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Voy. aussi l'article Postes (Statistique).

Un réseau d'ensemble. — En septembre 1899, M. Mougeot, sous-secrétaire d'État des Postes et Télégraphes, a consulté les Conseils généraux au sujet de l'installation, à frais communs avec l'État, de réseaux téléphoniques reliant les communes de leur département respectif entre elles, puis avec Paris et toutes les autres villes de France Des 86 Conseils généraux, 80 ont répondu par une adhésion, tout au moins de principe.

18 de ces départements étaient déjà pourvus d'un réseau suffisant ou avaient commencé à compléter leurs réseaux : Alpes-Maritimes, Charente-Inférieure, Eure, Eure-et-Loir, Gironde, Jura, Marne, Haute-Marne, Meurthe-et-Moselle, Seine-Inférieure, Seine-et-Marne, Seine-et-Oise, Haute- Savoie, Seine, Vosges, Orne, Nord, Somme. — 3 vont commencer à construire leurs réseaux : Mayenne, Sarthe

et Var. — 28 ont admis d'emblée le projet de M. Mougeot: 6, avec une solution financière bien déterminée : Cher^ Haute-Loire, Meuse, Rhône, Haute-Saône, Vienne; 9 sans solution financière précise : Ain, Aisne, Hautes-Alpes, Doubs, Puy-de-Dôme, Deux-Sèvres, Vaucluse, Haule- Vienne, Côte-d'Or; 13 avec quelques réformes de détail : Cantal, Creuse, Dordogne, Haute-Garonne, Landes, Loire, Lozère, Lot-et-Garonne, Loir-et-Cher, Nièvre, Pas-de- Calais, Hautes-Pyrénées, Pyrénées-Orientales. — 31 ont mis le projet à l'étude pour statuer dans une autre session: Allier, Ardennes, Ardèche, Ariège, Aube, Aude, Aveyron, Charente, Drôme, Gers, Morbihan, Indre, Indre-et-Loird, Loire-Inférieure, Loiret, Saône-et-Loire, Savoie, Oise, Tarn, Tarnet-Garonne, Maine-et-Loire, Yonne, Calvados, Basses-Pyrénées, Bouches-du-Rhône, Corse, Gard, Hérault, Ule-et-Vilaine, Isère, Lot.

TÉLÉPHONE

TELEPHONE

Les G déparlements réfractaires sont : Basses-Alpes, Corrèze, Côtes-du-Nord, Finistère, Manche et Vendée.

Les frais d'établissement de chaque réseau départemental sont évalués en moyenne à 400.000 fr. Ce sera pour la France un total d'une trentaine de millions.

Appareils automatiques. — La cabine téléphonique antomatiqne (système K. de Lamprecht) supprime tout employé intermédiaire entre le public et le bureau central pour l'obtention de la communication. A côté du téléphone est une boite munie d'un oriGce destiné à recevoir le prix de la communication et d'un demi-cadran divisé en 5 minutes, qu'une aiguille parcourt dans cet espace de temps, correspondant à la durée actuelle d'une conversation. La personne qui désire téléphoner appelle elle-même le bureau central de la manière ordinaire, puis indique le numéro ^le l'abonné avec qui elle veut être mise en rapport. Dès qne l'abonné a répondu à l'appel do bureau central, mais alors seulement, ce dernier invite la personne qui téléphone à verser 25 centimes dans la fente de l'appareil. Aussitôt ce versement effectué, ce dont le bureau central est avisé automatiquement, la communication est établie. En même temps l'aiguille commence à marcher sur k- •cadran, indiquant la durée exacte de la conversatio;:. Quand elle arrive à la quatrième minute, an timbie avertit le correspondant de la fin prochaine de la mise '-n communication, qui cesse d'elle-même aussitôt la cin- .quième minute révolue; l'aiguille revient alors an zéru. Si L'on désire prolonger la conversation, on remet d.-.iis .l'ouverture une nouvelle somme de25 centimes, qui assure un second délai de 5 minutes.

De son côté, l'administration des Postes et Télégraplies de l'Empire allemand a adopté, en 1899, pour les postes ■téléphoniques publics un système analogue à celui des distributeurs automatiques que tout le monde connaît. On «nlève le récepteur de son crochet, on met une pièce de 10 pfennigs dans l'appareil et on se trouve immédiatenjcat en relation avec le poste central. L'appel au poste cenrral se produit au moment même où l'on décroche le récepteur, et la pièce de 10 pfennigs n'est mise dans l'appareil que lorsque la communication va être donnée. L'ouverture d'entrée pour la pièce est sur la façade de Fappareil ; une petite palette métallique la masque tant que le récepteur est accroché. Une fois jetée dans l'ouverture, la fiièce tombe dans une gouttière formée de deux flasques en laiton séparées par un fond en ébonite, elle met en contact électrique les deux flasques, et le courant ainsi établi actionne, au moyen d'un mécanisme approprié, la sonnerie du bureau central, qui donne alors la communi- -cation demandée.

L'appareil allemand ne reçoit pas d'autres pièces qne .celles de 10 pfennigs; une simple modification des dimensions de la gouttière permettrait l'emploi de toute autre jnonnaie. Une pièce plus grande que celle de 10 pfennigs n'entre pas dans l'ouverture et une pièce plus petite n'e-st ■pas maintenue dans la gouttière ; elle tombe dans un •couloir oblique et reparait — sans avoir produit aucun effet — par une ouverture ménagée au côté droit de l'ap- •pareil.

.\bo.\xements et Abo.nnés. — L'abonnement est à Paris de 400 fr. par an ; ceux de la banlieue coûtent 50 fr. par an, plus une taxe de conversation; voici les prix correspondants dans quelques grandes villes de l'Europe :

Francs Francs

•Paris 400 »

Vienne 208,30

Munich 187,50

Stuttgart 125 »

Berlin 187,50

Amsterdam 187,50

Rome 167,50

Uelsingfors (Finlaide) 125 v

Depuis mars 1901 Paris et Berlin sont réunis directement par le téléphone. Le prix de la conversation de 3 minutes est de 6 fr. de Paris à Berlin, soit 2 fr. de Paris à Metz et 4 fr. de Metz à Berlin. Des taxes réduites à 1 fr. 25 sont établies entre les villes voisines des frontières. La communication urgente paye triple taxe.

En Suisse, l'abonné à 3 kil. de distance du point central j)aye : 130 francs les deux premières années, 100 fr. la troisième et 70 fr. les années suivantes, plus Ofr. 05 par 'CommunicatioD demandée.

En Allemagne, 150 marks (187 fr. 50), par an.

En Autriche, 100 florins (210 fr.), jusqu'à 2 kil. du bureau central.

En Italie : à Florence, Gênes, Milan, Naples, Palerme, Turin, Venise : 200 lire; à Bologne, Catane, Livoorne, Messine : liiO lire ; à Home : 168 lire.

En Belgique, 250 fr. jusqu'à 3 kil. du bureau central.

\ l/)ndres, quatre fois vaste comme Paris, 20 Hr. (500 fr.)

En Suède et Norvège, l'abonnement est de 100 fr. 50 par an. Le tarif d'une conversation de 3 minutes est de Ofr. 20 jusqu'à 100 kil., 0 fr. 40 de 101 à 250, 0 fr. 65 de 251 à 600, 1 fr. 40 au delà. 1^ chiffre des abonnés atteint 7 */. de la population totale, tandis qu'il est de 5*/. à San-Francisco et de 3 '/, à Berlin. Stockholm a 19.000 abonnés sur 270.000 hab.

Une revue technique allemande estime (1900) à 1 million 400.000 le nombre des abonnés ao téléphone dans le monde entier: dans ce total, les États-Unis, à eux seuls, entrent pour 900.000 unités. Les autres pays à citer sont : l'Allemagne, 140.000 abonnés ; les Iles Britanniques, 75.000; la Suisse, 50.000; la France, 35.000: l'Autriche, 20.000; la Russie, 18.000.

L'Engineering (juin 1900) donne le tableau ci-dessous du nombre des appareils téléphoniques existant pour 10.000 habitants dans les différents pays :

Suède 113

Etats-Unis 107

Norvège 97

Suisse 93

Canada 67

Nouvelle-Zélande 60

Lnxembouig 47

Finlande 29

Allemagne 29

Grande-Bretagne 18

Hollande 16

Belgique 14

•Autriche 9

France 7

Espagne 6

IUlie 4

Russie 2

Japon 'l

Honoluln (îles HawaI) possède près de 200 appareils téléphoniques.

Ux Journal téléphoné. — Il existe depuis 1893, à Buda-Pest, un « Journal téléphoné », c'est-à-dire qui tient téléphoniquement ses abonnés au courant des événements du jour, par des communications de son bureau central à ses abonnés, de 8 heures du matin à 11 heures du soir.

Chaque rubrique vient à heure fixe, sauf les nouvelles de la Bourse et du Parlement, qui arrivent chaque demiheure. Le prix de l'abonnement était en 1900 de 3 fr. 75 par mois; l'abonné n'est engagé que pour quatre mois; il n'a rien à payer en plus soit pour les récepteurs, soit pour les lignes; l'appareil récepteur permet à deux personnes de recevoir les communications, qui sont annoncées par une sonnerie spéciale. Au commencement de 1899 le réseau du journal, limité à la ville de Buda-Pest, comportait 914 kil. de lignes ; vers la fin de 1900, le nombre des abonnés était d'environ 7.000, soit 8 fois plus qu'à la fin de la première année. On s'occupe d'étendre aux deax villes voisines de Szegedin et d'Arad le réseau du « Journal téléphoné ».

.Aux Etats-Unis. — Le premier réseau téléphonique public aux États-Unis fut établi, en 1877, à Lowel (Massachusetts), ville industrielle de 100.000 hab., à 40 kil. de Boston. La Compagnie qui créa ce service débuta avec 45 abonnés et un capital de 6.000 dollars; c'est d'elle qu'est sortie l'une des grandes Compagnies téléphoniques actuelles. Voici, d'après l'Érie Telegrapk and Téléphone C, quelle était au 1" septembre 1899 la situation des ahonnements au téléphone pour les trois principales Compagnies des États-Unis :

Pendant le mois d'août 1899, 7.755 abonnements ont été souscrits, ce qui porte a 50.000 le nombre des abonnés nouveaux depuis le 1" janvier de la même année. En ajoutant ces chiffres à ceux arrêtés au 31 décembre 1898, on arrive au total de 203.196 abonnés au 1" septembre 1899, savoir : pour la Central Union C* 55.092, pour la Pacific Coast 56.703, pour l'Erie System 91.401.

Relais téléphoniques.— M. Glidden, président des plus importantes Sociétés télégraphiques et téléphoniques des États-Unis, fondateur de la première grande Société téléphonique au-delà de l'Océan, offre un million de dollars (5 millions de fr.) à l'inventenr d'un a relais téléphonique». Cet appareil résoudrait le problème de la téléphonie à

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