FILS A COUDRE
de chèvre cachemire ou de chameau, la laine dominant en poids, payent les mêmes droits que les fils de laine pure, ainsi que les lils purs d'alpaga, de lama, de vigogne, de yack et le poil de clièvre cachemire ou de chameau, et que ces fils et poils mélangés, le poil de chèvre cachemire ou de chameau dominant en poids.
Allemagne. — La filature allemande est en voie de progression constante. On peut évaluer à 188 millions de kilog. la quantité de laine mise à la disposition de l'industrie allemande en 1898, dont 168 millions de laines en masse importées, restant à la consommation, et 20 millions de kilog. provenant de la tonte allemande. Au taux de 42 % comme rendement moyen, ce total représente, en laine lavée à fond, 79 millions de kilog. environ.
L'Allemagne a donc transformé en fils, en 1898, 79 millions de kilog. de laine, alors que dans la période 189o-97 ce chiffre avait été seulement de 07.500.000 kilog., soit une augmentation de 11 millions oOO.OOO kilog. ou de 17 %.
Ce progrès de l'industrie allemande est dû tout entier à l'augmentation de la consommation intérieure. Voici, en effet, le mouvement des import, et des export, des fils et tissus de laine en Allemagne en 1897 et 1898 (par milliers de kilog.) :
FII.S DE LAINK 1897 1898
Importations 22.682,9 23.171,1
Exportations 8.582,9 8.572,4
TISSUS DE LAINE
Importations 2.313,8 2.515,3
Exportations 30.965,7 29.360,6
L'export. des fils et tissus de laine est sensiblement la même ; l'import. est légèrement supérieure en 1898 ; c'est donc à la consommation intérieure que sont allés les 11.500.000 kilog. de fils et tissus de laine fabriqués en plus en 1898 par rapport à la période triennale précédente. C'est le résultat de l'augmentation si remarquable de la population en Allemagne, et aussi de l'accroissement de la richesse dans un pays où le commerce et l'industrie ont pris un essor vraiment extraordinaire.
Angleterre. — L'Angleterre a mis annuellement en filature depuis 3 ans les quantités de laine suivantes (en milliers de kilog.) :
Laines étrangères, coloniales et autres 173.866
Laines anglaises, tonte, déduction faite de
l'exportation des laines indigènes 52. 108
Total des laines hrutes 225. 97i
Représentant en laine lavée à fond environ.. Laines peignées et cardées exportées
Laines entrées annuellement en filature... 84.665
A ces 85 millions de kilog. de laine lavée à fond, il faut ajouter un poids très considérable, mais très difficile à évaluer, de laines d'effilochage et une quantité assez forte de coton que les filateurs anglais savent bien mélanger à la laine en filature.
L'Angleterre importe et exporte annuellement depuis 3 ans les quantités suivantes de fils de laine en milliers de kilog.) :
Importation 8.537
Exportation 23.899
On voit que l'Angleterre exporte beaucoup plus de fils de laine que la France et que l'Allemagne. Ces fils sont d'un genre tout différent, ce sont pour les 9/10 des fils de laine longue lustre ou cheviott. Il faut ajouter à cette export, environ 5 millions de kilog. de fils de mohair et d'alpaga et 2 millions de fils d'autres poils divers, ce qui donne pour
l'export. des fils anglais de laine et de poils un total d'environ 31 millions de kilog. représentant en valeur environ 166 millions de fr.
C'est l'Angleterre qui nous fournit la presque totalité des fils que nous importons en France (1 million 637.000 kilog. sur 2.081.800 pour 1897).
Gaston Grandgeorge.
FILIÈRE. Terme en usage dans les transactions commerciales. La livraison par filière est un procédé spécial de règlement des engagements. (V. Bourse de commerce.)
FILIÉRISTE. Mandataire agréé par les commissions des marchés pour les livraisons par filière. (V. Bourse de commerce.)
FILM (mot anglais qui signifie pellicule, membrane). Depuis l'invention du cinématographe, on donne couramment ce nom à la série, à l'ensemble des images photographiques qui se suivent sur la pellicule et qui sont destinées à être successivement projetées avec agrandissement sur l'écran, pour donner la représentation animée d'une scène ou d'un spectacle quelconque.
FILOSKLLE, tiré de l'italien fllugello (on disait fil oysel au moyen âge). La filoselle était faite avec des déchets de filature ou avec de mauvais cocons, cuits, peignés et filés au rouet. Elle ne se fait pour ainsi dire plus.
FILS A COUDRE, A Broder : Fils de soie.— La fabrique de soies retorses, qu'il ne faut pas confondreavec le moulinage de la soie, est une branche sinon considérable, tout au moins assez importante de la grande industrie de la soie. Le retordage est une façon, ou plutôt une suite de façons données à la soie ou au fil de schappe ou fantaisie. La matière première du retordage est le fil de' grège ou le fil simple de déchets de soie. Ces soies retorses ont des destinations très diverses. Les principales sont r la fabrication des tulles et des dentelles, de la passementerie, la couture à la main et à la machine, la broderie. Les soies à coudre sont fortement tordueset câblées; les soies pour tapisserie sont plates (très. faiblement tordues) ; les soies à broder sont mi-torses.
La production des soies retorses dépend essentiellement des fluctuations de la mode. Quand le vêtement féminin comporte l'emploi de passementeries, de tulles, de dentelles, quand la broderie de soie est demandée, l'activité est grande. L'inverse se produit si ces articles ne sont pas en vogue.
La fabrication des soies retorses a recours à tous les genres de soie, mais principalement en gros titres ; toutefois les soies dites rondelettes et celles provenant des douppions (cocons formés par deux ou plusieurs vers) sont réservées pour la plus grandepartie à cette industrie, qui emploie également de notables quantités de fils de schappe ou de fantaisie.
En France, la fabrication des soies retorses, aprèa avoir été disséminée dans diverses villes et leurs environs, Paris, Tours, Nîmes, Avignon, Lyon, paraît s'être centralisée à Paris, où un certain nombre d'importantes maisons ont fini par quasi monopoliser cette production. Les usines et ateliers de ces maisons sont, soit à Paris, soit dans les départements, de l'Oise, de l'Eure, de Seine-et-Oise et de l'Aisne»
La production française suffit aux besoins du pays, si on en juge par l'import., qui est presque nuUj Il est vrai que le droit de 3 fr. le kilog., qui pt tège cette industrie, est presque prohibitif.
FILS DE COTOX
FILS DE COTON
La valeur des soies retorses françaises, après avoir été de 30 millions environ, est maintenant de 12 à 13 millions annuellement, suivant le cours de la matière première (soies grèges etschappes). On estime la quantité produite à 148.000 kilog. de soie el à 80.000 kilog. de fll de schappe retors.
D'après les relevés douaniers, voici le résumé des import, et des export. (C. S.) :
Années
Comparée à la production, l'importation est sans importance, mais l'exportation décroît régulièrement. Chaque pays cherche à se suffire ; en outre, les progrès faits par la fabrication des fils de coton à coudre, enlèvent une clientèle sérieuse aux Dis de soie.
Voici les prix E. V. D. des soies à coudre, à broder, etc. :
Import.
Export.
kilog.
kilog.
Années Régime douanier.
Import.
02 fr. le kilog 62 fr. — 33 fr. — 53 fr. —
Export.
63 fr.
66 fr.
57 fr.
56 fr.
Le tarif de 1892 assujettit à un droit de 300 fr. les 100 kilog. an tarif minimum les soies à coudre, à broder, etc., écrues et teintes. .\u tarif général elles payent 600 fr. à l'état écru, et 400 fr. à l'état teint.
i'Avs ÉTR.^^sGERS. — L'Angleterre alimente en soies à coudre la consommation du Royaume-Uni et les colonies britanniques. L'export. est de 2 à 3 millions de fr.
En Suisse la production des soies retorses a été des plus rapides. En 1872, la fabrication portait sur 30.000 à 60.000 kilog. : en 1883, elle était de 82.830 kilog. ; en 1893, de V^.239 kilog.; en 1897, de 101.234 kilog.
L'Allemagne est assez largement outillée pour la production des soies à coudre, qui est de 300.000 kilog. environ pf^v an, valant de 10 à 11 millions de fr.
Les États-Unis de l'Amérique du Nord ont aussi développé leur production, qui est de 300.000 à 400.000 kilog.
JO-VXNY PeY.
FILS .\ COUDRE : En lin, voy. Fils retors; en ton, voy. Fils de coton ifils retors).
FILS DE COTOX.
^■M.MAïuE : I. Cûmposition, usages, espèces des fils de coton ; numérotage. — II. Filature de coton : Nombre des broches, consommation : En .Angleterre, en France, I salie. Suisse, .\llemagne, Belgique. Espagne, Russie.— m. Douanes.
I. Composition, usages, espèces des fils de COTON.— Produit de la filature dn coton, le fil de coton, an'on dénomme aussi coton filé, s'obtient par le pas- .re de la matière première à travers une série de luchines destinées : les unes (batteuse, ouvreuse) à la nettoyer et à l'étendre, les autres (cardes, peigneuses) à établir le parallélisme des fibres, d'autres (étireuses, bancs à broches) forment des rubans, puis des mèches de plus en plus fines, suivant le numéro à obtenir, pour aboutir au métier à filer, qui achève le produit en lui donnant le degré de finesse et de torsion requis. Le fil de coton est ainsi composé de fibres de coton juxtaposées côte à côte et bout à bout, puis tordues ensemble pour obtenir une ténacité suffisante. Cette fibre est d'une telle ténuité, 'lu'avec un kilog. de coton on peut obtenir un fil de 1 million de mètres de longueur.
La longueur de la fibre varie beaucoup suivant I provenance etla qualité du coton, et naturellement ■ n'est qu'avec les fibres les plus longues qu'on •ut obtenir les fils les plus fins. Généralement, s établissements de filature se spécialisent pour inployer du coton d'une seule provenance, ou un aélange de deux provenances. Le coton des Indes
à fibres courtes ne peut fournir que des fils d'une faible longueur relativement à leur poids, et se mélange souvent au coton des États-Unis pour obtenir des fils de qualité moyenne. Pour les fils fins, on emploie le coton .d'Egypte appelé Jumel, ou le Géorgie longue soie. Une filature moderne n'est pas apte à produire tous les numéros de fils que comporte la qualité de la matière employée. Les filatures de gros numéros consomment par broche une quantité de matière beaucoup plus grande que les filatures de fin et doivent posséder par conséqnent un nombre plus considérable de machines préparatoires; par contre, les filatures de fin doivent employer des machines d'une plus grande précision.
Le principal usage du fil de coton étant la fabrication du tissu, les deux grandes divisions des produits de la filature sont la chaîne et la trame. La chaîne, destinée à former les fils longitudinaux dn tissu, doit être très résistante, subit une forte torsion; la trame, qui relie entre eux les fils de chaîne, ayant à résister à moins de traction dans l'opération du tissage, peut être faite de fibres moins longues et recevoir une torsion moins serrée. Chaîne et trame sont présentées à la vente sous deux formes: en bobines, qui, lorsqu'il s'agit de trame, prennent le nom de canettes, pour le tissage de l'écru ; en écheveaux,sile fil doit êtreemployé teint on blanchi. La canette, de dimension exiguë, de façon à pouvoir s'introduire à l'intérieur de la navette, est filée sur le métier renvideur ou self-acling. La bobine est produite par le métier renvideur ou par le métier continu à anneaux. La bobine self-acting d'épaisseur moyenne, ne contenant qu'un léger tube en carton long de 3 à 4 cm., ou même souvent, en Angleterre, ne contenant aucun tube, est la seule qui se prête, emballée en caisses on en fûts, à des expéditions lointaines. La bobine continue, d'un diamètre double ou triple, renvidée sur un tube traversant en bois ou en carton d'épaisseur variable, doit être consommée à petite distance du lieu de production. Ces deux genres de bobines se transforment en écheveaux dans les dévideries, pour les besoins de la teinture et du blanchiment.
C'est là le fil simple. Lorsqu'une plus grande ténacité du fil est requise, on fait usage de fils retors, formés de deux ou plusieurs fils simples retordus ensemble au moyen de métiers assez semblables aux métiers à filer. Plusieurs fils retors peuvent être eux-mêmes retordus ensemble pour former des câblés. Les fils à coudre sont des câblés, préparés d'une manière spéciale et blanchis ou teints.
Aumérotage. — Pour déterminer le degré de finesse des fils de coton, on a eu recours à un numérotage basé sur les différentes longueurs de fil tirées d'an même poids de coton. En France, le système métrique a été appliqué au numérotage des fils à partir de 1829- L'unité de poids est le demi-kilog. et l'unité de mesure, 1.000 mètres. Le numéro exprime ainsi le nombre de milliers de m. contenus dans un demikilog. : un fil n' 20 mesure 20.000 m. pour un poids de oOO gr. On se rend compte, dans la pratique, du numéro d'un fil en bobines au moyen d'une petite balance dite, du nom de son inventeur, romaine de Saladin : une aiguille, se déplaçant sur un cadran sous le poids d'une petite échevette de fil, indique directement le numéro. S'il s'agit de fil dévidé, le paquet, uniformément de 5 kilog., se compose d'écheveaux de 1.000 m., chaque écheveau subdivisé lui-
FILS DE COTON
FILS DE COTON
même en 10 échevettes de 100 mètres. Il est donc facile de se rendre compte du numéro du fil en comptant le nombre d'écheveaux contenus dans oOO gr. L'écheveau s'obtient sur un dévidoir dont le périmètre est de 1 m. 42857, de façon que 70 tours produisent 100 m. Ce système de numérotage, partout adopté maintenant en France, n'est entré qu'à la longue dans les habitudes: à Tarare, jusqu'en 1838, on s'est servi de l'ancien système, qui d'ailleurs n'avait aucune fixité, variant avec les localités. A l'étranger, d'autres systèmes ont prévalu. Le système anglais est naturellement le plus universellement connu et usité, l'Angleterre étant le pays d'élection de l'industrie cotonnière. Le numérotage anglais a pour unité de longueur 840 yards ou 768 m. 10 et pour unité de poids la livre anglaise de 453 gr. 1/2; 840 yards est la longueur de fil contenu dans l'écheveau anglais, composé de 7 échevettes de 120 yards produites par 80 tours d'un dévidoir ayant 1 yard 1/2 ou 1 m. 371 de circonférence.
On peut obtenir facilement le numéro français correspondant au numéro anglais en multipliant le chiffre exprimant ce numéro par 846,5, nombre de mètres, dans 500 gr. équivalant au n» 1 anglais. Nous indiquons d'ailleurs dans le tableau ci-après la correspondance des numéros français avec les numéros anglais.
A l'étranger, on se sert en général du numérotage anglais; en Belgique seulement un système mixte a été adopté.