ARCHE
remportées sur les armées impériales, espagnoles et hollandaises.
Dans la même ville se voient encore deux autres arcs de triomphe : celui de l'Etoile et celui du Carrousel.
Varc de triomphe de l'Etoile, représenté par la ligure 214, est un gigantesque monument, commencé en 1806, en l'honneur des armées françaises, après la campagne de Prusse, et qui ne fut achevé qu'en 1836.
Sa hauteur est de 45m,33 ; sa largeur de 44m,82, et son épaisseur de 22m,30.
La grande arcade centrale a 29m,19 de hauteur et 14m,62 de largeur. Les deux arcades latérales, perpendiculaires h la précédente, ont 16m,34 de hauteur et 8m,44 de largeur. C'est le plus grand arc de triomphe qui existe ; mais il est inférieur, comme œuvre architectonique, aux arcs romains et à Varc du Carrousel.
L'arc de triomphe du Carrousel (fig.
215), commencé en 1806 et achevé en 1809, a été construit en pierre de liais, et ses deux grandes faces sont percées de trois ouvertures ; une arcade unique
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Fig. 215.
s'ouvre sur chacun des côtés. Des colonnes isolées portent sur des piédestaux engagés, et soutiennent, au-dessus de l'entablement, des statues de soldats. Au-dessus de l'attique est un double socle destiné à recevoir un quadrige.
On appelle arc triomphal le grand arc qui surmontait, dans les basiliques latines, l'ouverture séparant la nef principale du transept; un grand voile, divisé en deux partie* égales décorées de su-
jets religieux, était suspendu à l'intrados du cintre de cet arc(voy. Basilique).
Arceau, s. m. — 1° Courbure des arcs et des arcades ; nervure d'une voûte d'église.
2° Terme d'architecture hydraulique :
arche d'un ponceau construit sur un ruisseau ou sur un ravin (voy. Ponceau).
Archaïque, adj. — Style archaïque d'un monument : se dit d'un style trèsancien.
Arche, s. f. — Voûte en arcade recouvrant l'espace qui sépare les piles ou les culées d'un pont.
Les arches sont appareillées en voussoirs et sont surhaussées, en plein-cintre ou surbaissées. Dans un pont à plusieurs arches, celle du milieu, qui est souvent
Fig. 216.
plus haute que les autres, se nomme maîtresse arche. On appelle arche extradossée celle dont les voussoirs sont égaux et ne se relient pas aux assises des reins (fig. 216).
Les arches sont susceptibles de recevoir la plupart des ornements que Ton applique aux arcades ; mais la nature môme de ces constructions exige, dans leur décoration, un caractère mâle et simple. Ainsi les piles, devant avoir une force très-grande pour résister au choc des eaux, des navires ou des débris flottants, ne comportent ni pilastres, ni ordres d'architecture. Les ornements qui conviennent sont ceux qui naissent naturellement de leur construction et de leur forme; par exemple, un heureux emploi de bossages et de refends sur les piles est très-propre à enlever à ces
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constructions la froideur dont elles sont empreintes trop souvent. Sur les arches on peut placer des archivoltes ou des bandeaux plus ou moins ornés, suivant le caractère du pont et la richesse de l'entablement qui doit le couronner.
Les arches sont parfois en bois ou en fer ; elles sont alors composées de pièces assemblées (voy. Pont).
Archet, s. m. — Serrurerie. Outil qui sert à donner le mouvement à un foret (voy. ce mot).
C'est une tige d'acier (fig. 217) ayant Tune de ses extrémités terminée en crochet, l'autre, munie d'un manche. Une
Fig. 217.
corde à boyau va du crochet au manche ; elle s'enroule autour de la boite du foret pour le faire tourner.
Archière, s. f.
trière.
Voy. Arbalé-
Architecte, s. m. — Celui qui, tout à la fois savant et artiste, conçoit, compose et exécute toute espèce de constructions et d'édifices.
Les Romains employaient le mot architectes , dérivé du grec ap/w, je commande, et t£xtwv, ouvrier, pour désigner le chef qui, ayant sous ses ordres des ouvriers de diverses professions, présidait à la construction d'un édifice, dont il avait lui-même donné les plans ou le modèle. C'était ce qu'on appela plus tard, au moyen âge, le maître de V œuvre.
Des inscriptions trouvées dans les ruines de monuments antiques, des citations d'auteurs démontrent que, chez les Grecs, la profession ^architecte ne comprenait pas exclusivement, comme de nos jours, la construction d'édifices publics ou privés, ^architecte était, à la fois, constructeur, sculpteur, tondeur sur métaux et ingénieur.
La décoration théâtrale, l'ordonnance des fêtes et des cérémonies publiques étaient aussi du ressort de l'architecte; il en était de même, en Grèce ainsi qu'à Rome, pour la construction des machines de guerre ou des engins industriels.
On comprend, par là, quelle somme d'aptitudes et de connaissances devait posséder, chez les Grecs et chez les Romains, X architecte vraiment digne de ce nom.
Toutefois, c'est surtout en Grèce que cette profession fut honorée au plus haut degré. Pausanias rapporte que c'étaient ordinairement des dieux, des demi-dieux, ou tout au moins des chefs de peuples qui passaient pour les plus anciens constructeurs. On sait qu'une statue fut élevée à Byzès de Naxos, architecte du vic siècle avant Jésus-Christ, qui inventa l'art de tailler dans le marbre les tuiles destinées à servir aux autres de couvre-joints (1).
C'est seulement à la fin de la république romaine et sous les empereurs que l'architecte commença à être considéré à l'égal de ceux qui exerçaient la médecine ou qui enseignaient soit les sciences, soit les lettres. Vitruve, architecte et ingénieur militaire du temps d'Auguste, et qui était lui-même un des hommes les plus instruits de son époque, s'étend longuement sur les qualités et les aptitudes nombreuses que doit posséder celui qui veut pratiquer l'architecture. D'après Dion Gassius, un des Antonins même, l'empereur- Adrien, était architecte, car il lit construire, sur ses propres dessins, le temple de Vénus et de Rome. Le goût général pour les œuvres d'architecture suivit une marche progressive sous l'empire, car on vit Alexandre Sévère fonder des écoles d'architectes, Constantin établir des récompenses et des privilèges pour ceux d'entre les jeunes gens instruits qui voudraient embrasser cette profession.
(1) Daremberg- et Saglio, Dict. des antiquités grecques et romaines.
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Il faut bien le dire cependant, la gloire de placer leur nom sur l'oeuvre achevée fut souvent refusée aux architectes; en effet, le jurisconsulte Ëmilien Macer, quivivail sous Alexandre Sévère, rapporte qu'il n'était permis qu'au prince et à ceux qui avaient fait les frais d'un édifice, d'y placer leur nom. C'est ce qui a donné lieu à différents subterfuges, employés quelquefois par les architectes de l'antiquité pour inscrire leur nom sur le monument qu'ils avaient été chargés d'exécuter. Lucien raconte ainsi que Sostrate, qui construisit le phare d'Alexandrie, grava son nom fort avant dans la pierre, le recouvrit de plâtre et inscrivit dessus le nom du roi Ptolémée Philadelphe. Le plâtre, tombé quelques années plus tard, mit à nu l'inscription destinée à perpétuer la mémoire de l'artiste.
Pour l'exécution des travaux on laissait, en Grèce, une assez grande liberté à l'architecte, au point de vue de l'ordonnance de l'édifice; mais il était tenu, sous le rapport des dépenses, à se renfermer dans d'étroites limites. Ces dépenses étaient arrêtées, à l'avance, entre Yarchitecte et les magistrats de la cité ou leurs délégués, qui adjugeaient les travaux, après avoir pris l'avis des hommes compétents. Ces travaux étant exécutés, des vérificateurs étaient chargés de les recevoir et de les payer.
A Rome, sous la république, c'était le sénat qui ordonnait la construction ou la restauration des monuments publics ; les travaux étaient mis aux enchères par les censeurs ou les conseils. L'adjudicataire fournissait caution ; le sénat votait l'argent nécessaire, et l'adjudicataire recevait moitié de la valeur estimative à l'ouverture des travaux, moitié après leur achèvement et leur réception.
Sous l'empire, des commissaires spéciaux [curatores) étaient chargés de l'administration des travaux publics; ils présidaient à l'exécution, Yarchitecte n'ayant plus que la direction technique du chantier, à moins qu'il ne fût lui-
même curateur, comme Vitruve, lorsqu'il eut à construire la basilique de Fano.
On appelait encore, à Athènes, architecte (ap^tTsxTwv) l'entrepreneur qui se chargeait de construire un théâtre ou qui prenait à bail un théâtre déjà construit, avec faculté de percevoir un droit d'entrée sur les spectateurs.
Aujourd'hui, les connaissances que doit posséder Yarchitecte sont très-variées : il doit avoir des notions théoriques de tous les arts et de toutes les sciences qui ont un rapport quelconque avec l'architecture. Il lui faut y joindre le goût, le jugement et le génie de son art. L'étude de l'histoire, de la littérature, de la géométrie, de la mécanique, de la perspective et de la physique devient, de jour en jour, plus nécessaire ; mais ce qui est absolument indispensable, c'est le dessin, base aussi de la peinture et de la sculpture.
L'architecte diffère de l'entrepreneur (voy. ce mot), en ce sens que le second exécute les constructions d'après les plans et devis fournis par le premier ; tous deux sont responsables envers le propriétaire, chacun dans la mesure imposée par la loi (1). Il se présente plusieurs cas :
1° L'architecte donne simplement les plans et devis. Il n'est alors responsable que du dommage résultant d'un vice dans ses plans et devis ; par exemple, s'il indique des dimensions trop faibles ou des matériaux impropres. Dans ce premier cas, la nature du sol. les vices d'exécution, l'observation des lois du voisinage sont à la charge de l'entrepreneur.
2° L'architecte fournit les plans et devis, et se charge, en outre, de leur exécution. Toutes les responsabilités de l'entrepreneur s'ajoutent alors aux siennes propres (voy. Entrepreneur .
3° L'architecte fournit les plans el devis et en surveille l'exécution, con-
(1) Gode Perrin.
ARCHITECTONIQUE
ARCHITECTURE
fiée, par le propriétaire, à un entrepreneur de son choix. Dans ce cas, il ne répond point du dol ou du défaut de capacité de L'entrepreneur et de ses ouvriers; il n'est pas garant d'un vice caché provenant de l'emploi de mauvais matériaux. Mais, si la malfaçon n'a pas élé découverte, par défaut de surveillance, {"architecte aurait à répondre des condamnations prononcées contre un entrepreneur insolvable.
En tous cas, {'architecte est, en général, responsable des vices d'exécution, comme des vices du plan, sauf recours, s'il > a lieu, contre l'entrepreneur.
Les dommages provenant du vice du sol engagent la responsabilité de l'architecte ; il en est de même pour l'inobservation des lois du voisinage. Quand la violation des règlements est due aux exigences réitérées du propriétaire, prévenu à l'avance, celui-ci conserve, à sa charge, une partie des frais qui en sont la conséquence.
La durée de la garantie de l'architecte, dans les cas prévus, est de dix ans.
4° L'architecte est appelé seulement a vérifier des mémoires de travaux auxquels il a été complètement étranger. Il doit s'assurer que les objets indiqués ont été employés suivant les quantités réclamées et d'après les règles de l'art ; de plus, il applique les prix, en se conformant aux usages des localités et en tenant compte des circonstances. Les parties peuvent solliciter une expertise après le règlement.
La rétribution accordée aux architectes prend le nom d'honoraires (voy. ce mot).
On appelle architecte royer l'architecte chargé, par la préfecture d'un département, du service de la voirie, de l'inspection et de la surveillance des travaux qui sont exécutés dans un arrondissement.
Architectonique, adj. Mol qui qualifie ce qui a rapporl à l'architecture, entant que sciencese rattachant à cet art. .
On dit même, d'une manière générale, la science architectonique.
Ce mot est quelquefois employé substantivement comme synonyme d'architecture.
Architectonographie, s. f. —
Description des monuments. La description détaillée d'un édifice s'appelle monographie
Architecture, s. f. — Art de construire, de disposer et d'orner les édifices publics et particuliers.
L'architecture doit être le plus ancien des arts, le premier besoin de l'homme ayant été de s'abriter contre les intempéries des saisons et contre les dangers qui l'environnaient. C'est le désir de perfectionnement, sous le rapport de l'utile et du beau, qui a fait un art de la construction primitive. Perpétuant le souvenir des actions passées et des institutions des peuples, à l'aide des monuments, cet art est intimement lié à l'histoire.
L'architecture se divise en deux parties distinctes : la pratique et la théorie. La pratique embrasse les procédés mis en œuvre par les anciens et les modernes; elle comprend, en outre de la connaissance des sciences exactes, celle (\q<> matériaux et de leur application à l'exécution des édifices. La théorie est la partie la plus essentielle, au point de vue de l'art ; c'est celle qui embrasse, dans son ensemble, l'histoire de l'art, ses préceptes et ses éléments. Elle permet à l'architecte d'imprimer à ses œuvres le caractère qui ressort de leur destination et de la sensation que leur aspect doit faire éprouver. La théorie exige la connaissance du dessin, seul moyen de représenter aux yeux l'œuvre conçue dans son ensemble et dans ses parties.
Plusieurs principes fondamentaux régissent ['architecture : la convenance, qui veut que le caractère de l'édifice et la distribution de ses différentes parties
ARCHITECTURE