CASTEL
citerons une habitation de ce genre (1. dont le plan est représenté par la figure 764 et qui est située à l'extrémité du canal de Naser, en dehors de la ville du Caire : a est l'entrée ; — b, le siège du portier ; — c, la cour ; — d, un vestibule entouré de sièges en bois ;
— e, le salon avec divan et jet d'eau;
— f, la chambre du maître avec divan ;
— g, l'escalier particulier du maître pour monter chez ses femmes ; — h, la cuisine et la chambre de domestique;
— i, la dépense ou office ; — j, les latrines ; — A\ l'écurie ; — /.un jardin avec treille; — m, une citerne avec abreuvoir; — », un passage; — o, un kiosque sur le canal ; — p, un petit jardin ; — q, l'escalier qui mène au logement des femmes placé au-dessus et pourvu de balcons grillés. Ces sortes d'habitations servent de maisons de campagne aux familles aisées de la ville.
En France, on donne particulièrement le nom de casino à des établissements de plaisir, de conversation et de jeu; des pièces y sont ménagées pour la musique et la danse ; on y trouve également des salles de lecture, de billard et de jeux divers.
Casse-pierre, s. m. — Outil servant à casser les cailloux qui entrent dans la confection du béton ou dans l'empierrement des routes.
Le casse-pierre est formé d'une masse
Fig. 765.
en fer et d'un manche légèrement flexible (fig. 765).
Cassis, s. m. — 1° Petit ruisseau fait en meulière ou moellon et qui conduit des eaux de source dans un bassin ou dans un réservoir.
(1) Coste, Architecture arabe.
2° Ruisseau qui traverse une chaussée.
On établit des cassis sur les routes qui traversent des vallons ne fournissant d'eaux qu'accidentellement. La route doit être pavée de part et d'autre de la ligne basse jusqu'au-dessus du niveau que peuvent atteindre les eaux : cellesci ne peuvent pas alors attaquer la route. Il faut, de plus, que le cassis ait une pente assez forte pour que les eaux n'y laissent pas déposer le limon qu'elles entraînent.
Cassis (Pierre de). — Calcaire compacte provenant des carrières de Cassis, dans l'arrondissement de Marseille.
Cette pierre, très dure, blanchâtre, à pâte très fine et susceptible de poli, porte de 0m,30 à lm,60 de hauteur d'assise. Le poids du mètre cube est de 2,730 kilogr., et la charge nécessaire pour produire l'écrasement est de 1 ,100 kilogr. par centimètre carré.
La pierre de Cassis, très employée à Marseille pour les soubassements des édifices publics, s'expédie en Algérie, en Egypte, en Turquie, en Russie.
Cassolette, s. f. — Architecture.
Vase isolé ou sculpté en bas-relief et d'où sortent des flammes simulées.
On en place souvent en amortissement sur des édifices ; on en décore les catafalques, les retables d'autels, les arcs de triomphe, etc.
Treillage. Petit vase de forme large et aplatie.
Cassons, s. m. pi. — Débris de verre.
Cassure, s. f. — 1° Surface de rupture d'un objet qui est brisé.
2° Plomberie. Fentes que produisent dans le plomb les dilatations et contractions provenant des variations de température ; on doit les reboucher avec de la soudure.
Castel, s. m. — Vieux mot employé
CATACOMBES
CATACOMBES
dans le sens de château, ou lieu fortifié (voy. Château).
Castellum. — Mot que les Romains employaient avec des significations diverses :
1° Le castellum était soit un poste fortifié établi dans la campagne, pour protéger les habitants contre les incursions de l'ennemi, soit une petite place forte qui devait son origine à l'agglomération formée par la population voisine autour de ces postes mêmes.
2° Ce mot désignait aussi le réservoir d'un aqueduc, réservoir placé à l'endroit où l'aqueduc sortait d'une ville, ou bien sur le point du parcours où une provision d'eau était nécessaire à la localité. Ces réservoirs étaient ordinairement de simples tours en brique ou en terre renfermant une citerne ; mais à l'endroit où l'aqueduc touchait aux murs de la ville, on le décorait d'une façade avec ordonnance architecturale, comme on le fait aujourd'hui pour les châteaux d'eau (voy. ce mot).
Castillon (Pierre de). — Calcaire coquillier, un peu gréseux, de couleur jaune-paille, que l'on extrait des carrières de Castillon, arrondissement d'Uzès.
Cette pierre, qui porte de 0m,30 à 1 mètre de hauteur d'assise, s'emploie dans les régions d'Uzès et d'Avignon.
Castres {Grès tendre de). — Grès calcarifère provenant de la carrière de Richard, aux environs de Castres.
Cette pierre est tendre, durcit à l'air, est de couleur gris-cendré et d'un grain très fin. Elle porte de 0m,40 à 0m,60 de hauteur d'assise et pèse 2,180 kilogr. le mètre cube. Elle s'écrase sous une charge de 280 kilogr. par centimètre carré.
Castrum ou Castra. — Voy.
Camp.
Catacombes, s. f. pi. — 1° Sou-
terrains dans lesquels les premiers chrétiens déposaient leurs morts, exerçaient leur culte et trouvaient un asile contre les persécutions.
L'origine des catacombes se trouve dans les fouilles pratiquées autour des grandes villes pour en tirer les matériaux propres à la construction.
C'est, en effet, le soin avec lequel les peuples anciens exécutaient ces fouilles qui permit, plus lard, de les affecter à d'autres destinations, à la sépulture des morts, par exemple.
Les plus anciennes catacombes sont celles que les Égyptiens creusaient dans le flanc des montagnes et qui ont reçu le nom d' hypogées (voy. ce mot).
L'Italie est la contrée dans laquelle ces excavations sont le plus nombreuses.
Syracuse possède une véritable ville souterraine avec ses rues, ses carrefours et ses places. Nous donnerons ci-contre (tig. 766) le plan général de ces catacombes appelées encore le Cimetière ou les Grottes de Saint-Jean. La forme de ces immenses excavations, plus régulière que celle des catacombes romaines, l'alignement des galeries, la proportion, l'heureuse disposition de l'ensemble et des détails, tout semble indiquer que, dès leur origine, ces excavations ont été expressément destinées aux sépultures d'une nombreuse population. Il y a tout lieu de croire que l'exécution de ces ouvrages est antérieure à l'époque de la conquête de la Sicile par les Romains, et que ces excavations ont passé, plus tard, de l'usage des païens à celui des chrétiens. Les salles ou places circulaires que l'on observe dans le plan général de ces catacombes, excitent au plus haut degré la curiosité des archéologues. Elles sont surmontées de voûtes circulaires, au centre desquelles se trouve parfois une ouverture qui communique avec l'air extérieur.
L'ile de Malte présente aussi des catacombes, moins vastes, il est vrai, mais également bien distribuées.
CATACOMBES
CATACOMBES
Les plus célèbres catacombes sont celles de Rome, dont l'origine a été fort contestée par les archéologues. Les uns
n'y ont vu absolument que d'anciennes carrières utilisées par les chrétiens pour la sépulture des morts ; d'autres, des
1/3 fin
Fig. 766.
galeries souterraines creusées uniquement par les chrétiens pour s'y réfugier dans les temps de persécution, y célébrer leurs mystères et y ensevelir leurs morts.
Des études récentes ont permis de distinguer, dans ces excavations, celles qui ont servi de carrières et celles qui sont les catacombes proprement dites.
En effet, les premières de ces galeries n'avaient pour objet que l'extraction du sable volcanique ou pouzzolane qui se trouve en abondance dans le sol de la campagne de Rome ; elles recevaient le nom (ïarenariœ ; leur largeur est plus grande que celle des catacombes ; leurs voûtes sont à plus grandes portées et s'éboulent plus facilement. Les catacombes servant de cimetières présentent une série de couloirs étroits établis d'une manière tout à la fois économique et très solide.
Si ces réduits souterrains ne peuvent, à proprement parler, être considérés comme des produits de l'architecture, ils offrent néanmoins un grand intérêt
historique, puisqu'on y trouve les traces d'usages que l'architecture eut à consacrer dans les édifices religieux.
Les catacombes de Rome occupent un espace considérable ; elles se trouvent dans une zone de 2 ou 3 kilomètres tout autour de Rome : « Leur étendue est prodigieuse, dit M. de Rossi, dans son ouvrage intitulé Rome chrétienne souterraine, non pas dans la superficie du sol entamé, mais bien dans la quantité des galeries creusées à dilïérents niveaux, quelquefois à quatre ou cinq étages, les unes sous les autres. Il a été calculé exactement que, dans un espace carré ayant 12o pieds romains de côté, il n'y a pas moins de 7 à 800 mètres de galeries ; la somme totale de toutes les lignes d'excavation semble monter au chiffre énorme de 580 kilomètres. »
On a longtemps considéré ces catacombes comme toutes reliées entre elles et formant un réseau non interrompu autour de Rome. Mais les conditions géologiques et hydrauliques du sol donnent un démenti formel à cette hypothèse et
CATACOMBES
ont imposé des limites infranchissables aux nécropoles souterraines, qui sont restées séparées les unes des antres.
Les catacombes constituaient, en effet, des groupes distincts, car l'histoire nous apprend qu'au 111e siècle, vingt-six grands cimetières correspondaient aux vingt-six paroisses de Rome. En ajoutant à ce chiffre une vingtaine d'autres souterrains de peu d'étendue, destinés à la sépulture de quelques familles chrétiennes, on obtient un total de quarante-six catacombes.
Chaque cimetière est composé d'un grand nombre de galeries ayant une hauteur moyenne de 0m.80. et dont la longueur varie à l'infini, suivant la consistance de la couche de tuf granulaire.
Ces galeries. .superposées les unes aux autres jusqu'à cinq étages, ne descendent jamais à plus de 20 à 25 mètres sous le sol. C'est à cette profondeur
CATACOMBES
qu'existe le niveau des couches non volcaniques qui, n'absorbant pas les eaux, sont toujours humides et partant impropres a la sépulture. Les niches sépulcrales, creusées dans les parois des corridors, sont disposées par séries horizontales et ont la longueur du corps humain. Dans les chambres funéraires ménagées d'espace en espace, on reconnaît tantôt des tombeaux de famille, tantôt de véritables chapelles où l'on célébrait les saints mystères. La tombe d'un martyr servait d'autel pour le sacrifice eucharistique. Ces salles renferment parfois aussi le siège (cathedra) du pontife, taillé dans le tuf même et inhérent à la paroi à laquelle il se trouve adossé. On y trouve aussi des bancs qui devaient être à l'usage des fidèles assemblés dans ces cryptes.
La figure 767, qui représente une coupe du cimetière de Calixte, avec cinq
Fig. 76"
étages superposés, permet de se faire une idée de la disposition des catacombes. On voit que l'étage le plus bas arrive au niveau des eaux.
Des caveaux particuliers étaient réservés aux familles riches ou comptant parmi leurs membres de saints person-
nages. Les corps y étaient placés dans des sarcophages ou sous des arcs en plein cintre, ornés de peintures.
Les motifs de décoration des catacombes sont fournis par des sujets empruntés à l'Ancien et au Nouveau Testament. Cette ornementation n'est pas
CATACOMBES
CATACOMBES
seulement historique, mais aussi symbolique ; des sujets , en apparence païens, y sont appropriés au christianisme d'une façon emblématique. Parmi les figures qui sont le plus fréquemment représentées, nous citerons : le Bon Pasteur : Moïse frappant le rocher :
Orphée charmant les bétes fautes : le Christ ressuscitant un enfant qui sort du tombeau : Daniel donnant entre deux lions : Jonas dévoré ou rendu par un monstre marin, etc. D'autres objets, tels que l'ancre, symbole de l'espérance. La colombe, image de l'âme, la branche d'olivier, message de paix, sont souvent reproduits. %
De ces cimetières, les plus connus sont, outre le cimetière de Cali.rte : la catacombe de Flavia Domitella , dont M. Rossi a récemment découvert l'entrée donnant sur la voie publique ; la catacombe de Saint-Priscille, qui présente une ancienne carrière de pouzzolane, consolidée par des piliers et devenue le centre du cimetière ; la catacombe Ostriensis, voisine de la catacombe de Sainte-Agnès, et qui était la plus grande de toutes ; on y voit, au milieu de galeries, une petite basilique à trois compartiments, l'un pour l'évêque et les diacres, l'autre pour les fidèles, le troisième pour les catéchumènes ; le cimetière Pontien, qui est situé sur le Janicule, à un demi-mille de la Porta Portèse, sur la route de Fiumiano ; cette catacombe renferme une source naturelle, autour de laquelle on a creusé une salle de baptistère.
D'autres villes de l'Italie, Venosa, dans la Fouille ; Chiusi, en Étrurie ; Naples, ont aussi des catacombes. Celles de Chiusi, l'antique Clusium, ouvertes dans la première moitié de ce siècle présentent, vers leur entrée, dans un espace assez étendu pour réunir les auditeurs, un autel formé d'une table de marbre posée sur un tombeau. Plus loin, vis-à-vis l'entrée de la crypte, on voit un siège grossier, composé de tablettes de pierres jointes entre elles et
affectant la forme des chaires qui, plus tard, furent placées au fond des sanctuaires.
Les catacombes de Naples sont creusées dans des carrières ayant servi à fournir des pierres de construction et dans une sorte de tuf roussàtre et ferme qui est de la véritable pouzzolane durcie. Elles sont superposées par étages et s'étendent, au nord de la ville, sur une longueur de près d'une demi-lieue.
Avant de quitter l'Italie, nous ferons remarquer qu'en appliquant les souterrains de Rome au service de la religion, quand ils furent convertis au christianisme, les Romains ne firent que suivre des exemples pratiqués auparavant et que souvent ils se conformèrent aux usages qu'avaient suivis leurs pères euxmêmes, sous l'empire du paganisme.
Les emblèmes trouvés dans les peintures des hypogées de Tarquinia sont un témoignage de ce genre d'imitation, qui est rendu encore plus sensible par l'inspection du souterrain servant de sépulture à la famille des Scipions. Ce souterrain a été découvert sur les bords de la Via Appia, en dedans de la porte dite aujourd'hui de Saint-Sébastien, dans les années 1780, 1781, 178-2. Le
plan représenté par la figure 768 montre l'excavation, pratiquée dans la pouzzolane, où cette sépulture a été établie. Le
CATACOMBES
CATACOMBES
terrain est divisé, clans toule son étendue, par chambres et par étages. Les cercueils ou loges, loculi, creusés dans le tuf volcanique, ont (fig. 769) la même
Fig. 769.
forme que ceux des catacombes chrétiennes (voy. Tombeau). Ils sont également scellés avec de grandes tuiles et du plâtre et paraissent avoir été destinés aux gens de la maison, que Ton appelait la famille, les maîtres ayant leurs sarcophages particuliers, entre lesquels le plus remarquable est celui de Lucius Cornélius Scipio Barbatus.
« Ainsi, écrit d'Agincourt, les différents étages de voûtes trouvés dans le souterrain des Scipions, les cercueils disposés ainsi par étages, les places plus ou moins distinguées que les sarcophages occupaient dans les chapelles, les sarcophages isolés, enrichis de sculptures et d'inscriptions, toutes ces particularités attestent que les dispositions adoptées par les chrétiens dans les catacombes, sont une imitation d'usages plus anciens. »
L'examen de la catacombe de Saint- Hermès et, en particulier, d'un monument découvert dans cette excavation, fournit un témoignage de plus en faveur de cette assertion. On reconnaît, de plus, à sa forme, à la place qu'il occupe dans l'espèce de chapelle où il fut consacré et aux ornements qui l'accompagnent, un des premiers modèles des autels élevés depuis dans nos églises.
Saint Hermès, préfet de Rome, souffrit le martyre sous le règne d'Adrien.
Un monument lui fut consacré clans la catacombe qui prit son nom et qui est située sur l'ancienne voie Salara, à peu de distance de Rome. La figure 770
Fig. 770.
donne le plan du tombeau, au devant duquel est une petite place qui forme une espèce de chapelle où se réunissaient les fidèles. La figure 771 est une
Fig. 771.
coupe transversale qui montre la situation du tombeau au fond de cette chapelle et la section des sépultures qui en garnissent les parois. La figure 772 est
Fig. 772.
une coupe longitudinale montrant la face de ces sépulcres. On voit que ce
CATACOMBES
CATACOMBES
mausolée a été pratiqué dans le tuf au moyen d'une sorte de voûte ou niche cintrée, que Ton trouve souvent désignée, par les écrivains ecclésiastiques, sous la dénomination de Monument uni armatum. Les parois de cette chapelle sont ornées de peintures offrant des sujets religieux, parmi lesquels il s'en trouve un, le Christ assis au milieu des douze Apôtres, qui a fait donner au lieu particulier qu'occupe ce tombeau le nom de chapelle des Apôtres.
2° Dans les autres contrées de l'Europe, un certain nombre de villes possèdent des catacombes qui sont dues à d'anciennes carrières exploitées. Certains quartiers de la ville de Paris reposent sur des excavations semblables, que l'on a utilisées pour y déposer les ossements retirés des anciens cimetières de Paris lors de leur suppression.
Dans la description qu'il a faite des catacombes de cette ville, Héricart de Thury se livre à des recherches intéressantes sur l'historique des carrières dont il est ici question. Il estime que les premières extractions furent faites à découvert et par tranchées ouvertes dans les lianes des collines qui entouraient l'antique Lutèce. On a retrouvé des vestiges de ces anciennes extractions au bas de la montagne Sainte-Geneviève, sur les rives de l'ancien lit de la Bièvre, dans l'emplacement de l'abbaye Saint-Victor, celui du Jardin des Plantes et le faubourg Saint-Marcel.
Depuis cette époque reculée jusqu'au xuc siècle, les pierres de construction furent fournies à la cité parisienne par les carrières qui furent exploitées vers les endroits que l'on appelle aujourd'hui boulevard Saint-Michel, place de l'Odôon, du Panthéon, anciennes barrières d'Enfer et Saint-Jacques, vers lesquelles sont établies les catacombes.
Les agrandissements successifs et les besoins sans cesse renaissants de la ville eurent pour conséquence naturelle une grande extension donnée aux vides
et excavations pratiqués dans les carrières que nous venons de désigner.
Lorsque les déblais nécessaires et l'épaisseur du recouvrement de la masse de pierre rendirent l'exploitation à découvert trop pénible ou trop dispendieuse, les travaux se firent par galeries souterraines communiquant dans de mandes excavations dont les plafonds étaient soutenus par des piliers de pierre isolés et ménagés dans la masse. Dans la suite, on eut recours aux puits, et cela, sans doute lorsque la pierre commença à s'épuiser sur le liane des collines.
Au siècle dernier, des éboulements fréquents, accompagnés de graves accidents ayant eu lieu dans l'intérieur de la ville, l'autorité publique y lit exécuter de nombreux travaux -de consolidation ; les galeries qui menaçaient ruine furent comblées ou élayées par dos massifs de maçonnerie. On ne laissa ouvertes que celles qui correspondaient à des rues. Ces travaux étant à peu près terminés en 1780, le lieutenant général de police Lenoir proposa d'y transporter les ossements qui encombraient les cimetières intérieurs de Paris et, en particulier, celui des Innocents, qui recevait, depuis près de sept siècles, les morts de cinq ou six paroisses.
Cette translation eut lieu en 1785 pour ce dernier cimetière. Les années suivantes on répéta .ces dépôts funéraires.
Les ossements furent d'abord jetés pêlemêle ; mais, plus tard, on les disposa, d'après un plan régulier, en pyramides, en colonnes, en murailles, etc., et l'on donna des noms particuliers aux groupes principaux.
On pénètre aujourd'hui dans les catacombes par de grands escaliers établis l'un dans un des pavillons de l'ancienne barrière d'Enfer ; l'autre près de Montsouris , à l'endroit appelé la Tombe- Jssoire ; le troisième au lieu appelé la Fosse-aux-Lions, parce qu'il était jadis occupé par un cirque où l'on faisait combattre les bêtes féroces.
CATHÉDRALE
CATHEDRALE
Catafalque, s. m. — On désigne ainsi une décoration d'architecture, de sculpture et de peinture établie sur une bâtisse ou carcasse en charpente et dont l'ensemble est combiné de manière à représenter un monument sépulcral.
On y emploie des marbres figurés par la peinture décorative, des tentures à couleur sombre , rehaussées d'ornements en argent.
Pour conserver à ces ouvrages leur caractère funèbre, il faut en proscrire une trop grande variété de formes et de sujets.
On cite, parmi les catafalques célèbres , celui que les académiciens de Florence élevèrent à Michel-Ange, dans l'église de Saint-Laurent de cette ville.
Cathedra. — Voy. Chaire.
Cathédrale, s. f. — Mot qui vient de cathedra chaire, trône épiscopal) et qui s'emploie depuis le xe siècle, pour désigner l'église d'un diocèse renfermant le siège de l'évêque.
L'origine des cathédrales se trouve dans les premières basiliques chrétiennes. Ces édifices dont le plan affectait d'abord la forme d'une croix latine, étaient divisés en trois ou cinq nefs ; un atrium avec portiques les précédait ; un autel avec ciborium s'élevait dans le sanctuaire, et un siège ou cathedra, réservé à l'évêque, occupait le fond de l'abside. Un petit monument circulaire ou polygonal, situé en dehors de la cathédrale , dans l'axe ou sur l'un des côtés, servait à la consécration du baptême (voy. Baptistère, Basilique).
Les églises épiscopales de l'Orient furent construites sur un type différent, le plan ayant la forme d'une croix grecque complétée par une enceinte, [tu donnait à l'extérieur de l'édifice aspect d'un carré. Le croisement des iefs et des transepts était recouvert par m dôme en pendentif. L'intluence de 'ette architecture byzantine se lit sentir
en Italie et même dans quelques parties de la France méridionale.
Les architectes de l'époque romane, fondant ensemble les traditions romaines et les souvenirs de l'Orient, édifièrent des cathédrales répondant mieux aux besoins du culte chrétien.
Des galeries, prolongeant les bas-côtés autour du sanctuaire, rendent la circulation plus facile et permettent d'accéder à de nombreuses chapelles absidales (1) (voy. Abside). Les transepts même sont souvent pourvus de chapelles.
La grande porte s'ouvre, dans l'axe de l'édifice, sur la façade principale, entre deux tours élevées , surmontées de flèches en pierre ou en charpente. Des piliers séparent les nefs intérieures et sont réunis entre eux par des arcs en plein-cintre.
A cette architecture, qui produisit, pendant les xie etxne siècles, des monuments très remarquables, succéda un style nouveau, dont l'arc aigu ou en ogive devint le principal caractère.
L'emploi de cette forme permit de construire les cathédrales sur des proportions inconnues jusqu'alors. Un grand nombre de ces édifices sont pourvus de cinq nefs, comme le montre le plan de la cathédrale de Paris (fig. 773). Des
Fie. 773.
chapelles garnissent les bas-côtés ; des tours colossales s'élèvent sur les façades ; des flèches en charpente couron-
(1) Dïct. de l'Académie des beaux-arts.
CATHÉDRALE
CATHÉDRALE
nent souvent la croix du transept. Les piles intérieures sont ornées de faisceaux de colonnettes s'élançant du sol à la naissance des nervures, qui soutiennent des voûtes très élevées. Des arcs-boutants retombant sur d'épais contreforts empêchent les effets de la poussée de ces voûtes sur les murs latéraux. Les façades extérieures sont décorées de galeries, d'arcatures à jour, de statues, de bas-reliefs, de figures prises dans le règne végétal et animal ; la peinture sur verre, la fresque et la sculpture contribuent à l'ornementation intérieure.
Au plan que nous venons de donner de la cathédrale de Paris nous ajouterons ici les plans des monuments religieux les plus remarquables de l'architecture française au moyen âge qui ont reçu le nom de cathédrales.
La figure 774 montre le plan de la cathédrale d'Amiens, dont la première pierre fut posée en 1220, sous le règne
pans, avec chapelle de la Vierge dans l'axe. La longueur de la croisée est de 59* 11 ; celle du monument , dans œuvre,' de 134m,80. La hauteur, sous clef de voûte, est de 42m,50. Les proportions colossales de cet édifice, en même temps que la simplicité qui règne à l'intérieur, produisent sur l'esprit du spectateur un des plus grands effets que l'on puisse trouver dans les églises du
moyen âge.
La cathédrale de Rouen, représentée en plan par la ligure 775, fut fondée au commencement du xinc siècle, forme une croix latine et
132m,53 de
Fig. 774.
de Philippe-Auguste , et dont la construction fut terminée en 1288, à l'exception des tours, qui ne furent élevées qu'en 1366 à la hauteur inégale où on les voit actuellement. Le plan de cette église est une croix latine et comprend : une nef principale avec doubles bascôtés, deux transepts et un chœur à sept
Fig. 775.
longueur et 31m,50 de largeur. La hauteur de la nef, sous clef, est de 27m,28. Cette église vient de recevoir l'amortissement de la flèche en fonte remplaçant celle qui fut détruite par la foudre en 1822 ; ainsi couronnée, cette flèche atteint à la hauteur de 150 mètres ce qui rend ce monument le plus haut du
globe.
Au premier rang, sous le rapport de la beauté architecturale, on peut placer la cathédrale de Reims, dont la ligure 776 nous représente le plan. Celui-ci a l'aspect d'une croix dont les bras sont plus larges que dans les autres églises métropolitaines du moyen âge. Cinq chapelles rayonnent autour du sain-
CATHETE.
CAUPONA.
luaire ; la nef a dix travées ; les transepts se composent de trois nefs de
Fig. 776.
50 mètres de longueur, du nord au sud. La longueur totale est de 138m,94. La largeur de la nef centrale est de 15m,26, d'axe en axe des colonnes ; sa hauteur sous clef de voûte est de 38m,33. Les deux tours octogones qui flanquent le porche sont d'égale hauteur, mais n'ont point été achevées. Il est cependant certain, à en juger par les pierres d'attente que l'on voit sous les combles, que ces tours devaient être couronnées chacune d'une flèche en pierre comme celles des cathédrales de Strasbourg et de Fribourg,
L'édilication des cathédrales, interrompue à l'époque de la Renaissance, fut reprise en quelques points, pendant les xviic et xvme siècles. Ces édifices changent alors complètement de caractère, sinon au point de vue des dispositions du plan, du moins sous le rapport du style : les traditions romaines, remises en vigueur, n'offrent plus l'originalité que présentaient les monuments religieux du moyen âge.
Cathète, s. f. — 1° Mot qui s'emploie, en architecture, dans le sens (axe.
' 2° On désigne ainsi la ligne d'aplomb qui passe par l'œil de la volute du cha-
piteau ionique et qui sert, comme point fixe, au tracé de cette volute.
Cauchoise, adj. — Voy. Mitre.
Gaulicoles, s. /". pi. — On appelle ainsi de petites tiges qui, sortant d'entre
Fig. 777.
les feuilles d'acanthe du chapiteau corinthien, s'enroulent sous le tailloir
(fig. 777).
Caumont (Pierre de). — Pierre calcaire demi-dure, provenant des carrières de Caumont, commune de l'arrondissement de Pont-Audemer.
La hauteur d'assise de cette pierre varie de 0m,50 à 0m,70. Elle pèse de 1,900 à 1050 kilogr. le mètre cube. La charge d'écrasement qu'elle peut supporter par centimètre carré est de 200 à 300 kilogr.
Parmi les emplois remarquables qui ont été faits de la pierre de Caumont, nous citerons : les soubassements des églises Notre-Dame et Saint-Ouen, le pont de Saint-Sever, à Rouen; les églises de la Bouille et des Moulineaux, près de la Bouille. L'usage de cette pierre est très répandu à Rouen et à Elbeuf.
Caunes (Marbre de). — Marbre gris de très belle qualité, exploité dans le département de l'Aude, à Cannes, localité voisine de Carcassonne.
Caupona. — Les Romains désignaient ainsi une auberge, une hôtelle-
CAViEDIUM.
CAVE
rie destinée à recevoir les personnes qui voyageaieni pour leurs affaires et non
pour leur plaisir.
La cnu point répond à ce qu'est encore chez nous la vieille hôtellerie de campagne établie sur le bord de la route.
Dans les grandes villes, la caupona était un lieu où Ton débitait du vin vendu et bu sur place, comme aujourd'hui dans les cabarets.
Gaussiné, part, passé. — Se dit, en
menuiserie, du bois qui, après avoir été bien dressé , s'est gauchi (voy. Coffiner).
Caustique, adj. — Substance qui fait mieux adhérer entre elles deux matières appliquées l'une sur l'autre ; tel est l'alun, qui entre dans la composition du badigeon (voy. ce mot).
Cauterium. — Réchaud portatif que les anciens employaient pour tixer les couleurs d'une peinture à l'encaustique.
Gavsedium. — Mot latin dérivé de cavum œdium et dont le sens littéral est partie creuse d'une maison.
Il est nécessaire, pour se rendre compte de la signification véritable donnée à ce terme, d'examiner comment les Romains disposaient primitivement leurs habitations.
Ils plaçaient les pièces sur les quatre côtés d'un rectangle, en laissant, au centre, un espace découvert, qui reçut d'abord le nom de cavum œdium. Plus tard, cette cour fut changée en une pièce appropriée aux besoins du maître de la maison. On la couvrit d'un toit soutenu par des colonnes, en ne ménageant, au centre, qu'une ouverture, appelée compluvium, pour faciliter l'accès de la lumière et de l'air. Le eue mu œdium, ainsi transformé, fut appelé atrium, du nom des Étrusques atriates Tusci . auxquels les Romains avaient emprunté ce genre de construction.
Cette définition du cavœdium fait comprendre comment on a souvent employé, dans le même sens, ces deux mots cavœdium et atrium.
Il existe cependant des passages d'auteurs latins, de Pline le Jeune entre autres, dans lesquels une distinction bien tranchée est établie entre ces termes. Ainsi, la villa de Pline, d'après cet écrivain, renfermait un cavœdium et un atrium. Il faut en conclure que le premier de ces mots, pris ici dans un sens moins général, désignait une cour découverte sans galerie ni toiture ; que, de plus, il y avait un atrium en partie couvert.
Vitruve décrit les diverses espèces de cavœdium, en employant ce terme dans son sens le plus général (voy.
Atrium).
Cavalier, s. m. — Terrasse. Dépôt de terres élevé en forme de monticule prismatique sur le bord d'une fouille.
Architecture militaire. Les cavaliers sont des ouvrages en terre élevés au milieu des bastions pour dominer la campagne et augmenter le feu de la place.
Au xvic siècle, les anciennes tours furent souvent conservées pour former des cavaliers. Aujourd'hui, on en fait les faces parallèles, ou à peu près, aux faces du bastion. Le relief est analogue à celui de tous les ouvrages de fortification ; la crête du parapet doit être a 3 mètres au moins au-dessus de celle du bastion.
Les cavaliers ont certainement des avantages ; ils permettent de fouiller Là campagne, et défendent les courtines contre les feux d'enfilade, mais ils sont très coûteux et gênent les communications.
Cave, s. f. — Etage souterrain ordinairement placé sous le rez-de-chaussée ou en sous-sol. La cave est destinée à la conservation des provisions de bouche
et particulièrement des vins et i\e^ li-
CAVE
CAVE
queurs; souvent aussi, dans les villes, on s'en sert pour déposer le combustible.
La principale condition que doit remplir une cave est d'avoir une température constante et modérée. Le local doit, en outre, être sec et privé de lumière ; cette dernière condition est nécessaire pour les vins en bouteilles. On expose donc, autant que possible, les caves au nord avec des ouvertures étroites ou soupiraux (voy. ce mot) qui assurent, en même temps, le renouvellement de l'air, surtout si on les place en face l'un de l'autre. Les murs sont construits en moellons durs, bien secs ou en pierres meulières, hourdées au mortier hydraulique. Un bon sol est une aire formée de crayon ou de blanc de salpêtre battu, recouvert d'une couche de sable tin. Ordinairement les caves sont voûtées ; le plein-cintre, dans ce cas, offre la plus grande garantie de solidité et d'économie.
Dans les villes, aujourd'hui, on courre souvent les caves d'un simple plancher en fer hourdé en briques ; c'est le plancher du rez-de-chaussée ; les briques y sont disposées en cintre, dans l'intervalle des solives. La hauteur la plus petite qu'il convienne de donner aux caves est de 2m,50 jusqu'à la naissance des voûtes et de 3 mètres, dans le cas d'un plancher droit. Les descentes de cuves sont des escaliers ordinaires ou bien, quand remplacement le permet, des pentes pavées ou cailloutées, assez larges pour le passage des futailles.
Dans les pays vignobles, certaines habitations ont deux étages de caves.
L'usage des pièces souterraines auxquelles le nom de cave peut s'appliquer est fort ancien. On a découvert, à Herculanum, une cave autour de laquelle étaient rangées et maçonnées dans les murs plusieurs grandes jarres en terre cuite qui devaient contenir du vin. Toutefois, il était d'un usage plus général de placer ce liquide dans des amphores en poterie, que l'on enfonçait, par la
pointe, dans une couche épaisse de sable mouvant qui formait le sol de la cuve.
A Pompéi , les maisons ne possédaient pas de caves; cependant, on a trouvé, dans une villa suburbaine, une cave divisée en deux étages, celui du bas contenant encore une amphore dans laquelle était du vin réduit à l'état solide.
Non loin de la porte du Peuple, à Rome, des fouilles exécutées en 1789, ont amené la découverte d'une cave antique, que les archéologues ont supposée, d'après une inscription trouvée sur un fragment de terre cuite, appartenir à la demeure de la famille Domitia. Cette cave, dont la tigure 778 représente le plan et la coupe , était
Fig. 778.
précédée d'un vestibule auquel on accédait par un escalier de neuf degrés.
Cette première pièce, de dix-huit pieds de long sur cinq et demi de large et de six environ de haut, était pavée d'une mosaïque d'un dessin bizarre, en pierres alternativement noires et blanches. Les murs et la voûte faite en berceau étaient ornés de peintures en arabesques, feuillages, oiseaux, etc., avec une corniche en stuc d'assez bon goût. On ne découvrit rien dans ce vestibule à l'époque où l'on lit des fouilles. A la suite, un premier compartiment, tout à fait dépourvu d'ornements et sans pavé, contenait une ligne d'amphores plantées dans le sable qui recouvrait le sol. Enfin, la cave proprement dite, située au-delà, était une longue galerie de 2 mètres de large, et dont les murs étaient construits en opus reticutotum. Quatre rangées d'ampho-