus souvent en métal.

Tantôt ils étaient destinés à être placés sur une table, si leur hauteur était assez faible ; tantôt ils reposaient sur le sol. Dans ce dernier cas, ils avaient la forme d'un fût élancé représentant soit une tige de plante, soit une canne de roseau, soit un bâton d'épine auquel

I lonnes effilées, cannelées ou lisses, sur- I montées d'un plateau circulaire et plat j sur lequel la lampe était placée.

I La figure 714 représente trois candéi labres en bronze appartenant au musée de Naples et qui proviennent des fouilles d'Herculanum et de Pompéi.

3° Les candélabres sur lesquels on brûlait de la poix, de la résine ou d'autres matières inflammables, et qui avaient la forme de pieds élevés, avec une cavité au sommet.

Fig. 711.

on aurait taillé les nœuds et les branches. Souvent ils représentaient des co-

Pig. 712.

Ces pieds étaient en bronze ou en

CANDELABRE.

CANDELABRE.

marbre. Ils variaient autant dans la forme du vase ou brasier, qui en formait la partie principale, que dans le corps même qui servait de support. Ils étaient ornés de feuillages et de tleurs, mêlés quelquefois de masques.

Celui que représente la figure 712 est un candélabre en bronze trouvé à Cervetri, et qui appartient aujourd'hui au musée étrusque du Vatican. Les pieds à griffes qui le supportent sont ornés de ligures et reliés entre eu.v par un ornement du goût le plus délicat.

Nous donnons de même (fig. 713) (1)

Fig. 713.

un candélabre en marbre que possède actuellement le musée Pie Clémentin, à

(1) Ménard, Histoire des beaux-arts.

Rome. Ce meuble est. sur toute sa hauteur, enrichi de sculptures.

Les candélabres employés dans les temples étaient les plus magnifiques :

souvent ils étaient en or et enrichis de pierres précieuses.

Les plus beaux candélabres, que les Romains estimaient surtout à cause de leur travail, étaient fabriqués à Tarente et dans l'île d'Égine. La fabrique de Tarente se distinguait surtout par la belle forme de ses candélabres; celle d'Égine, par le soin qu'elle mettait à terminer les ornements.

4° Il y avait des candélabres servant à brûler des parfums ; on les faisait plus petits : ils ne dépassaient pas une demihauteur d'homme.

o° Dans les temps primitifs, on se servait de lamptères, du grec XajxxYjp, consistant, d'après Homère, en grilles élevées sur des supports, et dans lesquelles on brûlait du bois sec pour éclairer et chauffer les pièces.

Ces diverses espèces de candélabres, employés par les anciens pour le chauffage et l'éclairage des intérieurs, étaient aussi reproduits par la sculpture et la peinture dans la décoration des édifices. On retrouve souvent des candélabres sculptés dans les frises des temples.

Tantôt ils sont accompagnés de génies ailés dont la partie inférieure se termine en rinceaux, tantôt on voit à leurs côtés des griffons qui appuient chacun une patte sur leur pied.

On trouve aussi des candélabres dans les décorations des arabesques de l'antiquité, sans que l'on puisse toutefois se rendre compte des raisons qui les y ont fait introduire. Dans tous les cas, on ne voit pas que les anciens aient orné de candélabres isolés, en manière d'amortissement ou de couronnement, les façades de leurs édifices, comme l'ont pratiqué les modernes.

Au moyen âge, on faisait également

des candélabres en bronze et même en

fer forgé. Celui que nous donnons

fig. 714) est emprunté à l'ouvrage de

CANDELABRE.

M. de Canmonl sur l'archéologie.

- 3' C'esl

Fig. 714.

un candélabre en fer qui sert aujourd'hui

3 — CANDÉLABRE

La Renaissance a produit des candélabres à base massive el à lût en forme de balustre. Tel est celui que représente la figure 71 o et qui appartient cà l'église San-Andrea del Fratte, à Rome (1).

Aujourd'hui, on appelle candélabres, les torchères en pierre ou en marbre, affectant la forme de balustres allongés, que Ton place, comme amortissements, aux angles de couronnement de certains édifices, sur le faîte des monuments funéraires. La figure 716 représente l'un

Fig. 715.

le lutrin à Brive-la-Gaillarde (Corrèze)

u u u u u li urnujuuî

Fig. 716.

des candélabres funéraires qui surmontent les angles du mausolée de Hieronymo Basso dans l'église de Santa Maria del Popolo, à Rome.

Les vestibules et les escaliers des grands établissements publics sont quel-

(!) Letarouilly, Edifices de Rome moderne.

CANDELABRE.

CANDÉLABRE

quefois éclairés par des candélabres

Fig. 717.

qui font en même temps partie de la

décoration ; celui que nous donnons (fig. 717) est un candélabre de vestibule. Le grand escalier de la bibliothèque Sainte - Geneviève possède des candélabres en bronze (fig. 718) exécutés d'après les dessins de Henri Labrouste, architecte de ce monument. Le même édifice est orné, sur la porte d'entrée, de deux candélabres sculptés en demironde bosse et surmontés d'une llamme, emblème de la science.

Dans l'éclairage des voies publiques, on emploie le nom de candélabre pour désigner les colonnes creuses en fonte ornée ou en bronze qui supportent une ou plusieurs lanternes.

Ces appareils sont établis, à Paris, sur les grandes voies, telles que les boulevards et les rues d'au moins 12 mètres de largeur ; les rues plus étroites sont éclairées par des lanternes supportées par des consoles qui sont scellées dans les murs de face des maisons, ou reposent, d'après le nouveau système, sur des colonnes placées contre le pied des façades.

Fig. 718,

Fig. 719. Fig. 720.

Li' candélabre à console, représenté

CANDÉLABRE

CASÉPHORE.

par la figure 719, est placé sur le boulevard Saint-Martin.

La figure 720 nous montre le nouveau

modèle adopté ; la colonne est en fonte et recouverte d'un cuivrage galvanique : la lanterne est en cuivre bronzé, avec des verres forts et clairs : le cône qui la surmonte porte une petite couronne aux armes de la ville. Ces appareils sont quelquefois pourvus . au-dessous du chapiteau, d'une tige horizontale, dite porte-échelle, qui est en bascule d'un seul côté du candélabre, ou qui est partagée par le fût en deux parties égales ; c'est le point d'appui de l'échelle qui sert pour nettoyer la lanterne.

La figure 721 représente un modèle à cinq branches, dessiné par M. Lefuel et

adopté pour la place du Carrousel. La colonne est en bronze et à base octogonale : la lanterne est en cuivre bronzé. Des appareils à plusieurs branches sont également installés sur les trottoirs établis comme refuges ou reposoirs au milieu de certaines places.

Les ni mli' I ubres sont fixés sur des dés en pierre ; leur lumière est placée à 2m.60, 3 mètres ou 4 mètres du sol, suivant la largeur de la voie à éclairer. La base est pourvue d'une partie ouvrante.

Fig. 722.

souvent fermée par une plaque ornée, comme le montre la figure 722, représentant la porte du coffret dans les candélabres en bronze dessinés par M. Duban pour la cour du Louvre, à Paris.

Canépliore, s. m. — On donnait ce nom, chez les Grecs, à des statues de jeunes filles portant sur la tête une corbeille qui renfermait les objets nécessaires aux sacrifices.

Il est important de ne pas confondre les canéphores ou porte-corbeilles avec les cariatides. C'est à l'application abusive qu'en ont fait quelques architectes modernes, en les employant comme supports dans les édifices, que l'on doit une semblable erreur.

Ainsi , l'on remarque dans la villa Âlbani quatre canéphores antiques servant de cariatides à deux espèces de petites grottes placées près de l'entrée du parterre ; le buste de l'une de ces statues est représenté ci-contre par la figure 723.

Ce n'est pas à l'intention des anciens que ces figures doivent de remplir ici cette fonction, mais simplement au caprice de l'architecte moderne qui, en les

CANIVEAU

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