TRUFFES
un tableau livré par l'opticien, peuvent former soit des anastigmaU, desaplanats, des objectifs panoramiques, etc., avantage précieux pour le choix de la combinaison la mieux appropriée à chaque sujet, au recul dont on dispose et à l'effet artistique, qui varie nécessairement selon la perspective.
(Pour les prix, voy. Objectifs.)
J. Fleurv-Hermagis.
TROY (Livre). V. Livre, Mesures et Poids : Angleterre.
TROYES. Chef-lieu du dép. de l'Aube, sur la Seine, àllOm. d'alt.,par48''18'3''lat. N. et l''44'41'' long. E. de Paris. Pop. : 46.067 hab. en 1881, o2.998 en 1896. Tribunal et Chambre de commerce. École de bonneterie. (Voy. Bonneterie.)
Les fabriques de bonneterie de coton et de laine sont considérables; elles fournissent non seulement la France, mais l'étranger, principalement l'Amérique du Sud : de tricots, ganterie, coutils, machines et aiguilles à bonneterie. Cartonnages, papiers; ateliers de constructions mécaniques; fonderies, distilleries. Biscuits et charcuterie renommés.
Succursale de la Ranque de France : 71.081.000 fr. d'affaires en 1899 (la 31*), 72.253.000 en 1900 (la 33'), dont 45.914.000 en effets escomptés. Succursale du Crédit Foncier.
Station du chemin de fer de l'Est sur la grande ligne de Paris à Belfort et sur Sens, Saint-Florentin, Châlonssur-Marne, Saint-Dizier, Cliâtillon-sur-Seine. Mouvement de la gare :
Voyageurs Marchandises (Tonnage)
Au départ A l'armée Expédit. Récept. Expédit. Récept. 1886. 358.237 360.435 1.800 1.865 52.931 205.276 1896. 563.160 364.358 2.832 4.760 60.820 227.832
1899. 569.717 571.989 3.430 5.021 58.662 227.939 Prix du transport, par 1.000 kilog., de Paris à Belfort
(165liil.) : G.V. 33 fr. 60, P.V. 27 fr. 23.
TRUFFES. Champignons gastéromycètes liypogés, dont le réceptacle fructifère ou peridium, plus ou moins globuleux, de couleur brune ou noire, présente à l'intérieur des marbrures, circonscrivant des compartiments dans lesquels se développent les thèques ou asques, qui contiennent les spores. Pour la création des truffières artificielles, on peut obtenir des spores en broyant avec un peu d'eau les truffes desséchées; la p;\te ainsi formée est mise au pinceau, de jviillet à janvier, sur les feuilles vertes de chêne ou de noisetier, que l'on dépose sur un sol légèrement calcaire. Au bout d'une huitaine, le mycélium se produit et s'infiltre en terre.
La truffe (Tuher cibarium) se rencontre spontanément, de l'automne au mois de mars, dans le midi de la France, en Italie, en Algérie et en Tunisie. Elle représente non seulement un condiment extrêmement prisé des gourmets pour son odeur aromatique, mais aussi un aliment relativement riche en matières azotées, ainsi qu'en sucre et en mannite. (Voy. Ch.vmpigno.vs.) Toutefois, son prix extrêmement élevé en fait un objet de consommation de luxe.
Des animaux spécialement dressés à cet effet (porcs, chiens) vont rechercher la truffe dans les truffières naturelles, auxquelles la production a été longtemps limitée. Mais depuis quelques années, utilisant une méthode découverte empiriquement par J. Talion, cultivateur de la région du Venteux, on se livre très fructueusement à la culture artificielle de la truffe, c'est-à-dire qu'on en provoque la production en plantant certains arbres (chênes, noisetiers) ou en semant des glands provenant de chênes dits truffiers. La
croissance des chênes truffiers est lente et tous ne donnent pas ; les truffes ne se produisent notablement qu'au bout de 7 à 8 ans, et sont en pleine récolte à partir de 10 ans.
On a conseillé, pour attendre la période de rendement des arbres nouvellement plantés en bonnes terres de plaine, des cultures intercalaires d'orge, de seigle, de blé, de luzerne, de sainfoin, surtout de vigne. Les arbres, grâce aux soins dont ils sont entourés, donnent des produits supérieurs en qualité et en quantité. On a vu certains pieds fournir 2 à 3 kilog. de truffes dans le cours d'une saison, c'est-à-dire, selon les cours moyens, un revenu de 20 à 40 fr. Ces produits représentent l'espèce améliorée : au lieu des truffes petites, bosselées des terrains de montagne, on récolte des truffes rondes, beaucoup plus volumineuses. Les bénéfices sont réguliers, l'augmentation ou la diminution des prix contrebalançant l'insuffisance ou l'abondance de la production.
La plantation des chênes truffiers est d'ailleurs une des formes les plus fécondes du reboisement, puisque, au lieu d'essences peu productives, on emploie des espèces très solides dont le rendement indirect est considérable.
Le principal centre, en France, de la culture artificielle de la truffe est le département de Vaucluse, et Apt est le marché le plus important, qui se tient de novembre à mars, tous les samedis; l'apport moyen est de 4.000 à 5.000 kilog., valant de 8 à 15 fr. le kilog. tout venant. La truffe est en effet vendue en races, c'est-à-dire telle qu'elle a été récoltée, grosse ou petite; mais les truffes gelées n'ont qu'une valeur très inférieure. La vente est surtout faite aux gros marchands périgourdins ou parisiens, qui font la toilette des truffes, les trient, les brossent, etc. Le prix en est alors naturellement aagmenté, et le consommateur paye généralement plus du double du prix du kilog. tout venant à Apt.
Certains petits villages de Vaucluse, comme Bédouin et Villes-sur-Auzon, perçoivent un fermage annuel de 30.000 à 40.000 fr. pour la fouille des truffes dans leurs bois communaux, qui d'ailleurs n'exigent aucun soin ni culture, et dont les arbres sont soumis à la coupe vingtenaire imposée par les Eaux et Forêts.
Les truffes ne se conservent guère plus de huit jours ; celles qui ne sont pas vendues doivent être immédiatement mises en conserve; malheureusement les procédés de conserve sont encore défectueux : ils font perdre en partie aux truffes leurs propriétés odorantes et sapides ; de plus, en raison de la valeur du produit, ces conserves sont très fréquemment adultérées. (Voy. Conserves aument.mres. Falsifications ET altérations DES ALI.MENTS.)
D'après Chatin, la production totale de la France s'élève en moyenne à o millions de kilog. de truffes dont le prix moyen tout venant, chez le producteur! est de 10 fr. le kilog. Voici, d'après le même auteur la liste des départements qui produisent le plus d^ truffes noires, dites du Périgord :
Départements Kilog. Départements Kilog.!^
Vaucluse 470.000 Ardèche 30.000
Basses-Alpes 380.000
Lot 360.000
Drôme 180.000
Dordogne 160.000
Cliarenle 33.000
Aveyron 46.000
Lot-et-Garonne... 36.000 .Vienne 32.000
Bouches-du-Rliône 30.000
Vav 30.000
Corrèze 20.000
Cliarente-lnf 18.000
Hérault 18.000
Tarn 18.000
Nièvre 12.300
Tarn-et-Garonne. . 11.000
TRUSTS
TRUSTS
Les antres départements producteurs n'ont qn'nne récolte inférieure à 10.000 kilog.
D' J. L.VUMONIER.
Commerce extérieur de la France.— Xons n'importons qne â7.800 kilo^. de traffes, qui presque tooles viennent d'Italie (2j.G00 kiiog.). le reste d'Espagne : le tont an prix de 10 fr. le kilog.
Notre commerce d'export. est beaucoup plus considérable: il a été de lil.287 kilog. en 1898, de 173.130 en 1899, de 195.300 en 1900, ce qui indique un accroissement régulier; au prix moyen de llfr. 13, 12 et 13 fr. le kilog., c'est respectivement une valeur de 1.891.404 fr., 1.687.452 et 2.285.010.
Le prix du kilog. a d'ailleurs considérablement baissé depuis environ 25 ans, ainsi qu'il résulte des chiQres suivants, empruntés anx Tableaax officiels du commerce de la France, qui donnent la moyenne annuelle pour trois périodes décennales :
Périodes Kilog. Francs
Nous exportons surtout en : .\Dgleterre (environ 60.000 kilog. en 1889, 80.000 en 1900). en .\llemagne (23.700 et 46.000), en Belgique (14.000 et 28.000), anx États-Unis 9.000, en Suisse 3.000, etc.
Douanes. — Le droit d'entrés des tru&es en France est de 300 fr. par 100 kilog. T. G., 200 T. M. — Ce droit est perçu aussi bien sur les truffes fraîches ou sèches que sur les truffes conservées dans des bouteilles ou dans des boites en fer-blanc par le procédé .\ppert, ainsi que sur les pellicules de truffes sèches qne l'on utilise dans les sauces. — Les trnffes fausses sont traitées comme les véritables.
TRUITES. V. Conserves alimext.\ires, Salmonidés.
TRUSTS. Nom sous lequel on désigne aux Etats- Unis les syndicats on groupements formés en vue de dominer le marché d'un produit (matière première, produit fabriqué), et cela d'une manière permanente, ce qui les distingue des rings ou tentatives temporaires d'accaparement. (Voy. ACGAPARE- ME.NT.) Le terme de trust a été employé parce que, dans la forme primitive, les diverses entreprises, appartenant à des Sociétés par actions, conservaient en apparence leur existence séparée ; mais les actions de toutes celles qui entraient dans la combinaison étaient remises à quelques fidéicommissairesou ?r«stees, qai administraient les affaires communes à leur gré et remettaient aux anciens actionnaires, déchus de leur droit de vote, des certificats. C'est la forme qu'ont adoptée deux des trusts les plus connus : celui du pétrole et celui du sucre rafBné. L'antagonisme que ces grands syndicats permanents ont provoqué, et notamment un arrêt de la Cour de New- York déclarant que l'abandon par les actionnaires de tout contrôle sur la gestion commune était antistatutaire, ont eu pour conséquence d'amener une modification dans les procédés, soit la fusion complète de toutes les Compagnies formant le trust en une seule Compagnie, ou an contraire le morcellement du trust en un certain nombre de Sociétés dans lesquelles les directeurs dn trust s'assurent la majorité des actions d'une façon permanente.
Le trust, qui représente un grand effort de concentration des capitaux, avec les avantages inhérents à des entreprises puissamment outillées au point de vue financier et technique, avec les économies résultant d'une direction unique, d'une diminution des frais généraux (ne serait-ce qu'au point de vue de la réclame et des commis-vo)-ageurs), le trust a été favorisé par la politique protectionniste
cnrrence étrangère l'accès du marché intérieur et a livré celui-ci anx ententes entre producteurs, tont disposés à s'entendre pour réglementer la production et relever les prix après des périodes de concurrence à outrance. A ctMé de l'action dn droit de douane (« le tarif douanier est le père du trust », a déclaré M. Havemeyer, le président dn Sugar trust, devant une commission parlementaire) , d'autres facteurs j ont pu intervenir, comme l'entente entre les Compagnies de clieminsde foret les propriétaires de sources de pétrole ou de raffineries: ceux-ci, ayant obtenu I des conditions spéciales de transport, ont pn écraser I leurs concurrents.
I Le trust du pétrole (Standard Oil Company) date I de 1882; les trusts du sucre et du whiskey , de 1887: le I nombre en a grandi prodigieusement depuis lors, I surtout dans les deux on trois dernières années du XlX'siècle, et cela parceque, legoùt du public s'étant porté de ce côté, les financiers ont eu une véritable mine à exploiter dans la création de trusts et dans l'émission des actions'. Les procédés de la finance américaine sont connus : ils comportent la création d'actions privilégiées et d'obligations qui servent à acheter les entreprises, à les doter de fonds de roulement, et la création d'actions ordinaires qui sont la rémunération des fondateurs, des grands intéressés et qui servent à alimenter le jeu de bourse. En 1899 il a été créé un grand nombre de trusts, pour ensemble 20 milliards de fr., dont 9 milliards en actions émises par 81 Sociétés. Dans ce nombre, il entre : 37 trusts de l'industrie des métaux avec 5.(fô0 millions, 7 de l'industrie chimique avec 535 millions, 2 dn papier avec 2fô millions, 17 de l'industrie de produits alimentaires avec 1.'790 millions. An commencement de 1900 a été constituée, dans l'Etat de New-Jersey, l'United-States Steel Corporation, établie sur le plan de la maison de banque J.-B. Morgan et C" pour fusionner les principales entreprises d'acier de l'Ouest- Central, embrassant Carnegie, Fédéral Steel, American Steel and Wire, National Tube, National Steel, American Tin Plate, American Steel floop, American Sheet Steel et l'American Bridge Company; on croit qu'elle absorbera aussi la Lake Superior Consolidated Iron Mines Company (entreprise de mines de fer et de transport appartenant à M. Rockefeller, de la Standard Oil Company). L'United-States Steel Corporation est autorisée à créer 450 millions de dollars d'actions privilégiées, 450 millions d'actions ordinaires, 300 millions d'obligations 3 •',; ces dernières serviront à acquérir les entreprises de la Carnegie Company. Les sept autres entreprises, sauf celles de M. Rockefeller, recevront pour 217 millions de dollars d'actions privilégiées anciennes, 262 millions d'actions nouvelles, pour 240 millions de dollars d'actions ordinaires anciennes, 269 millions de nouvelles. Le service des obligations exige 15 millions, celui des actions privilégiées 28 millions.
On a fait valoir que les trusts, dans une certaine mesure, ont diminué les prix, mais ils sont tentés de les relever quand ils peuvent. Il arrive souvent que les syndicats vendent plus cher à l'intérieur que sur les marchés neutres. Une observation a été faite : des Etats-Unis, qui a rendu plus difficile à la con-
1. D'«prés une statistique du tournai o/Com#»ie»-ctf, on comptait, au débat de 1899, 355 trusts on combinatioHS avec un capital nominal de 5.833 millions de dollars. An mois de mai 1S99, on annonçait la formation de 13 trostx arec on capital nominal de 1.312 millions de dollars.
TRUSTS
TRUSTS
c'est que les trusts ne semblent pas toujours suffi-, samment pourvus de capitaux de roulement.
Si l'on examine l'histoire des trusts créés de 1888 à 1895, on en trouve 32 avec 700 millions de dollars comme capital. Un petit nombre seulement ont pu se maintenir en grande prospérité; plusieurs ont dû être réorganisés après avoir subi des pertes ou distribué des bénéfices insignifiants. Ainsi l'actionnaire primitif de « la Cordage Company » a en main un titre de 115 dollars au lieu d'une action de 1.000 d. Sur les 32 trusts en question, 6 seulement ont payé régulièrement des dividendes sur le capital entier. La concurrencecontinue àgêner 1' « American Sugar Refining Company », au capital de 73 millions de dollars, qui a vu descendre le dividende de 12à 7%; de même la « Diamond Match Company », dont le dividende a fléchi de 20 à 10 %. Plusieurs trusts ont revendu des usines aux anciens propriétaires. La concurrence finit donc, dans beaucoup de cas, par renaître.
La constitution de groupements industriels aussi puissants ne s'est pas faite sans provoquer de vives oppositions. La lutte contre les trusts a figuré largement dans le programme des campagnes présidentielles, notamment du côté de M. Bryan et des démocrates; l'attaque est moins violente de la part des républicains et de M. Mac Kinley, qui ont recherché l'appui des grands industriels, en échange de la protection douanière. On aessayéd'enrayer le mouvement des trusts à l'aide de mesures législatives : 27 États sur 51 États et territoires ont des lois interdisant les trusts, 15 États ont déclaré dans leurs Constitutions les trusts dangereux; en 1890 une loi fédérale a été faite contre les trusts. Le succès n'a pas couronné ces tentatives répressives ou préventives; tout au plus a-t-on obligé les trusts à modifier extérieurement leur forme. La plupart ont leur siège dans l'État de New-Jersey, dont la législation sur les Sociétés est des plus libérales.
La commission d'enquête sur les trusts et les coalitions industrielles, aux États-Unis, dans un premier rapport, recommande que les fondateurs et organisateurs de corporations (Compagnies) et Syndicats industriels qui comptent faire appel au public pour acheter ou vendre leurs actions, fournissent d'amples détails concernant leurs affaires, afin de permettre un examen intelligent du placement ; tout prospectus qui ne donnerait pas des indications ou qui en donnerait de fausses exposerait à des revendications en responsabilité. La nature de l'entreprise, les pouvoirs des différents fonctionnaires doivent être indiqués dans le certificat d'incorporation, qui doit toujours pouvoirêtre consulté; les administrateurs ou trustées doivent aussi renseigner les membres sur la condition financière de l'affaire, leur permettre de consulter les procès-verbaux des séances du conseil, la liste des membres avec leurs adresses et l'indication de leurs actions, en général, leur donner les moyens d'empêcher l'abus ou le mauvais usage de la propriété par les administrateurs ou trustées. Enfin les corporations seront tenues de publier annuellement un rapport qui sera soumis à l'inspection du gouvernement. Une partie des suggestions de la commission regardent l'Interstate Commerce Commission et les pouvoirs qu'elle exerce sur les Compagnies de transport. On voudrait qu'elle eût la faculté de prescrire les méthodes de comptabilité des Compagnies de chemins de fer, de réclamer des comptes
détaillés, de les vérifier, de prescrire la classification des marchandises. On a fait observer que le rapport de la commission d'enquête répond au sentiment de l'opinion publique, qui réclame, avant tout, la publicité pour les agissements des trusts ^
A. Raffalovich.
Lk GitAND TiiusT AMÉRICAIN DE l'acieh. — Les hauls fourneaux des Etats-Unis traitaient, en 188a, 4 millions de tonnes de fonte et 9 millions en 1890 ; voici les totaux des quatre dernières années :
ISS"? 9.652.680 tonnes de 2.000 kilog.
Dans ce dernier chiffre, la fonte Ressemer, la plus reclierchée, figure pour 7.943.000 T., la fonte basique pour 1.072.000, la fonte au bois pour 340.000, la fonte manganèse pour 236.000. Cette fabrication de la fonte aux États- Unis représente aujourd'hui le tiers de la production du monde, l'.Vngleterre seule conservant encore la primauté, mais de bien peu, sur son ancienne colonie. Cette juimauté, r.\nglelerre l'a perdue pour l'acier: elle n'iiiHve qu'à 4 1/2 millions de T., alors que les États-Unis en l..Tent, à présent, le double, soit 37'/. de la production du monde, qui est de 24 millions de T.
I.'export. américaine, qui était de 145 millions de fr. en 1895, atteint 200 millions en 1896, 350 en 1898, 450 en 1899 et 600 en 1900.
Les profits des grandes usines métallurgiques allaient jusqu'à 20 %, mais ils ne pouvaient subsister qu'en dehors de la concurrence : de là des ententes, puis des fusions, des « consolidations », comme on dit aux États-Unis. De 1898 à 1900 furent fondés notamment le groupe .Moore (de Chicago) et le groupe Morgan (John-Pierpont .Morgan) de New- York : le premier réunissant un capital d'environ 200 millions de dollars (I milliard de fr.), le second, de 440 millions de dollars.
-Mais .M. Andrew Carnegie (de Pittsburg) dirigeait 19 hauts-fourneaux qui livraient 2.700.000 T. de fonte par an et des convertisseurs et fours .Martin produisant 3.400.000 T. d'acier. Son entreprise était capitalisée à 1.600 millions de fr., 800 millions de parts et 800 millions d'obligations dont il possédait plus de la moitié.
Le groupe .Moore, le groupe .Morgan et les établissements Carnegie ont fusionné en une colossale Société, «the United-States Steel Corporation », le 1" mai 1901. Voici quels sont les éléments et la force productive de cette nouvelle Société (en millions de dollars pour le capital et milliers de T. pour la production) :
Capital
Millions de dollars
Pl'.ODUCTION
Milliers du T.
Fonte 3.400
Acier 3.750
Carnegie
Groupe Morgan :
Fédéral Steel 227 1.600
National Tube 80 600
Am. Steel and Wire 95,6 500
Am. Bridge 70 800
Groupe Moore :
National Steel 61,8 1.900
Am. Steel Hoop 33 250
Am. Tin Plate 46 »
Am. Steel Sheet 52 »
La nouvelle Société est maîtresse, quant au minerai, des mines du lac Supérieur (dont la puissance est évaluée à 500 millions de T.), qui rendent déjà H 1/2 millions de T. par an. Elle a 18.309 fours à coke et possède 28.000 hect. de mines de charbon, outre 12.000 hect. des meilleures mines Je houille à coke connues aux États-Unis. Elle a
1. Parmi les nombreux ouvrages sur les Trusts, nons citerons : ceux de M. Jenks, tlie Trust Problem, 1900; Paul de Rousiers, les Industries monopolisées aux États-Unis, li9i: V.\y,Afonofiolies and Trusta, 1900; les discussions de la Société d'Économie politique de Paris ; les publications du Verein fur Sozialpolitik ; les rapports et dépositions de l'Enquête industrielle du Congrès fédéral ; le compte-rendu Je la conférence sur les Trusts tenue à Chicago septembre 1899 ; les publications et discassions de l'American Eo nouiic Association.
TSITSIKAR
TULLE
<leiix lignes de cliemins de fer (de Dnliith à l'exlrémlté l
ouest dn l-ae Supérieur, do lac Krii- à l'ittsbnrg) et une
flotte de 125 navires de fort tonnage pouvant transporter,
durant les 8 mois annuels de la navigation des lacs, ]ns- |
qu'à 12 millions de T. Elle occupe di-jà 12."». 000 ouvriers. |
Le bénéfice net présumé aurait été, on l'JOO, pour les \
difTérentes Compagnies fusionnées :
ÉUblissements Carnegie I9.">.000 000
Fédéral Steel 75.000.000
National Tube 65.000.000
Am Steel and Wlre :r).000.000
Groupe .Moore 110.000.000
iKO.OOO.UOO
Les charges de la nouvelle Société sont : l'ourles 1.520 millions d'obligations à 5 */.. de 70.000.000 Pour les 2.750 millions d'actions privilégiées
Le reliquat de 21 1 .."XW.OOO
assurerait un dividende de 7 1/2 */. ans actions ordinaires. On leur promet, jusqu'à présent, 6 */.•
{Extrait d'un rapport du Consul général de France à New- York, en date du 1" mai 1901.)
TRUSTS COMl'.VMES. II ne laut pas confondre avec les trusts industriels les trust companies, qui sont des Sociétés financières de dépôt, aux Etats- Unis, pratiquant l'escompte, les avances sur titre, gérant les fortunes des particuliers; — ni les trusts anglais, qui sont également des Sociétés financières, qui émettent des obligations en contrepartie de titres formant leur portefeuille et qui bénéficient de la différence d'intérêt entre les intérêts des obligations émises et le rendement des titres. On nomme en France ce genre d'entreprises des Omniums.
TSIX-TAOU. Port situé à l'entrée de la baie de Kiao-Tchéou, possession allemande; il est en relations directes avec Port-Arthur ; il est ouvert au commerce étranger, soumis aux douanes chinoises et considéré depuis trois ans comme « port à traité » (voy. ce mot). 11 est réuni à Kiao-Tchéou depuis avril 1901 par un chemin de fer de 74 kil. qui contourne la baie; il est le port nécessaire de cette colonie allemande. Plusieurs maisons allemandes établies en Chine sont déjà représentées à Tsin-Taou.
La nouvelle ville, eu construction, sera partagée en deux quartiers, l'un européen, donnant sur la baie, l'autre chinois ; les rues seront larges et éclairées à l'électricité; des docks seront installés par quelques Sociétés de navigation. L'habitation du gouverneur du territoire allemand de Kiao- Tchéou s'élève déjà sur le versant sud d'une colline du côté de la mer. On approfondit le port naturel et l'on établit uu port artificiel avec un môle qui protégera les navires contre les vents du N. Dans une île, située à 30 milles au S.-E., on vient d'élever un phare de 6" classe qui sera transformé sous peu en phare de I"; et le port sera éclairé bientôt par un autre phare construit à l'entrée orientale de la baie.
Les export, de Kiao Tchéou et Tsin-Taou en 1899 ont été de 4 millions M. et les iinport. de 6 12.
TSITSIK.VU. Ville de la Mandchourie russe, point de bifurcation des deux routes qui se dirigent de Kirim vers la Irontière N. et X.-O. : l'une passe par Merghenet Aïgoun pour aboutira Blagovestchensk; l'autre, par Boutka à Staro-Tsouroukhaîtoui. La première est très carrossable, mais elle est longue de i.OoO verstes, soit 550 de plus que la route Pékin- Omosso (la verste a 1.067 m.).
Cette ville, importante par son commerce avec les provinces de la Sibérie orientale, compte environ 70.000 hab. Télégraphe. (Voy. Mandchourie.)
TL'AMOTOU (Archipel des). V. Océanir (Etablissements français d').
ruiLKS. (Voy. Argiles, Briques, Carreaux,
Poteries.) On distingue deux sortes de tuiles communes pour bâtiment : les tuiles ordinaires elles tuiles mécaniques ou à emboîtement. Les premières sont les pannes et tuiles plates ou courbes, non susceptibles de s'emboîter les unes dans les antres, que l'on fixe an moyen de simples crochets où à l'aide du mortier. Les tuiles mécaniques sont munies de nervures, cannelures et couvre-joints à l'aide desquels elles s'emboîtent les unes dans les antres; le type le plus usité est la tuile losangée.
Une autre sorte de tuiles est non plus en terre, mais en verre: comme les dalles, pavés et carreaux moulés en verre épais et destinés à l'éclairage des sons-sols, elles sont employées pour l'éclairage par les toitures. (Voy. Verre, Verrerie.)
TULLE. (Angl. Net.) Le tulle est un tissu à mailles ouvertes, léger, transparent, que l'on obtient aujourd'hui sur le métier à bobines perfectionné par l'application du système Jacquart. La dénomination de tulle bobin, sous laquelle ce tissu est souvent désigné, provient du nom du métier qui sert à sa fabrication.
Le tulle se distingue du réseau des vraies dentelles par la complète régularité de ses mailles et par cette particularité qu'elles peuvent s'élargir facilement, tandis que dans la plupart des dentelles à la main les mailles sont arrêtées au moyen d'un nœud.
Les mailles des tulles affectent tantôt la forme hexagonale arrondie (tulles ordinaires), tantôt la forme carrée (tulle genre Bruxelles, faux Bruxelles), tantôt la forme hexagonale allongée (tulle Malines). Ils sont employés pour la broderie, pour voiles et voilettes, pour vêtements, etc. (Voy. Broderie, Dentelles.)
La fabrication mécanique du tnlle, inventée dès 1586 en Angleterre, à Galveston, près Nottingham, par le révérend William Lee, qui se servit d'un métier à faire les bas, devint pratique au milieu du XVIII' siècle. Puis, sur ces tulles ainsi fabriqués mécaniquement, on exécuta à la main des broderies, de manière à imiter la dentelle faite complètement aux fuseaux et à l'aiguille. C'est ce que l'on fit à Calais et à Saint-Pierre-lès-Galais après 1816, date de l'importation en France des métiers provenant d'Angleterre. Mais des perfectionnements importants furent apportés aux machines qui produisaient le simple tulle; l'application du système Jacquart a permis d'obtenir mécaniquement des dentelles en tout point semblables aux dentelles à la main, si parfaites même que ces « imitations» se distinguent par une régularité que la machine seule peut donner. Aujourd'hui, l'industrie calaisienne reproduit, àdes prix qui en ont démocratisé l'usage, les alençons, les chantillys, les valenciennes, les bruxelles, les malines et les bruges que nos ancêtres achetaient si cher.
Les fils formant la chaîne sur les métiers à tulle sont enroulés sur des cylindres; ceux qui forment la trame, sur de petites bobines très plates composées de deux disques de laiton percés d'nn trou et rivés ensemble de manière à laisser entre eux une rainure circulaire qui reçoit les fils. On compte par métier de 1.200 à 3.000, quelquefois 4.000 bobines portant chacune 100 m. de fil ; elles sont placées dans
TULLE --
TULLE
un cadre en fer ou « chariot » et maintenues par un ressort qui leur permet de tourner et de fournir du fil quand celui-ci est tiré avec précaution.
Dans la formation du tulle à la mécanique, chaque fil de chaîne, posé verticalement, est entouré par une bobine qui passe à l'autre rangée de holts (chevilles ou peignes) pour entourer le fil voisin, et ainsi de suite d'un bout à l'autre du métier, obliquement, jusqu'à la lisière; de là, elle est renvoyée en sens contraire jusqu'à l'antre lisière, de sorte que le tulle est composé d'un fil de chaîne vertical et de deux fils de trame obliques qui se croisent de gauche à droite, puis de droite à gauche, d'une lisière à l'autre.
La tâche de l'ouvrier talliste consiste à suivre du regard le travail qui s'opère sur le métier, et, quand un fil se casse, à suspendre la marche du mécanisme pour réparer d'un nœud l'accident et remettre le métier en mouvement. La durée du travail quotidien est de onze ou douze heures, l'ouvrier tulliste proprement dit et son «partner» se relayant tour à tour par fractions de 5 ou 6 heures, car deux ouvriers sont attachés à chaque métier.
Mais à côté de l'ouvrier tulliste proprement dit et pour garnir le métier qu'il met en œuvre, il y a diverses catégories de spécialités :
1° Le « metteur en carte », qui transpose en des dimensions plus grandes et marque de différentes cotes les dessins que le fabricant a fait établir pour tel modèle de dentelle ; il y a le « metteur en carte à la soie », qui gagne de 30 à 120 fr. par semaine, et le metteur « aux barres indépendantes », pour les valenciennes, guipures et spécialités riches, véritable artiste payé de 7.000 à 10.000 fr. par an.
2" Le «pointeur » prend l'esquisse établie par le metteur et traduit le tracé linéaire de celui-ci par des chiffres ou nombres figurant, à l'intersection de chaque ligne d'un quadrillage très fin, les points de dessins ; ses appointements, fixes, sont de 20 à 40 fr. par semaine.
3° Le « perceur de cartons », mis en possession du travail du pointeur, transforme et traduit les combinaisons de chiffres de celui-ci en des séries de trous pratiqués dans une longue bande de carton ; son travail est exactement semblable à celui de l'ouvrier qui transcrit un morceau de musique à l'aide de trous, représentant chacun une note, dans une bande de carton destinée à diriger l'action d'un piano-mécanique. Ces cartons percés, placés sur le métier, déterminent le jeu des broches qui reproduiront en dentelle l'esquisse du metteur en carte, établie d'après le modèle primitif du fabricant. Le perceur de cartons a un salaire fixe de 43 à 50 fr. par semaine; à côté de lui un petit aide de douze à quinze ans, dit « laceur de cartons », gagne 10 fr. par semaine.
4° Le « wapeur» dévide la soie des bobines venues de la filature et la dispose à intervalles convenables sur les rouleaux qui doivent être placés dans le métier; il est payé 30 fr. par semaine.
3° La « wheeleuse » charge les bobines destinées au métier : dans la gorge très fine de la bobine chaque tour de fil doit être exactement posé sur le tour précédent. Cette ouvrière gagne également 30 fr. par semaine. Un garçonnet de 13 à 18 ans, qui gagne 13 fr. par semaine, dispose les bobines dans un petit « chariot » spécial, où on les prend pour les placer dans le métier à l'endroit voulu.
G" Il y a encore : les «plieuses » qui touchent de 18 à 23 fr. par semaine; les 'u raccommodeuses à l'apprêt », 13 à 20 fr. ; les « dévideuses », 13 à 23 ; l'échantillonueuse, 20 fr.
A Calais, l'ouvrier tulliste proprement dit est toujours payé aux pièces. La mesure d'estimation de sou travail est le rack, mesure anglaise qui correspond à 1.920 « molines » ou mouvements du métier (à raison de 8 molines par maille), qui compte par conséquent 240 mailles ou treilles juxtaposées et représente une longueur de 30 à 63 cm., selon l'espèce de dentelle et la finesse du travail, impliquant la finesse ou gauge du métier. Les prix du rack oscillent entre 70 cent, pour les articles communs et 1 fr. 80 pour les plus riches, le chantilly par exemple. Le temps moyen d'exécution de cette unité est de 20 à 23 minutes.
Le salaire de l'ouvrier tulliste est ainsi de 70 fr. par semaine en moyenne, soit de 30 à 100 fr. et quelquefois 120. D'ailleurs le métier ne s'arrête jamais, qu'il soit occupé à des travaux courants ou à des réassortiments, de sorte que le bon ouvrier ne connaissait pas le chômage avant la grève désastreuse qui s'est déclarée en novembre 1900 et qui, aujourd'hui (juin 1901) fait encore sentir ses effets.
Saint-Pierre-lès-Calais et Lyon sont les centres principaux de l'industrie des tulles, mais on fait aussi les blondes et les Cluny à Saint-Quentin, le tulle de coton uni à Caudry. On trouvera au mot Dentelles des renseignements intéressants sur la fabrication et la production calaisienne; aux mots Lyon, Soieries, sur la fabrique lyonnaise.
Les produits calaisiens se distinguent de ceux de Lyon en ce qu'ils sortent tout finis des métiers, sauf quelques fils à couper, tandis que les tulles lyonnais exigent, après la sortie dn Jacquart, une main-d'œuvre considérable qui complète le travail mécanique en entourant d'un fil de soie les dessins indiqués sur le tissu.
Le seul département du Calvados possédait, en 1831, 30.000 dentellières, et ce chiffre fut ensuite dépassé : dans la région de Caen et de Bayeux chaque maison avait au moins une dentellière. Les enfants gagnaient 10 à 13 sous par jour ; la moyenne des ouvrières faisait des journées de 2fr,, quelques-unes de 3, 4 et même 3fr. En prenant comme salaire moyen le chiffre de 1 fr. et comme nombre d'ouvriers celui de 30.000 travaillant 263 jours par an, la production pouvait s'élever à 13 millions 1/4 de fr., soit 12 millions net, la matière première ne figurant que pour 1/10 dans le pourcentage du prix de revient. Le travail mécanique a tué cette industrie locale.
Nottingham, le grand centre de la fabrication anglaise, fait surtout le rideau de tulle, les tulles pour manteaux et vêtements de dessous, les voiles et fichus, etc.
La Belgique a la spécialité des tulles unis clairs pour l'application et la broderie; l'Espagne, celle des mantilles.
Commerce. —On trouvera an mot Dentelles leschiflres statistiques concernant les dentelles proprement dites (à la main ou à la mécanique, tulles bobinols ou guipures en bandes, etc.); nous ne nous occupons ici que des tulles proprement dits (unis, bobinots pour rideaux, couvre-lits, etc., à l'exclusion des bandes), en coton on en soie. Voici les chiffres des import, et des export. (C. S.) pour les années 1898, 1899 et 1900 (en milliers de kilog. et en millions de fr.) :
TUNGSTÈNE
TUNISIE
I^:cra8 Blanchis Teints
Gros Fins Gros Fins Gros Fins
Les toiles de coton brodés, aatres qu'en rideaoz, sniven' le régime des broderies sar tissus de toute nature et sur tulle. (Voy. Broderie.)
Les tulles de soie pure, comme les tissas, foulards, crêpes et passementerie de même matière, payent 600fr.au T.G.; au T.M., les tulles, crêpes et passementerie payent 400 fr. les 100 kilog. nets.
Angleterre.— Les importations de tulles et dentelles de soie proviennent à peu près exclusivement de France et s'élèvent aux chiffres de : 224.304 liv. st. en 1896, 472.050 en 1897, 464.873 en 1898, 420.699 en 1899 et 486.360 en 1900. Quant aux tulles et dentelles d'autres matières, la France figure encore an premier rang, mais pour un peu moins de moitié; le total a été de 874.407 liv. st. en 1896, 962.174 en 1897, 965.141 en 1898, 971.317 en 1899 et 1.164.454 en 1900. Après la France viennent : la Hollande, dont l'import. varie de 330.000 à 3%.000 liv. st.; la Belgique, de 100.000 à 165.000; l'Allemagne ne figure que pour 10.000 à 16.000 liv. st.
Les exportations de tulles et dentelles de soie provenant des manufactures du Royaume-Uni ont donné les totaux suivants : 161.793 liv. st. en 1896, 152.008 en 1897, 126.493 en 1898, 144.631 en 1899 et 144.142 en 1900. Elles sont à destination principalemeiit : des États-Unis 45.000 à 65.000 liv. st. par an, de France 21.000, du Canada 13.000 à 14.000, de la Belgique 11.000 à 15.000, de l'Allemagne 10.000 à 20.000, d'Australie environ 10.000.
Quant aux export, de tulles et dentelles de coton {Lace and patent Net), elles atteignent des chiffres beaucoup plus considérables : 2.049.109 en 1896, 2.292.489 en 1897, 2.258.997 en 1898, 2.376.200 en 1899 et 2.671.021 en 1900. Les destinations principales sont : pour près de moitié les ÉUU-Unis 1 .037.000 liv. st. en 1900 contre 520.000 en 1896. puis le Canada de 150.000 à 220.000 liv. st.. la Nouvelles- Galles du Sud de 48.000 à 91.000, la République Argentine de 50.000 à 82.000, Victoria de 55.000 à 79.000, le Brésil de 58.000 à 78.000, le Mexique de 37.000 à 53.000, la Nouvelle-Zélande de 31.000 à 48.000, etc.
TULLE. Chef-lieu du dép. de la Corrèze, à 214 m. d'alt., par 43° 16' 7' lat. N. et 0» 33' 38' long. 0. de Paris. Pop. : 16.196 hab. en 1881, 17.374 en 1896. Tribunal de commerce.
Manufacture nationale d'armes de guerre occupant env. 3.000 ouvriers. Commerce actif en laine, huiles, toiles, eaux-de-vie, bougies, fers, papiers.
Succursale de la Banque de France: 25 millions d'affaires en 1899 (la 81*), 23.466.000 en 1900 (la 83*), dont 15.495.000 pour effets escomptés. Succursale du Crédit Foncier, agence de la Société Générale.
Station du chemin de fer d'Orléans sur la ligne de Brire à Meymac.
TUMBËKI. Sorte de tabac ou de préparation de tabac turc particulière à l'île de Chypre et principalement en usage dans l'île même et en Turquie.
Chypre importe chaque année, de Turquie, de 130.000 à 173.000 ocques (de 1.283 gr.) de tabac, dont elle y réexporte, après transformation, 123.000 à 130.000 ocques (valant de 3.000 à 4.000 liv. st.) ; le reste est consomm'é à l'intérieur de l'île.
TUNGSTÈNE, MoLYBDÈXE. Métal d'emploi récent, comme le molybdène, dans la métallurgie, pour la fabrication des aciers durs, notamment de ceux qui sont destinés à la confection des canons, des projectiles et des blindages.
Il est gris d'acier, très dur et d'une densité de de 17,1. On le trouve en combinaison avec la chaux dans la schéelite (tungstate de chaux), avec le plomb dans la schéelitine (tungstate de plomb), avec le fer etle manganèse dans le wolfram ou tnngstein (tung-
state de fer on de manganèse). II se rencontre en France dans les granités de la Haute-Vienne.
Le tungstène vaut 8 fr. 30 le kilog.
Le molybdène est d'nn blanc mat, susceptible de poli. On le trouve combiné avec le soufre (molybdène sulfuré) ou avec le plomb et l'oxygène (plomb molybdaté ou mélinors).
Le molybdène sulfuré est d'un gris blenàtre et brillant, semblable à la plombagine, en masses lamellen.ses ou en petites balles très minces; il est fort tendre et d'une densité de 4,6. Il existe en petites veines on en amas disséminés dans les formations granitiques les plus anciennes : le Harz, la Suède.
Le molybdène vaut 13 fr. le kilog.
Le ferro-molybdène remplace avec avantage le ferro-tungstène dans la fabrication de l'acier. L'acier au molybdène possède la qualité de conserver sa dureté, même étant chauffé au rouge.
TUNIS. Capitale de la Régence ou Protectorat du même nom. (Voy. Tunisie pour les détails complémentaires.) Assez belle ville, dotée aujourd'hui d'un quartier moderne comptant environ 10.000 Français, 12.000 Italiens, principalement terrassiers, et 12.000 Maltais qui accaparent les métiers relatifs aux moyens de transport; 40.000 Israélites exercent le commerce proprement dit. On compte en outre dans cette ville 63.000 musulmans indigènes.
La ville entière est éclairée an gaz et le port a bénéQcié d'importants travaux. Tunis est située à une dizaine de kil. de la mer, au fond d'un lac que les alluvions avaient obstrué, la profondeur moyenne ne dépassant guère 0 m. 30. On a établi à la Goulette une en trée en mer abritée par deux longues jetées.avec un avant-port; un canal direct donnant 6 m. utiles arrive dans un bassin de 12 hect., construit dans la ville même et desservi par des voies ferrées, le long de 600 m. de quais accostables. L'exploitation et l'entretien de ces ouvrages sont confiés à la Compagnie des Ports de Tunis, Sousse et Sfax, moyennant des droits assez modestes : pilotage et abri de Ofr. 03 à 0 fr.013 par tonneau de jauge nette; droit d'embarquement et de débarquement de 0 fr. 73 à 0 fr. 23, etc. Il y a des engins de levage bien compris et peu coûteux. Le mouvement des marchandises en 1899 a dépassé 160.000 T. à l'entrée. D. B.
TUNISIE. (Ancien Beylick de Tunis.) La Tunisie est sous le protectorat de la France depnis le traité de Kasr-es-Saïd (12 mai 1881), confirmé par un décret du 22 avril 1882; mais elle possède toujours son souverain national, le bey Sidi-.\li. Bornée au N. et à l'E. par la Méditerranée, à l'O. par l'Algérie, au S. et au S.-E. par le Sahara et la Tripolitaine, la Tunisie comprend deux zones climatériques bien distinctes, séparées par une ligne oblique qui s'étendrait du cap Bon à Tebessa. La première, qui est plutôt celle du littoral septentrional, est favorable aux cultures d'Europe, avec des terrains marno-sablonneux très fertiles ; sa température rappelle celle de la Sicile, la saison pluviale de janvier et février y donne 30 cm. env. ; la pop. y est plus dense, et les Européens doivent y posséder une vingtaine d'hectares sur 100. La deuxième zone a des pluies moins régulières, qui ne donnent que 33 cm. au max.; le sirocco y compromet souvent les récoltes de céréales, mais l'élevage et les olivettes y réussissent. Le nombre des propriétés appartenant à des Européens décroit à mesure que l'on se dirige vers le S. : il est
TUNISIE
TUNISIE
de o à 13 hect. sur 100 à Béja, au Kel, de 1 seulement à Tola, Gafsa et Gabès.
La sup. totale de la Tunisie est évaluée par l'Administration française à 130.000 kil. carrés, mais des incertitudes résultent du peu de fixité de la frontière sud. Quant à la pop., il n'existe pas de recensement complet del'élément indigène, évalué à 1.800.000 individus, dont 60.000 Israélites. Sur la pop. européenne, de 96.000 personnes, on compte approximativement: 63.000 Italiens, qui immigrent constamment dans le pays et dont l'agriculture a réellement besoin; puis 22.000 Français, non compris la division d'occupation; 13.000 Maltais: le reste est composé d'éléments divers. Les Français viennent surtout d'Algérie, de Corse et du bassin du Rhône ; les Italiens sont principalement des Siciliens, qui se contentent de salaires modestes et font une concurrence victorieuse aux travailleurs français.
Le protectorat, institué par J. Ferry, a permis de relever les finances du pays et de donner un essor puissant à son commerce. En fait, et sous réserve de la signature du bey, qui n'est jamais refusée, le Gouvernement du pays est dirigé par le Ministère des Affaires étrangères français, qui a un département spécial des Affaires tunisiennes, et placé sous le contrôle d'un Ministre résident qui est en même temps Ministre des affaires étrangères du bey. Ce dernier a du reste neuf autres ministres, dont deux seulement sont arabes : le premier ministre et le ministre de la plume; les autres sont français : ministre de la guerre, directeur des postes, directeur de l'instruction publique, celui des finances, celui des travaux publics, celui de l'agriculture et du commerce, enfin le secrétaire général du Gouvernement. L'Administration locale est assurée par des contrôleurs qui sont chacun à la tête d'un contrôle civil et sont agents consulaires, puis par des contrôleurs suppléants (qui ont souvent des fonctions judiciaires là ou il n'a pas été jugé nécessaire d'établir une justice de paix). Dans le sud, où l'administration civile n'est pas encore installée, il y a deux cercles militaires et un poste du même genre. Tous ces districts administratifs sont divisés en caïdats et scheikats dirigés par des fonctionnaires arabes et souvent des chefs de tribus, rétribués par une remise sur les impôts. La justice est administrée par des tribunaux français pour les affaires entre Européens ou entre Européens et indigènes, et par des tribunaux arabes pour les affaires entre indigènes. Les impôts sont perçus sous la surveillance des contrôleurs. Le Gouvernement a le monopole du sel, de la poudre et du tabac. Comme impôts principaux, nous citerons : la taxe de capitation, celle sur les oliviers, les palmiers et les céréales, sur les peaux, sur les ventes de bétail, de bois, de charbon, parfois sur les maisons, etc. Il y a aussi des droits de timbre et certaines patentes.
L'armée d'occupation est composée d'env. 13.000 hommes, principalement de l'infanterie, et un peu des autres corps, puis quelques gendarmes: la conscription fournit quelques recrues. L'armée du bey n'est qu'une garde personnelle de 600 hommes. Il y a aussi une police rurale. Quant à la marine, on ne peut citer que les quelques torpilleurs ou contretorpilleurs français qui se tiennent à Bizerte dans le nouveau port militaire, puis les marins de la police des ports, qui dépendent de la direction des travaux publics.
Les finances sont dans un état satisfaisant, et voici comment se présente, en résumé, le budget de 1900 :
Recettes.— Impôts directs et taxes assimilées : 7.944.400 fr., dont 4.366.000 pour la medjba, 1.408.300 ponr la kanoun des oliviers et dattiers, 1.680.900 pour l'achonr des céréales, 38.000 ponr la taxe sur la valeur locative et les loyers d'immeubles, etc. — Impôts et revenus indirects : 8.791.700, dont 621.200 pour le timbre proprement dit, 291.700 pour l'enregistrement, 648.700 pour les droits à l'export., 2.652.200 pour droits de vente, entrée, consommation, circulation, fabrication, stationnement ; puis 1 million 100.000 fr. comme droits de consommation sur l'alcool et les sucres. — Produits des monopoles et exploitations d'État : tabacs, poudres, sel, allumettes, cartes, 6.684.300 fr. ; postes et télégraphes 1.067.600; monnaies et part d'exploitation des ports concédés 32.400; produits du domaine, des forêts et pêcheries 1.273.400. — Recettes diverses, 897.300 fr.; enfin recettes affectées aux dépenses des exercices clos, 1.992.500. En reprenant sur l'exercice antérieur les disponibilités et en faisant masse des fonds de concours ou des recettes à destination spéciale, on arrive au total général de 36.416.012 fr.
Dépenses.— Liste civile 1.680.000 fr.; résidence et contrôles 380.223; service de la dette tunisienne 3 1/2 % 6.329.520, dont 22.000 de commission et frais ponr le service en France; pensions 247.160; frais de régie et d'exploitation des impôts 4.175.406 fr., dont 1.663.800 pour le timbre et les monopoles; postes et télégraphes 1.346.615; services administratifs, sanitaires et artistiques 1.274.367; sûreté 1.481.388; justice 859.333; agriculture et commerce 517.270; forêts 303.000; enseignement public 1.011.500; armée 630.473; travaux publics 4.541.900; enfin, en tenant compte des dépenses sur exercices clos et des dépenses exceptionnelles (dont notamment 6.233.000 fr. sur les travaux publics), on arrive au total de 36.314.928 fr., qui laisse un léger excédent.
L'agriculture est la principale richesse de la Tunisie. On y cultive le froment, l'orge, le maïs, le sorgho, le millet; le premier couvrait 400.000 hect. env. en 1900, le second 430.000, le maïs un peu moins de 3.000, comme l'avoine. Le rendement du blé est en moyenne de 10 à 12 qx m. à l'hect. Cette culture des céréales ne donne de profit que si l'on y joint l'élevage, qui se pratique dans des conditions fort primitives, les animaux restant dehors en toute saison et ne mangeant que de mauvais fourrage; il faudrait multiplier les races bovine et chevaline dans le nord et les moutons dans le sud. On compte plus de 210.000 bœufs, 1.130.000 moutons à gwosse queue et à longue toison grossière, moins de 30.000 chevaux arabes ou barbes avec 110.000 mulets, 130.000 dromadaires, 600.000 chèvres; les porcs ne sont qu'env. 12.000. La législation douanière n'est pas favorable au pays, car elle limite à des chiffres ridiculement bas les animaux que l'on peut introduire en franchise en France.
Le vignoble tunisien, qui a doublé depuis 10 ans, couvrait en 1900 une superficie de 11.400 hect. Les vignobles indigènes fournissent 23.000 qx de raisins frais, et ceux des Européens 300.000 hectol. de vin.
L'envoi des fruits de Tunisie par colis postaux a pris, ces dernières années, une grande extension. Ces colis sont dirigés vers toutes les parties du monde et particulièrement vers la France. Jusqu'à ces derniers temps, les colis de 3 et 3 kilog. étaient seuls acceptés par la poste, et les fruits seulement faisaient l'objet de nombreuses expéditions. La possibilité d'expédier des colis de 10 kilog. a rendu possible l'envoi d'autres denrées de consommation plus générale : il devient facile d'expédier directe
TUNISIE
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ment an consommateur français non plus des échan lillons d'huile ou de vin muscat, — deux produits tunisiens appréciés et d'une qualité supérieure indiscutable, — mais une quantité suffisante pour l'approvisionnement de la plupart des petits ménages.
La culture de l'olivier rapporte jusqu'à 800 fr. à niect.;elle s'étendait en 1900 sur plus de 200.000 hect. qui ont produit 45 millions de litres d'huile. On a planté aussi des orangers. La culture des amandiers, des caroubiers, des dattiers, des citronniers, des figuiers est aussi répandue qu'avantageuse. A 7 ans l'amandier donne environ 8 kilog. par arbre, et l'hect. contient normalement 100 arbres; à 10 ans, le rapport est de 25 à oO kilog. ; à 20 ans, de 100 kgr. par arbre; or, l'amande douce ou princesse se vend de 100 à 110 fr. les 100 kilog. à Tunis. On trouve dans le pays 7 millions de chênes-liège exploitables sur 82.000 hect. \ et l'on pourrait extraire de grandes quantités de charbon si les moyens de transport existaient. Les formalités du monopole ont découragé la culture du tabac, qui était très florissante.
Avant le protectorat, le sol était mis en culture par des indigènes libres avec location à court terme ou par des métayers ou khammès. Les deux procédés donnaient de mauvais résultats. Puis de grands domaines se sont constitués, les terres étant à bas prix; maintenant, même sans grand capital, on peut se procurer de vastes étendues en recourant aux biens habous pris à enzel, acquis moyennant rente perpétuelle on pour 10 années renouvelables. La maind'œuvre est fournie par les travailleurs berbères ou bien l'on a recours au métayage. L'immatriculation suivant les principes del'Act Torrens met à l'abri de toutes réclamations après achat. En 1899 des Français ont pris possession de 24.000 hect. de terres nouvelles, dont H.OOO acquis définitivement. Dans la région de Sfax à Tébessa, sur 230 kil. de longueur, les terres se vendent à bureau ouvert, au prix de 10 fr. l'hect. fixé par la loi.
Les pêches sont importantes, elles portent sur les anchois et sardines (42.000 et 616.000 kilog.), puis le corail, les éponges, les thons, les poulpes; les établissements de Bizerte prennent chaque année 500.000 kilog. de poissons.
On trouve des mines de plomb, de fer, de zinc ; on s'est mis à exploiter fructueusement les gisements de phosphates de chaux, pour lesquels on a même construit une voie ferrée spéciale, celle de Sfax à Gafsa et Metlaoui, qui est l'amorce d'un réseau à voie étroite.
Les industries sont peu importantes : au titre indigène, c'est la fabrication des tapis, notamment à Kairouan, puis des couvertures, des nattes, la sparterie, la poterie et la céramique (tout particulièrement à Xabeul et Djerba); l'industrie des cuirs, des essences et eaux parfumées, de la bijouterie et de la savonnerie. Les Européens exploitent surtout des huileries, des fabriques de chaux et ciments, des briqueteries et tuileries, enfin des distilleries et quelques minoteries.
Les chemins de fer ont un développement de 927 kil., dont 611 à voie étroite; ils appartiennent à la Compagnie Bône-Guelma, sauf la ligne que nous avons citée. On parle de construire les nouvelles
1. Pendant les années 1899 et 1900, la production moyenne annuelle des forêts de la Régence a été de 9.000 m. cubes de bois d'uDUvre (chêne-zéen) et 33.000 qx d'évwrce à tan (chêne-liège).
lignes de Pont-dn-Fahs à Kalaa-es-SeDam et de Kairouan à Kalaa-Djerda. Il existe à Tunis 2 Compagnies de tramways. Des centaines de kil. de routes empierrées ont été livrésà lacircnlation.
Le nombre des bureaux de poste est de 78, le réseau postal comprend 5.133 kil. de voies avec un parcours quotidien de 7.000 kil. Il y a 80 bureaux télégraphiques avec 3.180 kil. de lignes, et plus de 1.400 kil. de lignes téléphoniques.
La marine marchande tunisienne est négligeable comme grandes unités, mais le mouvement des ports a été en 1899 de 11.489 bâtiments avec 331.000 T. de marchandises et 61.000 passagers débarqués. La part du pavillon français est de 43%, de 21 pour l'italien, 13 pour l'anglais et 13 pour le tunisien. Des relations régulières sont établies par les Compagnies Transatlantique, Prince Line de Londres, Tonache, Rnbattino, etc. Tous les établissements maritimes ont été grandement améliorés, et notamment ceux de Bizerte, de Tunis, de Sousse et de Sfax, concédés à des Compagnies fermières; Tunis et Bizerte, tout particulièrement, donnent maintenant accès aux grands navires.
Commerce. — Le commerce exlériear de la Tanisie, dans la période antérienre aa protectorat, 1875 à 1879 par exemple, oscillait annuellement entre 18 et 27 millions de fr. Depuis le protectorat, et snrtont depnis la loi da 19 jaitlet 1890, qni autorise l'admission en franchise, à l'entrée en France, de certains produits tunisiens, le commerce a plus que quadruplé. Voici les chiffres poar les trois dernières années (en fr.) :
1897 90.551 .oH
Le commerce extérieur a été en 1899 de 103. 211. 000 fr., dont 49.133.000 pour les export., malgré le déQcit de la récolte des céréales, et 35.778.000 pour les import. La part de la France dans les export, est de 5i 7. (ce qui accuse une baisse sensible), de 9 7. pour l'.Algérie, 19 pour l'Italie, près de 4 pour Malte, un peu plus de 6 pour la Grande- Bretagne. On expédie en France des huiles, de l'orge, des vins, des éponges, des peaux, de l'alfa. .\ux import. la part de la France dépasse 61 '/., celle de r.\lgérie est de 3,3, celle de l'Italie de 8, de l'.\ngleterre de 10,3. Les import, françaises sont surtout en farines, denrées coloniales, tissus, peaux, vins et alcool, vêtements, bois de contruction, etc. D'une façon générale les produits tunisiens jouissent de l'entrée en franchise en France, tant qu'ils ne dépassent pas une quantité déterminée annuellement par décret, en vertu de la loi de 1890'. Pour les Douanes tunisiennes on a remplacé l'ancien droit uniforme de 8 7. ad valorem par un tarif qni admet en franchise tonte une série de marchandises françaises.
Les poids et mesures, de même que les monnaies, sont en principe du système français; cependant on emploie encore l'once de 31 gr., le kaffl de 16 boisseaux, etc.
De nombreuses succursales d'Importantes maisons de banque. Comptoir d'Escompte, etc., sont installées à Tunis, Sousse, Sfax, Bizerte, Gabés. La Banque de Tunis est constituée au capital de 8 millions. D.VMEL Bellet.
Sfax. — Ville et port de commeree de la côte E. de la Tunisie, par 34* 45' lat. N. et 8» 10" long. E.;
1. Voici les quantités de céréales en grains et animanx d'origine et de provenance tunisiennes admises en franchise à leur entrée en France, du 1" juillet 1901 au 30 juin 1902 : blé 750.000 qx m., orge 400.000. avoine 75.000, mais 2S.000, fèves 30.000; espèce chevaline 1.000 têtes, asine et mulassière 1.000 têtes, bovine 25.000 têtes, ovine 30.000 têtes, caprine 1.000 têtes, porcine 1.000 têtes ; volailles vivantes on mortes 8.000 kilog., gibier mort ou vivant, sanglier 20.000, antres et tortnes 2.000; 200.000 hectol. de vin de raisin frais»
On a fixé à la somme de 6 millions de fr. la valeur des quantités des autres produits d'origine et de provenance tunisiennes admises dans le même délai, en payant en France les droits les plus favorables pen;ug sur les produits similaires étrangers.