APLOMB
On emploie Y anthracite à cuire la chaux, à alimenter les fours à poterie, ii verrerie, même les forges el les hautsfourneaux; mais il lui faul beaucoup plus d'air qu'à la houille pour se consumer: il laisse plus de résidu et un noyau assez gros <|iii ne brûle jamais. En somme, c'est un combustible de qualité inférieure.
On en trouve dans la Mayenne, la Sarthe el la Vendée d'importants gisements, que Ton emploie à la cuisson de la chaux.
Anticabinet, s. ni.— Pièce de dégagement entre une salle et un cabinet.
Antichambre, s. f. — Pièce d'un appartement qui précède les autres et ouvre directement sur un escalier ou un vestibule.
Dans les maisons particulières, elle communique avec la salle à manger et les pièces de réception ; c'est là que se tiennent les domestiques; cette pièce est garnie de sièges et de porte-manteaux.
L'usage des antichambres, qui n'existait, il y a un siècle, que dans les hôtels et les palais, s'est généralisé. La plupart des appartements possèdent aujourd'hui une antichambre, qui établit la communication entre le vestibule ou l'escalier et les pièces intérieures.
Dans les demeures luxueuses, il y a généralement plusieurs antichambres.
Dans la première se tiennent les domestiques : la décoration de cette pièce est très-simple. Les secondes antichambres comportent plus d'ornements, mais sont moins vastes: elles précèdent quelquefois une troisième antichambre, dite salon d'attente, qui est encore plus richement décorée et de proportions moindres. C'est dans ces diverses pièces que sont admis, suivant leur qualité, les visiteurs forcés d'attendre.
Anticour, s. f. — Yov. Avant-cour.
\nl i« uni.
Mot par lequel les
Romains désignaient la façade ou partie antérieure d'un édifice, d'une maison.
Le derrière de l'édifice s'appelait posticum.
Antilly (Roche <ï ). — Calcaire demi-dur, blanchâtre, un peu coquillier, que l'on extrait de la carrière ftAntilly, commune de ce nom, arrondissement de Senlis.
Cette pierre porte de 0m,o0 à 0m,70 de hauteur d'assise.
Antique, adj. — On désigne, sous les noms de grand et de petit antique,
deux variétés de marbres. Le grand antique est un marbre d'un noir trèsintense, avec veines d'un beau blanc. Le petit antique est un marbre à fond noir, taches de formes variées et veines grises et blanches disséminées dans la masse.
Antlia. — Mot grec employé parles anciens pour désigner, d'une manière générale, toute machine hydraulique élévatoire.
Antoigné (Tuffeau d'). — Craie tuffeau, que l'on exploite dans des carrières situées aux environs tfAntoigné, commune et arrondissement de Chatellerault.
Cette pierre, de couleur blanc lie, à grain très-fin et homogène, propre à la sculpture, porte 0m,33 de hauteur d'assise habituelle et pèse de 1 ,400 à 1 ,420 kilogr. le mètre cube. La charge nécessaire pour produire l'écrasement est de 70 à 78 kilogr. par centimètre carré.
Le tu/l'eau d'Antoigné s'emploie notamment à Châteauneuf, à Châtellerault et à Tours.
Aplatis (Fers). — On nomme ainsi i\i^ fers appartenant à la troisième liasse des fers du commerce, et qui ont une section de 0m,040 à 0m,081 sur 0m,0045 et 0m,00oo.
Aplomb, s.
On dit qu'un
APPAREIL. — 7o -
mur, un pan de bois ou un lambris esl ^aplomb, quand il est vertical et en équilibre. On s'assure de cette condition au moyen d'un lil auquel est suspendu un corps pesant, et qu'on appelle fil à plomb (voy. Plomb).
On dit que l'on pose une pierre à V aplomb d'une autre quand on place 1rs deux blocs de manière que deux de leurs faces se trouvent dans le même plan vertical.
Apodytériuiu, s. m. — Les Romains nommaient ainsi le vestiaire des établissements de bains (voy. ce mot).
Cette pièce communiquait avec les salles du bain froid et du bain chaud. Elle était pourvue de sièges en pierre, et des patères, fixées aux murailles, servaient à la suspension des vêtements. Une fenêtre, pratiquée dans le mur du fond, éclairait la pièce pendant le jour; une petite niche, placée en dessous de cette fenêtre, recevait une lampe pour l'éclairage du soir (1).
Apopliyge, s. f. — Endroit où la colonne commence à sortir de sa base et à s'élever (voy. Congé).
Apotheca, s. f. — Nom que les Romains donnaient, en général, à un magasin ou dépôt de denrées servant à l'usage domestique. L'apotheca désignait surtout une sorte de cellier placé à la partie supérieure d'une maison d'habitation, et où l'on gardait le vin dans des amphores.
Appareil, s. m. — Terme qui désigne la disposition donnée aux pierres de taille employées dans la construction des édifices.
On nomme aussi appareil l'ensemble des méthodes qui permettent de donner à ces matériaux les dimensions exigées par la place qu'ils doivent occuper (voy. Coupe des pierres).
(1) Bich, Dict. des antiquités romaines.
APPAREIL
Les moellons et les briques reçoivent aussi des formes particulières et un ajustement spécial dont nous traitons dans les articles Moellon, Brique, Cloison, etc. Nous ne nous occuperons ici que de Y appareil des murailles.
Les appareils employés pour la construction des édifices les plus anciens où la pierre ait été utilisée sont de forme très-irrégulière. On trouve en Asie des
Fig. 131.
exemples de murailles exécutées avec des blocs polygonaux de toutes dimensions. Cette disposition existe également dans les monuments primitifs de la Grèce et de l'Italie et en particulier dans les acropoles des temps héroïques. Le nom d'appareil polygonal a été donné à ce genre de construction. Tantôt les
Fig. 132.
vides laissés entre eux par les blocs polygonaux irréguliers sont remplis à l'aide de petites pierres (fig. 131): ce sont les constructions dites cyclopéennes, telles que les anciens murs de Tyrinthe et d'Argos; tantôt les joints sont taillés et dressés de manière à juxtaposer les angles saillants et rentrants (fig. 132): ce sont les constructions, plus modernes, dites pélasgiques.
APPAREIL. - 76
Dans les premiers appareils hellé niques, l'horizontalité des assises est re
Fig. 133.
cherchée (fig. 133) : tels sont les murs de Mantinée, de Mycènes et de Platée, en Grèce.
Nous devons encore citer, comme appartenant aux appareils irréguliers la disposition représentée par la ligure 134 et dans laquelle des pierres de toutes dimensions sont ajustées par assises rompues. Les Romains ont fréquemment employé ce genre de construction,
par exemple au théâtre de Marcellus, au Colisée, à la porte Majeure, aux arcs de Janus, de Septime Sévère, de Constantin, aux ponts et aux quais du Tihre. Les modernes l'ont également appliqué, notamment à Saint-Pierre de Rome.
Le dressemenl des lits conduisit à l'horizontalité des assises; enfin, l'emploi des parallélipipèdes réguliers permit de composer divers appareils, devenus communs à tous les peuples et usités aujourd'hui.
APPAREIL
Citons d'abord Vapparèil à assises réglées isodomon des Grecs), dans lequel fig. 135) les assises sont égales et les blocs posés de façon à ce que les joints de même niveau correspondent aux mi-
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Fig. 135.
lieux des pierres qui forment le rangsupérieur ; et l'appareil à assises alternativement hautes et basses ou pseudoisodomon (fig. 136). Ces deux systèmes,
Fig. 136.
appelés appareils en liaison, ont reçu des Romains le nom d'opus incertain, el se retrouvent dans les murailles de leurs principaux édifices ; les éléments en sou!
Fisr. 137.
remarquables par leur volume, et sont posés sans mortier, grâce à la perfection des joints.
Des murs d'une certaine épaisseur
APPAREIL
peuvent s'exécuter avec des blocs de un uns grande dimension, disposés soit en bontisses (flg. 137), c'est-à-dire frant leurs petits côtés en parement et
APPAREIL
assise s'emboîtent latéralement Tune dans Tant iv. disposition propre à être employée dans les maçonneries expo-
Fig. 138.
occupant toute la largeur de la muraille, soit en carreaux et boutisses (flg. 138), les premières de ces pierres montrant leur grand côté, dans le sens longitudinal, et les secondes formant liaison.
Les Grecs ont employé ce dernier procédé.
Parmi les appareils réguliers, il en est quelques-uns dont on a retrouvé d'assez nombreuses applications pour que l'on doive les citer, tels sont :
Vappareil triple en épaisseur de deux en deux assises (flg. 139), les assises in-
sées à des efforts violents, comme les digues, quais et phares construits à la mer.
Fig. 139.
termédiaires étant composées de parpaings ;
Vappareil enchaîné (fig. 140), formé de pierres qui sont alternativement refouillées, de manière à s'encastrer les unes dans les autres, comme on en a retrouvé au théâtre de Marcellus ;
Vappareil représenté par la figure 141 et dans lequel les pierres dune même
A côté de ces appareils, que nous pouvons appeler simples, parce qu'ils sont formés de matériaux de même na-
Fig. 142.
ture, il y a les appareils mixtes, tels que : la maçonnerie de biocailles comprises entre deux parements, soit de moellons bruts (fig. 142), cerne Vappareil antique ou irrégulier (opus incertum des Romains;, soit de moellons taillés en tête, comme Yopus reticulutum
APPAREIL
fig. 143), ou bien encore de pierres de taille, comme Vemplecton de* Grecs (fig. 144). Les murs ainsi construits sont
APPAREIL
Fig. 143.
maintenus, à leurs angles, ou de distance en distance, par des chaînes en pierre à assises régulières.
Fig. 144.
Il faut citer aussi Y appareil revinctum,
employé par les anciens et dans lequel
pierres étaient réunies par des
les
Fig. 145.
agrafes en queue d'aronde (fig. 145).
L'appareil en besace (fig. 146;, appliqué aux angles, permet d'éviter les évide-
Fig. 146.
ments, c'est-à-dire les déchets de pierre; on s'en sert aussi pour les jambages de
baies. Cette recherche, dans l'économie
de la taille, pour les pierres destinées à : occuper des retours d'angles, a été non- ! seulement pratiquée par les anciens, mais elle caractérise Vappareil adopté par les constructeurs des xne , xine et xivc siècles.
Les blocages (voy. ce mot), avec parements en pierres dressées, étaient aussi fort en usage à cette époque.
Si Ton considère, au point de vue de la stabilité, les éléments qui entrent dans la composition des divers appareils employés dans les constructions, on peut poser en principe : 1° que Y appareil polygonal est suffisant pour les murs qui n'ont à supporter que leur propre charge ; 2° que Vappareil à pierres rectangulaires, préférable, sous ce rapport, exige une grande perfection dans la taille des lits et leur parfaite juxtaposition. Notons ici que, dans les monuments antiques, les pierres équarries, posées sans mortier, sans cales ni démaigrissement, sont taillées avec une telle précision que les joints sont presque insensibles à l'œil.
A ces considérations nous ajouterons qu'il ne faut pas dépasser une certaine limite dans la dimension des blocs, les pierres trop grandes étant sujettes à se rompre, si les lits ne sont pas assez bien exécutés pour que ces pierres portent parfaitement sur l'assise inférieure. Remarquons, d'ailleurs, que ces dimensions dépendent aussi de la dureté même des matériaux ; ainsi, l'on peut donner aux pierres tendres, en longueur, le double de leur hauteur et, en largeur, la moitié en sus.
Au point de Mie de la grandeur des matériaux, on distingue: le grand appareil, composé de pierres d'un volume considérable ; — le petit appareil, formé d'éléments cubiques de petite dimension; — Vappareil allongé, où la hauteur des pierres est moindre que leur largeur.
Les arcs et les voûtes en matériaux taillés sont construits au moyen de claveaux et voussoirs (voy. Arc, Voûte .