CHALET
CHAMARET.
bois qui se place sous une grue, sous une chèvre pour les exhausser.
3° Bois (jue Ton met sous un pan de bois, quand on en fait le levage pour le soutenir en attendant la pose des parpaings.
Chalcidique, s. f. — On appelait ainsi, chez les Romains, une sorte de portique ajouté aux édifices publics el particuliers, pour former une large entrée couverte.
Le nom de cette construction vient de la ville de Chalcis, où elle semble avoir été particulièrement en usage.
Quelques auteurs ont donné aussi le nom de chalcidique s aux salles qui se trouvaient de chaque côté du tribunal dans la basilique romaine (voy. Basilique). Par suite, une opinion émise par L.-B. Alberti, et généralement reçue aujourd'hui, est que ce nom s'appliquait encore à la nef transversale ajoutée aux premiers édifices chrétiens et qu'on nomme actuellement transept (voy. ce mot).
Chalet, s. m. — Habitation dans laquelle le bois entre comme élément principal tant au point de vue de la structure que de la décoration.
Ce genre de construction est très répandu en Suisse. Les parois en sont établies, soit h l'aide de troncs d'arbres ou de poutres équarries superposés, soit au moyen de planches ou de madriers posés debout ; dans le dernier cas, les pièces s'assemblent à recouvrement, ou
Fig. 827.
à rainure el languette; elles peuvent
aussi être simplement jointives avec couvre-joints. Les solives qui supportent le plancher sont ordinairement apparentes. La couverture en bardeaux est sur un comble bas, à deux égouts ; on donne à ce toit une forte saillie sur le pourtour, afin de garantir les balcons en bois découpé qui ornent le plus souvent ce genre d'habitation (fig. 827).
Les chalets ont été adoptés en France comme maisons de plaisance. Ils sont généralement formés d'un soubassement en pierre ou en meulière surélevant le sol du rez-de-chaussée, et d'un ou de plusieurs étages, dont la carcasse est en charpente et les remplissages en maçonnerie légère ; la brique apparente et jointoyée est souvent employée à cet effet. Parfois même les remplissages supérieurs se font en carreaux de faïence qui contribuent, en outre, à la décoration; celle-ci est surtout caractérisée par les découpures à jours des balcons en bois, des consoles qui les soutiennent, et des lambrequins qui décorent les arêtes du comble.
Chalvraines (Pierre de). — Pierre calcaire provenant des carrières de ce nom situées près de Chaumont.
La pierre de Chalvraines est un calcaire oolithique blanc, demi-dur, d'un grain fin, propre à la sculpture. Elle a 0m,40 de hauteur d'assise et pèse 2,270 kilogr. le mètre cube. La charge de rupture par écrasement est de 340 kilogr. par centimètre carré.
Cette pierre a été employée à la construction des gares et maisons de garde de la ligne de Chaumont àNeufchâteau; aux églises de Chalvraines, de Bazoilles et de Baumont; enfin, aux mairies de la plupart des communes environnantes.
Chamaret (Molasse de). — Pierre calcaire demi-dure que Ton extrait de la carrière de Roche-Taillée, dans la commune de Chamaret, près de Montélimar.
La molasse de Chamaret est blan-
CHAMBRANLE
CHAMBRANLE
châtre, à grains fuis. Elle s'emploie à Montélimar, Valence, Saint-Etienne, Lyon, etc.. s'exporte en Suisse, et notamment à Genève et Bâle.
Chamblac, s. m. —Grès siliceux provenant des carrières de Broglie dans la commune de Chamblac. près de Bernay.
Le chamblac est à grains fins, blanc ou jaunâtre. Il a de 0m,25 à 0m.40 de hauteur d'assise.
Cette pierre est employée à la construction des verreries et fourneaux dans la contrée.
Chambranle, s. m. — Encadrement d'une porte, d'une fenêtre ou d'une cheminée, présentant l'aspect d'une traverse ou linteau , supportée par deux montants ou pieds-droits.
Maçonnerie. Les chambranles sont simples ou moulurés ; dans le premier cas, ce sont des plates-bandes ne se détachant du mur que par un filet peu saillant ; on leur donne alors le nom de bandeaux ; dans le second cas, leur largeur est ordinairement divisée en plusieurs bandes bordées par une ou deux moulures. Ces chambranles sont refouillés dans la masse, sur les façades en pierre de taille, ou traînés en plâtre, sur les murs recouverts d'enduits ; on
ressauter à la partie supérieure des montants et l'on dit alors qu'ils sont à crossettes (fig. 829).
les fait de largeur égale sur le pourtour de la baie (fig. 828), ou bien on les fait
Fig. 829.
On appelle chambranles à cru ceux dont les jambages portent sur l'aire du pavé ou sur un appui de croisée sans plinthe, comme le montre la ligure cidessus.
Très souvent on couronne le chambranle par une corniche qui repose im-
Fig. 830.
médiatement sur lui ; la figure 830 offre
CHAMBRANLE
CHAMBRANLE
un exemple de cette disposition appliqué à la face extérieure des fenêtres du temple de Vesta ; la face intérieure de
Fig. 831.
ces ouvertures , représentée par la figure 831, est pourvue d'un chambranle analogue, mais à crossettes aux quatre angles.
La corniche peut être séparée du
Fig. 832.
chambranle par une frise unie {J\\ ou ornée de sculptures.
Ces divers motifs de décoration s'appliquent aux haies cintrées, comme aux baies rectangulaires.
Les corniches de couronnement sont parfois supportées, à leurs extrémités, par des consoles placées en dehors des
montants de chambranle sur le nu du mur (fig. 833) ou sur des espèces de pi-
Fig. 834.
lastres qu'on nomme arrière -chambranles ou contre-chambranles (fig. 834).
La largeur d'un chambranle est ordinairement comprise entre le cinquième et le sixième de celle de l'ouverture ; quelquefois le linteau est plus large que les jambages ; d'ailleurs, les proportions et les profils de ces encadrements varient suivant les ordonnances d'architecture dont ils font partie.
L'origine des chambranles se trouve dans les monuments primitifs de l'Egypte, et les édifices appartenant aux divers genres d'architecture qui se sont
CHAMBRANLE
CHAMBRE
succédé, depuis les temps anciens jusqu'à nos jours, témoignent de l'usage de plus en plus fréquent de ce motif de décoration (voy. Fenêtre, Porte).
Menuiserie. Encadrement uni ou mouluré qui entoure les portes d'intérieur et contre lequel viennent aboutir les tentures ou s'assembler les lambris.
Les chambranles sont fixés aux poteaux d'huisserie par des pattes à vis, dans les pans de bois et terminés par un scellement, dans les murs en maçonnerie. Sur leur épaisseur est pratiquée une feuillure dans laquelle se loge le vantail de la porte.
Dans les cloisons légères, les chambranles sont simplement des moulures clouées autour des huisseries, qui portent alors la feuillure.
Les chambranles simples sont dits à la capucine (fig. 835); ils sont assemblés
Fig. 835.
d'onglet, à tenon et mortaise, avec ou sans socle par le bas. On appelle cham-
Fig. 836.
branles ravalés de moulures ceux qui sont ornés de profils divers (fig. 836).
Sur le côté opposé du mur est appliquée une menuiserie semblable à celle que la porte affleure et qu'on nomme contre-chambranle ; l'embrasure, ou côté
du tableau de la baie, est ordinairement revêtue d'un lambris, appelé embrasement par les ouvriers, et qui s'assemble, à la fois, avec le chambranle et le contrechambranle, au moyen de rainures et de languettes. Souvent l'arête extérieure de la porte est remplacée par un congé ou quart de cercle en creux que l'on répète également sur l'arête vive du chambranle.
Dans les appartements richement décorés, les montants qui encadrent les portes sont parfois des pilastres et la traverse est formée par un entablement complet ou par une frise surmontée d'une corniche.
Marbrerie. On appelle chambranle de cheminée l'encadrement en pierre ou en marbre dont on revêt la maçonnerie qui forme le corps de la cheminée.
On distingue : les chambranles à la capucine, qui sont simples et sans moulures, les chambranles à pilastres, à modillons, à consoles galbées (voy. Cheminée).
Les marbres qui composent les chambranles sont, en général, montés sur des doublures en dalles de pierre ; ils sont, de plus, arrêtés avec des agrafes et scellés au plâtre.
Chambre, s. f. — 1° Le mot latin caméra, provenant du grec xa^apa (voûte), désignait particulièrement le plafond voûté d'une pièce, construit en bois et plâtre, par opposition au terme fornix, qui s'appliquait à un plafond cintré et appareillé en voussoirs réguliers de pierre ou de terre cuite. Par extension, les Romains appelèrent caméra toute salle voûtée.
Plus tard, les Italiens donnèrent le nom de caméra aux pièces habitables d'une maison, et c'est de là que dérive le mot français chambre, qui a conservé la même acception générale, mais qui désigne plus spécialement, dans un appartement, la pièce de repos, ou chambre à coucher.
Les restes des palais anciens de
CHAMBRE
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l'Egypte et de la Perse nous montrent que ces édifices étaient divisés en eh timbres, parmi lesquelles on remarque des chambres à coucher avec alcôves. Les salles servant au même usage, dans les habitations grecques , sont appelées ïcnrwuEç, la principale étant le ôaXaaoç ou chambre des époux, précédée de lapçi- OaXatAoç, pièce de réception pour les visiteurs. Les mêmes noms, thalamus et antithalamus, désignent aussi la plus importante des chambres à coucher (cuit icula) de la maison romaine. Les murs de ces chambres sont en général recouverts de peintures et d'arabesques, ainsi que les plafonds, souvent divisés en compartiments.
Les chambres des habitations riches, au moyen âge, étaient décorées avec luxe : les murs étaient garnis de tentures, de tapisseries et revêtus de lambris ; les solives des plafonds étaient apparentes et enrichies de sculptures, de peintures et de dorures ; les fenêtres étaient pourvues de vitraux et de volets ; le sol était carrelé en terre cuite émaillée ; sur l'un des côtés se trouvait une grande cheminée souvent ornée de sculptures. Dans les maisons de commerçants, le premier étage était généralement occupé par deux pièces dont la principale, qui servait de chambre à coucher pour les maîtres, était de mêmes dimensions que la boutique.
La décoration des chambres de la Renaissance consiste également en boiseries et tentures ; les plafonds sont ornés de caissons recouverts de peintures, souvent rehaussées d'or. C'est de cette époque que datent les alcôves séparées du reste de la pièce par une balustrade et formant une sorte de réduit assez grand pour y faire asseoir les intimes.
Cet usage des alcôves, contraire aux lois de l'hygiène, est à peu près abandonné aujourd'hui. La meilleure disposition, pour remplacement du lit, surtout dans les chambres longues , est celle où l'on appuie l'un des petits côtés de ce meuble contre le mur op-
posé à celui qui porte les fenêtres.
Ces! particulièrement ainsi que sont placés les lits dans les chambres d'apparat, qui sont aussi des pièces d'honneur et de réception dans les palais des souverains et dans les grands hôtels.
Des garde-robes et des cabinets de toilette sont en général ménagés près du lit ; un boudoir est attenant à la chambre dans les grands appartements.
2° Le nom de chambre s'applique aussi aux salles de réunion de certaines assemblées ; on dit : la chambre des députés, la chambre des notaires, etc.; la forme en hémicycle est celle qui convient le mieux à ce genre d'édifices.
3° On appelle encore chambre, dans un palais de justice, les salles où se tiennent les audiences des tribunaux.
On distingue la grand' chambre ou chambre criminelle et les chambres civiles.
Nous présentons (fig. 837) le plan d'une de ces dernières salles appartenant au
CHAMBRE
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Palais de justice de Paris. L'entrée principale est placée dans l'axe de la longueur et accompagnée d'un tambour qui contient deux portes donnant immédiatement accès dans la partie réservée au public. On voit, en A et en B, la porte de la salle du conseil et celle des huissiers, en C le bureau des juges, audevant duquel est le prétoire D, avec les sièges des huissiers E, et les tables F, du secrétaire et du greffier; G, sont les tribunes des avocats, auxquelles sont attenants les bancs b, réservés aux parties intéressées ; K, sont d'autres bancs ta dossiers pour les avocats auditeurs ; M indique remplacement réservé au public.
Certaines de ces salles sont très luxueusement décorées ; ainsi la chambre des assises du Palais de justice de Rouen est ornée d'un plafond en bois sculpté ; la grand' chambre de l'ancien parlement à Rennes est très renommée pour sa magnificence.
4° On appelle chambre d'écluse la portion de canal comprise entre les deux portes (voy. Ecluse).
5° On donne les noms de chambre obscure et de chambre claire à deux appareils qui permettent de tracer l'image exacte d'un paysage, d'un édifice, d'un objet quelconque.
Le premier de ces instruments, la chambre obscure, est une boîte qui n'est percée que d'une seule ouverture, par laquelle entrent les rayons lumineux.
Tous les objets extérieurs dont les rayons peuvent atteindre cette ouverture, vont se peindre sur le mur opposé, avec des dimensions réduites et avec leurs couleurs naturelles ; mais les images sont renversées. Tel est le principe de l'appareil, voici l'application qui en est faite à l'art du dessin :
La figure 838 représente la chambre noire à tirage. C'est une boîte rectangulaire en bois, dans laquelle les rayons lumineux pénètrent à travers une lentille L et tendent cà aller former une image sur la paroi opposée P, qui doit
être éloignée de la lentille L d'une longueur égale à sa distance focale. Mais
Fig. 838.
ces rayons, rencontrant un miroir de verre M, incliné de 45°, changent de direction et l'image va se former sur un écran de verre dépoli N. En plaçant sur cet écran une feuille de papier à calquer, on peut prendre avec fidélité les contours de l'image.
On a donné le nom de chambre noire à prisme à une autre espèce de chambre noire ainsi construite :
Dans un étui de cuivre est placé un
Fig. 839.
prisme triangulaire ayant la section indiquée par la figure 839 et qui tient lieu,
CHAMBRE
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à la fois, de lentille convergente et de ! miroir ; à cet effet, une de ses faces est plane, tandis que les autres ont une courbure telle que, par leurs réfractions combinées, à l'entrée et à la sortie des rayons, elles produisent l'effet d'un ménisque convergent. Il s'ensuit que les rayons émis par un objet AB, après avoir pénétré dans le prisme et éprouvé sur la face c d la réflexion totale, vont former, en ab, une image réelle de AB. Si donc, à une distance du prisme égale à la distance focale, on place une tablette , l'image des objets extérieurs vient se former sur une feuille de papier étendue sur cette planchette.
Le tout est enveloppé d'un rideau noir, comme le montre la même ligure et, en se plaçant dessous, le dessinateur est complètement dans l'obscurité. La tablette est montée sur des pieds qui se ploient à l'aide de charnières. Cet appareil portatif est dû à M. Ch. Chevalier.
L'invention de la première chambre claire est due à Wollaston.
Cet appareil se compose essentiellement d'un prisme quadrangulaire en verre acbd (fig. 840) ayant en b un angle droit, en d un angle obtus de 13o° et en
Fig. 840.
a et c, deux angles de 67° 30' chacun. Ce prisme est supporté par un pied à tirage, qui permet de le hausser et de le baisser à volonté ; en outre, il peut tourner plus ou moins autour d'un axe parallèle à ses arêtes. La face cb est tournée vers l'objet dont on veut prendre le dessin ; x, par exemple , représen-
tant un rayon lumineux parti d'un point de l'objet, on voit que ce rayon, après avoir pénétré perpendiculairement dans le prisme, est réfléchi d'abord en r sur c d, puis en 5 sur a d, et sort enfin perpendiculairement tà la face a b près du sommet a du prisme. L'œil du dessinateur étant placé un peu au-dessus de cette face, de telle sorte que le milieu de sa pupille corresponde au sommet a, il arrive : 1° que par la moitié antérieure de la pupille il verra, par réflexion, l'image de l'objet x sur la ligne qui joint la moitié de la pupille au point s ; 2° que, par l'autre moitié de la pupille, il verra directement le point d'un carton horizontal sur lequel se projette cette image. Par conséquent, s'il cherche à suivre les contours de l'image avec un crayon à pointe très fine, il apercevra, en même temps, celle-ci et la pointe du crayon, de sorte qu'il pourra la dessiner avec la plus grande exactitude. Dans l'usage de l'instrument, il se présente une difficulté assez grande : c'est de voir, en même temps, l'image et la pointe du crayon, car les rayons qui viennent de l'objet donnent une image qui est plus éloignée de l'œil que le crayon. On corrige ce défaut en interposant entre l'œil et le prisme une lentille qui donne la même convergence aux rayons venant du crayon et à ceux qui viennent de l'objet. Charles Chevalier a adapté à l'appareil des verres colorés qui, s'interposant, soit du côté de l'objet, soit du côté du crayon, et interceptant en partie la lumière, permettent de donner aux deux images à peu près le même éclat.
M. Amici a imaginé une chambre claire dans laquelle l'œil peut avoir un déplacement plus étendu que dans celle de Wollaston. C'est un prisme rectangulaire en verre (fig. 841), miroir dont l'une des faces regarde l'objet et l'autre est perpendiculaire à une lame de verre inclinée. Les rayons suivent la marche indiquée par la ligne ABCDEO et forment en A' l'image de l'objet A. L'œil,
CHAMESSON.