NUMÉROS DES FILS
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Au
fur et à
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des perfectionnements de
l'industrie cotonnière, la filature a
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des filatures tra-
vaillant le coton écru, on trouve des établissements qui filent du coton blanchi ou teint en bourre, permettant ainsi d'obtenir une grande variété de produits, fils mélangés de blanc et de couleur, de deux ou de trois couleurs, et offrent par là même de nombreuses ressources à la fabrication.
Les fils écrus, à leur sortie de l'usine, sont souvent employés sans transformation, soit à la fabrication des tissus de coton écru pur, soit à celle des tissus mélangés de lin, de laine et de soie, soit encore à la bonneterie ou à la passementerie, à la fabrication de cordes et cordonnets et à celle du fil à coudre, ou bien subissent une transformation préalable. Mis en écheveaux, ils passent à la teinturerie ou à la blanchisserie. Ou y imprime des bandes de diverses, couleurs et de diverses épaisseurs pour obtenir ce que l'on appelle le chiné, nécessaire à certains effets dans la cotonnade de couleur. Certains fils sont aussi gazés, passés rapidement sur une fiamme qui en enlève le duvet. D'autres sont laminés pour leur donner une forme et un brillant spécial. On fait aussi des fils glacés, qui ont une raideur qui se rapproche du crin et s'emploient pour la fabrication des lacets et de quelques tissus spéciaux.
Cette rapide énumération permet de voir à combien d'usages divers se prête le fil de coton, et de se rendre compte du débouché de l'énorme quantité qui s'en fabrique dans le monde.
II. Filature de coton : Nombre des broches, consommation. — L'industrie du coton, la dernière en date des diverses industries textiles, est aujourd'hui, de toutes, la plus importante par l'abondanceet le bon marché de ses produits autant que par la diversité des emplois auxquels ils se prêtent. L'invention du métier à filer marque le point de départ de l'usage du coton. Tandis que la laine, le lin et la soie servaient déjà de matière première à de grandes industries, les étoffes de coton étaient encore une curiosité, un objet exotique et coûteux, presque comme au temps des croisades, ovi une robe de coton figurait au rang des joyaux dans un testament. Si la fabrication du coton existait déjà à Manchester en 1641 et à Rouen en 1701, avec de la matière première importée du Levant, c'est seulement dans la seconde moitié du XVIIP siècle que se constitua réellement l'industrie cotonnière européenne, au moment où coïncidaient l'arrivée des premières balles de coton d'Amérique et la construction de la «Spinning Jenny». La première trace d'une import, en Angleterre de coton des bords du Mississipi est relevée en 1747 : 7 balles arrivaient; en 1770, on en recevait encore 7 balles, et c'est en 1767 que James Hargreave (deBlackburn) inventa la spinning-jenny filant huit fils à la fois, origine de notre moderne métier à filer. Arkwrigbt en 1769, Samuel Crompton en 1779, perfectionnaient successivement le mécanisme pour arriver au métier renvideur mull-jenny, père du renvideur self-acting, et au métier continu. A la même époque, l'usage du coton américain est de 71 balles en 1784 et se développe rapidement à partir de 1790. La France au même moment ne restait pas inactivo. Le Gouvernement accordait des privilèges et des secours aux importateurs des nos velles machines à filer anglaises. En 1790, la Franc manufacturait environ 4.000.000 de kilog. de cote brut, pendant que l'Angleterre pouvait en transfol mer 12.000.000 de kilog. Mais vint la Révolution les guerres- qui suivirent : les progrès s'arrêtèreol
FILS DE COTON
FILS DE COTON
Le gonvernement dn Consulat et de l'Empire chercha à favoriser cette nouvelle industrie : en 1801, un concours de machines à filer était ouvert. En 1806, le décret établissant le blocus continental poussa les fabricants à perfectionner leur outillage. A Wesserling s'élève la première filature d'Alsace. Dans le Haut-Rhin, dans les Vosges, dans la Seine- Inférieure, de nouvelles entreprises se fondent ; d'autres dans le Nord, l'Aisne et la Somme. Vers 1813, la France transformait environ 8.000.000 de kilog. de coton, mais r.\ngleterre en mettait en œuvre à la même époque 4o.0(X).000. A ce moment, la filature peut être représentée comme entrant dans l'adolescence. En France, c'était une industrie de serre chaude vivant à l'abri d'une prohibition absolue de tous fils et tissus étrangers, mais devant porter la charge du droit énorme de 8 fr. par kilog. de coton entrant en France. Aussi, lorsqu'en 1814 le lieutenant-général du royaume autorisa l'entrée des marchandises étrangères et leva brusquement le droit de douane sur la matière première, les ruines furent nombreuses, et la Restauration revint an système prohibitif absolu. Pendant ce temps, la filature se développait plus librement en .Angleterre; il est vrai que l'entrée des tissus de coton était interdite, mais la matière première n'était pas frappée, et dès 1825 les tissus étaient admis avec un droit de 20 •/•• Nous marquerons simplement jusqu'en 1870 les étapes de l'industrie en France et en Angleterre : aussi bien, dans le reste de l'Europe, l'industrie cotonnière, dont nous verrons plus tard le rapide développement, a eu des débuts plus tardifs. En 1825, sur 140 millions de kilog. de coton transformés en Europe, 73 millions l'étaient par l'Angleterre et 28 millions par la France. Voici les quantités de coton transformées en France, moyennes annuelles, rar périodes décennales, de 1827 à 1867 :
Kilog.
Nombre de broches
En Angleterre, la quantité de coton travaillée en 1859 était de 443.000.000 de kilog., le nombre des broches, de 30.000.000; en 1851, le nombre des broches était de 18.000.000 seulement. En 1867, ce nombre progresse jusqu'à 34.000.000. On sortait à ce moment des années de crise intense causée par la guerre civile des États-Unis. Le prix du coton Louisiane était monté de 1 fr. 68 le kilog. en décembre 1860 an prix de 7 fr. 26 dans l'été de 1864. Les meilleurs esprits crurent à ce moment la suprématie des États-Unis pour la production du coton à tout jamais abolie ; le travail libre n'obtiendrait jamais, pensait-on, les mêmes résultats que le travail esclave. C'est cependant depuis lors que l'industrie cotonnière a pris son véritable essor, aidée par les merveilleux progrès de la mécanique, qui ont décuplé en même temps les moyens de transports et la faculté de production des manufactures, alimentée de plus en plus largement de matière première par ces mêmes planteurs américains dont l'avenir avait paru si compromis. Tout doit-il être admiré dans cette marche en avant? Nous ne le pensons pas. La politique protectionniste, maîtresse de la majeure partie du continent européen, a sans doute amplifié le mouvement d'une manière factice, au risque de produire de fâcheux engorgements.
mais le spectacle ne s'en déroule pas moins avec une réelle majesté.
Afin de rendre sensible ce développement, nous réunissons dans le tableau suivant les statistiques que nous avons pu recueillir sur le nombre de broches dans les divers États de l'Europe à différentes époques:
Millions de broches
Angleterre 18
France 4,5
Alsace-Lorraine • Allemagne(Zoll-
verein) 0,9
Autriche -Hongrie 1,4
Suisse 0,9
Espagne 0,7
Belgique 0,4
Italie »
Suède »
Hollande »
Russie »
Enrope ( moins Gde-Bretagne) 8,8 11,9 19,3 24,9 30,320
Étals-Unis » » 12,7 14 17,336
Indes angl 0,338 0,593 1.8 2,75 4
En examinant le tableau qui précède, tableau qu'il faut considérer comme approximatif seulement, un fait frappe immédiatement l'attention : c'est la faible part de la Grande-Bretagne dans l'augmentation du nombre des broches depuis 1878, ce nombre ne s'étant accru que de 10 Vo env., pendant que le continent européen l'augmentait de 55 •/. environ. Voici d'ailleurs, d'après la compilation Cotton facts de Shepperson (de New- York) et la dernière revue annuelle de MM. Ellison et C, de Liverpool, l'estimation annuelle du nombre des broches en Angleterre et sur le continent, depuis 1887 :
Grande-Bretagne Continent Milliers de broches