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II. Tissus DRAPÉS ou DE L.MNE CARDÉE. — CeS tiSSUS

peuvent se diviser en deux grandes catégories : i" les flanelles, 2" les draps.

i" Les flanelles sont des étoffes de laini> cardée légèrement foulées et parfois soumises aux manutentions du garnissage et du tirage à poil. On les divise en ■.flanelles de santé, dites encore lisses ou croisées, selon qu'elles ont été tissées en armure toile ou en armure casimir : elles servent à la confection des articles de lingerie de flanelle, caleçons, ceintures et gilets; flanelles pour chemises : ce sont des flanelles fines, généralement tissées en fils teints, dont l'usage est indiqué par leur dénomination même; les flanelles bolii'ar, étoffes croisées, tissées en écru et vendues en couleurs ponceau, bleu, violet et blanc : ces flanelles sont employées pour doublures et pour articles confectionnés ; les flanelles manteaux, à dispositions écossaises, très employées autrefois pour robes et aujourd'hui bien abandonnées par la consommation; les molletons, genre de flanelles épaisses et légères, dont l'endroit imite un duvet feutré : on produit de très beaux molletons de fantaisie pour peignoirs et robes de chambre dans quelques fabriques de Reims.

Ces divers genres de flanelles se fabriquent à Reims, ^ et c'est seulement dans les établissements de tein- *|| turerie et d'apprêt de cette ville qu'on trouve les éléments nécessaires au traitement délicat et difficile de ces tissus d'aspect si particulier.

2" Draps. — Le drap est un tissu de laine cardé, dont l'aspect et la tissure sont complètement dénaturés par une série d'opérations de finissage, dont les principales sont : le foulage, le garnissage, le tondage, le pressage et le décatissage. C'est dans le soin et la mesure apportés à chacune de ces opérations successives que consiste le talent du drapier, ainsi que dans le choix du compte, de l'armure et des matières, eu vue des résultats qu'il veut obtenir après le passage aux manutentions diverses. Il y a une infinie variété de draps, dont l'ensemble forme l'industrie de la draperie. Les produits de cette industrie peuvent se diviser en deux grandes classes : la draperie pour hommes et la draperie pour femmes.

a) La draperie pour hommes comprend les draps qui servent aux vêtements de l'homme, depuis les draps les plus fins de Sedan et d'Elbeuf, jusqu'aux draps de Vienne (Isère), fabriqués avec des fils de renaissance mélangés de coton. On divise les draps pour homme en draps lisses oti unis, en draps de nouveautés et en draps communs.

Les draps lisses ou unis varient entre eux d'aspect, de toucher, de poids, d'armures, de matières;

TISSUS DE LAIXE

TISSUS DE LAINE

il sertiit ditlîcile d'en donner nne nomenclature complète, voici les dénominationsdes principaux genres: on y trouve des casiniirs, des salins, ûes zéphyrs, des cuirs, des taupelines, des édredons, etc. Ces draps servent pour habits et pantalons de soirées, pour pardessus, pour habillements de troupe, pour livrées, pour garnitures de billards et de voitures ; ils se fabriquent à Sedan, à Elbeuf et dans quelques grands établissements montés surtout en vue des fournitures militaires, à Chùteauroux, à Romorantin, etc.

Les draps de nouveautés sont parfois unis, c'est-àdire noir on de couleur unie, mais alors ils présentent des effets particuliers d'armure ou de traitement qui les distinguent des genres lisses et classiques. Ce sont, par exemple, des draps nattés, ou à grosses diagonales, on bouclés, tels que les draps dits « Montagnac ». Parfois ils sont tissés avec des fils de couleurs mélangées : ce sont des draps unis ou armures, beige, marengo ou bleu mélangé. Ces draps, qui s'appliquent le plus souvent à la confection des pardessus d'hiver, se fabriquent à Sedan et à Elbeuf. On en fait aussi de très bien réussis en .Angleterre. Les draps de nouveautés pour pantalons, si bien faits par la fabrique d'Elbeuf, rentrent aussi dans cette classe. EnGn il faut citer parmi les draps de nouveautés la grande famille des draperies peignées, qui comprend les draps cheviott. Ces étoffes ne sont pas, à proprement parler, des draps, car leur aspect et le grain de leur tissure ne sont pas modifiés d'une façon profonde par les opérations de finissage. Cesontponrla plupart des tissus ras; mais comme, par leur poids et leur usage, ils se rapprochent des draperies, ils se confondent avec elles dans la pratique. Les draperies peignées en noir et en gros bleu, en laine douce et en laine cheviott, ont été fort à la mode, depuis quelques années, pour la confection des jaquettes, des redingotes et des pardessus d'été. On a fait, pour pardessus et pour vêtements d'été, des tissus armures, diagonales, cork-screw, grain de poudre, etc., en laine peignée et cheviott, de nuances mélangées, beige, marengo et bleu. Viennent ensuite des étoffes de fantaisie, soiten laine douce, soit en laine cheviott, à effets de rayures ou de carreaux, en nuances plus ou moins fondues, qu'on désigne sous le nom général û'étoffes pour vêtements complets. — Tous ces tissus se fabriquent dans la région de Ronbaix-Tourcoing. Les fabriques de draperie de Roubaix et de Tourcoing ont pris depuis une vingtaine d'années un développement extraordinaire, grâce à ces draperies peignées et aux draperies cheviott. Ellesproduisent surtout les qualités moyennes en quantité considérable et à la periection. L'.\ngleterre et l'Ecosse excellent aussi à produire ces genres, mais surtout dans les belles qualités.

Les draps communs sont des imitations à bon marché des différents genres que nous venons d'énumérer. On les obtient par l'emploi de matières à bon marché, laines communes, laines d'efHlochage, dites renaissance, mélangées de coton on de laine tontisse.

L'art de la draperie commune a été poussé très loin, soit en France, soit en Angleterre, et l'on est arrivé à produire,à des prix étonnants de bon marché, des tissus lourds, apparents et suffisamment solides. En France, c'est particulièrement à Vienne (Isère) que la fabrication de la draperie commune a pris une

grande extension. Cette fabrique, d'une origine relativement récente, est très prospère et augmente encore d'importance. Elle excelle dans le mélange des matières à bon marché à la laine et ellea su faire un emploi ingénieux de l'impression sur chaîne et sur étoffe pour produire des effets d'armure sur des draps communs unis. Autrefois, c'était dans le Midi que se fabriquaient les draps communs: on en produit encore à Mazamet, à Lodève, à Castres, mais l'indnstrie de la draperie n'est pas en progrès dans le midi de la France.

b} La draperie pour femmes comprend deax grands genres : le drap amazone et les étoffes pour confections.

Le drap amazone est un véritable drap, que l'on produit à la perfection à Sedan, à Elbeuf et dans quelques tissages isolés. On le fabrique également fort bien dans les provinces rhénanes. Ce tissu est employé en grande quantité pour la confection du costume tailleur, si en vogue depuis quelque temps et si bien adapté à nos usages modernes.

Les étoffes pour confections comprennent tout le groupe des tissus de fantaisie pour manteaux de femme. Lorsque l'on porte presque universellement, comme aujourd'hui, le costume tailleur, ces étoffes sont d'un emploi restreint ; mais elles donnent parfois lieu à une production très importante, qui intéresse surtout la fabrique de Roubaix-Tourcoing. Ce sont des tissus fort différents, selon les formes de manteaux auxquelles ils doivent s'adapter. Parfois ce sont des étoffes assez légères en laine peignée, parfois des tissus à envers de laine cardée, tirée à poils, dénommés communément « tissus à envers de fourrure ». Bien que ces étoffes diverses, comme les draps peignés pour homme, ne soient pas à proprement parler des draps, on les classe habituellement dans la draperie pour femmes, et nous devions en parler

Production kt com.merce du Tissage de laixe. — Il est très difficile d'évaluer avec quelque précision l'importance de la production du tissage de laine. Cependant, on peut, à l'aide des statistiques lainières, fournirquelques données approximatives sur ce point. Voici d'abord un tableau comprenant les quantités de laine qui ont été fournies à la consommation manufacturière dans le monde entier pendant les dix dernières années 1890-1899 (en 1.000 kilog.) :

Grande- Continent Amérique

Bretagne d'Europe du Nord Totaux

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