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CIBOIRE

Saint-Laurent hors les Murs (ces deux derniers datant des années 1145 et 1152 . et ceux qui furent renouvelés, en 1256, dans l'église Sainte -Marie Majeure, à Rome(voy. Autel).

Dans les édifices religieux du commencement de l'époque romane on voil établi l'usage du ciborium : on en trouve le témoignage dans les écrits de Félibien et d'Alcuin, le premier parlant du ciboire élevé, par l'abbé Fardulphe, dans l'église abbatiale de Saint -Denis, le second faisant l'éloge de cet édicule dans ses poésies.

Il existe des documents plus nombreux au sujet des ciboires des xie et xme siècles : l'église Sainte-Marie de Toscanella en possède un qui daterait de la fin du xne ou du commencement du xme siècle, d'après une inscription moderne qui s'y lit. Il est composé de quatre arcs découpés en lobes et portant une pyramide, l'intérieur étant voûté. Le ciborium de l'église de Saint-Àmbroise, à Milan, est également très remarquable.

Dans le cours du xme siècle, l'usage du ciborium se maintint dans le Nord, comme le montre un sujet des vitraux delà Sainte -Chapelle. En Italie, on remarque de nombreux ciboires appartenant à la période gothique ; tels sont ceux de Saint-Paul hors les Murs, de Saint- Jean de Latran, de Sainte-Marie Cosmédin, de Sainte-Cécile au Transtevère.

Mais, bientôt le ciborium n'exista plus qu'à l'état de souvenir ; les quatre colonnes privées de couronnement et placées aux angles de l'autel principal, à l'abbaye deGercy, en Brie, représentent un ciborium tronqué qui avait dû être voûté et porter, par suspension, d'abord le vase des hosties consacrées, et, plus tard, une lampe, comme on peut en juin t par des peintures murales qui représentent ce ciborium. Cette disposition fut remplacée par une crosse fixée au dessus ou en avant du rétable et à laquelle on suspendit, soit une tourelle go thique, soit une colombe dans laquelle étaient enfermées les hosties.

Enfin, au xvc siècle, cet appareil lit place au tabernacle dressé sur l'autel pour contenir le pain eucharistique.

De nos jours, on a appliqué de nouveau le nom de ciborium à des baldaquins élevés au-dessus des autels de certaines églises. Nous donnons (fig. 997)

Fig. 997.

le ciborium de l'église de Saint-Pierre de Montrouge, à Paris. Cet édicule est formé par une voûte percée d'arcades et portée sur quatre colonnes ; le tout est surmonté d'un toit soutenu par des colonnetles.

Cieix (Pierre-marbre du Détroit de).

— Calcaire cristallin qui provient de la carrière du Détroit de Ciei.r, commune de Montgirod, arrondissement de Moutiers.

Cette pierre, blanche, nuancée de gris bleuâtre, et susceptible d'un beau poli, est employée dans la marbrerie. Sa hauteur d'assise va jusqu'à 5 mètres. Le poids du mètre cube est de 2,800 kilogr. et la charge d'écrasement par centimètre «aiié, de 590 kilogr.

Comme emplois remarquables de cette pierre, on cite : les ponts de Mézay et de

CIMENT

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Saint-Pierre à Moutiers; d'Albertin sur l'Isère et d'Albertville sur l'Arly ; le portail de la cathédrale de Moutiers ; l'église d'Albertville; les cheminées de l'hôtel de ville, du palais de justice et de la sous-préfecture d'Albertville ; les colonnes de l'église de Fourrières à Lyon, dont les fûts ont 4m,80 de hauteur.

Ciel, s. m. — Ciel de carrière : le haut, le plafond d'une carrière.

On dit qu'une carrière est exploitée à ciel ouvert, quand on l'exploite en enlevant, au fur et à mesure, la terre qui recouvre le gisement.

Banc de ciel (voy. Banc).

Cierge, s. m. — Cierge pascal (voy.

Ambon, Chandelier).

Cimaise, s. f. — Voy. Cymaise.

Ciment, s. m. — On donne, en général, ce nom à des substances qui, mélangées à la chaux grasse, ont la propriété de la rendre hydraulique ; telles sont la pouzzolane naturelle ou artificielle, la poussière de briques ou de tuileaux piles, les cendres de houille mêlées à la poussière de chaux provenant des fours où l'on cuit cette matière.

Un mélange de deux parties de pouzzolane de très bonne qualité et d'une partie de chaux grasse mesurée en pâte doit faire prise après deux jours d'immersion au plus.

Le ciment ordinaire ou ciment de tuileaux se fait avec des briques et mieux des tuiles pulvérisées et passées au tamis ; il ne faut pas employer ces matériaux s'ils sont trop ou trop peu cuits ; de plus, les tuiles qui ont servi pour les toits doivent être choisies de préférence.

On désigne sous le nom de ciments ou chaux-ciments les produits de la calcination des pierres calcaires dans lesquelles la quantité d'argile est de 25 à 35 pour 100.

C'est en 1796 que MM. Wyatts et

Parker donnèrent improprement le nom de ciment romain à une espèce de chaux hydraulique à prise très énergique, obtenue par la cuisson d'un calcaire très argileux. La même désignation a été conservée pour des produits français de compositions analogues.

Les meilleurs ciments sont ceux qui proviennent de pierres calcaires ne contenant pas plus de 35 pour 100 d'argile. Ceux qui en renferment de 35 à 50 pour 100 sont les ciments ordinaires ; il en est même dans lesquels la proportion d'argile va jusqu'à 70 pour 100; ces ciments prennent vite, mais n'acquièrent pas la dureté des précédents.

La cuisson doit se faire à feu continu et modéré ; le résultat de la calcination ne s'éteint pas et ne fait pas effervescence avec Peau ; on l'emploie en le réduisant en poudre, puis en pâte, de la même façon qu'on traite le plâtre.

La prise des ciments est d'autant plus rapide qu'on les utilise plus tôt après la sortie du four. Exposés à Pair, ils s'éventent et, pour obvier à cet inconvénient, on les conserve dans des barils.

Ils sont réputés non avariés et propres à un bon emploi quand les fragments désagglomérés que l'on retire de la barrique cèdent facilement sous la pression du doigt, et que leur couleur n'est pas devenue blanchâtre. La couleur normale varie du brun foncé au jaune clair.

Afin de pouvoir se servir du ciment, on a souvent besoin d une prise plus lente; on l'obtient en étalant la matière, pendant quelques jours, par couches minces, sous un hangar.

Complètement éventés, les ciments ne font plus prise , employés seuls ; on s'en sert alors en les mélangeant comme pouzzolanes avec de la chaux grasse à laquelle ils communiquent un degré très énergique d'hydraulicité.

Les ciments obtenus ainsi qu'il est décrit ci-dessus sont des ciments naturels. On est parvenu à fabriquer des ciments artificiels en combinant des mélanges de craie et d'argile ou de

CIMENT

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marnes renfermant des proportions dia erses d'argile et de carbonate de chaux. Selon le degré de cuisson, on peut obtenir des ciments à prise très lente, qui acquièrent ensuite une grande cohésion.

Le ciment s'emploie pour rcjointoiements, enduits de citernes, de bassin-.

de fosses d'aisances, chapes de voûte, dallages, carrelages, etc. Il faut surtout s'en servir h, l'état pur quand on veut une prise instantanée, comme pour les travaux à la mer, l'élanchement de sources dans les fouilles ou dans les radiers de bassins ou d'écluses.

On remédie au fendillement qui s'observe sur les enduits extérieurs en ciment en mélangeant cette matière avec du sable (voy. Mortier).

La couleur brun foncé du ciment, à l'instant de son emploi, devient, par la suite, semblable à celle de la pierre de taille.

Nous citerons ici les principales variétés de ciment utilisées dans les travaux :

Le ciment de Parker, dit ciment romain, contient 55,4 parties de terre calcaire, 36 parties de terre argileuse graveleuse et 6 parties d'oxyde de fer. Ce produit est très employé à Londres, où les façades de presque toutes les maisons sont enduites d'une couche de ciment mélangé d'environ 60 pour 100 de sable quartzeux fin.

Le ciment romain ancien, de Boulogne-sur-Mer, provient de la cuisson de galets, formés d'un calcaire compacte semblable à la pierre à ciment d'Angleterre; les propriélés hydrauliques de (•II.' matière ont été découvertes par M. Lesage, ingénieur français, qui lui a donné le nom de plâtre-ciment , à l'époque même où paraissail le ciment Parker. Ce ciment renferme 56 parties il.- calcaire, 31 d'argile et 13 d'oxvde de fer.

Le ciment romain nouveau de Boulogne, tiré d'un calcaire argileux des environs de cette ville, a été trouvé, en 1846, par MM. Demarle etE. Dupont.

Ce ciment est doué d'une prise très rapide ; il acquiert, après solidification, la couleur de la pierre de taille. On l'emploie à l'état pur ou mélangé avec une, deux ou trois parties de sable; cette dernière condition est indispensable quand on utilise cette matière pour un enduit exposé au soleil. La proportion d'argile qu'il contient le classe dans les ciments ordinaires.

Le ciment de Poaithj. dû à M. Lacor- (laire, et le ciment de Vassy, découvert par M. Gariel, sont encore des variétés de ciment dit romain. Le premier est supérieur, à certains égards, au ciment anglais ; mais sa couleur foncée empêche de l'employer à la restauration des pierres épaufrées dans les édifices. Le second est, au contraire, propre à cet usage, en raison de sa couleur presque blanche ; il s'altère à la mer, bien que sa prise soit très rapide. On l'emploie généralement h l'état de mortier pour le hourdis des maçonneries qui forment les souterrains, ponts, aqueducs, égouts, bassins, conduites d'eau ; souvent aussi, on fait dans des coffres, un blocage de meulière brute et de ciment; ce mode de construction est appliqué aujourd'hui aux égouts de Paris. Les scellements, les reprises en sous-œuvre de murs en fondation, l'étanchementdes fuites d'eau se font très bien encore avec le ciment de Vassy.

Tous ces ciments sont à prise rapide : la même propriété appartient aux cintrais du bassin de Paris, parmi lesquels nous citerons le ciment dit ordinaire, celui de Charonne, de Montreailsous-Bois, des Moulineaux.

A la même classe , appartiennent encore les ciments de Saint-Quentin et de Grenoble ou de la Porte de France.

Ce dernier cependant fournit deux variétés, l'une à prise rapide et l'autre à prise lente,' qui proviennent d'un triage, que l'on fait, à la sortie du feur, après la calcinât ion de la pierre dont on l'extrait ; les parties scoriiiées donnent le cniient à prise rapide (5 minutes) ;

CIMENT

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celles qui sont agglutinées donnent le ciment à prise lente. La première de ces deux matières est jaune foncé ; on l'emploie surtout pour les travaux hydrauliques. La seconde variété, qui prend en 10 minutes, quand le ciment est pur. et en lo ou 20 minutes, lorsqu'on le mélange avec son volume de sable, est d'une couleur brun foncé ou grise. Ce ciment convient aux travaux extérieurs exposés à la pluie ; mais, ainsi que le précédent, il est impropre aux travaux maritimes. On peut l'employer à la fabrication de marches d'escaliers , de dalles, de carrelages mosaïques, de conduites d'eau et d'objets d'ornement tels que balustrades, modillons, vases, statues, etc.

Les ciments à prise lente les plus renommés sont les ciments de Portland; le temps nécessaire à leur solidification varie entre 1/2 heure et 18 heures; leur dureté devient très grande et ils peuvent admettre une plus grande quantité de sable que les autres matières analogues. On en distingue plusieurs variétés :

Le ciment de Portland proprement dit est d'origine anglaise ; c'est un produit artificiel que l'on fabrique en calcinant un mélange de craie et de vase argileuse. La prise a lieu ordinairement en 20 minutes. Le nom de cette matière provient de sa ressemblance éloignée, après solidification, avec le calcaire jurassique de Portland.

MM. Dupont et Demarle ont fabriqué à Boulogne-sur-Mer un ciment naturel, dit de Portland, qui est tiré d'un calcaire contenant de 19 à 3o pour 100 d'argile. Ce ciment fait prise en 12 ou 18 heures ; il est imperméable, inattaquable aux gelées et convient très bien à la construction d'auges, de réservoirs, etc., et à la confection des bétons plastiques (voy. Béton). Mais, pour les travaux maritimes, exposés au contact de l'eau avant la solidification de cette matière, comme ceux qui s'exécutent entre deux marées, on ne peut utiliser

le ciment de Portland qu'en le recouvrant provisoirement d'une couche de ciment à prise prompte. Ce produit acquiert une très grande force de résistance à l'écrasement (45 à SOkilogr. par centimètre carré après une année d'immersion), et cette qualité est égale, pour le Portland de Boulogne mélangé avec quatre volumes de sable, à celle acquise par le Portland anglais, dans lequel on fait entrer 1 partie en volume de ciment et 2 parties de sable.

Le Portland artificiel de Stettin (Prusse) est fabriqué avec un mélange de calcaire et d'argile. Il y en a deux variétés, l'une à prise prompte (quelques minutes seulement), l'autre à prise lente (quelques heures).

On donne encore le nom de ciment de Portland aux produits de même nature tirés de Neufchdtel, du Seilley. et du bassin de Paris ; toutes ces variétés ont des propriétés analogues à celles des ciments décrits ci-dessus.

Le ciment de Moissac (Tarn) se rapproche du Portland de Boulogne pour les qualités. Il devient très dur; le mortier dans lequel on le fait entrer peut résister, au point de vue de l'écrasement, à 81 kilogr. par centimètre carré au bout d'une année (cette force de résistance est plus grande que celle de la brique) ; il ne se fendille pas, et se défend mieux contre l'usure que les pierres calcaires ; aussi l'emploie-t-on pour faire des dalles et carreaux de toutes sortes [voy. Datte).

On a encore donné le nom de ciment à des produits divers employés aux mêmes usages :

Ciment à l'eau forte : combinaison d'argile ferrugineuse, de potasse et de quelques sels alcalins provenant des résidus de la fabrication de l'acide nitrique ou eau-forte, au moyen de l'argile et du salpêtre.

Ce ciment, qui n'est plus fabriqué qu'à Montpellier, est très cher ; on le réserve pour les rejointoiements qui exigent une très grande solidité.

CIMETIÈRE

CIMETIÈRE

Ciment à poser : mortier qu'on emploie surtout dans la Manche et le Calvados et qui est formé de 2 parties de tuileaux ou de verre, d'une partie de crasse de verre ou de forges, broyées ensemble, passées dans un tamis et unies à 2 parties de chaux coulée.

Ciment anglais ou plâtre aluné (voy.

Plâtre).

Certains enduits hydrofuges ont reçu le nom de ciments ; tels sont les ciments porcelaine et le ciment antinitreux de M. Candelot, qui ont, le premier, la teinte et le brillant de la porcelaine ; le second, une couleur grise. Ces enduits s'appliquent à la brosse sur tous les matériaux de construction et peuvent recevoir les papiers, la peinture et les décors.

Ciment de font ainier : ciment composé de mâchefer broyé, de tuileaux, de charbon de terre, et d'un peu de grès tendre réduit en poudre, le tout mélangé avec de la chaux vive, éteinte, et bien broyée.

Cimentier, s. m. — Celui qui vend le ciment, celui qui le pose.

Cimetière, s. m. — L'étymologie de ce mot est le terme grec koimeterion, signifiant lieu où Ton dort. Cette expression ainsi appliquée découle naturellement du langage allégorique des anciens, pour qui la mort était la sœur du sommeil. Le mot cimetière est passé dans notre langue, sans que ridée qui s'y trouve attachée soit passée précisément dans notre esprit et sans que les conséquences de cette idée aient produit les mêmes résultats. On appelle ces lieux de sépulture champs de repos, sans chercher à les approprier à l'usage auquel ils sont destinés. D'ailleurs, les idées religieuses, autant que les exigences de l'hygiène, ont servi de mobiles, chez tous les peuples, à la manière de disposer des morts.

Les Égj ptiens embaumaient les corps, plaçant ceux des riches dans des sépul-

cres spéciaux, tandis que les corps des pauvres étaient disposés dans les hypogées, vastes cimetières où on les retrouve encore après des milliers d'années. Ces. peuples paraissent avoir eu pour but, dans la sépulture des morts, plutôt la conservation des corps que celle de la mémoire des hommes. C'était la matière que l'on cherchait à rendre indestructible.

On sait peu de chose sur les cimetières publics des Grecs ; il est certain, toutefois, qu'ils élevaient des tombeaux à leurs hommes célèbres le long des grandes routes, à l'entrée des villes.

Les Étrusques semblent avoir déployé un grand luxe dans la construction des tombeaux ; celui de Porsenna, décrit par Pline d'après Varrin, devait être un ouvrage considérable (voy. Tombeau). On a même découvert des hypogées ou cimetières souterrains étrusques. Mais aucun peuple de l'antiquité n'a élevé de plus nombreux et de plus riches monuments funéraires que les Romains.

L'usage qu'avait ce peuple de brûler les morts et de recueillir les cendres paraît démontrer qu'ils cherchaient à préserver les corps de la violation plutôt que de la destruction. On peut appliquer la dénomination de cimetières publics à ces assemblages nombreux de sépulcres qui fermaient, pour ainsi dire, les faubourgs des villes romaines. Les lois interdisaient les sépultures dans l'intérieur des cités ; les avenues et les routes, les champs réservés à cet usage, les souterrains appropriés à cet objet, devenaient des nécropoles d'une étendue parfois considérable. Chaque famille y possédait sa demeure mortuaire, que l'on visitait à certaines époques de l'année.

Dans les premiers siècles qui suivirent l'établissement du christianisme , on observait la coutume d'établir les cimetières hors des villes et sur les grands chemins. Mais bientôt un autre ordre d'idées prévalut; la doctrine chrétienne promettant la résurrection des morts au

CIMETIÈRE

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jour du jugement dernier, les fidèles voulurent que leurs corps attendissent cet événement à l'ombre des églises et des lieux saints. Remarquons d'ailleurs que les Égyptiens se construisaient aussi des tombeaux dans le voisinage des temples. Les édifices sacrés de la religion nouvelle furent eux-mêmes envahis par les sépultures, et peut-être doit-on voir encore dans cet usage un souvenir des mystères célébrés par les premiers chrétiens dans les catacombes el, dans les cimetières, sur les corps des martyrs. Bientôt l'empressement qui se manifesta de la part de tous pour être enterrés dans les églises fit de celles-ci les cimetières des riches, et les enclos de ces édifices furent réservés à la sépulture de la multitude. C'est à ces emplacements que convient plus particulièrement le nom de cimetières.

Cet usage s'est conservé dans les campagnes ; mais, dans les villes, l'accumulation séculaire des cadavres, nonseulement exhaussa le niveau des cimetières communs au-dessus du sol même des églises, mais encore amena des exhalaisons putrides, qui obligèrent à reléguer presque partout les champs de sépulture hors des murs d'enceinte.

Les cimetières de Paris ont été ainsi éloignés du centre de la ville ; mais s'il y a là un grand progrès, si on ne peut comparer l'état actuel de ces champs des morts avec ce qu'ils étaient encore à la fin du siècle dernier, c'est-à-dire de hideux charniers répandant autour d'eux des miasmes pestilentiels, on peut aussi se demander si les progrès accomplis répondent encore à toutes les conditions du problème. Il n'y paraît guère si l'on jette un coup d'œil sur celui même de ces cimetières qui est le plus célèbre de tous. On y remarque, en effet, une absence complète d'ordre, de caractère et de dignité, des promenades qui ne semblent tracées que pour l'agrément des curieux, des monuments condamnés à une prompte destruction par leur peu de solidité, leurs fondations insuffi-

santes, sur des terres rapportées depuis quelques années; d'autres complètement en ruines ; les tombeaux des hommes illustres confondus dans la foule et exposés aux dégradations provenant du fait de l'homme et des éléments.

Plusieurs villes de l'Italie possèdent cependant des cimetières qui peuvent être regardés comme des modèles, sous le rapport du bon ordre, autant que de la bienséance, de l'intérêt de l'humanité et de celui des arts. Le plus célèbre de tous est le Campo Santo ou cimetière de

Pise, dont la figure 998 représente le plan.

Ubaldo, archevêque de Pise, conçut, en l'année 1200, l'idée de ce vaste hypogée. La construction n'en fut commencée qu'en 1218 et terminée en 1283.

Nicolas et Jean de Pise, qui passaient alors pour les premiers maîtres de l'Europe, furent les architectes du Campo

CIMETIÈRE

CIMETIÈRE

Santo. Ce remarquable édifice a la forme d'un rectangle de 150 mètres de long sur 47 mètres de large. La façade extérieure, du côté du midi, est ornée de 44 pilastres, qui soutiennent un égal nombre d'arcades en plein cintre. Le monument tout entier est construit en beaux marbres blancs, la plupart tirés des montagnes des environs, régulièrement équarris, unis et appareillés avec soin. Deux entrées latérales donnent accès dans l'intérieur, qui est une vaste cour avec portiques formés par 62 arcades. Les grands côtés ont chacun 26 arcades et les petits côtés 5. Les arcs y sont portés sur des colonnes auxquelles un soubassement continu sert de piédestal. Ces portiques sont décorés de peintures dont plusieurs sont des

chefs-d'œuvre. On voit sur la muraille orientale, au milieu de laquelle est adossée une chapelle, des fresques représentant la Passion, la Résurrection et ÏAscension de Jésus-Christ et attribuées par les uns à Bufïalmaco ouBuonamico, peintre du \ive siècle, et, par les autres, à Pierre d'Orvieto. Parmi les peintures qui ornent le côté intérieur de la muraille du sud, on remarque le Triomphe de la mort et le Jugement dernier par Andréa Orcagna, et Y Enfer de son frère Bernardo.Le mur de l'ouest ne contient que des peintures médiocres de l'époque moderne. Au mur du nord, on voit, entre autres ouvrages, 23 tableaux de Benozzo Gozzoli. Sous ces portiques (fig. 999) on remarque encore des sarcophages romains, élevés tantôt sur des

Fig. 090.

consoles, tantôt sur des soubassements à hauteur d'appui ; les monuments des hommes célèbres dont Pise a voulu honorer la mémoire, des statues, des urnes, des inscriptions funéraires, etc.

Il y a encore des campi santi de construction moins ancienne à Bologne. ;'i Naples et à Milan.

Les ci me! i ères du moyen âge contenaient ordinairement, outre les tombeaux, une chapelle, une chaire à prêcher et une lanterne des morts, sorte de colonne creuse au sommet de laquelle brûlait une lampe; quelquefois ils étaient accompagnés de portiques servant de promenoirs et sous lesquels

CIMETIÈRE

CINTRE

étaient inhumés les restes des familles privilégiées.

Aujourd'hui, les lieux de sépulture sont encore placés autour des églises dans un grand nombre de villages; mais, dans les villes, les cimetières intérieurs ont été supprimés. Ces champs de sépulture sont de vastes enclos, dans lesquels la disposition adoptée pour les monuments funéraires ne rappelle en rien Tordre et la régularité qui régnent dans le Campo Santo. Le cimetière de Pise est, en effet, celui qui remplit le mieux l'idée simple, grande et funèbre qu'on peut se former d'un semblable édifice. C'est, tout au moins, d'après les données que présente ce monument qu'il conviendrait d'établir hors des grandes villes un ou plusieurs cimetières suivant leur population. Ces champs de repos seraient formés soit dune enceinte avec vastes portiques disposés autour ou se multipliant à l'intérieur suivant divers dessins contribuant à l'effet général ; soit, si la pente du terrain s'y prête, de galeries semblables, adossées à des terrasses étayées les unes au-dessous des autres.

Les espaces découverts seraient destinés aux sépultures temporaires; les portiques seraient réservés aux sépultures concédées à perpétuité, aux mausolées, cénotaphes, inscriptions funéraires et monuments de toute espèce, qu'on voudrait y élever en mémoire des morts.

Législation. Aux termes du décret du 23 prairial an XII (12 juin 1804), les cimetières ne peuvent être établis qu'à une distance de 3o à 40 mètres au moins des villes et bourgs. Les terrains les plus élevés et exposés au nord seront choisis de préférence ; ils seront clos de murs de 2 mètres au moins d'élévation.

Aux termes du décret du 7 mars 1808, articles 1 et 2, nul ne peut, sans autorisation, élever d'habitation, ni restaurer ou augmenter les habitations existantes, ni creuser de puits, à moins de 100 mètres des nouveaux cimetières

transférés hors des communes. Les bâtiments existants ne pourront également être restaurés ni augmentés sans autorisation ; les puits pourront, après visite contradictoire d'experts, être comblés en vertu d'ordonnances du préfet du département, sur la demande de la police locale.

Certains règlements existent au sujet de la construction des caveaux dans les cimetières (voy. Caveau).

Cinabre, s. m. — Nous donnons aujourd'hui ce nom à la couleur que les anciens Grecs et les Romains appelaient minium, et nous réservons cette dernière désignation à celle qu'ils appelaient sandaraque.

Le cinabre était une couleur fort estimée dans l'antiquité. C'est un minéral, en forme de pierre rouge, que l'on nomme cinabre minéral. On le pile, on le passe, et on le lave pour l'avoir pur et séparé des pierres. Notre vermillon, qui est fait de soufre et de mercure et que l'on appelle encore cinabre artificiel, tient lieu maintenant de minium aux peintres, et le minium des anciens ou cinabre minéral n'est pas ordinairement si beau (voy. Vermillon).

Cingler, v. a. — Tracer des lignes droites avec un cordeau tendu entre deux points ; c'est ce que les charpentiers appellent battre la ligne (voy.

Ligne).

Cintheanx (Pierre de).

Quille.

Vov.

Cintrage, s. m. — Voy. Cintre.

Cintre, s. m. — 1° En général, courbure intérieure d'une voûte ou d'une arcade.

2° Les ouvriers donnent ce nom à un

arc de cercle; la flèche est la moitié du

cintre. Si la flèche est plus courte que le

rayon, le cintre est surbaissé; il est

; surhaussé dans le cas contraire.

CINTRE

CISTRET.

3° On appelle encore cintres des ouvrages en charpente qu'on emploie, comme échafauds, pour construire les a ils et les voûtes, en attendant la pose des clefs ou comme étais pour réparer ou démolir avec précaution ces divers genres de maçonneries. On dit : faire un cintrage.

Tous les systèmes qui sont adoptés pour les fermes de cintres employés dans la construction des voûtes peuvent être ramenés à trois types distincts :

1° Les cintres fixes, dont les fermes reposent sur des points d'appui placés dans l'intervalle des culées ;

2° Les cintres retroussés, dont les fermes ne sont soutenues à leur naissance que par la maçonnerie ;

3° Les cintres mixtes, établis d'abord dans les conditions des cintres retroussés et capables d'être étayés pendant la construction de la voûte.

On pourraitencore mentionner, comme système particulier, les cintres roulants, employés dans la construction des tunnels ou des voûtes d'une grande longueur et les cintres suspendus, dont on fait quelquefois usage pour opérer la démolition des voûtes.

En raison de la portée des voûtes à construire, on peut aussi classer les cintres de la manière suivante (1) :

1° Les cintres pour voûtes de portée ordinaire, de 1 mètre à 10 mètres;

2° Les cintres pour voûtes de portée moyenne, de 10 mètres à 30 mètres ;

3° Enfin les cintres pour travaux de grande dimension, de 30 mètres à 60 mètres ou employés dans des cas particuliers.

La composition ordinaire d'un cintre est celle-ci : couchis, posés dans le sens de la longueur du berceau et sur lesquels repose la maçonnerie de la voûte; veaux on faux-arbalétriers épousant la forme de l'intrados; fauxentraits annulant la poussée horizon-

(1) Mathieu, ing. civil. Nouvelles Annales de la construction, 1862.

laie; poinçons ou contre-fiches: des moises ou des bernes servent, en outre, à réunir entre eux plusieurs cintres, de manière à contreventer le système.

Donnons maintenant quelques exemples des divers systèmes employés dans la construction des cintres :

1° Les cintres les plus simples sont ceux qui servent à l'exécution des baies demi-circulaires et se composent (fig. 1000), d'un entrait, de trois pièces

formant à l'extérieur la courbe déterminée, d'un poinçon, de deux contrefiches et de deux poteaux verticaux adossés aux pieds-droits. Ordinairement ces montants sont assemblés par le bas ou simplement posés sur une pièce horizontale, appelée sablière, que l'on établit au niveau du sol.

2° Pour la construction des voûtes de grande étendue, les cintres sont plus compliqués et forment, de distance en

Fie. 1001.

distance (fig. 1001), de véritables fermes sur lesquelles reposent des madriers appelés couchis, qui reçoivent les claveaux

CINTRE

CINTRE

en terre cuite ou en pierre dont se compose l'appareil. Dans l'exemple que nous donnons, les entrails sont placés au-dessus de la naissance de la voûte ; les cintres sont dits retroussés ; les deux poutres armées ou arbalétriers qui sont séparées par le poinçon sont soulagées, au droit des contre-fiches, par des jambes de force; on voit, en outre, une amorce de la chape qui doit recouvrir l'intrados du berceau.

3° La

figure

1002 représente un

cintre retroussé avec poinçon, entrait, veaux et arbalétriers. Ce système a été appliqué, au chemin de fer du Nord, pour la construction des passages endessous en plein cintre.

4° La figure 1003 représente un

Fig. 1003.

cintre employé au même usage, mais dans lequel l'entrait est supprimé et les pièces principales forment une triangulation qui rend le système rigide, le déplacement de chacune de ses pièces étant

rendu impossible par celle qui la croise.

5° La figure

'opposition de

1004 représente

un

Fig. 1004.

cintre fixe pour voûte surbaissée ; on voit, en plus des points d'appui aux naissances, un poteau de soutien au milieu de la portée, soulageant l'entrait et le cintre proprement dit au moyen de contre-fiches ; les veaux reposent directement sur les faux-arbalétriers.

6° La figure 1005 représente un

cintre mixte, qui a été employé, au chemin de fer du Nord, pour une voûte en anse de panier de 12 mètres d'ouverture, dont la montée est de 4 mètres.

La charpente, d'abord construite en cintre retroussé, a été transformée en cintre fixe par l'adjonction de l'appui du milieu, sur lequel reposent les cours de décintrement.

7° La figure 1006 représente un cintre retroussé suspendu qui a servi au pont -aqueduc de Roquefavour. Les points d'appui sont des corbeaux laissés à la maçonnerie pour remplir cet objet pendant la construction ; les veaux sont

CINTRE

CINTRE

maintenus contre le plein cintre par un système de charpente en forme de potence. Des moises transversales, rete-

nues par des suspensions, soutiennent les veaux et contreventent le système.

L'ouverture de l'arcade est dclom,20.

'■'AXiïamfâfém

Fig. 1006.

8° La figure 1007 représente un canal Saint-Martin, à Paris, dont l'ou-

etntre roulant en fer, qui a été employé pour la construction de la voûte du

verture, suivant le grand axe de l'ellipse, est de 19m,o0. Les fermes étaient

Fig. 1007.

en fer, espacées de 2 mètres d'axe en axe, reliées entre elles par des entretoises en fer à double T et supportées, en leur milieu, par un poteau sur lequel venaient s'attacher les tirants en fer qui divisaient la courbure de la voûte en trois arcs distincts.

Tout le système reposait sur des galets glissant sur un rail établi longitudinalement et permettant l'avancement du cintre. Nous ferons remarquer que, probablement à cause des dimensions trop faibles dans la section des pièces, ce cintre s'écrasait et se déformait à mesure de l'avancement de la voûte ; aussi dut-on le consolider par des pièces de bois.

On emploie ordinairement le bois de chêne pour les cintres et le bois de sapin pour les couchis.

L'enlèvement des cintres, après l'exécution d'une voûte, se nomme décintrement (voy. ce mot).

Si l'on compare entre eux les différents systèmes de cintres, on fera les remarques suivantes : l°les cintres fixes, bien que plus économiques pour les ouvertures que les cintre* retroussés, présentent plus d'inconvénients pour la construction des ponts : ils diminuent le débouché et, par suite, rendent les effets • les crues plus dangereux ; de plus, le tassement ne se fait pas d'une manière uniforme et le décintrement se fait for-

CINTRE

CINTRE

cément d'une manière brusque et incertaine, à cause du grand nombre des supports; 2° les cintres retroussés sont toujours possibles et peuvent être construits avec des bois de peu de longueur ; on peut toujours trouver des points | d'appui convenables sur la saillie des fondations ; le tassement est régulier et le décintrement peut se faire, d'une manière graduelle, sur toute l'étendue de la voûte à la fois.

Il est nécessaire, avant d'établir un cintre, de se rendre compte de l'intensité et de la direction des efforts supportés par les pièces différentes qui le composent, chacune de ces pièces étant appelée à jouer un rôle particulier.

Nous bornant ici à présenter les résultats donnés par le calcul et par l'expérience, nous rappellerons les formules établies par Desjardins (Routine de l'établissement des voûtes), formules qui évaluent la pression d'une voûte sur son cintre, rapportée à l'unité de longueur de l'intrados selon que la voûte est ou non circulaire.

» = M ( c H ) ou;j= (c-j —

\ rJ V R

p étant la pression normale sur le cintre par unité de longueur de l'intrados ; M. le poids de la maçonnerie ; c, l'épaisseur à la clef ; r, le rayon de l'intrados ; R, le rayon de courbure au sommet de l'intrados. Cette formule donne la pression sur le cintre en ce point.

Nous ferons observer qu'il n'est ici tenu aucun compte du frottement ni de la cohésion et que l'on peut donc considérer ces expressions comme les limites supérieures de la pression normale.

La pression sur le cintre étant connue, on calcule toutes les pièces de manière à obtenir le plus d'économie possible.

La première question qui se pose est l'écartement des fermes ; il faut qu'elles ne soient ni trop espacées, pour ne pas avoir à leur donner un trop fort équarrissage, ni trop rapprochées, pour ne pas

augmenter la main-d'œuvre. Dune manière générale, on fait varier ces espacements de 2 mètres jusqu'à lœ.20.

L'écartement des fermes étant déterminé, on calcule les couchis, considérés comme pièces reposant sur deux appuis à leurs extrémités. La formule pU R bh-

permet de déterminer l'équarrissage de ces pièces, p étant la charge uniformément répartie par mètre courant , L la longueur, R le coefficient de résistance du bois = 750,000, b la largeur et h la hauteur de la pièce. D'ailleurs, on augmente la résistance de ces couchis en les clouant à leurs extrémités sur les fermes et en les faisant d'une seule pièce de bois reposant sur trois ou quatre fermes. Quant à l'espacement des 'couchis, il dépend de la nature de la maçonnerie de la voûte. Si elle est de menus moellons ou de béton, le vide doit être de 0m,03 à 0m,04 ; si la voûte est appareillée par rangs de voussoirs réguliers, on peut se contenter de placer une file de couchis sous chaque voussoir.

Les veaux et les faux-arbalétriers étant les seules pièces qui travaillent à la flexion, on réduit, autant que possible, leur longueur, afin qu'il ne se produise aucune flexion pouvant nuire à la stabilité ou à la courbure de l'intrados. Toutes les autres pièces au cintre travaillant à la compression ne sont exposées qu'à une flexion légère, que l'on peut encore atténuer en diminuant leur longueur par des moises qui les saisissent en différents endroils.

Enfin, pour empêcher le rapprochement de certains joints, par suite d'irrégularité dans la coupe des bois, on approche les assemblages par des frettes en fer et Ton garnit tous les vides avec des cales en tôle chassées avec force au marteau.

Nous rappellerons, en terminant cet article, que la plupart des constructeurs

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