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le Calvados

2.217.800 broches Le nombre de broches a donc diminué depuis cette époque. D'après les documents fournis par le Lloyd Rouennais, il existerait :

Dans la Seine-Inférieure... 1.223.442 broches

— l'Eure 263.914 -

— l'Orne 68.096 —

— le Calvados «5.492 —

1.010.944 broches Il faut y ajouter pour les départements voisins : la Mayenne, 35.000 broches; la Sarthe, 15.000; la Manche, 10.200.

Par contre, le nombre des broches par filature a constamment augmenté : de la moyenne de 4.100 broches en 1834, on arrive à celle de 10.300 en 1869 pour la Seine-Inférieure et l'Eure, de 13.000 pour la Seine-Inférieure en 1896, de 20.000 pour 13 filatures de Rouen même en 1896.

En raison de son ancienneté même, la filature normande s'est transformée plus difficilement. Petit à petit, de la majeure partie des plus vieux établissements, impuissants à loger un matériel neuf et perfectionné dans des locaux impropres à le recevoir, il n'est resté que des murs ébranlés. Mais, malgré la diminution du nombre des broches, la production normande des filés de coton doit être au moins égale à celle d'autrefois. Les variations dans la moyenne des numéros produits rend difficile une comparaison entre le volume de la production en 1869 et celui de la production d'aujourd'hui; mais si l'on compare la production dans un même numéro d'une broche de 1896 avec celle de 1874, on se rendra compte immédiatement des progrès du matériel.

Production en 12 heures d'une broche d'un métier self-acting :

Coton Louisiane, chaîne 14... 115 gr. 160 gr.

Avec le métier continu à anneaux on obtient, en chaîne 20, 140 gr. Par conséquent, une broche travaillant la chaîne 20 produisait dans une année de 300 jours de travail 24 kilogr. en 1874, et elle produit 33 kilog. en 1897.

La plupart des anciennes filatures de Normandie étaient établies dans les vallées, sur de petits cours d'eau auxquels elles empruntaient la force motrice. Toutes celles qui restent encore en activité ont installé un moteur à vapeur à côté du moteur hydraulique, trop irrégulier. Les filatures nouvelles n'ont pas cherché d'autre force motrice que la vapeur, le choix de leur emplacement a été dirigé surtout par la facilité de réception de la matière première et du combustible.

La filature normande produit surtout les gros numéros. Le n" 32 pour la chaîne est à peu près le plus fin qui se produise; en trame on va jusqu'au n" 40, mais la quantité en est restreinte. Les numéros de grande production sont de 14 à 20.

Les produits alimentent d'abord le tissage de Normandie, puis en grande partie celui de la Loire et du Rhône. Une quantité considérable de fils est expédiée aussi à Troyes, pour l'usage de la bonneterie.

La passementerie, les fabriques de cordes et ficelles de coton prennent une quantité notable. Enfin, Lyon, pour la fabrication des tissus mélangés de soie, consomme quelque peu.

C'est le coton d'Amérique, dans les qualités de bonne moyenne (low-middling et strict-lovv-middling), qui est le plus employé. Pour les qualités de trame commune en gros numéros, on mélange souvent le coton de l'Inde à celui des États-Unis, mais rarement le coton de l'Inde est employé seul. Ajoutons que le coton de l'Inde est de plus en plus délaissé, depuis la grande abondance et la baisse de prix du coton des États-Unis.

Le département du Nord est devenu, depuis quelques années surtout, un grand centre de production de fils de coton. En 1858, on y comptait env. 700.000 broches : nous avons dit qu'aujourd'hui on pouvait y compter approximativement 1.870.000 broches, soit une augmentation de 1.170.000 en 40 ans. C'est à Lille même et dans ses faubourgs qu'est le centre le plus important de filature : on y compte 20 établissements comprenant 905.000 broches, soit 45.000 broches par établissement; il faut dire qu'un seul

FILS DE COTON

FILS DE COTOX

de fondation récen.te,comprend itjO.OOO broches. Tourcoing vient ensuite avec 482.000 broches réparties entre 13 filatures. I^ moyenne est de 32.000 broches par établissement. Roubaix compte 12 filatures comprenant 435.000 broches, soit 3tj.000 broches en moyenne. Enfin deux filatures à Armentières comprennent ensemble 4;j.000 broches. Il est à remarquer que dans ces entreprises plus récentes l'importance de chaque établissement est beaucoup plus grande que dans l'industrie plus ancienne de la Normandie; là, les filatures nouvellement édifiées sont bien de 20 à 30.000 broches, mais aucune n'a l'importance de celles du Nord.

La fabrication du Nord est beaucoup plus variée que celle de Normandie. Un bon nombre, parmi les filatures de Lille en particnlier,Ionrnissent la matière première aux fabriques de fils à coudre, sont consacrées par conséquent aux numéros fins faits en matière de qualité supérieure : d'autres, comme la Société cotonnière d'Hélemmes, la plus importante de la région avec ses 160.000 broches, fondée en partie avec des capitaux anglais, en vue de l'élévation des droits par le nouveau tarif des douanes, se consacrent anx fils en coton d'Egypte ( jumel) cardés en numéros fins et moyens. Plusieurs travaillent du coton peigné. Une partie importante de la production sert à faire des retors, consommés pour la fabrication des tulles et dentelles et par l'industrie lyonnaise. Les gros numéros en coton des Etats-Unis, plus ordinaire, quelquefois en déchets, alimentent les tissages de coton d s environs, les tissages de velours, ou sont employés à des mélanges avec le lin dans les usines d'Armentières. La Normandie, l'Est et la Loire sont aussi tributaires du Nord pour certaines sortes. La filature du Nord paraît particulièrement bien placée, au triple point de vue du bon marché de la construction, de l'approvisionnement de combustible, de l'abondance et de la qualité de la main-d'œuvre. Nous devons dire aussi que les établissements pourvus du matériel le plus perfectionné sont généralement dirigés par des hommes instruits, hardis, préparés par leur milieu à l'exercice de la grande industrie, et de pins pourvus de capitaux abondants.

L'industrie cotonnière de la région de l'Est a été bouleversée par la séparation de l'Alsace en 1871. La filature avait élu particulièrement domicile dans le département du Haut-Rhin et alimentait en même temps les tissages voisins et beaucoup de plus éloignés, disséminés dans les vallées des départements des Vosges et de la Haute-Saône. On a estimé que la perte de l'Alsace avait enlevé à la France env. 1.600.000 broches de filature. La filature française ne pouvait plus sufBre à l'alimentation des tissages: aassi voyons-nous la moyenne décennale de l'import. des fils de coton simples écrus, de 757.154 kilog. qu'elle était dans la période de 1^7 à 1866, s'élever à3.49o.o60 kilog. dans celle de 1867 à 1876, et à 9.831.172 kilog. dans celle de 1877 à 1886. Jusqu'en 1881, le mouvement de construction de nouvelles filatures dans la région de l'Est ne s'était pas accéléré; à cette époque on comptait :

Broches Dans le départ, des Vosges, environ 436.000

— de .Meurthe-et-Moselle... 40.000 Territoire de Belfort 48.000

— dn DoDbs 27.000

Entent 551.000

Le chiffre des broches de la Haute-Saône n'était pas connu. En 1890, il y avait déjà une augmeotation, mais encore modérée :

Vosges 574.500 broches

.Meorlhe-et-.Moselle 73.800 —

Territoire de Belfort 86.500 —

Doubs 29.800 —

Saof la Hante-Saône, en tonl: 764.600 broches chiffre supérieur de 213.600 broches à celui de 1881. A partir de 1890, l'augmentation du nombre des tissages, les espérances données aux industriels par les progrès du système protectionniste, produisirent une véritable explosion d'entreprises nouvelles, et l'on vit presque doubler le nombre des broches, de façon qu'en 1896 :

Les Vosges avaient 1 .032.300 broches.

Menrthe-el-.Moseile 83.000 —

Le territoire de Belfort 160.300 —

Le Doubs 76.000 —

El comptée pour la première fois,

la Hante-Saône 121.400 —

Formant en tout i. 473. 000 broches.

Les broches nouvelles, tontes d'nae plus grande puissance de production, suffisent maintenant à alimenter tous les tissages de la région, malgré leur récent pullulement. Il ne vient plus du dehors dans le rayon de l'Est que des fils spéciaux, des fils de coton jumel cardés et peignés, bien que quelques filatures de la région les produisent aussi; et de ces fils venant du dehors peu viennent de l'étranger, le Nord les produisant en grande partie. La filature de l'Est est presque entièrement consacrée aux numéros moyens filés en coton des États-Unis. Le numéro classique, pour la chaîne, est le 28 et pour la trame, le 37; cependant la moyenne a sensiblement grossi depuis 20 ans. Le poids des tissus a augmenté dans l'Est comme ailleurs; la consommation des tissus faits en chaîne W 20 et en trame n* 26 s'est beaucoup étendue et le numéro moyen peut se trouver vers 26 pour la chaîne et 30 pour la trame. La plus grande partie de la chaîne est produite maintenant par les métiers continus à anneaux : le tisseur y trouve l'avantage d'un moindre déchet et d'un fil plus résistant, quoique moins élastique, le métier continu donnant une torsion plus serrée.

Plusieurs filateurs ont joint des dévideriesàlears établissements : nouveant^j dans l'Est, où le tissage de l'écrn est presque seul en usage. Mais il a fallu, dans ces derniers temps, chercher des acheteurs plus lointains, en présence des crises de surproduction : c'est chez les tisseurs de couleur de la Loire qu'on a pensé les trouver. L'importance moyenne des établissements est moins grande que dans le Nord, mais plus qu'en Normandie : les filatures de 30 à 40.000 broches se rencontrent fréquemment. Nous pensons que la production, à numéro égal, doit être plus forte dans l'Est qu'en Normandie (qui compte cependant un nombre de broches supérieur), l'Est possédant une proportion plus grande de machines de construction récente et perfectionnée. Les chutes d'eau, là comme en Normandie, ont été la cause première de l'établissement de l'industrie cotonnière dans les vallées des Vosges, .aujourd'hui encore, cet agent mécanique a conservé là une importance plus grande qu'ailleurs, mais partout maintenant la vapeur vient y ajouter sa puissance.

11 nous reste à dire un mot de la quantité du coton transformé par la filature française et dn commerce extérieur des fils de coton.

FILS DE COTON

FILS DE COTON

Depuis qnelques années les quantités importées ont toujours été en diminuant. Voici ces quantités pour les trois années précédant 1896, et comme point de comparaison pour l'année 1889, en exceptant les fils taxés aux 1.000 m., dont le poids est difficile à établir:

1893 Kgr. ;).429.000

Nous terminerons cette notice sur la filature française en donnant, avec le moins de lacune possible, le tableau des prix du coton en laine et des filés en numéros ordinaires, de 1811 à 1896 :

Prix

Sogti

Prix

Prix

Scgw

du

des

du

des

coton

filés

coton

filés

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