CÈDRE
CELLA
pour égruger des verres d'épaisseurs différentes.
Cèdre, ». m. — Grand arbre de la famille des conifères, ayant un bois résineux, blanc rougeâtre, veiné, d'une grande finesse, mais trop tendre pour recevoir le poli. Sa durée est très grande. Sa résistance à l'écrasement est, d'après Rondelet, de 399 kilogr. par centimètre cube pour le bois à l'état ordinaire et de 412 kilogr. pour le bois très sec.
On a constaté, il y a quelque trente ans, l'emploi de cette essence dans les constructions mauresques d'Alger. Les versants méridionaux de l'Atlas possèdent effectivement des forêts de cèdres, exploitées par les montagnards pour le compte des colons. D'ailleurs, avant même la domination française, l'usage du cèdre était répandu à Alger concurremment avec celui du genévrier. On se servait particulièrement de brandies de peu de longueur pour soutenir obliquement les saillies formées à l'extérieur des maisons mauresques par la place qu'occupe le divan, meuble qui est d'un usage général dans les habitations musulmanes. On employait aussi des pièces de même bois pour servir d'arcs-boutants fixés en travers, d'un mur à l'autre, entre les maisons des rues étroites. Cette disposition, tout à fait disgracieuse, est cependant motivée par la fréquence des tremblements de terre et par la nature des matériaux qui entrent dans la construction.
• Le cèdre, par les dimensions colossales qu'il peut atteindre, est très propre à peupler nos forêts. Son bois, ayant une durée presque illimitée, peut entrer dans la construction comme bois de charpente ou comme bois à ouvrer ; celui de l'Himalaya, appelé cèdre deodora, est particulièrement d'une qualité supérieure.
Au point de vue de l'ornement, le cèdre peut compter parmi les arbres qui occupent le premier rang.
Les diverses variétés de cette essence offrent des aspects différents : le cèdre Atlantica, ou cèdre d'Afrique, croit très vile ; l'extrémité de sa (lèche est toujours droite et très raide ; ses branches, petites, étalées, sont aussi très courtes, de sorte que les arbres de cette espèce sont très propres à fournir des bois de construction. Le cèdre du Liban a, au contraire, l'extrémité de sa flèche plus ou moins arquée ; ses branches, très grosses, s'étendent fort loin, ce qui en fait un arbre convenable pour l' ornement, mais peu avantageux comme arbre forestier.
Quant au cèdre deodora. qui se distingue par ses branches flexibles couvertes de feuilles glauques et longues, c'est évidemment la plus belle variété ; mais il ne saurait supporter la rigueur de l'hiver sous le climat de Paris.
Ceinture, s. f. — Architecture.
1° Listel formant bague autour d'une colonne.
On appelle aussi orle ou colarin, la ceinture placée sous l'ove d'un chapiteau.
2° Rang de feuilles de métal, posé en anneau au-dessus d'un astragale pour cacher les joints d'un placage sur une colonne de bronze.
3° Bandeau à moulures entourant des constructions, des colonnes ou des pilastres. On en met à différentes hauteurs (voy. Bande).
Serrurerie. Ceinture de fourneau :
bande de fer plat qui encadre un fourneau de cuisine et le relie au mur.
Il y a des ceintures à boulons, à pattes ou à scellements.
Dans le règlement du prix des ouvrages, les trous et scellements sont fixés d'ordinaire (0m,08 de profondeur) pour les ceintures de fourneau, d'après la Série de lu chambre syndicale des entrepreneurs.
Cella, s. f. — Intérieur d'un temple ancien , c'est-à-dire partie enfermée
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entre les murs latéraux et les façades antérieure et postérieure, non compris le portique et le péristyle.
Ce mot s'appliquait spécialement au sanctuaire où se trouvait la statue du dieu : les Grecs l'appelaient naos. Ils en élevaient le sol au-dessus de celui du
mm
Pif
pronaos, portique ou vestibule précédant le naos (fig. 786j. Les murs de la cella étaient le plus souvent construits en appareil réglé. Parfois il y avait deux cell.r placées dos à dos.
Dans les édifices consacrés à la divinité, la cella a dû, dès L'origine, former, à elle seule, le temple, ou. tout au moins, en constituer la partie principale.
On retrouve, dans les ruines des monuments égyptiens , les combinaisons diverses qui furent successivement employées pour ajouter à la cella des temples des vestibules et des galeries à colonnes ouvertes sur les côtés ou vers la face postérieure.
Il est probable aussi que le sanctuaire ne fut primitivement, chez les Grecs, qu'une cella isolée, construite en pierres irrégulières. Le temple de Cérès, à Eleusis, qui consistait en une vaste cella sans portiques, prouve que cet usage se prolongea même jusqu'à la belle époque de l'art grec. Toutefois, il faut reconnaître que, dans la plupart des cas. le sanctuaire des temples grecs a ses murailles entourées ou précédées de colonnades. Il existe encore actuellement, dans le Latium, des ruines de temples
1 primitifs qui n'étaient que de simples ! cellœ de peu d'étendue, construites en ; appareil pélasgique.
Les Romains imitèrent les Grecs dans 1 les diverses dispositions de leurs sanctuaires.
Quant à la décoration, elle consistait, pour l'extérieur, en enduits, lorsque la cella avait ses murailles formées de moellons, de briques ou de blocages. Si l'appareil était de pierre ou de marbre, les éléments de la décoration étaient recherchés dans la combinaison des joints verticaux et horizontaux, diversement ornés. Les pilastres aux angles ou sur toute l'étendue des murs, les colonnes engagées, les bas-reliefs, étaient également en usage. L'intérieur de la cella formait soit une pièce unique, éclairée seulement par la porte ou la baie placée au-dessus, soit, deux divisions, dont l'une était le temple proprement dit. et l'autre Yopisthodome. où l'on déposait le trésor du temple et, quelquefois même, celui de l'État.
Les Romains employaient aussi le mot cella, dans un sens général, pour désigner un magasin ou un dépôt au rez-dechaussée, clans lequel on conservait des denrées de toute nature. Ils donnaient des noms particuliers à chaque espèce de cella :
1° Cella vinaria, qui correspond aujourd'hui aux caves de vignobles ; on y déposait le vin dans des vaisseaux de poterie ou dans des barils de bois, quand on l'avait retiré des cuves du pressoir.
2° Cave d'un marchand devin ou d'un cabaretier au rez-de-chaussée, où l'on gardait le vin en gros et d'où on le tirait pour le débit ci).
3° Cella oie aria, magasin ou cave disposée près d'une plantation d'oliviers pour recevoir l'huile en dépôt.
4° On donnait encore le nom de ce lia à des chambres qui servaient de dortoirs pour les domestiques ; aux cham-
(1) Hicli, Dict. des antiquités romaines.