CADEAUX
ajustant ainsi, en a plutôt dénaturé le caractère.
Fig. 723.
Caniveau, s. m. — 1° Pierre creusée sur le milieu de sa face supérieure, en forme de demi-cylindre et placée sur
Fig. 724.
le sol, pour servir de canal d'écoulement aux eaux pluviales el ménagères (fig. 724).
Les caniveaux sont souvent recouverts d'une suite de plaques de fonte qu'on peut enlever pour le nettoyage.
2° On donne aussi ce nom aux pavés plus longs que larges placés alternativement avec les contre-jumelles (voy. ce
mot) pour former une conduite d'écoulement des eaux.
Dans le métré des ouvrages, on compte les caniveaux suivant la matière avec laquelle «ils sont faits. S'ils sont en fonte, il est d'usage de compter : 1° la fouille au mètre cube ; 2° la pose de tuyaux au mètre linéaire ; 3° les col Ici* en ciment, s'il y en a, à la pièce ; 4° les patins en maçonnerie, placés d'ordinaire à la jonction de deux joints ; 5° le remblai des terres et pilonnage ; Yenlèvement ou le régalage des terres excédantes. Les caniveaux en briques s'évaluent comme cloisons de briques ; s'il y a un enduit en ciment, on le compte comme enduit de fosse. Si le caniveau est en meulière ou en moellon, on en fait le métré au cube comme pour les murs en fondation. S'il est en pierre, et que le vide soit refouillé dans la masse, on compte les refouillements demi à la pioche, demi à la masse et au poinçon (1).
Canne, s. f. — On donne ce nom aux baguettes qui séparent les cannelures (voy. ce mot).
Canneaux, s. m. pi. — Petites
cannelures décorant une frise.
Fig. 725.
Les canneaux sont simples ou ornés de sculptures fig. 725 .
(1) Masselin, Diçt, raisonné du métré.
CANNELURE
CANNELURE
Cannelure, s. f. — Cavité en forme de canal, creusée verticalement ou en hélice sur le fût des colonnes et des pilastres, sur les gaines, sur les consoles, autour des vases.
Ce genre d'ornementation semble avoir pris son origine dans l'architecture égyptienne^ où l'on trouve des colonnes taillées en facettes, au nombre de huit ou de seize.
L'application des cannelures ta l'ordre dorique grec est aussi ancienne que cet ordre même. Il est vrai que certains édifices de cet ordre, parvenus jusqu'à nous, présentent des colonnes sans cannelures dans la longueur du fût ; mais des indications de cannelures commencées permettent d'affirmer que l'intention était réellement de les continuer dans toute la hauteur.
Le nombre de ces cavités sur le fût est ordinairement de 16 à 20; cependant il peut aller jusqu'à 24, comme le montre la figure 726, qui représente, en
des eau in' lu ces moins profondes encore que celles du grand ordre extérieur;
Fig. 726.
plan, le quart d'une des colonnes extérieures du temple de Paestum. Ces cannelures sont peu concaves et à vives arêtes, comme les Grecs l'ont toujours observé dans l'ordre dorique; leur profil est obtenu par le tracé d'un arc de cercle ayant pour centre le point 0, milieu d'un carré qui a pour côté la largeur de la cannelure. L'intérieur du même temple contient deux autres ordres, fun portant 20 cannelures, l'autre 16 ; l'ordre moyen (fig. 727) a
Fig. ~r21.
l'arc de cercle qui les forme est décrit du sommet du triangle équilatéral construit sur la largeur de la cavité. Ces deux tracés sont également en usage pour les ordres doriques romains et modernes. La division de la surface du fût en vingt parties est aujourd'hui généralement adoptée.
La figure 727 montre encore la manière dont se terminent les cannelures à leurs extrémités dans l'ordre dorique grec; à leur partie inférieure elles se dessinent sur le sol, suivant le profil de leur profondeur et par le haut elles finissent en niche plate dans le profil du grand congé soutenant le filet qui porte les annelets du chapiteau.
Dans les ordres ionique et corinthien.
CANNELURE
CANNELURE
où les cannelures sont plus profondes, un procédé d'ornementation des plus ordinaires consiste à remplir cette cavité d'une rudenture ou demi-baguette s arrêtant le plus souvent au tiers de la hauteur.
L'objet principal de ce mode de décoration est de donner plus de solidité aux parties inférieures de la colonne, et surtout de fortifier les côtes des cannelures, qui, sans cela, seraient exposées à être fracturées ou épaufrées.
Tl suit de là que l'emploi des cannelures rudentées ne doit être admis que pour les colonnes placées au rez-dechaussée, c'est-à-dire exposées aux chocs ; qu'au contraire on doit les proscrire des colonnes élevées sur des piédestaux ou appartenant à un second ordre. En outre , ces rudentures ne doivent occuper que la partie inférieure du fut, les accidents n'étant plusà craindre, au-delà d'une certaine hauteur.
Les cannelures dans ces ordres sont généralement au nombre de 24, quelquefois même de 32. Leur coupe est un demi-cercle dont le centre est le plus
souvent sur la circonférence qui Limite la section du fût. Ce tracé a été adopté par les modernes (fig. 728).
Les cavités sonl séparées par d<s listels dont la largeur varie du 1 3 au 1/4
de celle de la cannelure. Les extrémités supérieure et inférieure affectent diverses formes (lig. 729) ; tantôt ce sont
Fig. 729.
des parties cintrées A et C, droites ou renversées ; tantôt les canaux sont coupés en ligne droite, comme en B.
L'ordre toscan ne comporte pas de cannelures.
Les pilastres, comme les colonnes, admettent ce genre d'ornementation.
Les modernes leur donnent ordinairement sept cannelures pour l'ordre dorique et neuf pour les ordres ionique et corinthien.
Les architectes de l'époque romane appliquèrent également la cannelure aux colonnes et aux pilastres, dans les pays où se conservaient les traditions romaines ; mais ils en firent des motifs
Fig. 730.
de décoration ^> plus variés. La figure 730 donne un exemple pris au portail
CANNELURE
CANNELURE
principal de l'église du Thor (Vaucluse » et représentant la colonne de gauche qui supporte le fronton; le fût est orné de trois espèces différentes de cannelures torses : les unes sont unies, les autres ont leurs cavités cannelées ellesmêmes transversalement; enfin, lescannelures intermédiaires sont de simples listels qui se croisent en formant des
Fig. 731.
losanges. Les pilastres d'angle du porche latéral (fig. 731 sont décorés chacun de trois baguettes demi-rondes, séparées par des canneaux à section triangulaire.
La cannelure disparaît au xme siècle et n'est employée de nouveau qu'à l'époque de la Renaissance.
Aujourd'hui, on distingue, suivant la forme et les moulures des ornements qui accompagnent ces cavités :
Les cannelures à vives arêtes, dont nous avons parlé plus haut ;
Les cannelures à côtes, comme celles des ordres ionique et corinthien;
Les cannelures rudentées, qui sont remplies, sur toute leur hauteur, mais plus généralement jusqu'au tiers du fût. à partir de la base, par une petite baguette plane ou arrondie, comme on le voit en A et en R fig. 732) ;
Les cannelures plates, formées de pans coupés qui montent jusqu'au tiers du fût ou jusqu'au chapiteau :
Fig. 732.
Les cannelures torses, qui s'enroulent en hélice autour du fût :
Les cannelures ornées , dans lesquelles sont sculptés des brandies de laurier, de lierre, de chêne ou d'autres
motifs donne
Fig. 733.
de décoration. La figure 733 un fragment des colonnes h
Fig. 734.
bagues appartenant à la
façade des Tui-