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CHAPE

CHAPEAU

ble C (fig. 856) que Ton établit sur une voûte pour empêcher les infiltrations,

Fig. 856.

particulièrement sur les arches des ponts.

Cette couche est un mélange de chaux hydraulique ou de ciment et de sable ; on lui donne environ de 0œ,06 à 0m,10 d'épaisseur.

Les précautions à prendre sont les suivantes, si la chape est destinée à empêcher l'inliltration des eaux à travers les maçonneries : Il ne faut appliquer le mortier hydraulique qu'après le décintrement et le tassement complet de la voûte ; il faut, en outre, avant d'employer cet enduit, dégrader complètement les joints de la maçonnerie, nettoyer sa surface au moyen d'un balai de fil de fer et par un lavage à grande eau. On éponge ensuite et, avant que toute humidité soit disparue, on étend la couche de mortier sur l'épaisseur totale, après quoi on la masse fortement et, lorsque le mortier est devenu assez consistant pour résister à la pression du doigt, on le lisse, à plusieurs reprises, à la truelle, en faisant disparaître les gerçures, à mesure qu'elles se manifestent. Cette dernière opération doit être reprise après un repos de douze à quinze heures et recommencée ensuite autant de fois qu'il est nécessaire pour que la chape se dessèche et durcisse complètement sans laisser de traces de gerçures et de crevasses. Il faut avoir soin, pendant les intervalles de ces opérations, de recouvrir la chape de paillassons. Afin de la protéger contre l'action de la pluie ou du soleil, on arrose assez fréquemment pour empêcher une dessiccation trop prompte.

Si la chape doit avoir une épaisseur de plus de 0ra,06, on la pose par bandeaux successifs, dont le raccordement s'opère de la façon suivante : l'ouvrier poseur avive l'ancien bandeau avec le tranchant de la truelle, puis arrose légèrement la surface de raccordement avant l'application du mortier frais.

On fait aussi des chapes en béton de 0m,10, composées d'une première couche de béton de 0m,07 d'épaisseur et d'une seconde de mortier de 0m,03. Ce genre de travail ne s'exécute qu'après le décintrement des voûtes. On pilonne d'abord le béton avec des dames, puis on lisse le mortier à la truelle et on le bat avec des battoirs en bois.

Le bitume est également employé pour les chapes de pont ; cette matière s'étend par deux couches différentes, de façon que les joints se croisent et présentent ensemble une épaisseur de 0m,22 à 0m,24.

On construit encore des chapes en bitume de moins d'épaisseur sur une aire en béton, dressée avec soin et à laquelle on a laissé le temps de sécher.

On donne aussi le nom de chapes aux enduits en mortier de chaux hydraulique ou de ciment que l'on étend sur les parois des fosses d'aisances , des bassins, des réservoirs, des murs exposés aux infiltrations, etc. On fait aussi de ces chapes en béton ou en bitume.

Les architectes de la période ogivale recouvraient toujours les voûtes d'une chape en mortier ou en plâtre.

Dans le métré des ouvrages de maçonnerie, les chapes ou enduits de mortier ou de ciment qui recouvrent les voûtes ou les radiers, se comptent au mètre superficiel jusqu'à 0m,03 d'épaisseur. On ajoute une plus-value pour chaque centimètre en plus de celte épaisseur.

2° Monture de poulie (voy. ce mot).

Chapeau , s. m. — Charpente.

1° Pièce de bois horizontale qui réunit les têtes de plusieurs poteaux , par

CHAPEAU

CHAPELLE

exemple, clans un pan de bois, comme le montre en C la figure 857, ou bien qui relie entre eux les sommets d'une

file de pieux, dans les travaux de fondations hydrauliques.

2° Chapeau de lucarne : pièce de bois qui forme la fermeture de la partie supérieure d'une lucarne et qui est posée sur les deux montants avec lesquels elle s'assemble.

3° Chapeau d'escalier : pièce sur laquelle s'appuie la partie supérieure d'un escalier de bois.

4° Chapeau d'étai : pièce de bois qu'on place au haut d'une potence ou d'un étai.

Serrurerie. 1° Toute pièce de recouvrement affectant la forme d'un chapeau.

2° Partie supérieure d'une colonne en fonte qui sert à donner plus d'assiette au filet ou au poitrail soutenu par ce support. A cet effet, le chapeau est ordinairement une double console (voy.

Colonne).

On place aussi quelquefois des chapeaux en fonte sur des poteaux en bois (fig. 858).

Fig. 858.

Maçonnerie. Chapeau de commissaire :

sorte de brique Gourlier pour tuyau de cheminée (voy. Brique).

Fumisterie. Chapeau de cardinal :

rondelle en tôle qu'on rapporte au pourtour extérieur d'un tuyau, pour ren-

voyer l'eau et le bistre au dehors. On dit aussi buse (voy. ce mot).

Chapelet, s. m. — Ornement qui se compose d'une baguette formée d'une

Fig. 859.

suite de perles, olives, grelots, etc.

(fig. 859).

Roue à chapelet (voy. Boue).

Chapelle, s. f. — Edifice consacré à la prière et que ses dimensions restreintes peuvent faire considérer comme le diminutif d'une église ; cependant, quoique la chapelle renferme un autel, elle ne contient pas de fonts baptismaux.

Les chapelles primitives, qui donnèrent naissance à la plupart des églises, tirent elles-mêmes leur origine de ces chambres étroites qui étaient ménagées dans les catacombes, pour les cérémonies du culte chrétien et pour l'enterrement des martyrs.

Les chapelles souterraines des églises du moyen âge et de l'époque actuelle sont construites en souvenir de cet ancien usage ; on leur donne le nom de cryptes (voy. ce mot).

Quand les empereurs romains laissèrent la liberté à l'Église, de nombreuses chapelles s'élevèrent de toutes parts ; on les plaça d'abord au-dessus des tombeaux des saints ou des martyrs, puis on en fit des dépôts de reliques ; on en construisit encore en mémoire de certains événements, tels qu'un miracle, un vœu, une victoire, etc.

C'est autour de ces oratoires que se fondèrent les premiers établissements monastiques.

Le plan de ces édifices était, en général, fort simple, le plus souvent rectangulaire; cependant quelques chapelles

CHAPELLE. — 460 -

présentaient des plans affectant la forme d'un cercle, d'une croix grecque ou d'une croix latine. Nous donnons (fig. 860) le plan de la chapelle ou oratoire de Cividale del Frioul, situé au

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Fig. 860.

centre d'un monastère de bénédictins, près d'Udine en Lombardie ; un septum ou barrière sépare le cbœur de la nef.

Certaines de ces constructions étaient doubles; elles se composaient d'une crypte avec une petite église au-dessus.

En Orient, la forme des plans était variée; on y trouve l'emploi fréquent du polygone et des exèdres.

Il en est de même pour un grand nombre de chapelles romanes. Les voûtes sont alors montées h une plus grande hauteur et reposent sur des murs épais que renforcent des piliers butants.

C'est surtout au xme siècle que ces monuments sont caractérisés par l'élévation des nervures , la saillie des contreforts et la largeur des baies latérales.

Les architectes de la fin du xvc siècle reprirent les traditions antiques, dans la construction de ces édifices.

A côté des chapelles commémorât ives ou fondées pour les besoins des établissements religieux, s'élevaient aussi des oratoires particuliers dans les châteaux et dans les évèchés. Ces monuments

étaient isolés ou reliés aux bâtiments d'habitation par des galeries ou des porches ; l'intérieur était ordinairement divisé en deux étages pour séparer le maître de ses gens.

L'usage d'oratoires ou chapelles particulières remonte à Constantin , qui , le premier, dans ses expéditions militaires, fit dresser dans son camp, au dire d'Eusèbe et de Sozomène, une tente en forme de croix spécialement destinée aux prières et aux jeûnes. Ce même prince fit élever dans son palais de Latran, à Rome, la chapelle dite Senorienne qui est aujourd'hui l'église Sainte- Croix de Jérusalem.

Le château du Louvre au moyen âge avait une chapelle jointe au corps principal de l'édifice et dont la construction était contemporaine de celle du château même.

La Sainte-Chapelle du Palais, à Paris, dont nous donnons le plan (fig. 861)

Fig. 8G1.

était une annexe de la demeure des rois de France. On peut voir encore, de nos jours, les chapelles des châteaux de Vincennes, de Saint-Germain, d'Amboise, de Blois, d'Ecouen, de Fontainebleau, d'Anet.

Aujourd'hui encore, on construit quel-

CHAPELLE

CHAPELLE

quefois de pelitcs chapelles, dans les propriétés particulières (fig. 862).

Fi?. 862.

Les architectes de la Renaissance italienne ont élevé des chapelles remarquables, qui sont de véritables églises.

Nous citerons parmi eux Bramante, auquel on doit les chapelles de Saint-Jean à la porte Latine, de Saint-Pierre en Montorio, de Saint- André de la place du Peuple, à Rome.

Les villes de Florence, Vienne, Bologne, Venise renferment aussi des chapelles qui sont de véritables œuvres d'art, au point de vue de l'étude des plans, des façades et de tous les détails.

Les autres contrées possèdent également des chapelles remarquables : la France, en particulier, doit à Philibert Delorme, à Bullant, à Pierre Lescot des types d'édifices de ce genre.

Les églises eurent aussi des chapelles annexes, le maître-autel ne suffisant pas aux besoins du culte. Ces constructions secondaires communiquaient avec le bâtiment principal par des galeries ou par des ouvertures en arcades, ou bien encore entraient dans le plan général de l'édifice.

Les premières chapelles faisant corps avec les églises furent placées aux extrémités des bas-côtés ou sur le pourtour

du sanctuaire ; on les appelle aussi ab sidcs secondaires, absidioles ou chapelles absidales.

La figure 863 représente, en plan, les chapelles construites autour de l'abside

Fig. 863.

de la cathédrale du Mans ; Tune de ces absidioles, celle qui est située dans Taxe a plus d'importance que les autres, et est consacrée à la Vierge ; cette disposition se retrouve dans un grand nombre d'églises.

Les formes circulaire et polygonale sont celles qui se représentent le plus fréquemment pour le mur extérieur de ces chapelles.

Les croisillons du transept ont quelque-

Fig. 864.

fois aussi des oratoires avec autels, mais

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