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CARREFOUR

CARRELAGE

désigner les voies souterraines des carrières.

Les Romains donnaient le nom de trima aux places où aboutissaient trois routes ou rues de directions différentes. Ce mot s'appliquait surtout aux rues d'une ville, par opposition à compiluui. qui désignait le carrefour formé dans la campagne par la rencontre de voies de traverse.

L'endroit où aboutissaient quatre voies se nommait quadririum.

De même, ils nommaient bivium la place formée par le croisement de deux voies.

La figure 744 représenté, en plan, un carrefour de ce genre découvert à Pompéi. On y voit, en A, une fontaine ainsi composée : du milieu d'une borne cubique l'eau tombait dans un cunthurus ou bassin rectangulaire formé de quatre dalles liées entre elles avec des crampons en fer. Derrière celte fontaine est placé son castellum ou réservoir, R, auquel est accolé un petit autel dédié aux lares compilâtes dieux des carrefours.

Pour compléter l'idée que le lecteur peut se faire d'un carrefour antique, nous donnerons, d'après une étude de

Fi g. 745

M. Jules Didier, ancien pensionnaire de Rome, le croquis représenté par la figure 745, dans lequel on voit les esclaves et les gens du peuple venant puiser de l'eau à la fontaine, tandis qu'une matrone, montée sur un char attelé de deux chevaux, débouche par une des rues qui aboutissent à la place,

Carrelage, s. m. — Revêtement du sol en carreaux de pierre, de marbre ou de terre cuite.

Les Romains établissaient, à l'intérieur des éditices, des carrelages en mosaïques composés de petits cubes de marbre diversement colorés et formant des dessins variés. Certaines salles

CARRELAGE

CARRELAGE

étaient dallées (voy. Dallage) ; les briques posées à plat ou sur champ servaient à faire des carrelages communs.

La terre cuite fut employée, au moyen âge, pour revêtir le sol des églises.

Les architectes du xue siècle formaient des mosaïques à l'aide de carreaux de couleurs différentes et présentant chacun une seule teinte (fig. 746).

tôt ils sont formés par l'assemblage de quatre pièces (fig. 748).

Fig. 746.

Les tons les plus usités sont le noir, le vert foncé, le rouge, le jaune et le blanc. Ces pavements offrent, d'ordinaire, l'aspect de bandes assez larges, séparées par des bordures étroites.

Les carreaux en terre cuite colorée dans la masse firent place, pendant le xnr siècle, aux carreaux incrustés d'ornements en terre de diverses couleurs ou présentant, en creux, des dessins formés par des empreintes antérieures à

Fig.

A partir du xvie siècle, l'usage se répandit des carrelages en faïence peinte : on en fait encore, de nos jours, en Italie, en Espagne, en Afrique et en Orient.

Actuellement en France, le sol des pièces, dans les habitations, est revêtu ordinairement de parquet : on réserve les carrelages pour certaines salles de rez-de-chaussée, pour les vestibules, les cuisines, les chambres de l'étage des combles, les àtres de cheminées, etc.

Les carreaux employés pour ce genre de revêtement des planchers sont de deux sortes : les carreaux à pans et les carreaux carrés. On les fabrique avec des terres provenant des localités suivantes : Rourgogne. Massy. Paris, Reauvais voy. Carreau).

Pour exécuter un carrelage à rez-dechaussée, on commence par établir une aire en mortier de chaux et de sable de 0m,15 à 0mJ0 d'épaisseur, et on la

la cuisson : tantôt ce^ dessins sont complets sur chaque carreau (fig. 747), tan

Fig. 749.

dresse avec soin, en prenant pour niveau le dessus du seuil des portes : la figure 749 représente un revêtement en carreaux hexagonaux.

Sur les planchers hauts., on recouvre

CARRELAGE

CARRELET

d'abord les solives de bardeaux (fig. 750) et Ton place au-dessus la forme, c'està-dire une aire en plâtre mêlé de pous-

Fig. 750.

sière de gravois passée au crible ; le scellement se fait soit avec du mortier de chaux, soit avec du plâtre, auquel on ajoute un peu de suie pour l'empêcher de prendre trop vite. Dans certains planchers, les bardeaux sont placés sur

Fig. 751.

des tasseaux entre les solives et la forme repose directement sur les augets (fig. 751).

Les raccords se font, le long des murs, avec des morceaux de carreaux qu'on nomme pièces ou pointes, selon qu'ils sont coupés parallèlement ou perpendiculairement à l'une de leurs arêtes.

Les vestibules, les salles à rez-dechaussée sont pavés ordinairement en carreaux de marbre et de liais qu'on scelle avec un mortier de plâtre, de chaux et de sable. L« ligure 752 donne deux exemples des diverses combinaisons que l'on peut employer avec les carreaux du commerce ; le premier de ces revêtements est composé de carreaux ordinaires, octogones, en liais, avec remplissages en marbre noir ; le second est formé de quatre sortes de

marbres taillés en losanges et en rhomboïdes, dont l'arrangement et la dispo-

Fig. 752.

sition des couleurs présentent des dés vus en perspective ; les carrelages de ce genre sont dits carrelages mosaïques.

Les cuisines se pavent en carreaux de terre cuite, hexagones ou carrés ; les âtres de cheminée, en carreaux carrés.

On revêt également le sol de certaines pièces, surtout à la campagne, de briques à plat ou sur champ, en alternant les joints ou en disposant ces matériaux à bâtons rompus.

Tous les ouvrages de carrelage, tant neufs que vieux, dans le règlement des mémoires, sont mesurés et payés au mètre superficiel, en y comprenant la valeur de la forme jusqu'à 0m, 05 d'épaisseur. Au delà de celte dimension, l'excédant de forme se paye au mètre cube, à 1 fr. 40 le mètre.

S'il y a décarrelage, ce travail est compté au mètre superficiel. Le prix du décarrelage en vieux carreaux doit comprendre la dépose, le décrottage et la repose des carreaux. Le décrottage ne doit jamais être compté au mètre super (iciel, mais toujours au mille et d'après le nombre réel des carreaux entiers décrottés.

Les carreaux posés en recherche sont complés au cent ou à la pièce.

Carrelet, s. m. — Lime en fer, à section rectangulaire, moins forte de moitié que le carreau (voy. ce mot).

On appelle carrelette une lime de même forme mais encore plus petite.

CARRIÈRE

CARRIÈRE

Carreleur, s. m. — Ouvrier qui pose les carreaux.

On appelle carrelier celui qui les façonne.

Carrément, adv. — Terme de charpente qui signifie à angle droit.

Carrier, s. m. — 1° Ouvrier qui extrait la pierre des carrières.

2° On nomme de même celui qui fait le commerce de la pierre.

Carrière, s. f. — Lieu d'où Ton extrait les matériaux de construction.

On appelle marbrière l'endroit d'où l'on tire le marbre, plâtrière, celui d'où l'on extrait la pierre à plâtre, et ardoisière, le lieu qui fournit les ardoises.

Dans les carrières de pierres calcaires, c'est-à-dire dans celles qui fournissent le plus grand nombre de pierres à bâtir, ces pierres sont disposées par bancs ou lits de différentes hauteurs, de qualités et de densités diverses, à grain plus ou moins fin, de teintes variées et qui n'ont dû se durcir que plusieurs siècles après le dépôt des substances qui les composent.

Les grandes couches d'ancienne formation ont pour éléments les détritus des coquilles et autres substances qui ont servi d'enveloppes ou de demeures à un nombre infini de mollusques, crustacés et autres animaux pourvus des organes nécessaires à la production de la matière calcaire.

Les pierres de seconde formation , beaucoup moins anciennes que les premières, sont d'une même nature ; mais il est facile d'en reconnaître les différences : dans toutes celles d'ancienne formation, il y a toujours des coquilles ou des impressions de coquilles et de crustacés très évidentes, tandis que dans celles de formation moderne, il n'y en a nul vestige. Ces carrières, formées des débris des premières, sont ordinairement placées au pied ou à quelque distance des montagnes et des collines

dont les bancs anciens ont été attaqués, dans leur contour, par l'action de la gelée et de l'humidité. Les eaux ont ensuite entraîné et déposé dans les lieux plus bas toutes les poussières et les gravois détachés des bancs supérieurs. Ces débris, stratifiés les uns sur les autres par le transport et le sédiment des eaux, ont formé les lits des pierres nouvelles qui ne renferment aucune impression de coquilles, bien qu'ils soient entièrement composés de substances coquilleuses.

En outre, ces lits de pierres de plusieurs formations sont ordinairement séparés les uns des autres par des joints ou couches assez épaisses renfermant une matière pierreuse moins pure et moins liée, qui est le bousin, tandis que, dans les bancs de première formation, les joints sont étroits et remplis de spath. On peut encore remarquer que dans les pierres appartenant à cette dernière catégorie il y a plus de solidité, plus d'adhérence entre les grains dans le sens horizontal que dans le sens vertical, de telle sorte qu'il est plus facile de les fendre ou casser verticalement qu'horizontalement ; au lieu que les pierres de seconde et troisième formations peuvent se travailler à peu près aussi aisément dans tous les sens.

Enfin, les bancs d'ancienne formation sont d'autant plus épais et plus solides qu'ils sont situés plus bas ; tandis que les lits de formation moderne ne sont placés dans aucun ordre ni pour leur dureté, ni pour leur épaisseur.

Ces différences, très apparentes, suffisent pour qu'on puisse reconnaître et distinguer, au premier coup d'œil, une carrière d'ancienne ou de nouvelle pierre calcaire. ,

Il y a trois modes d'exploitation des carrières : à ciel ouvert, par galeries ou par puits.

1° L'exploitation cà ciel ouvert a lieu quand les matériaux sont à fleur de terre ou recouverts par une couche de terre peu épaisse ; on extrait la pierre en allant de haut en bas.

CARRIÈRE

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