GAVE
CAVE
res, en partie enterrées dans le sable, comme les précédentes, étaient placées de chaque côté, deux à deux, le longdès murailles, laissant dans Taxe un passage libre.
Cette disposition en galerie voûtée n'est pas la seule que les Romains aient mise en usage pour les caves. On a trouvé, dans les souterrains placés audessous de l'habitation impériale, à la villa Adrienne, une vaste cave formée d'une longue galerie, sur les deux côtés de laquelle sont pratiqués de petits caveaux contigus, qui devaient servir à classer les vins suivant leurs qualités .
Des dispositions spéciales furent adoptées pendant le moyen âge. On a
découvert, à la suite des travaux de reconstruction opérés dans ces derniers temps, à Paris, et notamment dans le quartier de la Sorbonne, des caves de grande dimension et d'une régularité parfaite ; quelques-unes étaient divisées en plusieurs travées par des piliers supportant des nervures saillantes. Certaines caves étaient même assez larges pour présenter, dans leur axe, des colonnes isolées sur lesquelles retombaient les voûtes ; telles sont encore celles du palais de la Cité, qui est aujourd'hui le Palais de Justice.
On remarque que la plupart des habitations du xvic siècle étaient pourvues de caves voûtées ayant quelquefois deux
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Fig. 779.
étages. La tigure 779 représente une cave voûtée de cette époque, appartenant à une habitation de la ville de Compiègne. On y descend par un escalier droit en pierre porté sur une voûte rampante. Des soupiraux y laissent pénétrer l'air et la lumière.
Législation. Aujourd'hui, la construction d'une cave est soumise à certaines lois de voisinage et à des règlements de police concernant la voirie.
Pour creuser une cave contre un mur joignant une propriété voisine, il faut être possesseur de ce mur ou de sa mitoyenneté.
L'établissemeni (rime voûte en berceau parallèle au mur mitoyen et venant s'appuyer sur lui exige la construction
d'un contre-mur de 0m,33 au moins, sur lequel cette voûte prend ordinairement naissance.
Si la cave est surmontée d'une voûte d'arête ou lunette, joignant le mur mitoyen, il faut établir également un contre-mur, ou placer au long du mur deux dosserets ou pilastres en saillie, d'épaisseur et largeur suffisantes pour porter les pieds des deux arêtes qui se courbent vers le mur mitoyen (1).
Si, pour établir une cave contre un mur dont il vient d'acheter la mitoyenneté, le propriétaire de cette cave veut donner plus de profondeur aux fondations du mur, il doit le faire par travail
(1) Code Perrin.
CAVEAU
CAVEAU
en sous-œuvre, à ses dépens et sans indemnité pour la charge. L'addition faite au mur dans le sens de la profondeur lui appartient ; alors il doit l'entretenir, jusqu'à ce que le propriétaire voisin en achète la mitoyenneté, s'il veut aussi établir des caves de son côté.
Il n'est pas nécessaire de faire un contre-mur ou des dosserets, quand il existe des deux côtés du mur mitoyen des caves placées vis-à-vis et à la même hauteur et dont les poussées se neutralisent.
On peut ouvrir des soupiraux sur un domaine voisin, à moins que le propriétaire de ce domaine n'établisse qu'il en éprouve un dommage réel.
Il est défendu de construire des caves sous la voie publique. (Edit de 1607.)
Les propriétaires doivent faire épuiser l'eau qui serait dans les caves et souterrains de leurs maisons et enlever les vases et limons qui s'y trouvent, le tout à peine de 400 francs d'amende. Les locataires sont autorisés, à défaut des propriétaires, à épuiser l'eau de leurs caves et à retenir sur les loyers le prix de l'épuisement. Les réparations nécessaires seront faites sans délai, en cas de péril imminent, sous peine d'une amende de 400 francs. (Ordonnances de police des 14 mai 1701, 28 janvier 1741, 13 février 1802.)
Caveau, s. m. — 1° Partie d'une cave réservée à la conservation des vins fins.
2° Construction souterraine pratiquée dans une église ou dans un cimetière et destinée à recevoir les restes d'une ou de plusieurs familles.
Les grands caveaux funéraires sont ordinairement surmontés d'une chapelle (voy. Tombeau).
Dans les cimetières de Paris les caveaux sont des constructions souterraines destinées à recevoir plusieurs cercueils superposés et n'occuper, en superficie, que la place de terrain nécessaire à la sépulture d'une seule per-
sonne. Ces caveaux se construisent dans un terrain cédé par la ville de Paris et que l'on nomme concession à perpétuité.
C'est par un arrêté de M. le préfet Chabrol, en 1830, que les terrains, dans les cimetières de Paris, ont été cédés à perpétuité aux familles d'une façon régulière avec contrat enregistré, ce contrat formant titre de propriété de la sépulture et permettant au possesseur de faire inhumer les membres de sa famille dans ladite concession. Avant cette époque, les terrains, dans les cimetières, étaient accordés sans contrat, sans dimensions fixes ni dispositions régulières, ce qui explique l'irrégularité de certaines parties du cimetière du Père-Lachaise, le plus ancien des cimetières actuels de la ville de Paris.
Le mode de construction des caveaux, dans les concessions à perpétuité, dépend de la dimension du terrain que l'on a à sa disposition.
La concession ordinaire est de 2 mètres superficiels. Dans ce cas, il est permis d'occuper, en plus du terrain concédé, mais seulement jusqu'au niveau du sol, un empâtement de 0m,20 sur les côtés et de 0m,30 aux pieds et à la tête du terrain, ce qui permet de donner une épaisseur suffisante aux murs du caveau et de laisser un vide réglementaire et forcé de 2 mètres de longueur sur 0m,65 de largeur, la hauteur de chaque place de caveau devant être de 0m,50. En conséquence, la maçonnerie de chaque côté latéral du caveau est construite en talus sur une hauteur de 0m,50, afin de ménager les retraites nécessaires à la pose de dalles en pierre de 0m,05 d'épaisseur, que l'on scelle hermétiquement, à mesure que chaque place du caveau est occupée par un cercueil. Cette disposition est indiquée par la figure 780 en coupe transversale et par la ligure 781 en coupe longitudinale à l'échelle de 0m,02 pour mètre.
D'après le règlement, la case du caveau la plus haute doit être à 1 mètre en contre-bas du sol. La profondeur du
GÀVEAU.
CAVEAU
caveau est facultative et Ton peut, en profondeur, établir autanl de places que
l'on désire, si toutefois la nature du sol
le permet. Bien que la dernière case du haut soit à 1 mètre plus bas que le sol, on monte les murs du caveau jusqu'au
Fig. 780.
niveau du sol , d'abord pour donner libre passage aux cercueils, ensuite pour que ces murs viennent supporter le monument qui recouvre le caveau. Ce dernier devant occuper un emplacement qui ne dépasse pas lm,10 sur 2 mètres, les murs de la partie comprise entre la dernière case et le sol, partie que Ton appelle le mètre sanitaire, sont construits en surplomb, de manière à éviter le porte-à-faux du monument.
Les matériaux employés ordinairement, à Paris, pour la construction des cure aux sont les moellons piqués et la meulière brute ou piquée, bourdes au mortier de chaux hydraulique ou ciment.
En province, les caveaux se construisent en matériaux du pays, soit en briques, soit en pierres ; mais les mesures intérieures en usage à Paris sont généralement adoptées dans les villes. Dans les communes rurales il n'y a pas de règles fixes pour la construction des caveaux : chaque village a sa coutume particulière.
Outre les caveaux simples, on construit aussi des caveaux doubles, c'est-
à-dire à deux rangs de places mitoyennes ; il faut, dans ce cas, avoir à sa disposition un terrain d'au moins lm,80 de façade. La séparation des deux rangs de cases a lieu au moyen de murs
Fig. 782.
de refend en pierre d'environ 0m,15 d'épaisseur (fig. 782). Les mesures intérieures seul les mêmes que dans le premier cas, c'est-à-dire 2 mètres de Ion-
CAVEAU