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Fig. 874.
quelquefois combinées ensemble, ainsi que le montre la figure 874.
CHAPITEAU
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L'architecture indienne n'offre pas de types consacrés de chapiteaux; cependant, les piliers qui soutiennent les plafonds souterrains de cette époque sont souvent couronnés de sphères aplaties
Fi;
(fig. 87o) que surmontent des consoles diminuant la portée des linteaux.
Dans les monuments qui nous sont parvenus de l'architecture persane, on observe des chapiteaux d'espèces différentes ; les uns ont une hauteur à peu près égale à la moitié du fût et ressem-
Fig. 876.
blent à des panaches superposés ; les autres représentent deux moitiés antérieures de taureaux (fig. 876) ou de licornes (fig. 877).
L'architecture grecque présente trois
sortes de chapiteaux correspondant aux trois ordres : dorique, ionique et corinthien.
Fi;
Le chapiteau dorique se compose d'un plateau dit abaque ou tailloir, de forme carrée, que supporte une échine ou solide de révolution engendré par la rotation, autour de Taxe de la colonne, d'une courbe se rapprochant plus de la ligne droite que de la parabole. Cette courbe est plus ou moins raide, plus ou moins aplatie ; elle est presque droite dans les chapiteaux du Parthénon
Fi;
(fig. 878), et à peu près elliptique dans les chapiteaux du temple de Pœstuni (fig. 879). Au-dessous de l'échiné sont placés plusieurs petits listels ou annelets séparés par des cavets et, plus bas, l'ensemble de celte décoration est coni-
CHAPITEAU
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piété par une ou plusieurs rainures taillées en biseau.
Nous ferons remarquer ici que, dans l'architecture grecque, on reconnaît facilement l'existence de règles définies au milieu de la multiplicité des formes et de la variété des proportions et des ornements.
La hauteur moyenne du chapiteau dorique grec est d'un demi-diamètre de la colonne prise à sa base, et cette hauteur s'applique, dans les exemples antiques, au corps du chapiteau, tantôt en y comprenant seulement les listels au bas de l'échiné, tantôt jusques et compris les rainures placées au-dessous.
L'abaque, qui ordinairement a pour hauteur un peu plus que le tiers de celle du chapiteau, est une dalle simple et carrée. La saillie de cet abaque est plus considérable dans les chapiteaux des colonnes des temples de la Sicile et de Pseslum que dans ceux qui appartiennent aux temples d'Athènes et à d'autres temples doriques construits à la même époque. Dans ces derniers édilices, la saillie de l'échiné, qui est toujours égale à celle de l'abaque, est à peu près égale à sa hauteur; dans les chapiteaux des premiers, au contraire, elle est sensiblement plus grande.
L'échiné est plus ou moins arrondie ou aplatie. A l'origine, la forme en est méplate; ce caractère existe dans les chapiteaux des colonnes extérieures du grand temple de Paeslum, qui ont une échine d'une très grande beauté. Le nombre des listels sous l'échinc varie
de deux à cinq ; leur profil est formé, le plus souvent, de deux lignes diagonales se rencontrant sous un angle aigu, et l'une d'elles est fréquemment une ligne courbe ou creusée en forme de cannelure.
Les cannelures du fût sont ordinairement continuées sur le gorgerin : c'est pour cela qu'on lui donne la même force qu'à la partie supérieure du fût. Quelquefois, cependant, le gorgerin est plus faible que le fût et alors il est tantôt uni, comme on l'observe dans les colonnes du temple de Ségeste , tantôt cannelé, lors même que les colonnes ne le sont pas, ainsi qu'on le voit au temple d'Apollon, a Délos.
Bien qu'il présente, ainsi que nous l'indiquons, une certaine variété dans les détails de sa forme ou de son ornementation, le chapiteau dorique grec offre partout les mêmes éléments, soit en Grèce, soit en Italie, soit en Sicile. Une des rares variantes que l'on puisse
Fig. 880.
citer est celui de Pajstum, dans lequel le gorgerin est concave (fig. 880) et orné de petites feuilles droites et de canaux, différant de dessin d'un chapiteau à l'autre. Cette ordonnance est peutêtre due aux Romains, qui ont fait beaucoup de changements à ces édifices.
En résumé, le chapiteau dorique grec est aussi beau qu'il est simple : l'accentuation et la saillie de son abaque, le profil sévère et élégant de son échine lui donnent un air de grandeur et de dignité toutes particulières. L'ordonnance que l'on donna, par la suite, à ce
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chapiteau luiôta beaucoup de cette belle apparence. La courbe méplate de l'écliine se transforma en courbe elliptique très bombée, pour devenir, plus tard, dans l'architecture romaine, à peu près un quart de cercle.
Le chapiteau dorique romain diffère beaucoup de celui des Grecs ; l'abaque, moins saillant, est couronné d'une moulure et d'un listel ; l'échiné se rapproche du quart de rond ; les rainures sont remplacées par un astragale , qu'un espace lisse, appelé gorgerin, sépare des listels supportant l'échiné. Le chapiteau dorique du théâtre de Marcellus
Fig. 881.
(fig. 881) peut être regardé comme un type dans l'ordre romain.
Le chapiteau toscan, souvent employé par les modernes, n'est autre que le chapiteau dorique simplifié ; l'exemple
Fig. 882.
que nous donnons (fig. 882) est dû à l'interprétation du texte de Vilruve par Perraut.
Le chapiteau ionique diffère essentiellement du précédent par les grandes
volutes qui s'y trouvent disposées de telle façon que le chapiteau vu de face, présente un autre aspect que lorsqu'on le voit latéralement. Ces volutes, appelées aussi coussinets ou balustres, forment une sorte de coussin. Le support ainsi constitué par les volutes repose
Fig. 883.
lui-même, pour les faces antérieure et postérieure, sur un quart de rond. Parfois un gorgerin avec astragale termine le chapiteau , comme on le voit à l'Erechthéion d'Athènes (fig. 883).
La proportion du chapiteau ionique est, en moyenne, d'un tiers de diamètre, du dessus de l'abaque à l'astragale, et de trois quarts de diamètre au bas de la volute.
Le chapiteau dorique est resté, chez les anciens , dépourvu d'ornements , tandis que le chapiteau ionique en reçut de plusieurs sortes. De la partie supérieure de la volute on faisait sortir des tiges d'acanthe qui se répandaient sur l'échiné. Ce dernier membre était orné d'oves entre lesquels on plaçait des langues de serpent. Quelquefois, on appliquait aussi des ornements sur l'abaque et sur la baguette placée audessous de l'échiné. L'œil de la ^volute est ordinairement tout uni ; quelquefois cependant il est orné d'une rosette, comme on le voit aux colonnes du temple de la Fortune virile, à Rome. Les chapiteaux ioniques les plus riches se trouvent au temple d'Erechthée et de Minerve Poliade à Athènes ; tous les membres y sont décorés d'ornements ; la ligne circulaire des volutes y est enrichie de nombreuses moulures et des
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fleurs sont sculptées sur le gorgerin.
On cite encore, parmi les plus beaux spécimens, ceux du temple construit sur lTUisus et du temple de Bacchus à Théos ; ceux de Minerve Poliade à Priène et d'Apollon Didyméen, près de Milet.
Dans les colonnes d'angle, pour éviter le mauvais effet que produirait le coussinet vu sur la face latérale , on le remplace par une double volute contiguë à celle qui se présente sur l'élévation principale. Cette disposition a môme été adoptée pour les quatre faces du chapiteau, par exemple, au
tz;
temple d'Apollon à Phigalée (fig. 884) et à la maison de Ponsa à Pompéi
Fisr. 885.
(fig. 885), mais la forme primitive a été maintenue dans la plupart des constructions antiques et modernes ; ainsi,
on la retrouve (fig. 886) dans l'ordre
ionique du théâtre de Marcellus, et dans celui du Colisée (fig. 887).
Fig. 887.
Nous ferons remarquer ici la différence notable qui existe, pour les deux ordres dorique et ionique, entre les chapiteaux d'ante ou pilastres et ceux des colonnes, surtout chez les Grecs ; la
Fit
figure 888 représente le couronnement de l'une des antes qui font face aux colonnes sous le portique de l'Érechthéion.
Le chapiteau corinthien est de tous les couronnements de colonnes le plus riche et le plus orné ; l'origine en est indéterminée, bien qu'une légende attribue son invention au sculpteur Callimaque (voy. Acanthe). Quoi qu'il en soit, la forme de ce chapiteau est celle d'une campane ou cloche renversée.
Le type le plus parfait que l'on puisse citer du chapiteau corinthien grec est celui du monument de Lvsicrates à
CHAPITEAU. - 469 -
Athènes (fig. 889. La hauteur est d'un diamètre et demi du pied de la colonne.
CHAPITEAU
Fig. 889.
Au-dessus de l'astragale du fût de la colonne, qui manque aujourd'hui et qui vraisemblablement était de bronze, il y a une rangée de feuilles peu élevées et unies. Viennent ensuite de grandes feuilles d acanthe doublées, entre lesquelles on voit sortir des roses. Audessus s'élève un bouquet de fleurs et de petites volutes ou enroulements, qui entourent le vase du chapiteau et montent jusqu'au-dessous de l'abaque ; il se termine, sur les coins, en volutes élégantes et étend une fleur jusqu'au milieu de l'abaque.
Parmi les autres chapiteaux corin-
Fig. 890.
thiens grecs, nous citerons comme l'un
des plus anciens que l'on connaisse celui qui termine la colonne isolée du sanctuaire du temple d'Apollon àBassae, l'ancienne Phigalée (fig. 890). Le tailloir en est carré, les volutes centrales ont entre elles une palmette qui semble être l'origine de la rose.
Ce dernier ornement est placé sur l'abaque dans le chapiteau romain,
Fig. 891.
comme on le voit à l'ordre supérieur du Colisée (fig. 891).
Yitruve attribue pour hauteur au chapiteau corinthien le diamètre entier du pied de la colonne ; la septième partie de cette hauteur détermine, selon lui, la hauteur de l'abaque. Mais les variétés du chapiteau corinthien annoncent que les Grecs n'ont suivi aucune règle fixe dans l'ordonnance et l'ornement de ce chapiteau et que chaque artiste lui assignait l'ordonnance la plus convenable au caractère de son édifice, et lui donnait tantôt plus, tantôt moins de richesse et de magnificence.
Nous insisterons ici sur la variété que
les Grecs savaient apporter à la compo-
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sition et à la décoration des chapiteaux appartenant aux divers ordres. Nous citerons le chapiteau dorique des cariatides de l'Éreclïthéion d'Athènes, le chapiteau orné de griffons du temple d'Eleusis, et le chapiteau du monument d'Andronicus Gyrrhètes (fig. 892). Il importe également de signaler ces chapiteaux à larges volutes reposant sur un seul rang de feuilles et encadrant une tête humaine, que Ton rencontre fréquemment dans les édifices de la grande Grèce; tels sont ceux qui ont été retrouvés à Paestum et dont nous don-
Fig. 893.
nons un spécimen (fig. 893). Quelques monuments de Pompéi présentent des chapiteaux de composition analogue.
Enfin, comme dérivés du chapiteau corinthien grec, on peut encore citer ceux du temple de Vesta, à Tivoli.
Ce ne fut que sous les Romains que le chapiteau corinthien reçut la forme déterminée qu'il a encore aujourd'hui.
L'ordonnance de ses ornements de feuilles d'acanthe et de volutes ressemble parfaitement, en effet, à celle déterminée par Vitruve ; mais il se distingue par son élévation, à laquelle on donna environ deux modules et un tiers, ce qui lui procura une forme plus svelte. C'est ainsi que nous le trouvons employé dans le temple d'Auguste, à Pola, et dans beaucoup d'édifices de Rome, tels que le portique du Panthéon , le temple d'Antonin et de Faustine, le portique d'Oclavie et de Septime Sévère, l'arc de Constantin, etc. Il est d'une beauté re-
marquable dans les colonnes qui nous restent encore du temple de Jupiter Stator et de celui de Jupiter Tonnant.
Les chapiteaux du portique d'Octavie, exécutés du temps d'Auguste, se distinguent non-seulement par la délicatesse de leur travail, mais encore par un ornement particulier, placé entre les petites volutes et qui est formé d'un aigle posé sur des foudres et ayant les ailes déployées.
Enfin, nous donnerons ( fig. 894 ) comme l'un des types les plus parfaits du chapiteau corinthien romain un exemple tiré du temple de Mars Vengeur, à Rome. La campane ou cloche renversée qui forme le corps du chapiteau est surmontée d'un tailloir à faces concaves et ornée d'un double rang de feuilles d'acanthe, d'olivier, de persil, de chardon, etc. Celles du second rang sont à peu près doubles des autres ; de leurs intervalles partent des tiges d'où s'échappent d'autres feuilles dites caulicoles, donnant elles-mêmes naissance à des volutes de dimensions différentes ; les plus grandes vont s'enrouler sous les angles saillants de l'abaque; les
Fig. 894.
autres, au milieu de chacune des faces du chapiteau, où elles se rencontrent deux à deux. C'est entre ces dernières volutes que passe la tige supportant la rose du chapiteau.
La combinaison des éléments des chapiteaux ionique et corinthien a
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donné naissance au chapiteau composite
(fig. 895), dont quelques auteurs ont fuit
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Fig. 895.
un ordre spécial, mais qui ne présente qu une variété de détails dans la décoration du chapiteau; on y retrouve les volutes ioniques associées au double rang de feuilles de Tordre corinthien.
Dans les premiers temps du christianisme, les chapiteaux, ainsi que de nombreux débris des monuments antiques, furent employés à la décoration des édifices nouveaux. Plus tard, on vit naître un type spécial qui caractérisa, en Orient, l'architecture byzantine, tandis qu'on s'efforçait, en Occident, d'imiter avec plus ou moins d'exactitude les ouvrages romains.
Les chapiteaux byzantins se réduisirent, d'une manière générale, à des surfaces courbes ornées de sculptures peu saillantes. Ainsi, les chapiteaux de Sainte-Sophie de Constanlinople, qui datent du xvie siècle, ont la forme d'ovoïdes tronqués, ornés de feuilles méplates et de volutes avec coussinets.
Ceux des églises de Saint-Vital et Saint- Apollinaire, à Ravenne, qui datent de la même époque, ont l'aspect de cônes renversés, tronqués et coupés par quatre plans inclinés, sur lesquels sont sculptés des entrelacs, des enroulements et des fleurons.
Le goût byzantin se retrouve dans les chapiteaux cubiques des édifices des
Fig. 896.
bords du Rhin. La figure 896 représente un chapiteau cubique provenant de l'église de Nèuwiller, en Alsace; le même édifice possède des chapiteaux
msmêf:
ri
Fig. 897.
décorés de têtes d'animaux et d'ornements bizarres (fig. 897).
Dans les églises appartenant à l'architecture romane proprement dite, on voit reparaître le galbe de la campane ornée de feuillages ; la figure 898 représente l'un des chapiteaux en marbre de la petite église de Montmartre, à Paris. Les animaux fantastiques, les figures humaines font souvent partie de la décoration;
CHAPITEAU. — 472
l'un des chapiteaux de l'église de Vé
Fig. 898.
zelay porte une allégorie : vice et désespoir (fig. 899.
Fig. 900.
rée de la flore même des pays où les
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édifices sont construits ; les tailloirs des chapiteaux sont très accentués, comme le montre la ligure 900, qui donne deux chapiteaux de la galerie des rois à Notre-Dame de Paris.
Fig. 901.
Au siècle suivant, on voit diminuer la saillie des abaques (fig. 901).
Pendant les xve et xvie, la décoration végétale devient prédominante ; les tailloirs s'atrophient et les chapiteaux euxmêmes finissent par disparaître.
A côté de l'architecture occidentale, fart arabe, après avoir conservé les traditions antiques en utilisant les débris des monuments romains, subit l'influence chrétienne et prend un caractère original. Deux types caractéristiques se remarquent dans les chapiteaux des édifices mauresques : l'un est composé de plusieurs séries de petites niches posées les unes sur les autres en encorbellement ; l'autre, dont nous donnons deux
Fig. 902.
exemples (iig. 902), appartenant à l'Alliambra de Grenade, est formé d'une corbeille décorée de feuilles ou d'arabesques et d'une partie cubique portant une ornementation du même genre.
C'est la Renaissance qui ramena le
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