CARILLON
CARNE
n'ont à supporter qu'un simple entablement ; encore ce dernier est-il allégé, dans le Pandrosion, par la suppression de la frise.
On emploie quelquefois ce mot comme adjectif; on dit, par exemple : figure cariatide, ordre cariatide.
Carie, s. f. — Maladie du bois, dans laquelle la matière ligneuse se pourrit et se réduit en poussière.
La carie est due à la végétation, sur la surface du bois, de certains cryptogames, tels que moisissures, agarics, champignons, etc.
La carie sèche, espèce particulière de carie, se produit souvent sur les bois exposés, comme dans les mines, à un air chaud et non renouvelé.
Carillon, s. m. — 1° Série de cloches de diverses grandeurs qui produisent des sons cadencés et qu'on place dans les tours des hôtels de ville ou dans les clochers d'églises.
Quelques auteurs attribuent aux Chinois l'invention des carillons, et prétendent qu'elle fut importée en Europe, au xve siècle, par les Hollandais.
Il est certain que ceux-ci ont réglé le jeu des cloches comme celui de l'orgue, c'est-à-dire qu'ils les mettent en branle au moyen d'un clavier dont les touches ou palettes de bois s'enfoncent à coups de poing, et dont le pédalier se manœuvre avec les pieds, comme celui de l'orgue. Aux touches du clavier sont fixées les cordes qui font mouvoir les marteaux des cloches. On ne saurait toutefois conclure de cette coutume adoptée par les habitants des Pays-Ras que ce peuple estl'inventeur des carillons.
Quoi qu'il en soit, ce genre de musique est très dispendieux. Il exige la réunion d'au moins six ou huit cloches donnant chacune un son particulier.
Les Hollandais ont construit des carillons qui ont coûté dos sommes considérables ; parmi les plus célèbres de ces instruments, on peut citer le carillon I
d'Anvers qui , en lo40 , possédait soixante cloches ; celui d'Amsterdam, qui comprenait, en 1772, trois octaves complètes au clavier des mains, avec les demi-tons, et deux octaves au clavier des pédales ; celui de Bruges, qui coûta 3 millions et comptait quarante-sept cloches.
Les carillons les plus renommés en France, bien qu'ils n'aient jamais possédé un pareil nombre de cloches, étaient ceux de Saint-Maclou, à Rouen; il»' Notre-Dame et de Saint-Remi, à Reims ; celui de Valenciennes, etc.
Les carillons français diffèrent, pour la plupart, de ceux que l'on voit en Hollande et en Belgique, en ce qu'ils résonnent par l'intermédiaire de tambours ou de cylindres hérissés de chevilles égales entre elles. Ces tambours, en tournant autour de leur axe, soulèvent des marteaux qui retombent ensuite sur les cloches. Lorsque le cylindre a fait une révolution complète, l'air est joué.
Le nom même de cet appareil a été donné à l'air qui se trouve exécuté par les cloches ainsi accordées.
2° On donne le nom de carillons à des tiges de fer carré, ne dépassant pas 0m,02 de côté et qu'on emploie pour les hourdis des planchers en fer.
Carlette ou Cartelette, s. f. —
Voy. Ardoise.
Carmin, s. m. — Couleur tirée de la cochenille réduite en poudre et traitée par la potasse et l'alun.
Le car min est un rouge éclatant. On l'emploie souvent à l'état liquide, dans la confection des plans et pour certaines écritures ; on l'obtient ainsi en le faisant dissoudre dans l'ammoniaque.
La laque carminée provient de la liqueur qui a servi à faire le carmin.
Le carmin et la laque carminée sont souvent falsifiés avec les laques des bois colorants rouges.
Carne, s. /'. — Vieux mot emplo\é
CARRARE
CARREAU
autrefois pour désigner l'angle solide d'une pierre, d'une pièce de bois.
Carnet d'attachements, s. m. — Cahier sur lequel sont tenus les attachements et où ils sont signés par les parties.
Caromh (Pierre de). — Calcaire demi-dur,blanchâtreoujaunâtre, à grains
moyens, que Ton extrait des carrières de Caromb, aux environs de Carpentras.
Celte pierre, qui porte de 0m,o0 à 0m,80 de hauteur d'assise, pèse de 1120 à 2.200 kilogr. le mètre cube et s'écrase sous une charge de 23o à 250 kilogr. par centimètre carré. Elle est employée à Avignon et à Carpentras.
Carpe, s.f. — Voy. Queue de carpe.
Carrare, s. m. — Nom donné à l'un des plus beaux marbres, le marbre blanc tiré des environs de Carrare en Toscane. Il est très employé en statuaire.
On en distingue trois sortes : le crestola. le betogli et le ravaccione.
Le premier de ces marbres, qui offre la plus belle qualité, est d'une teinte blanc jaunâtre uniforme ; sa structure est compacte, homogène, à grains fins.
Il prend au poli un état gras et cireux, légèrement translucide. Le prix sur place est de 1,200 à 2,400 fr., pour les blocs d'un mètre cube. Il n'y a pas dérègles pour le prix des morceaux plus gros.
Le betogli. marbre de deuxième qualité, possède une couleur blanche, mais peu uniforme ; il est lamelleux. peu compacte : il a souvent des taches et des paillettes de mica et résiste mal à l'air.
Le ravaccione est le marbre de Carrare le plus ordinaire ; il est blanc, opaque, a quelquefois des taches grisâtres. Il a de la cohésion, résiste bien et blanchit un peu à l'air. Ce marbre s'emploie beaucoup en architecture; les statues de nos principaux monuments sont en ravaccione: le prix est de 200 fr. le mètre à Carrare même, et de 300 dans quelques autres localités.
Carré, s. m. — Polygone formé de quatre côtés égaux et dont les quatre angles sont droits.
Serrurerie. Carré de foliot : trou carré pratiqué dans cette pièce et qui reçoit la tige du bouton.
TENTURE.Nom du plus petit format de papier de tenture employé pour les dessins communs.
Carreau, s. m. — Maçonnerie.
1° Pierre qui a plus de largeur au parement d'un mur que de queue dans l'épaisseur.
La ligure 742 représente un mur construit en carreaux. En général, ces
Fig. 7i2.
pierres se posent alternativement avec des boutisses (voy. ce mot).
2° Carreaux de plâtre : blocs parallélipipédiques fabriqués avec du mortier de plâtre et des plâtras de peu d'épaisseur. Ils servent à construire des cloisons de distribution dans les appartements ; seulement, il ne faut les emplo\ er que bien secs. Leur longueur est ordinairement de 0m,48, leur largeur de 0m,33 et leur épaisseur varie de 0m,0o4 à 0m,16. On les pose de champ. Leurs joints sont creusés en rainure pour recevoir le plâtre qui fait liaison : on ragrée et l'on dresse à la règle.
On emploie aussi des carreaux de même dimension, mais creux ; ils sont plus légers, et assourdissent mieux les appartements.
Les enlrevous d'un plancher sont formés parfois de carreaux creux en plaire, ayant l'aspect de briques creuses. Un système particulier de hourdis a été in-
CARREAU
CARREAU
venté par M. Bouziat : les carreaux
sont cellulaires et fabriqués sur commande, d'après les hauteurs et les écartements des solives du plancher (fig. 743).
Fig. 743.
On les pose par morceaux de 1 mètre de longueur ; le scellement se fait à l'aide de plâtre, coulé dans les vides que les extrémités de ces carreaux laissent entre les solives. Les cloisons ou parties pleines ont 0m,02 d'épaisseur, et le fond des cellules est percé d'un trou qui permet de fixer l'enduit du plafond.
3° On donne le nom de carreaux à des dalles de terre cuite, de pierre ou de marbre employées pour faire certains pavages ou pour couvrir les planchers (voy. Carrelage).
Les carreaux en terre cuite sont généralement de forme hexagonale ou carrée. Ceux qui sont carrés ne se posent plus guère que dans les âtres de cheminée, les cuisines, les offices, les salles basses ; ils sont de trois échantillons : deux de 0m,20 et 0m,2o de côté avec 0m,027 d'épaisseur et un de 0m,13 à 0m/16 de côté avec 0m,02 d'épaisseur ; les plus étroits sont dits carreaux à bande. Les carreaux hexagonaux ou à 6 pans ont leur surface inscrite dans un cercle de 0m,20 ou de 0m/14 de diamètre et leur épaisseur est de 0m,027.
Les carreaux de bonne qualité doivent rendre un son clair quand on les frappe avec un corps dur.
La fabrication de ces pierres artificielles est semblable à celle de la brique; la pâte doit être plus fine et la cuisson plus parfaite.
Les meilleurs carreaux sont ceux de Bourgogne ; on les emploie surtout à
rez-de-chaussée, parce qu'ils fatiguent plus à cet étage.
On fait usage de carreaux de faïence, dont la surface est émaillée, pour la partie extérieure des poêles de construction, pour couvrir les fourneaux, les parois des salles de bains, les jambages intérieurs de cheminées.
D'autres éléments que la terre argileuse ont été employés pour fabriquer des carreaux de dallage ; nous citerons, parmi les produits obtenus :
Les carreaux de plâtre composé, de M. Dumesnil, qui sont formés de plâtre, auquel on ajoute une petite quantité de chaux, d'alun, de colle d'os ou de gélatine, et une certaine proportion de sable et de cailloux ; le mélange est coloré avec de l'ocre jaune (1) ;
Les carreaux de plâtre aluné, ou marbres artificiels, employés en dallages dans certaines villes d'Italie et que l'on pose à bain de mortier ;
Les carreaux et dalles en ciment de Moissac, de la Porte-de-France, du Havre, de Padoue (voy. Ciment. Dalle, Terrazzi) ;
Les carreaux en chaux hydraulique de Try, en pierres artificielles fabriquées par divers procédés (voy. Chaux.
Balle, Pierre).
Les carreaux en pierres naturelles employés à Paris sont : les carreaux en ardoise auxquels on donne les formes carrée ou en losange, polygonale ou circulaire et qui ont de 0m,02 à 0m,025 d'épaisseur ; — les carreaux carrés, en marbre noir de Belgique ; — les carreaux octogones ou carrés, en liais de Grimault ou en liais dit de Créteil, en pierre de Tonnerre, etc.
Dans le métré des ouvrages de maçonnerie, les carreaux de faïence employés aux fourneaux de cuisine se comptent à la pièce pour fourniture et scellement.
Les cloisons faites en carreaux de plâtre se mesurent au mètre superficiel :
(1) Th. Château, Technologie du Bâtiment.
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