ARCHITRAVE
répondent bien à leur destination; la solidité, non-seulement réelle, mais apparente ; la proportionnalité, qui règle le rapport des parties avec l'ensemble.
Considérée comme science, Y architecture, qui embrassait, chez les anciens, tout ce qui est du ressort de la construction, se divise, aujourd'hui, en plusieurs branches :
1° L1 architecture militaire, qui comprend tous les travaux de construction nécessaires à l'attaque et à la défense des territoires.
2° L'architecture hydraulique, ou l'art de bâtir dans l'eau et d'y fonder toutes sortes d'édifices, comme écluses, digues, jetées, ports de mer, môles, ponts, quais, aqueducs, canaux.
3° Yï architecture navale, à laquelle appartient la construction des navires, soit pour la guerre, soit pour le commerce.
4° h' architecture civile, qui est Y architecture proprement dite et qui comprend l'édification des monuments publics et des habitations privées.
Au point de vue archéologique, Y architecture n'est devenue un art véritable, chez les différents peuples, qu'avec les progrès de la civilisation. A l'origine, elle avait seulement pour but de fournir à l'homme un anri contre les intempéries des saisons. Les excavations naturelles ou creusées durent être les premiers refuges des peuplades primitives ; la tente et la cabane (voy. ces mots) ne vinrent sans doute que longtemps après. Plus tard, le besoin de construire d'une manière durable donna naissance à Y architecture ; et chaque nation imprima h cet art un caractère ou style particulier, dû aux influences nées du climat, de la nature des matériaux disponibles, des mœurs, des coutumes, des religions et des progrès réalisés dans les moyens d'exécution ; de là, les architectures indienne, chinoise, assyrienne et babylonienne, phénicienne et juive, persépolitaine, égyptienne, byzantine, grecque, étrusque, romaine,
chrétienne, arabe, de la Renaissance, moderne, et, enfin, mexicaine et péruvienne (voy. ces différents mots).
Architrave, s. /'. — Partie inférieure et principale d'un entablement.
Les anciens n'employaient, en général, qu'une seule pierre, de l'axe d'une colonne à l'autre, pour former leurs architraves. Ils se servaient, dans ce but, de marbres ou de pierres trèsdures, qui donnaient à leurs édifices une solidité aussi réelle qu'apparente.
L'usage de ces architraves monolithes les mit dans l'obligation de serrer leurs entrc-colonnements, ce qui contribua à produire cette sorte iïâpreté, l'un des plus grands effets de leurs colonnades et de leurs péristyles. C'est encore pour cette raison qu'ils donnèrent, dans le chapiteau dorique grec, une grande saillie à l'abaque; ils voulaient ainsi diminuer la portée des architraves.
Toutefois, il ne faut pas croire que les anciens aient agi de la sorte par ignorance de la coupe des pierres. En effet , plusieurs monuments antiques présentent des architraves faites de pierres taillées, comme on le ferait aujourd'hui. Si les Grecs et les Romains ont construit de la façon que nous venons d'indiquer, c'est que cette méthode offrait une plus grande solidité. On peut même citer plusieurs exemples , aux temples de Pœstum et de Ségeste, à ceux de la Concorde et de Junon Lutine, à Agrigente, où les architraves sont formées de deux grandes pierres posées de champ, l'une derrière l'autre, formant conjointement la largeur du mur et portant ensemble sur deux colonnes.
Cependant, on trouve, dans quelques édifices romains, des architraves à claveaux ; c'est là une disposition vicieuse, que les modernes ont imitée.
Les constructeurs de la période romane et ogivale n'utilisèrent pas ce membre d'architecture ; la Renaissance employa d'abord Yarchitrave formée