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Tissu consommé en France

Soit 8.748.333 pièces de 12 kilog., ou 23 m. carrés par hab.

Si, comme point de comparaison, nous nous reportons à l'année 1881, nous arrivons au résultatsnivant :

Kilog.

Coton employé en 1881 109.097.031

Déchet de filature 10 7. 10.909.703

Production en fil 98.187.328

Fils importés 10.197.927

— exportés. 494.985

Excédent d'import 9.702.942 9.702. 9«

20 7. fil employé à autre nsage que tissu de

coton pur 21.578.

A reporter 86.312.

TISSUS DE COTON

TISSUS DE COTON

Kilog.

Report 86.312.216

Tissas importés lO.ioO.OOO

— exportés 8.520.000

Excédent d'import 1.93O.U00 1.930.000

Tissa consommé en France 88.242.216

Soit 7.3o3.518 pièces de 12 kilog., ou 20 m. carrés par hab.

De 1881 à 1897 la consommation n'a augmenté que faiblement. La différence est cependant grande entre les deux époques pour l'industrie cotonnière : d'une part, augmentation considérable delà matière première transformée, d'autre part diminution des 2/3 dans l'import. des (ils, et excédent d'import. de 2 millions de kilog. devenant un excédent d'export. de 16 millions de kilog.

L'import. des tissus de coton étrangers est, comme nousvenons de le voir, peu importante en France, eu égard à la consommation. Les tissus importés ne sont pas uniquement de provenance anglaise, comme on serait tenté de le croire. L'Angleterre nous fournit environ 300.000 kilog. de tissus ordinaires écrus et blancs, 13o.000 kilog. de percaline de couleur, spécialement préparée pour la reliure (préparation qu'on n'est pas arrivé à réussir entièrement en France), quelques milliers de kilog. de velours de coton et de tissus de fantaisie, et enfin environ 1.000.000 de kilog. de toile cirée à base de tissu de coton. Le reste est fourni par l'Allemagne, l'Alsace surtout, qui nous expédie encore de 600.000 à 800.000 kilog. de tissus imprimés, et quelques milliers de kilog. parla Suisse. Il est impossible, vu son étendue, de reproduireici le tarif desdroitsde douane qui régissent ces tissus étrangers à leur entrée en France; il nous suffira d'indiquer : que les tissus de coton sont d'abord divisés en 2o catégories, suivant leur poids aux 100 m. c. et leur nombre de fils aux o mm. carrés; que les droits appliqués à ces 25 premières catégories sont successivement augmentés suivant qu'il s'agit de tissus blanchis, teints, imprimés, fabriqués avec des fils teints, façonnés, etc.; les velours sont régis par une tarification spéciale. Le droitleplus faible au tarif minimum est de 62 fr. leslOOkilog. La valeur du tissu correspondant ayant pu être fixée en France, avant la hausse du coton survenue en 1899, à 200 fr. les 100 kilog., le droit équivaudrait à 31 % de la valeur.

L'export. est de beaucoup plus importante que l'import. ; mais il faut remarquer que le principal client du tissage français est constitué par les colonies françaises. Sur les 20 millions de kilog. exportés, 5 à 6 seulement ont pour destination les pays étrangers. L'Algérie est le principal débouché avec 8 à 9 millions de kilog. ; l'Indo-Chine vient ensuite avec 2 à 2 1/2. Le marché de Madagascar n'a commencé à prendre de l'importance qu'à partir de 1898. Jusqu'en 1889, en Algérie seulement, le tarif métropolitain était en vigueur pour les tissus étrangers; en 1889 a été promulgué le premier tarif différentiel appliqué à la Cochinchine ; puis la loi dédouanes de 1892 rendit applicables aux colonies françaises les nouveaux tarifs, sauf certains tempéraments qui, en ce qui concerne les tissus de coton, n'eurent d'effet que pour les coloniesdel'Ouest-Africain.C'està partir de ce moment que le marché de Saïgon, fort important pour les tissus de coton, devint un débouché pour le tissage français. On s'est demandé à ce sujet si •ces droits différentiels fort lourds étaient véritable-

ment nécessaires à l'industrie cotonnière française pour permettre l'écoulement de ses produits sur les marchés coloniaux. On a accusé le commerce français de manquer d'initiative et de hardiesse, et le commerce s'est défendu en accusant les industriels de routine, d'un manque de souplesse pour se plier aux exigences de la clientèle exotique. Il est exact qu'il faut à l'industriel français une poussée bien énergique de la nécessité pour l'engager à affronter les difficultés d'ordres divers qu'entraîne l'alimentatioD d'une pareille clientèle, difficultés provenant, il faut bien le dire à la décharge des patrons, en grande partie des habitudes des ouvriers. Mais cette nécessité une fois admise, les obstacles surmontables sont facilement franchis. L'obstacle provenant de la concurrence anglaise sur les marchés ouverts est-il surmontable dans l'état économique actuel de la France?

Là est la question importante que nous sommes obligés de résoudre par la négative. Les raisons tirées d'une production moins rapide dueà l'influence du climat sur la matière textile et au travail moins énergique de l'ouvrier, ne sont pas sans importance, mais ne suffisent pas à justifier l'écartconsidérable entre les prix de revient d'un tissu en France et celui du tissu semblable en Angleterre. Le régime protectionniste lui-même doit être rendu responsable de la plus grande partie de cet écart. En effet, le prix du tissu se trouve grevé: de l'intérêtet de l'amortissement du capital nécessaire pour acquitter les droits de douane, 1* sur les matériaux de construction, 2° sur les machines et mécaniques; des sommes payées annuellement pour solderles droits dédouane, 1» sur la matière première, le fil de coton, i' sur toutes les matières nécessaires à la marche d'une usine, houille, huiles de graissage, métaux et bois divers, produits chimiques ; enfin des surcharges d'impôt provenant des primes payées à diverses industries et de la surélévation des prix de transport dues à la protection de la marine marchande. Il est donc malheureusement hors de doute que l'industrie du tissage de coton en France ne saurait vivre sous le régime actuel qu'abritée derrière une barrière de droits de douane. De plus, l'écoulement des produits ne pouvant se faire que sur des marchés étroitement limités, l'industriel doit constamment veiller au danger provenant de la surproduction.

L'industrie du tissage du coton en France a-t-elle été et est-elle encore une industrie prospère? Nous voulons répondre brièvement à cette question.

Lors des débuts de l'industrie mécanique, les hommes énergiques et économes, la plupart sans aucuns capitaux, qui ont entrepris la transformation des métiers manuels, ont généralement été récompensés par l'acquisition de fortunes considérables. On pourrait citer, surtout dans la région de l'Est, tel pauvre maître d'école, tel marchand de fromages ambulant, tel roulier qui sont devenus de grands industriels. Les établissements fondés par ces pionniers subsistent encore pour la plupart. Renouvelés, augmentés et tenus au courant des progrès de la mécanique, ils font vivre dans l'aisance les héritiers de leurs fondateurs. La bonne organisation du marché de Mulhouse, le grand débouché offert par l'industrie mulhousienne par excellence, celle de l'impression sur étoffe, avaient singulièrement encouragé l'initiative des hommes intelligents habitant les vallées sur les deux versants des Vosges et disposant de chutes

TISSUS DE COTON

TISSUS DE COTON

d'eau. En Normandie, où l'industrie cotonnière est cependant plus ancienne, les exemples de grandes fondations industrielles ayant amené la formation de capitaux importants, capables de maintenir les usines au niveau du progrès, sont relativement moins nombreux. Des habitudes de vie plus large, une moins sévère économie, des établissements plus morcelés, n'appartenant souvent qu'en partie à l'exploitant, en sont peut-être la cause. Nous ne parlons pas pour le moment du tissage mécanique dans le département du Nord et dans ceux de la Loire et du Rhône : ils sont d'origine pins récente. Au moment où ont été conclus les traités de commerce de 1860, l'industrie cotonnière, sortant du régime de la prohibition, s'est considérée comme ruinée. Pendant les dix dernières années de l'Empire l'écho de ses doléances n'a pas cessé de frapper les oreilles. A cette époque, une crise grave a certainement sévi. Un changement de régime, même dans le sens du progrès, amène forcément une période de tâtonnements, d'efforts nouveaux qui tous n'aboutissent pas au succès; mais il faut se rappeler que cette période coïncide avec celle de la guerre civile aux États-Unis. Pendant plusieurs années les approvisionnements de matière première n'ont pu se faire qu'avec les plus grandes diflicultés, le prix du coton a été soumis aux fluctuations les plus déconcertantes. Il est donc tout naturel de penser que de là, presque uniquement, sont nées les graves difficultés en face desquelles se sont trouvés nos industriels. Et ces difficultés ont été surmontées par le plus grand nombre, preuve irrécusable de la vitalité de l'ensemble. Vers cette époque également, la transformation de l'industrie par les moteurs mécaniques s'achevait, la concurrence devenait plus âpre, l'industriel ne pouvait plus bénéficier, comme au début, d'une partie de l'écart énorme entre le prix de revient du travail manuel et celui du travail mécanique, et le tissage du coton est devenu ce qu'il est encore aujourd'hui, non plus un artisan de fortune rapide, mais un instrument capable de maintenir les positions acquises et, entre des mains habiles et prudentes, de rémunérer sans excès de nouveaux capitaux. Comme nous l'avons dit plus haut, l'étroitesse du marché national n'est pas sans provoquer des crises et s'oppose à un nouveau développement de cette industrie. Il nous reste à indiquer comment l'industrie du tissage de coton se trouve répartie en France à l'heure actuelle.

Cette répartition est par elle-même une cause de faiblesse, comme nous l'avons indiqué en parlant de la filature. (Voy. Filsde Coton.) Les trois centres de filature. Est, Nord et Normandie, sont en même temps centres de tissage. Un quatrième centre s'est formé dans le département de la Loire, autour de la ville de Roanne, se prolongeant dans la partie limitrophe du département du Rhône, àThizy et aux environs. Cette région est dépourvue de filatures et doit tirer sa matière première de la Normandie ou du Nord. Les tisserands à la main étaient dès longtemps nombreux dans ce pays, consacré à la confection des tissus bleus et blancs.

La transformation en tissages mécaniques s'est faite dans les trente dernières années, les métiers sont restés consacrés aux tissus en fils de couleur, mais avec beaucoup plus de variétés qu'autrefois.

Les tissages de la région de l'Est sont répartis entre les départements des Vosges,de la Haute-Saône, du territoire de Belfort et du Doubs; mais la terre

d'élection de l'industrie cotonnière est la vallée de la Moselle, d'Épinal à Remiremont et Bussang en remontant la rivière, et les vallées formées par les affluents de la Moselle. Là se tissent principalement les tissus écrus destinés à la transformation par le blanchiment, la teintureou l'impression. C'est là que nous tenons le développement le plus important du tissage dans ces dernières années. La région de l'Est comptait environ 26.000 métiers mécaniques en 1881, 30.000 en 1890, 43.000 en 1896 et 45.000 en 1898.

La Normandie se partage entre le tissage en fils de couleur de ce que l'on appelle la rouennerie, et le tissage de la toile de coton, des tissus lourds et de comptes peu serrés, dont une bonne partie se consomme écrue, telle qu'elle sort des métiers. Le nombre des métiers, tant manuels que mécaniques, a été dès longtemps considérable.

Les grandes usines forment plusieurs groupes distincts. L'un des plus anciens se trouve dans le département de l'Eure et la vallée del'Andelle. D'autres occupent les deux vallées de Darnetal et de Maromme, qui aboutissent à la Seine, à chacune des extrémités de la ville de Rouen. Les communes limitrophes de Rouen sur la rive gauche du fleuve contiennent un plus grand nombre de tissages importants. Enfin, près du Havre, les villes de Bolbec et de Lillebonne sont entourées d'établissements de premier ordre. Le Syndicatdu tissage normand, formé principalement dans le but de fournir à ses membres des renseignements statistiques, comprend, à la fin de 1900, 13.000 métiers.

Les tissages du Nord, moins nombreux, mais importants, se trouvent groupés autour de Lille et de Roubaix, et sont consacrés aux tissus épais et communs ; un groupe s'en trouve détaché à A miens, occupé principalement au tissage du velours.

Conclusion. — Tous les grands États de l'Europe, sans compterquelques-uns de l'Amérique et de l'Asie , paraissent tenir à honneur de posséder en face de la Grande-Bretagne une puissante industrie cotonnière. Les résultats de cette politique économique ont été les suivants, dans les dix dernières années du XIX' siècle : l'Encouragement donné à la culture du coton aux États-Unis, principaux fournisseurs du monde pour cette matière première.

2" Abaissement graduel des prix des tissus de coton, par suite de l'abondance de la matière première d'un côté, de la surabondance des produits fabriqués de l'autre.

A partir de la fin de 1899, revirement complet : les moyens de production des tissus se sont sans doute développés plus vite que la production delà matière première, car il a suffi d'une récolte un peu moins abondante aux États-Unis, en 1899, pour produire une disette à l'automne de 1900, d'une apparence de récolte moyenne en 1900 pour faire monter le prix du coton de plus de 30 %•

On peut donc se demander si, dans l'avenir immédiat, le tissu toujours abondant trouvera facilement un consommateur disposé à payer l'augmentation de son prix. Gust.\ve Roy.

Royaume-Uni. — Les export, des tissus de colon, pour les années 1898 et 1900, ont été (en milliers de liv. st.), par principaux pays de destination :

Destinations 1898

Inde 17W1

Chine et Hongliong 4.S2o

Turquie 4.596

Allemagne 3.615

TISSUS DE LAINE

TISSUS DE LAINE

Destinations 18»8 1900

Aastralasie S.OCi 2.75<;,5

Brésil 2.Ui l.l'Jfi.rj

Klals-lnls 2«9!> 1.708,6

Hollande 2.083 730,4

Belgique 1.870 1.212,2

Japon 1.797 1.596,5

Répnhliqae .\rgentine 1.608 1.561,9

Egypte l-SSO 1.805,6

Singaporo 1.4i3 1.209,4

Le Cap et Natal 998 628

Canada 826 662,9

France fô7 419,4

Les quantités de tissus de coton du Royaume-Uni exportées au Bengale et en Birmanie, de 1895 à 1899, ont été (quantités en yarJs de 0 m. 914 et valeurs du yard en pence) :

Années +895

Bengale

Quantités

Valeur 1,79 1.82 1,75 1,73 1,78

Birmanie Quantités Valeur 58.703.400 48.322.300 71.329.000 68.194.500 56.959.900

TISSUS OE ClllX. Les tissus de crin unis se diSérencieut par l'armnre et le nombre des lisses ou mailles, selon qu'ils doivent être employés à la confection des tamis, casquettes et autres articles analogues, ou à celle des fourrures, intérieurs de cols, etc. On se sert des crins bruts pour les premiers, des crins naturels blancs pour les seconds. I Voy. Crins.) Les tissus pour ameublement, genre façonné : garnitures de chaises, de fauteuils, etc., se tissent au Jacquart à l'aide de plusieurs brins de crin pur on mélangé avec la laine peignée ou la soie écrue. La chaîne des tissus de crin se fait en soie, coton, lin, chanvre ou laine: la trame seule est en crin.

Le métier à tisser le crin ne diBère du métier ordinaire que par quelques détails secondaires.

Commerce. — Le mouvement des imporl. et export. (C. S.) de tissus de crin a été, pour les années 1898, 1899 et 1900 :

Kilog. IFranes Kilog. Francs Kilog. Francs Import. 6.375 188.0631 3.014 88.9131 9.714 286.563 Export. 17.403 188.476|l3.245 143.446|l5.800 171.114 La Suisse nous fournit environ la moitié de nos tissus de crin, l'.Vllemagne 1/5, r.Vngleterre et l'Antriche-Hongrie 1/10 chacune. — Nous exportons principalement : en Espagne 2.849 kilog. en 1899, en Angleterre, en Belgique, en Autriche-Hongrie, en Italie, au Brésil, de 1.000 à 1.500 kilog. chacun, 526 en Indo-Chine, 265 en Algérie et 190 à la Guyane française.

Il faut noter que les Tableaux du Commerce comptent comme tissus de crin les tresses, passementeries et autres de même matière.

Douanes. — Les tissus de crin pur ou mélangé, le crin dominant en poids, constituent deux catégories, qui payent aux 100 kilog. nets : les tresses, 200 fr. T. G., 160 T..M.; les passementeries et autres, 400 fr. T. G., 300 T. .M.

TISSUS DE JUTE. V.Tissus DE Ch.\>vre, de Lin ET DE Jute.

TISSUS DE LAIXE.

Sommaire: Définition.— I. Tissus ras on de laine peignée: 1' toiles: mousseline, popeline; 2* croisés : sergés, satins; 3° façonnés : velours ; 4* gazes.— II. Tissus drapés ou de laine cardée : 1* flanelles ; 2° draps : draperie pour hommes, draperie pour femmes. — III. Production et commerce du tissage de laine.— Douanes.

Définition. — On comprend sous ce nom toutes les étoffes dans la composition desquelles la laine entre comme matière unique ou dominante. Les tissus de laine peuvent être classés en catégories différentes, selon qu'on les considère au point de vue des procédés de la fabrication, de la nature des fils qui les composent, de leur aspect après les opérations de finissage ou de leur emploi.

.\u point de vite des procédés de fabrication, on distingue :

Les feutres, sortes de nappes pins ou moins épaisses, obtenues par la compression et l'étirage de la laine, sans que celle-ci ait été préalablement Glée. Le feutre n'est pas un tissu, à proprement parler, puisqu'il n'a pas de tissure, mais c'est une étoffe dont l'apparence se rapproche de celle du drap et qui est destinée aux mêmes usages (voy. le mot Feutre).

La bonneterie, qui comprend tons les tissus tricotés. !.« caractère propre de ces tissus est l'enlacement des fils sous forme de mailles. (Voy. le mot Bonneterie.)

Les tissus proprement dits, dont la tissure consiste dans le croisement des fils de chaîne et de trame, suivant des combinaisons variables à l'infini et produisant les effets les plus différents.

Ce sont ces étoffes, produit du tissage, qui font seules l'objet de cet article.

Si l'on envisage la nature des fils qui les composent, on peut avoir en vue la façon dont la laine a été filée, et les tissus se divisent en tissus de laine peignée et tissus de laine cardée; ou bien on s'attache à la nature des fibres textiles qui entrent dans la composition des fils employés, et alors on a : les tissus de pure laine, composés entièrement de fils de laine; les tissus de laine mélangés, comprenant tous ceux dont la chaîne et la trame contiennent, en même temps que des fils de laine, des fils de soie, de schappe, de coton ou de lin. On adopte parfois une 3' catégorie, celle des tissus de poils, composés en tout ou partie de fils de poils de chèvre mohair, de chèvre cachemire, d'alpaga, de vigogne ou de chameau; mais ordinairement on comprend ces tissus dans les tissus de laine pure. (Voy. Alpaga, Cachemire, Chèvre, Poils.)

Lorsque l'on prend pour base de classification l'aspect des tissus, on a les tissus ras et les tissus drapés. La surface des premiers est rasée, d'un aspect tantôt brillant et tantôt mat, mais toujours lisse, le grain de la tissure y est apparent et bien conservé: les seconds, au contraire, ont été dénaturés d'une façon plus ou moins profonde par diverses opérations de finissage : foulonnage, garnissage, tirage à poil, etc., sous l'influence desquelles le grain de l'étoffe disparait plus ou moins complètement.

Enfin, si l'on considère non plus la nature, mais l'emploi des étoffes, on peut classer les tissus de laine en : i" tissus pour robes, 2« tissus pour doublure, 3° tissus pour confection, 4° tissus pour ameublement.

Nous adopterons ici la classification des tissus de laine en tissus ras et en tissus drapés : elle a le double mérite d'être claire et d'avoir été adoptée par l'administration des Douanes. Elle présente d'ailleurs un autre avantage: comme la plus grande partie des tissus ras sont des étoffes de laine peignée, et que les tissus drapés sont pour la plupart des étoffes de laine cardée, il en résulte que la classification des tissus de laine en tissus ras et tissus drapés correspond pratiquement à celle en tissus de laine peignée et en tissus de laine cardée.

En étudiant chacune de ces grandes classes, nous indiquerons quel est l'emploi des principaux tissus qu'elles contiennent.

I. Tissus ras ou de Laine peignée. — Ces tissus se rattachent tous aux genres suivants : les toiles, les croisés, les façonnés et les gazes.

TISSUS DE LATNE

— loOO —

TISSUS DE LAINE

1° Les toiles sont des tissus dans lesquels la moitié des fils de la chaîne se lève alternativement à chaque pas, de sorte que les fils de chaîne et de trame s'entrecroisent toujours un à un. Selon que le compte de chaîne est plus ou moins ouvert ou plus ou moins serré, suivant la nature et la finesse des fils employés et la combinaison des numéros des fils de chaîne et de trame, on obtient des toiles de laine d'aspect très différent, qu'on désigne par des noms particuliers et qu'on peut diviser en deux grandes classes : les mousselines et les popelines.

Parmi les mousselines on distingue d'abord la mousseline de laine proprement dite. C'est un tissu léger dont le compte de chaîne est assez ouvert et dont les fils de chaîne et de trame sont de laine mérinos fins et peu tordus; l'aspect en est uni et mat; le toucher, doux et laineux. La mousseline de laine s'emploie blanchie, teinte ou imprimée. En belle qualité elle sert à la confection de robes d'été «t de pelisses d'enfants. En qualité commune on l'emploie pour doublure et pour garnir des objets divers. La mousseline de laine donne lieu à un commerce d'expert, assez important, particulièrement avec le Japon : on y expédie la mousseline en écru lorsqu'elle doit être teinte, ou en blanc d'impression quand elle est destinée à être imprimée, la teinture et l'impression se faisant au Japon depuis plusieurs années déjà. Autrefois les mousselines de laine destinées au Japon étaient teintes et imprimées en Europe. Il est à craindre que les Japonais n'arrivent à tisser eux-mêmes les mousselines de laine qu'ils emploient, et des essais en ce sens ont été faits à plusieurs reprises : jusqu'ici il ne semble pas qu'ils aient bien réussi.

A côté des mousselines, on trouve les taffetas de laine. Ce sont des mousselines dont le compte et le duitage sont très serrés. Leur tissu très clos est d'un aspect lisse et d'un toucher soutenu, qui rappellent un peu celui du taffetas de soie. Puis viennent les toiles de laine, dont les fils de chaîne et de trame sont de même grosseur et qui comptent le même nombre de fils en chaîne et en trame. 11 en résulte que ces tissus présentent un grain carré, comme celui de la toile de lin. Les taffetas et les toiles de laine ont les mêmes emplois que les mousselines, mais sont d'une consommation beaucoup moins étendue.

Le voile se distingue des tissus précédents parles fils qui le constituent. Ce tissu est composé, en chaîne et en trame, de fils de laine mérinos, soit simples, soit retors, de numéros plus ou moins fins, mais toujours très tordus et le plus souvent gazés: ces fils sont connus sous le nom de fils grenadines. Ces étoffes, d'un toucher souple et lisse très spécial, s'emploient principalement pour voiles de religieuses; mais on fait des costumes charmants, soit pour la ville, soit pour soirées, avec des voiles de couleurs tendres posés en transparence sur des fonds de soie. Ils s'emploient de même en noir.

L'étamine est une grosse toile, d'aspect sec et rugueux, fabriquée avec des fils de laine croisée de gros numéros.

La bure, qui est une étamine lourde et épaisse, sert pour robes de religieux et de religieuses. Les étamines s'emploient aussi pour confectionner les drapeaux et les pavillons de la marine.

La popeline est une toile dont le compte de chaîne €st serré et le duitage clair; le fil de chaîne est d'un numéro fin relativement au numéro du fil de trame.

Il résulte de cette double combinaison que le fil de trame est presque entièrement couvert par la chaîne et que celle-ci, en entourant la trame, forme une série de côtes parallèles, dans le sens de la largeur. La popeline de laine est un article de fond, auquel la grande consommation reste attachée, malgré des intervalles de défaveur. La popeline de soie, dite d'Irlande, autrefois d'un usage très répandu et pour ainsi dire classique, est délaissée depuis longtemps. Les popelines d'Irlande dont la chaîne est en organsin se rattachent à la fabrication lyonnaise, bien qu'il s'en fabrique dans les ateliers à la main de la Picardie; mais c'est à Roubaix, dans les tissages de laine, que se produisait la plus grande partie des popelines en chaîne de schappe. Ces tissus trouvaient autrefois un débouché considérable dans les campagnes françaises et dans les pays d'Orient. Leur consommation est aujourd'hui presque nulle. (Voy. Popeline.)

Bien que le reps ou biarritz ne soit pas exactement une toile et qu'il doive être rangé parmi les tissus façonnés, nous en parlons ici parce que son armure se rapproche beaucoup de celle de la toile. Il se distingue de celle-ci en ce que les fils de chaîne, au lieu de se lever 1 et 1, se lèvent 2 et 2 ou 3 et 3. Ce tissu donne un effet contraire à celui de la popeline: les 2 ou 3 fils de la chaîne qui travaillent ensemble sont recouverts par une trame mérinos très fine, à duites serrées, et l'effet de côte est produit en long, au lieu de l'être en travers comme dans la popeline. Dans celle-ci c'est la chaîne qui joue, tandis que c'est la trame dans le biarritz. Le biarritz, comme la popeline, s'emploie pour robes et confections ; il a plus de douceur et de soyeux, mais moins de soutien et de solidité que la popeline.

Tels sont les principaux tissus qui rentrent dans la classe des toiles de laine. Ces étoffes, si diverses d'aspect et d'emploi, sont toutes d'une exécution difficile. L'armure toile fatigue beaucoup la chaîne et exige des fils d'une grande solidité. Pour être bien faits, ces tissus demandent un grand soin dans la préparation des chaînes et dans le choix des filés, qui doivent être très réguliers, si l'on veut éviter des défauts très apparents. La moindre irrégularité dans la filature produit, en chaîne le défaut connu sous le nom de flamniage, en trame celui connu sous le nom de barres. Enfin, le moindre bouton en chaîne ou en trame forme une grosseur très visible, qui enlève à l'étoffe l'aspect uni qui en fait le prix. C'est ainsi que les tissus d'armure toile, qui sont les plus simples comme combinaison d'armure, sont en réalité les plus difficiles à bien tisser. Aussi les étoffes dont nous parlons ici : mousselines, voiles, taffetas, popelines, etc., ont-efies été les dernières introduites dans le tissage mécanique. Encore aujourd'hui, bien que quelques tissages mécaniques soient arrivés à bien faire la mousseline et la popeline, ces articles sont restés l'apanage du tissage à bras. C'est dans les centres ruraux de l'Aisne, du Nord et de la Somme que l'on fabrique le mieux les tissus delainj du genre toile, et c'est grâce aux ouvriers à la mai| embauchés par les tisseurs mécaniques de la Picardi et du Nord, qu'on a réussi à introduire pratiquemen la production de la mousseline et de la popeline dan les tissages mécaniques de ces pays. A Reims, on a moins bien réussi.

2° Les croisés.— Les tissus croisés se divisent eij deux grandes classes: les sergés et les satins. Le

TISSUS DE LAINE

TISSUS DE LAINE

sergés sont des tissus dont l'armure est caractérisée par le croisement des fils de chaîne avec les fils de trame dans les proportions suivantes : 1 par 2, par 3, par 4 ; ou 2 par 2, par 3, par 4 ; ou 3 par 3, par 4, par 0, etc. Les sergés les plus usités sont ceux de 2 le 2, c'est l'armure du mérinos et du casimir; de 2 le 3, c'est celle du cachemire d'Ecosse et de la prunelle ; de 3 le 2, de 4 le 4, ce sont celles des grosses serges dites diagonales.

Nous venons de nommer les sergés les plus employés, ce sont: le mérinos, la serge simple on Casimir, le cachemire d'Ecosse, la prunelle et les diagonales. Le mérinos est un sergé 2 le 2, à compte ouvert et à dnitage serré, composé d'une chaîne et d'une trame de laine mérinos de numéros fins, la chaîne étant plus grosse que la trame. La serge ou Casimir a la même armure que le mérinos, maiselle en diffère par la combinaison du compte de chaîne et du duitage et par la nature et le numéro des fils. Le compte de la serge est plus serré que celui du mérinos, et le duitage en est moins fort. Les fils de chaîne et de trame sont de numéros plus gros dans la serge que dans le mérinos. Si l'on emploie dans une serge courante une chaîne n°30 etune trame3o, on emploiera dans un mérinos de même valeur une chaîne 40 et une trame 45 ou 50. De la différence du compte, du duitage, du numéro et de la nature des fils il résulte entre les deux tissus des diversités d'aspect très caractéristiques. Le mérinos a un aspect souple, laineux et brillant, qui tient à ce que la chaîne est ouverte et que la trame domine ; la serge est une étoffe plus serrée, plus dense, d'un toucher plus sec, d'un aspect moins élégant, d'une tissure plus solide et mieux liée que le mérinos. La serge, étant beaucoup moins duitée que le mérinos, est d'une production moins coûteuse, puisque la main-d'œuvre est proportionnelle au duitage, et c'est une des raisons qui ont fait donner la préférence à la serge sur le mérinos, lorsque les tissus de laine sont entrés très largement dans la consommation populaire. C'est aussi le motif pour lequel les tissages mécaniques du nord de la France et, d'une façon plus générale, ceux des pays où la main-d'œuvre est chère, se sont adonnés de préférence à la production de la serge, laissant aux tissages des régions oïi la main-d'œuvre esta bon marché la production des tissus plus duités, comme le mérinos et le cachemire d'Ecosse. Il faut se mettre à ce point de vue pour comprendre comment les tissages anglais, ceux de Bradford entre autres, et les tissages deRoubaix n'ont jamais pu, malgré des efforts intelligents et répétés, produire dans de bonnes conditions les étoffes à grands duitages comme le mérinos, le cachemire d'Ecosse et les draps d'été, tandis que ces articles sont restés l'apanage des tissages de la Picardie, de Reims et de l'Allemagne : c'est que la main-d'œuvre est chère en Angleterre et dans le nord de la France, et qu'elle est relativement à bon marché en Picardie, dans l'est de la France et en Allemagne.

Ce que nous venons de dire du mérinos et de la serge est vrai du cachemire et de la prunelle : ces deux tissus ont le même liage de 2 le 3, mais dans le cachemire le compte est ouvert et la chaîne fine, la trame est également fine et fortement duitée, tandis que dans la prunelle le compte est serré, le fil de chaîne plus gros, la trame également plus grosse et le duitage réduit. De là des différences d'aspect analogues à celles que présentent le mérinos et la

serge, et une localisation semblable de la fabrication de ces étoffes. Le mérinos et le cachemire se fabriquent surtout dans la région de Reims, la serge et la prunelle principalement dans la région de Ronbaix . Les tissages de la Picardie et du Cambrésis tissent à la fois tontes les étoffes, mais ils ont une tendance à se cantonner dans la fabrication des tissns à fort duitage lorsque la mode y est favorable.

Les diagonales sont des serges formées par des armures 5 le 3 ou 4 le 4 et composées de fils de nnméros assez gros pour que le grain en soit bien marqué. Ces tissus s'emploient pour costumes d'hiver oa pour confections. Ils sont d'aspect assez varié, selonla contexture et la nature des fils. Les tissages mécaniques du Nord fabriquent très bien les genres diagonales.

Les satins sont des tissus croisés dans lesquels les fils de chaîne jouent par 3, o, 7 fils, etc., de façon à laisser flotter à l'endroit du tissu soit la chaîne, soit la trame pendant 3, 5 ou 7 pas. Le satin est suivi si les fils de chaîne se lèvent suivant leur ordre naturel ; il est mêlé si les fils de chaîne se lèvent en chevauchant les uns sur les autres.

La combinaison des satins est indéfinie. Les types les plus connus de satins de laine sont: le satin de Chine, qui est un satin mêlé 4 le 5 par effet de trame et qui sert principalement pour doublure: il est généralement fabriqué en chaîne de coton et en trame de laine; il se fabrique cependant aussi en pure laine et s'emploie pour la confection des costumes arabes pour hommes. Le satin de7pareffetde chaîne a été très employé autrefois pour la consommation rurale ; c'était un tissu composé d'une chaîne en laine mérinos de France ou en belle laine anglaise et d'une trame sèche, parfois très commune, qui servait à donner du soutien à l'étoffe. Ce satin alimentait autrefois les tissages de Ronbaix : on n'en fabrique plus aujourd'hui. Un satin qui a été très employé jadis et qui ne l'est plus guère aujourd'hui, c'est le satin pour chaussures ou saïiH français. Ce tissu était unsatin de 7 par effet de chaîne; il était composé d'nn fil de chaîne en laine mérinos retors, à 2 ou 3 bouts, et d'une trame généralement en coton pour les qualités courantes, mais en schappe pour les belles qualités. Ce tissu, fabriqué presque exclusivement à Amiens, n'a plus aujourd'hui qu'an emploi très restreint.

En dehors de ces sortes de satin, pour ainsi dire classiques, il y a une infinie variété de tissus dérivés de l'armure du satin, mais qui sont de véritables façonnés: tels sont le sa (m merveilleux, le satin soleil, etc.

Tous les tissus croisés, sergés on satins, sontd'une exécution beaucoup plus facile que les toiles. Aussi forment-ils le fond de l'alimentation des tissages mécaniques : ce sont les tissus classiques par exellence.

3° Les façonnés. — Ce sont les tissus dont l'armure sort des types classiques de la toile, de la serge et du satin. Les plus simples se nomment armtirés et se produisent à l'aide de lames ou d'une mécanique d'armure qui fait mouvoir un nombre plus ou moins grand de lames; les autres, les façonnés proprement dits, se font à l'aide de la mécanique Jacqnart. La diversité de ces tissus façonnés est infinie. Un grand nombre se font au tissage mécanique, quelques-uns se fabriquent à la main. On fait des tissns façonnés pour robes et pour confections. Autre-

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fois, il n'y avait guère de métiers mécaniques à la Jacquart qu'à Roubaix, mais depuis une quinzaine d'années on en trouve dans toutes les régions manufacturières ; presque tous les grands tissages français possèdent un certain nombre de métiers pourvus de mécaniques à la Jacquart, et la presque totalité des métiers français sont garnis de mécaniques d'armure.

Parmi les façonnés il faut mentionner spécialement les velours, tissus caractérisés par l'emploi de deux chaînes, une chaîne de fond, servant de liage, et une chaîne de surface dite de poil, qui vient s'enrouler sur une baguette en formant une boucle généralement coupée après liage; parfois la boucle reste entière : le tissu s'appelle alors velours bouclé ou frisé. Le velours de laine est un tissu d'ameublement, et il était autrefois fabriqué exclusivement à Amiens. Ce tissu, composé le plus souvent, non pas de laine, mais de poil de chèvre mohair, s'appelle encore velours d'Utrecht, parce qu'il imite, quand il est façonné ou frappé, les anciens velours dits d'Utrecht. Aujourd'hui, ce sont les tissages de Roubaix et de Tourcoing qui produisent le plus de velours; mais quelle que soit la région qui a produit le velours de laine, c'est à Amiens qu'il faut envoj'er ce tissu pour être traité. En effet, par un phénomène digne d'être remarqué, Amiens a vu survivre ses ateliers de finissage aux industries qui les avaient fait naître, et ses apprêteurs de velours sont encore les plus appréciés, alors que la fabrication des velours s'est localisée dans le département du Nord. Il se fabrique cependant encore des velours d'Utrecht à Amiens et dans les environs, mais cette fabrique a bien décliné depuis une trentaine d'années, l'Allemagne et les États- Unis, ses deux principaux clients, étant devenus producteurs de ces tissus.

Il serait peu intéressant d'énumérer ici toutes les étoffes façonnées que la fantaisie et le goûtde la nouveauté ont fait exécuter auxfabricants français, toujours prêts à imaginer des combinaisons ingénieuses et à produire deseffets nouveaux. Ce sont les fabricants de la Picardie qui excellent à produire ces articles de nouveauté d'une variété pour ainsi dire infinie. Le fabricant picard, sous l'influence du vendeur et du dessinateur parisiens, joue dans le tissage de la laine le même rôle que le fabricant Ij'onnais dans le tissage de la soie. Il excelle surtout à produire les .tissus légers, dont il nous reste à parler et qui se rattachent au type de la gaze.

4° Les gazes. — Ces étoffes sont caractérisées par l'enroulement alternatif de deux fils de chaîne nommés fil fixe et fil de tour, qui chevauchent l'un sur l'autre par l'effet d'un mouvement spécial, appelé tour anglais. Il en résulte que chaque duite est emprisonnée sur toute la largeur de la chaîne dans une série de petites boucles, formées par les deux fils de chaîne travaillant ensemble à chaque pas. Les gazes sont des tissus clairs, légers et transparents, qui servent à confectionner des robes ou à garnir les différentes parties de la toilette. Les gazes de laine sont généralement des tissus de laine, mélangés d'autres matières. La chaîne est ou en soie grège, ou en organsin, ou en coton, et la trame est en fil de laine retors à plusieurs bouts, très tordu, gazé et ayant subi un apprêt spécial appelé le grenadinage. Ces gazes de laine portent généralement le nom de grenadines. Elles se fabriquent exclusivement en Picardie, principalement dans la région

de Bobain et de Maretz. Les grenadines sont unies ou façonnées; elles se portent sur des transparents de soie et sont employées surtout eu noir.

Telles sont les principales étoffes rases de laine peignée : on voit que ce sont en général des étoffes pesant au plus 200 grammes le mètre carré, servant à la confection des costumes de femme ou à ladoublure des vêtements d'homme et de femme. Toutefois, on fabrique également des tissus de laine peignée ras, qui servent à la confection des vêtements d'homme; mais ces étoffes rentrent par leur caractère et leur usage dans la catégorie des draps : elles sont dénommées assez justement draperies peignées, et nous allons en parler en même temps que des tissus drapés.

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