FONDS DE COMMERCE
FONTE
pensable que tous les moules laissent dégager le gaz oxyde de carbone qui s'échappe pendant la coulée). Le moulage en terre est employé pour les grosses pièces circulaires qui peuvent s'obtenir sans modèles et pour celles qui se présentent rarement et dont le modèle serait trop coûteux. Il nécessite l'emploi d'ouvriers spéciaux, particulièrement habiles.— 3. Le moulage en coquille est un moulage qui consiste à couler les pièces dans un moule en métal. Il s'emploie assez rarement, dans le cas seulement où l'on a besoin de pièces à surface très dure, comme les cylindres de laminoirs.
Comme on le voit, le moulage exige un personnel de choix; d'où l'invention des machines à mouler. Le moulage mécaniqrie donne des résultats avantageux dans les cas où l'on a à produire un grand nombre de pièces simples; par exemple, comme aux usines du Pied-Selle à Fumay (Ardennes), où, entre autres, on fond par millions des boutons de portes, «maillés ensuite.
Le moule étant préparé par une des méthodes indiquées ci-dessus, il faut le remplir: c'est la coulée. On débouche le trou de coulée du cubilot, la fonte s'écoule dans une poche métallique garnie de terre réfractaire que l'on enlève à bras ou à la grue, et le contenu de cette poche est vidé dans le moule. Au dessus du moule, on ménage une masselotte, espace vide que l'on remplit de fonte, de façon à ce que le poids de cette fonte expulse les sou ffluresqn'i peuvent exister dans la pièce qu'on vient de couler. Cette pièce, refroidie, est démoulée, puis nettoyée, ébarbée. Comme exemple de très grande fonderie tout à fait récente, nous citerons celle de Schenectady (États-Unis). Le bùtiment principal a liiS m. sur 43. Le cube total des bâtiments est de 92.000 m. cubes et leur construction a exigé 12.000 T. d'acier. L'éclairage naturel est largement assuré par 2.319 m. c. de châssis vitrés et 1.200 m. c. de croisées. La nuit, une lampe à arc par 240 m. c. de surface assure le travail dans d'excellentes conditions. L'air est renouvelé 4 fois par heure au moyen de ventilateurs. 7 ponts roulants électriques desservent l'atelier principal; le plus grand a 19 m. 81 de portée, et une force de 40 T. L'atelier d'ébarbage dispose d'un pont roulant de 10 T. sur 14 m. 38. Les bâtiments en aile sont desservis par une grue de 7 T. et trois de 5 T. Les colonnes principales qui supportent les grands ponts roulants et la toiture sont disposées pour recevoir la volée d'une grue deo T., ayant 6 m. 40 de portée. Partout sont posées des voies de service. Un des nombreux cubilots peut fondre 18 T. à l'heure. Le ventilateur qui desserties cubilots est actionné par une machine de 60 chevaux. Le nettoyage et l'ébarbage se font dans une aile spéciale du bâtiment où 4 ventilateurs aspirants entraînent la poussière produite. Tous les ateliers sont pourvus de lavabos, de bains et de douches. Nous avons dit quelques mots des fonderies d'acier dans notre article Aciérie. C'est dans des convertisseurs spéciaux, généralement, et dans des creusets que l'on fond l'acier. Pour le bronze, l'appareil de fusion est soit le creuset, soit le four à réverbère. Arthur Rubin,
Ingénieur des Arts et Manufactures.
FONDERIE EN CARACTÈRES. V. Car.vctères d'imprkmerie.
FOXDS Dlî COMMERCE. (Comptabilité.) Le fonds de commerce comprend, d'une manière géné-
rale, l'achalandage, l'enseigne, le nom, le mobilier commercial ou industriel, le matériel, les marchandises en magasin, les brevets et le droit au bail. Le matériel, les marchandises et les brevets s'évaluent fréquemment à part et forment alors autant de chapitres distincts dans l'Inventaire de l'acquéreur.
Le compte Fonds de commerce représente par son débit le prix d'achatdu fonds de commerce. Ce compte figure dans les Valeurs immobilisées. (V., à Compte, la classification rationnelle des comptes.) Le Fonds de commerce est en effet, pour celui qui l'a acheté et payé, un capital immobilisé au premier chef. Nous conseillons de l'amortir, comme le Matériel et les Immeubles, quand il y a des raisons de croire qu'il a perdu ou qu'il perdra de sa valeur, ou quand cette valeur, comptée comme Apport, a été exagérée, comme il arrive fréquemment dans la constitution des Sociétés commerciales. Dans le cas contraire on peut le laisser à son prix d'achat, surtout dans les Sociétés où il est fait des réserves extra-statutaires. Il faut s'inspirer de ce principe que l'actif Fonds de commerce doit représenter par son chiffre la valeur qu'on en pourrait sûrement tirer à la vente. Dans le bilan du créateur d'un Fonds de commerce on peut, pour figurer cette valeur créée, ouvrir le compte Fonds de commerce par le crédit du compte Capital. Cela ne met rien en caisse et n'ajoute, il est vrai, aucuue valeur aux choses. Mais, à la condition de rester plutôt en deçà de la valeur de son Fonds de commerce, le commerçant peut dire que son Bilan représente mieux ainsi l'intégralité de son actif et de son passif. E. L.
V. Cessio.x de fo.nds de commerce. Garant, G.\rantie, Location et Bail de fonds de gommehce. Nantissement.— Si le propriétaire d'un fonds de commerce le donne en nantissement, à titre de garantie spéciale, à tel ou tel de ses créanciers, tout en continuant à l'exploiter lui-même, de quelle manière la mise eu gage devra-t-elle être effectuée? La jurisprudence (C. de Cass., 13 mars 1888) considérait autrefois comme une formalité suffisante la remise entre les mains du créancier gagiste du titre d'acquisition du fonds, ce qui ne permettait pas cependant de renseigner les tiers, et constituait en réalité un nantissement clandestin, contraire à l'esprit de nos lois relatives au gage.
La loi du 1" mars 1898 est venue organiser pour le nantissement des fonds de commerce une publicité spéciale, en prescrivant que tout nantissement de cette nature devra, à peine de nullité vis-à-vis des tiers, être inscrit sur un registre public tenu au greffe du tribunal de commerce dans le ressort duquel le fonds est exploité.
FO.XTE. (Syn. : .\ngl. : Pig-iron. — Allem. : Roheisen. — Russe : Tchougoùne. — Suéd. : Tackjern. — Esp. : Hierro fundido. — Ital. : Ghisa.) Sommaire : Définition.— 1. .Mixeuais de keu : Composition et gisements de leurs principales variétés ; o-xydés anhydres, oxydés hydratés, carbonates, minerais accessoires; préparation; essai, législation française; considérations sur l'implantation des hauts-fourneaux; production, exportation, importation, consommation en France, Angleterre, Allemagne et Luxembourg, Belgique, Hussie, Autriche-Hongrie, Suède, Italie, Espagne, Etats-Unis; droits de douane. — II. Fahuication de la FONTE : Hauts-fourneaux au colfe, au bois; diverses qualités de fonte; leur classification : moulage, puddlage Ressemer, Martin ; fontes spéciales, spiegels, etc. — IIL Phoductio.n et commekce : Généralités; tableau de' la production annuelle des divers pays de 1877 à 1896.
FONTE
FONTE
— Conditions de la prodaction dans les principaux pays, et éléments de leurs prix de revient; produclion, exportation, importation, consommation, production moyenne par haut-fourneau.— Droits de douane.— Résumé comparatif de la situation actuelle de la sidérurgie dans les "principaux pays producteurs; revne sommaire des pays consommateurs.
DÉFINITION. — Lorsqu'on réduit du minerai de fer dans un haut-fourneau, on n'obtient pas du fer chimiquement pur: ce métal se combine toujours avec un certain nombre d'éléments apportés, soit par le minerai ou sa gangue, soit par les autres matières, combustible et fondants, destinées à opérer la réduction et à former nn laitier fusible. Dans ces conditions, le produit de la fusion, auquel on a donné le nom de fonte, est du fer renfermant toujours du carbone, presque toujours du silicium, souvent du soufre, du phosphore, quelquefois du manganèse et d'autres corps moins importants. Sa teneur en carbone n'est jamais inférieure à 2 •/, et peut aller jusqu'à 5 •'„, en sorte qu'on peut définir la fonte un carbure de fer contenant de 2 à o % de carbone, abstraction faite des autres éléments accessoires. Elle fond aux environs de 1.200"; sa résistance à la traction ne dépasse guère 13 à 14 kgr. par mm. carré; elle casse sans allongement, c'est-à-dire (ju'elle n'est pas malléable; elle se moule facilement, mais on ne peut ni la forger, ni la souder.
I. MixERMs DE FER. — Les mlucrais de fer dont les gisements sont les plus importants sont les ■ix\des, que l'on peut classer en minerais oxydés iihydres et minerais oxydés hydratés. Les premiers inprennent : l'oxyde magnétique, le fer oligiste, les hématites rouges; les deuxièmes : l'hématite lirune, le fer oxydé hydraté en roche, le fer oxydé hydraté en grains, l'hématite jaune, les limonides. Après les oxydes viennent les minerais carbonates, parmi lesquels nous considérerons : le fer carbonate spathique, le carbonate honiller et le carbonate du lias.
On rencontre encore le fer à l'état de silicate dans nn grand nombre de roches qui n'ont qu'une importance très secondaire pour le métallurgiste.
Enfin nous mentionnerons la pyrite de fer ou sulfure de fer, qui, après élimination du soufre par grillage pour la fabrication de l'acide sulfurique, laisse un oxyde de fer employé comme minerai depuis une quinzaine d'années.
Nous allons dire quelques mots de chacune des variétés de minerais précédemment énumérées.
§ 1". Minerais oxydés anhydres. — 1. Oxyde magnétique ou fer oxydulé. — Lorsqu'il est pur, c'est le plus riche des minerais de fer; il renferme 72 Vo de fer métallique . Sa couleur est gris bleuâtre et sa poussière gris foncé. Sa densité est de o,iO. On le reconnaît aisément à son action puissante snr l'aiguille aimantée. Ses blocs présentent fréquemment des pôles magnétiques et constituent alors l'aimant naturel ou pierre d'aimant.
Il se cristallise en octaèdres, mais généralement on le rencontre à l'état amorphe, formant des filons on des amas puissants dans les terrains anciens. Il se trouve principalement en Snède, où sa composition se rapproche de la formule théorique ; il est très abondant aux États-Unis, dans le district du lac Supérieur. En Algérie, aux mines de .Moktael-Hadid, il est mélangé d'une grande quantité de peroxyde de fer. Il existe encore dans l'Oural, au Canada, à Calamita, dans l'ile d'Elbe. Ce minerai
est dur, de sorte qu'il donne peu de poussière, ce qni est avantageux pour les hauts-fourneaux, mais il est quelquefois d'une réduction difficile à cause de sa compacité; aussi, en Suède, on commence souvent par le griller pour le transformer en peroxyde et lai donner de la porosité.
En général, il est pur de sonfre et de phosphore et renferme souvent du manganèse à dose assez élevée, aussi convient-il pour donner de bonnes fontes pour aciers de qualité.
j 2. Fer oligiste ou spéculaire. — C'est du sesqnioxyde de fer cristallisé en rhomboèdres aplatis devenant le plus souvent des lamelles hexagonales. ! brillantes. Sa poussière est rouge. Lorsqu'il est pur, ! il renferme 69 V» de fer. Il est plus facilement py- I riteux et moins manganésifère que le fer oxydulé, ce I qui lui donne une valeur un peu moindre; on le ren- I contre dans des conditions de gisement analogues. Il I constitue celui de l'île d'Elbe, qni est très important. Lorsque les paillettes hexagonales deviennent très petites et que le fer oligiste prend une texture schisteuse, on a la variété appelée «fer micacé».
3. Hématite rouge. — L'hématite rouge a la même composition que le fer oligiste, mais n'est pas cristallisée. Elle se présente tantôt en masses mamelonnées ou fibreuses dures, tantôt en masses tendres et douces au toucher. Sa couleur est rouge, mais elle devient un peu violacée lorsqu'il y a du manganèse. Elle forme des gisements considérables à Bilbao et dans le Cumberland; on la rencontre surtout dans les terrains de transition et le jurassique. Le fer oxydé rouge en est une variété.
§ 2. Minerais oxydés hydratés. — Les minerais oxydés hydratés se distinguent des oxydes anhydres par leur poussière, qui est jaune au lieu d'être rouge. La teneur en fer la plus élevée qu'ils puissent avoir est de 59 " „, mais en général elle est très inférieure à ce chiBre.
1. Hématite brune. — L'hématite brune se trouve en filons ou en amas dans les terrains anciens et quelquefois dans les terrains secondaires. Elle forme assez souvent des masses mamelonnées qui deviennent noirâtres lorsque le minerai renferme du manganèse. Ce dernier pent quelquefois s'y élever jusqu'à D à 6 Vo-
Sa réduction est facile, de sorte que lorsqu'elle est pure, c'est un minerai de grande valeur.
On en trouve en France dans les Pyrénées, l'Ardèche, le Gard; dans beaucoup de gisements de l'Algérie, et en Espagne à Bilbao, Carthagène, etc.
2. Fer oxydé hydraté en roches. — Cette variété remplit de vastes cavités dans le calcaire jurassique. Sa couleur varie du jaune au violet, sa densité de 3 à 3,.t; sa qualité est très inégale. Elle n'est pas manganésée. Comme exemples de gisements, nous citerons ceux de Corbières dans l'Aude, de la Tafna et de Milianah en Algérie, de Carthagène en
3. Fer oxydé hydraté en grains. — Ce minerai se présente en grains de grosseur variable, ayant jusqu'à 15 mm. de diamètre; il forme de véritables couches dans les terrains tertiaires et d'alluvion, comme dans le Berry, la Nièvre, etc., ou bien à différents niveaux des terrains secondaires, comme dans la Franche-Comté et les Ardennes. Les grains sont souvent empâtés par une gangue argileuse qu'il est possible d'éliminer en grande partie par nn lavage. Ordinairement, ils ne sont pas manga-
FONTE
FONTE
nésés; le pliosphore peut s'y rencontrer à dose assez élevée.
4. Hématites jaunes. — Les hématites jaunes sont des minerais plus impurs et plus hydratés que les précédents. On peut considérer les minerais oolithiques comme faisant partie de cette variété; ils forment à la base de l'oolithe, dans l'Est de la France, en Lorraine et dans le Luxembourg, des couches importantes. Ces minerais sont pliosphoreux et se présentent en grains agglutinés par un ciment ferrugineux très dur. Leur teneur en fer est de 25 à 33 % ; ce sont donc des minerais pauvres et impurs, mais leur bas prix, leur facilité de traitement, leur abondance ont fait de cette région de l'Est, surtout dei)uis que les fontes phosplioreuses ont su être utilisées pour la fabrication de l'acier, grâce à l'invention (hi procédé basique, une des régions métallurgiques les plus riches et les plus productives.
o. Limonites. — Ce sont des minerais très impurs, renfermant du phosphore, du soufre, de l'arsenic ; leur aspect est poreux et cloisonné ; ils se forment encore de nos jours dans certains lacs. Les ocres sont des mélanges de limonites et d'argile. Ces limonites sont rarement traitées aux hautsfourneaux, à moins qu'on ne puisse les mélanger avec de bons minerais pour les améliorer.
§ 3. Minerais carbonates. — 1. Fer carbonate spathique ou cristallisé. — Ce minerai se rencontre en amas ou en filons dans les terrains anciens; il cristallise en rhomboèdres. Sa teneur en fer, lorsqu'il est pur, est de 48 »/„. Sa couleur est blanche, mais au contact de l'air humide il brunit en se transformant en hématite brune. En général, il ne contient pas trop de phosphore, mais il renferme souvent du soufre et de l'arsenic. C'est un minerai facilement réductible; on peut l'enrichir par le grillage, qui le transforme en sesquioxyde.
En France, on le rencontre en filons à Allevard {Savoie) et dans les Pyrénées; il forme des amas très importants en Styrie et en Carinthie; on le trouve encore en Lombardie, dans le pays de Nassau, etc.
2. Carbonate houiller. — Le carbonate houiller apparaît : 1" sous forme de rognons aplatis, plus ou moins volumineux, enchâssés au toit ou au mur des couches de houille, et prend alors le nom de fer carbonate litlioïde ou sphérosidérite; 2" d'autres fois il constitue des couches minces dans le terrain houiller et devient schisteux et bitumeux, formant le Blackband d'Ecosse, le Kohleneisenstein de Westphalie. 11 est utilisé dans ces deux contrées.
3. Carbonate du lias. — On le trouve en couches puissantes dans le lias du Cleveland ; son aspect est verdàtre. Après grillage il ne renferme que 2o à 30 Vo de fer : c'est donc un minerai pauvre; de plus, il est très phosphoreux, mais il est très facile à traiter. Le voisinage des houilles de Durham a permis de l'exploiter très activement et a fait du Cleveland un district métallurgique très prospère.
§ 4. Minerais accessoires. — i. Minerais silicates. — La chamoisite ou hydrosilicate de fer, que l'on trouve en couches épaisses dans le Valais, est le seul silicate naturel que l'on ait quelquefois exploité pour en retirer le fer.
On utilise aussi, comme minerai de fer, les scories de forge, dont la composition varie avec les opérations métallurgiques qui leur ont donné naissance; mais ce sont toujours des silicates de fer plus ou moins basiques.
2. Résidus de pyrites grillées. — Le grillage des pyrites élimine le soufre à l'état d'acide sulfureux, employé à la fabrication de l'acide suif urique,et laisse un résidu de sesquioxyde de fer pouvant renfermer jusqu'à Oo Vo de fer, constituant un minerai riche et utilisable lorsque le soufre a été bien éliminé. Il en reste cependant toujours au moins o millièmes.
Le résidu des pyrites grillées est en poussière, de sorte que, pour en passer beaucoup dans un hautfourneau, il est nécessaire de l'agglomérer sous forme de briquettes.
3° Minerais de manganèse et de chrome. — En outre des minerais dont nous avons parlé, les hauts fourneaux reçoivent des minerais de manganèse et de chrome pour la fabrication de fontes spéciales qui sont des alliages de fer et de manganèse ou de fer et de chrome. On les désigne dans l'industrie et le commerce sous les noms de ferro-manganèse, ferro-chrome.
§ 5. Préparation des minerais. — Les minerais peroxydes anhydres et les minerais peroxydes hydratés en roche sont presque toujours fondus sans autre préparation que le cassage et le triage à la main. Cependant, quand ils renferment des pyrites, qui altéreraient la qualité des produits, il y a avantage à les griller, soit en tas, soit dans des fours spéciaux, et à laisser ensuite les minerais grillés exposés le plus longtemps possible aux intempéries; le sulfure de fer se transforme ainsi en sulfate, qui est dissous et entraîné par les eaux pluviales.
Les minerais carbonates lithoïdes des houillères sont toujours soumis au grillage, qui les transforme en peroxyde de fer et les débarrasse d'une partie du soufre.
Les minerais en grains sont presque toujours concassés et lavés au moyen de bocards et de patouillets, pour les séparer de l'argile et des sables qui les accompagnent.
§ 6. Essai des minerais. — La valeur commerciale d'un minerai ne peut être déterminée que par une appréciation aussi exacte que possible de la qualité et du prix de revient de la fonte qu'il permettra d'obtenir, appréciation qui ne peut résulter que de l'analyse chimique d'une prise d'essai, prélevée avec toutes les précautions nécessaires pour représenter la qualité moyenne du minerai envisagé.
Autrefois, l'essai le plus usité consistait à réduire le minerai de la prise d'essai dans un creuset brasqué avec du charbon de bois, en ajoutant des fondants capables de liquéfier la gangue. On obtenait ainsi un culot de fonte dont le poids indiquait la richesse en fer du minerai.
Actuellement, les minerais sont presque toujours analysés par les procédés de la voie humide, et on dose, outre le fer, le manganèse, qui en augmente la valeur, le soufre et le phosphore, qui la diminuent : recherche également la silice, la chaux, l'alumir etc., afin de déterminer la composition de la gangu^ qui influe, elle aussi, sur la valeur du minerai qu'il est d'ailleurs indispensable de connaître po^ arrêter la composition du lit de fusion.
§ 7. Législalion française des mines. — Laid du 21 avril 1810, relative à l'organisation de la r| chesse minérale en France, divise les gîtes de mi nerais de fer en deux classes: les mines et les nières. Les mines sont les filons et couches qui peuvent être exploités que par puits et galerifl souterraines et exigent des travaux préparatoire
ii3
FONTK
importants. Elles ne sont point considérées comme
;Kcessoires de la surface, mais sont concédées par le
iiouvernement. Les minières sont les gîtes super-
liels qui peuvent être exploités à ciel ouvert ou
ir travaux souterrains passagers. Elles sont consi-
rées comme accessoires de la superflcie, dont le lùpriétaire a droit de les exploiter en se confor-
ant aux règlements de police. Faute par le pro- ^ riétaire d'exploiter, les maîtres de forges voisiis eut le droit d'extraire du minerai sur son domaine en lui payant une indemnité pour le terrain occupé et une redevance par tonne ou par mètre cube de minerai. Ces indemnités et redevances sont réglées de gré à gré, ou par des experts avec le concours de l'administration des .Mines. Toute surface de terrain renfermant un dépôt ferrifère continu, ou du moins une suite de dépôts très rapprochés sur lesquels le droit de fouille est exercé par le même exploitant, constitue une minière, quels que soient d'ailleurs la nature et le nombre des excavations. D'après la loi du 27 juillet 1880, qui complète celle du 21 avril 1810, lorsque le Ministre des travaux publics, après la concession d'une mine de fer, interdit aux propriétaires de minières de continuer ne exploitation qui ne pourrait se prolonger sans
udre ensuite impossible l'exploitation avec puits
'- galeries régulières, le concessionnaire de la mine
-t tenu d'indemniser les propriétaires des minières
dans la proportion du revenu net qu'ils en tiraient.
Un décret rendu en Conseil d'État peut, alors même que les minières sont exploitables à ciel ouvert ou n'ont pas encore été exploitées, autoriser la réunion des minières à une mine. Dans ce cas, ■ concessionnaire de la mine doit indemniser le jjiopriétaire de la minière, par une redevance équivalente au revenu net que ce propriétaire aurait pu tirer de l'exploitation et qui sera fixée par les tribnaans civils.
§ 8. Considérations sur l'implantation des hauts-fourneaux. — Autrefois, les usines s'approvisionnaient exclusivement de minerais sur des gîtes rapprochés ; la préoccupation d'éviter des frais de transports, qui augmentaient très vite avec la distance, était la considération dominante dans le choix de leur implantation. .\ujourd'hui, grâce an développement des moyens de communication par terre et par eau, à la réduction considérable des frais de transport qui s'en est suivie, et aussi à la nécessité mieux comprise d'améliorer par des mélanges la qualité des produits, les minerais -supérieurs par leur richesse et par leur pureté sont - luvent transportés à de grandes distances, ce qui
permis de faire intervenir, dans le choix de l'emplacement des hauts-fourneaux, des considérations importantes qu'il fallait sacrifier autrefois. En même temps, les minerais sont ainsi devenus un élément très important de commerce et fournissent nn fret considérable à notre navigation.
§ 9. Production. — Le tableau A, ci-après, présente les chiffres de la production des minerais de fer, année par année, dans les divers pays, de 1877 à 1896.
En Angleterre, la diminution de la production est importante: de 1877 à 1893, elle a été de plus de 'Jo •'., alors qu'aux États-Unis l'extraction a quadruplé dans la même période. En Espagne, grâce au développement de l'exploitation des minerais de Bilbao, la production a également quadruplé depuis 1887. En Allemagne et Luxembourg,
r: r: - rt .-. — r#— T* ?< — — .--.; o — rir^e^rs OO.janiKUd „• „■ ^ ^ f i^r :f ç; f ■/ -' .; X- [:. ,: ri .; = ~j
s.CEtI s3Jinv
.=r:i":S-??.^SS?="4?5r:-R5'.^!;i
siui-siny
%M¥3M¥M%M3.îUUÎ
-!■-•..■: I~ X. Oi C-. I~ t- s — ■:, — :£,.■: -s rt 7, -^ .^-i
9nSc<Is3
MlSlMi^saHî
»u»ii 1 §Ë£?,Sr,5,i;^^^,'i'3r;^r:SiEï|
op.ins
mîïiMiMm%u%mm
disiuy
ê?.m'mmnMumi
anbiSiag | V,'^,'^^^p/^/j:'^^UÛ'éUî^^.^rzW3
)9 aSucj j
i 3 i ^ § 5 î^ - ii ,^ 5 f ; i' =t ?: - K = i s
c^i7t7tT-.Tr — ~ — -,-:i— — ~r: — — T-.——.—
âjnoqraainT ja auSeiuaiiv
t^gS|5L2gSz5^^' = .';S.5^-.5y
-ri.-:i--:t-i-x=c= = 3c-=i = T.ti —
ajj3l3[âuv
iêii^S??ië:|g|i^^§g^^jfgg
sasauy ^^'î^ËMï^MsïïSiïiïSSi^
elle a presque triplé, de même qu'en Russie, où l'industrie métallurgique est depuis quelques années en voie de prendre un développemeut considérable.
1) France. — Le graphique B ci-après donne, pour la période de 1887 à 1896, les diagrammes de la production des minerais de fer en France et en Algérie, ainsi que ceux des prix moyens de la tonne de ces deux catégories de minerais; on y a figuré aussi à part la production des minerais de Meurtheet-Moselle, comprise d'ailleurs dans le total de la production en France.
En 1896, la production des mines de fer, en France, a été de 3.409.000 T. de minerai propre à la fusion ; celle des minières a été de 633.000 T. L'ensemble représente nn poids total de 4.062.000 T., supérieur de 382.000 T. (10 V.) à celui de l'année précédente. Le prix moyen du minerai a été de 3 fr. 16 par T., en sorte que la valeur totale de l'extraction correspond à 12.826.000 fr. sur le carreau de la mine.
.\u point de vue de leur nature minéralogique, les minerais extraits en 1896 peuvent se classer comme suit:
Minerai hydrosydé oolithique. . 3.724.000 T. ou 91,60 7.
Hématite brune
Antres minerais hydrosydés...
Hématite rouge et fer oligisle.
Fer carbonate, principalement
spathiqae
Le minerai hydroxydé oolithique s'exploite principalement dans Meurthe-et-Moselle, où il forme deux bassins distincts, celui de Nancy et celui de Longwy : le premier a produit 1.4o5.000 T., le second l'.986.000 T., soit ensemble 3.441.000 T. A raison de son importance, la production de Meurtheet-Moselle a été figurée à part dans le diagramme ci-dessus.
Dans le département de Saône-et-Loire, les mines de Mazenay et de Change, qui appartiennent au Creuset, ont fourni 120.000 T. de minerai oolithique. Les minières de Vassy, dans la Haute- Marne, en ont fourni 142.000 T.
FONTE
FONTE
B. — Production des Minerais de Fer en France et en Algérie (en milliers de tonnes) Prix moyens de la tonne (en francs) i877 ù 1890
ttûit
Production ^uiC^''^'' France
< l'rix moyens Algérie
Prix moyens France
L'hématite brune provient principalement des Pyrénées-Orientales, de l'Ariège, du Var et du Tarn.
Les autres minerais hydroxydés ont été tirés en majeure partie du Gard et de Lot-et-Garonne.
L'hématite rouge provient surtout du Calvados ; le fer oligiste, des Pyrénées-Orientales. Le département de l'Isère a fourni plus de la moitié du fer carbonate spathique; presque tout le reste vient des Pyrénées-Orientales, des Basses-Pyrénées et de l'Aveyron.
En Algérie, la production a atteint, en 1896, le total de 374.000 T., en augmentation de 56.000 T., ou env. 18 Vo par rapport à 189iî. Le prix moyen du minerai a été de 7 fr. 18 et la valeur totale de l'extraction de 2.690.000 francs. Les diagrammes montrent que depuis 1881 il y a décroissance de la production et du prix de vente.
Les gisements de fer oxydulé et d'hématite rouge manganésifère exploités par la C* de Mokta-el- Hadid, dans les départements de Constantine et d'Oran, ont fourni la presque totalité de l'extraction en 1896 et ont produit 370.000 T.
Importation, exportation, consommation. — Le tableau C ci-contre donne, de 1877 à 1896, les chiffres de la production, de l'import., de l'export. et de la consommation en France.
L'import. a toujours atteint un chifïre élevé ; en 1896 elle a été de 1.862.000 T., supérieure de 211.000 T. à ce qu'elle avait été en 189o, année moins favorable à l'industrie sidérurgique, et représentant près de 46 Vo de la production. Elle se répartit comme suit entre les pays d'origine :
Algérie 20.000 T., soit 10 %
Allemagne et Luxembourg. 1.279.000 — 68,7 —
Espagne 438.000 — 23,5 —
Belgique 72.000 — 3,9 —
Grèce 24.000 — 1,3 —
Autres pays 29.000 — 1,6 —
On voit que les minerais d'Algérie n'entrent que pour 3,5 Vo dans la consommation française ; leur export, se répartit comme suit :
C. — Importation, exportation, consommation des minerais de fer en France, de 1877 à 1896 (en milliers de tonnes)
TS
Angleterre 157.000 T.
Pays-Bas (pour réexportation) 100.000 »
États-Unis 63.000 »
Belgique 18.000 »
Autriche 5.000 »
L'export. des minerais de France, qui s'est élevée à 238.000 T. en 1896, a été répartie de la façon suivante :
Belgique 118.000 »
Pays-Bas (pour réexportation) 60.000 »
Allemagne 34.000 i>
Angleterre 26.000 »
2) Angleterre. — Jusqu'en 1890 l'Angleterre avait conservé le premier rang dans la production de» minerais. C'est le pays le plus favorisé par la nature au point de vue sidérurgique. Les mines de fer, et plus encore celles de houille, sont nombreuses, importantes, d'une exploitation facile ; il n'est pas rare de rencontrer le minerai et le charbon dans les mêmes points en couches superposées. Les principaux gisements de minerais sont le Black-band d'Ecosse (carbonate houiller), lessphérosidérites,les
FONTE
FONTE
ntiiialites el les minerais spathiques du pays de . Galles, les carbonates du lias, qui ont fait la ri- I chesse du Cleveland, enfin les hématites rouges du ! Cumberland et du Lancashire. Ces derniers minerais | sont les seuls convenables pour la fabrication de j l'acier Bessemer, et comme leurs gisements sont j très insuffisants pour les besoins de la métallurgie, j l'Angleterre se trouve importer actuellement plus du quart de sa consommation de minerais : c'est l'Espagne qui lui fournit la plus grande partie du contingent qu'elle demande à l'étranger.
:5i Allemagne et Luxembourg. — L'Allemagne, à laquelle on joint ici le Luxembourg, qui fait partie du Zollverein, possède de puissantes mines de fer et des gisements de houille considérables en Westphalie, dans la Saxe, la Haute-Silésie, etc.; mais en général ces deux éléments de la production sidérurgique sont assez éloignés l'un de l'autre. Les principaux minerais de fer qui s'y rencontrent sont : î" l^s mimettes (hématites jaunes) de la Lorraine 1 Luxembourg, dont les couches atteignent jusijii a 20 m. d'épaisseur :
2° Les minerais spathiques et les hématites brunes ' dn pays de Siegen.
L'Allemagne importe environ 10 */, de sa consommation de minerais ; c'est l'Espagne qui les lui i fournit presque en totalité.
i D'autre part, elle exporte en France et en Bel- : giqne une quantité de minerais presque double de celle qu'elle importe.
4) Belgique. — - On trouve dans le bassin de la Meuse, au N. de Namur, des hématites rouges et brunes, mais la production de la Belgique en minerais de fer est bien inférieure à sa consommation. En 1896, elle a consommé 2. 160. 103 T., dont 285.039 T. de minerais indigènes et 1.875.064 T. de minerais étrangers. L'import. des minerais étrangers a été de 2.066.567 T., dont 1.376.500 en provenance du j Luxembourg ; l'esport. a été de 383.931 T. I 0) Russie. — Les richesses de la Russie en minerais de fer sont loin encore d'être toutes connues, mais on peut penser qu'elles sont très grandes. L'Oural renferme des gisements extrêmement considérables de minerai magnétique, ainsi que dn fer carbonate et des hématites. Les environs de Moscou po.ssèdent des hématites souvent phosphoreuses ; sur la frontière de la Finlande on trouve des gîtes importants de fer oligiste. Dans le bassin houiller du Donetz on rencontre des gisements assez abondants d'hématite brune et de limonite, peu exploités jusqu'ici, les nombreux hauts-fourneanx implantés dans ce bassin étant alimentés presque exclusivement par le gisement de Krivol-Rog. Les parties exploitées de ce gisement sont des amas lenticulaires composés principalement d'oligiste spéculaire, passant à l'hématite et parfois à la magnétite ; leur teneur moyenne en fer est de 65 •/,. La distance de ce gîte an bassin houiller est d'environ 500 kil. En 1885, la production en minerais de Krivoï-Rog ( n'était que de 25.000 T. ; en 1896 elle a dépassé , ' 1 million de T. Les prévisions actuelles ne donnent toutefois qu'une durée d'environ 20 années aux gi- . sements reconnus de Krivoï-Rog, tandis que dans . l'Oural méridional la richesse en minerais de fer , magnétique et spathiqne est à peu près incom- . mensurable : mais le combustible minéral fait défaut dans cette région et l'alimentation des usines par le bois des forêts, si vastes que soient celles-ci.
est une cause d'infériorité qui explique pourquoi la production minérale de l'Oural, tout en ayant augmenté depuis 12 ans de plus de 75 '/„ est un peu dépassée aujourd'hui par celle du S. de la Russie, qui dans le même laps ce temps s'est développée dans le rapport de 1 à 28.
Un gisement qui semble appelé à jouer an rôle d'une certaine importance dans la prodnctioD de la Russie est celui de Kertch, en Crimée, qui renferme des minerais oolithiques phosphoreux d'une teneur en fer de 30 à 35 %• Plusieurs usines ont été fondées pour en tirer parti; un haut-fourneau est déjà à feu et 7 autres sont en cours de construction ou décidés.
Le Sud de la Russie renferme aussi deux gisements importants de minerai de manganèse : celui de Nicopol, donnant un minerai à 40 •/, de manganèse, et celui de Sharopan, le plus considérable de ceux connus dans le monde, dont l'importance est évaluée à 60 millions de T. d'un minerai à 50 '/. de manganèse.
6) Autriche-Hongrie. — Les minerais de fer y sont très abondants et purs, mais éloignés des centres houillers qui sont en petit nombre et peu importants. La Bohême possède des couches assez puissantes d'hématites ronges et brunes en grains. En Styrie et en Carinthie se trouvent d'excellents minerais spathiqueset des hématites, qui pour partie sont traités dans la région et pour le reste expédiés au loin.
La Hongrie possède d'admirables gisements de fer ; elle produit 30 % du minerai extrait dans tout l'empire, et l'extraction pourrait en être beaucoup plus considérable, si elle n'était privée de moyens de transport économiques.
7) Suéde. — La Suède possède de puissants gisements de minerais riches et purs, mais la propriété minière y est très divisée, ce qui rend difficile la création de grandes exploitations économiques. On rencontre à Gellivara, dans le Nord, d'importants gisements de fer magnétique, mais leur exploitation présente de sérieuses difficultés dues à la rigueur excessive du climat. Dans la province du Smaland se trouvent les célèbres mines de Dannemora et de Taberg. En 1895, la Suède a exporté 800.000 T. de minerai.
8) Italie. — L'extraction du minerai de fer y est très réduite : elle n'a atteint en 1896 que 183.000 T., dont les 9/10 proviennent du gisement de fer oligiste de l'île d'Elbe. Les 4/5 de la production ijtalienne sont expédiés à l'étranger.
9) Espagne. — L'Espagne possède de riches mines de fer , surtout dans le N., où se trouvent les fameux gisements de Sommorostro, près de Bilbao,qni ont fourni à l'export. jusqu'à 5 millions de T. dans une année. Ce sont des hématites rouges et brunes, et on commence à y exploiter des carbonates spathiques. Dans le S., près d'Alméria, de Carthagène, de Malaga, on exploite également des minerais qui sont en général manganésifères : mais le développement de leur extraction est limité par les difficultés de leur transport. L'Espagne occupe le 4« rang parmi les pays producteurs de minerais.
10) États-Unis. — Les Étals-Unis ont pris le premier rang dans la production des minerais. En 18%, leur consommation, inférieure à celle de l'année précédente, a été de 15.773.400 T., dont 15.079.669 de minerais indigènes et 693.731 de
FONTE
FONTE
minerais importés. Les gisements de minerais les plus importants sont ceux du lac Supérieur, qui fournissent environ la moitié des minerais extraits aux États-Unis ; ils comprennent des hématites rouges terreuses, quelquefois en roches, et des oxydes magnétiques. Les parties terreuses, moins riches, sont consommées presque sur place; les autres alimentent les hauts-fourneaux situés à l'O. des monts Alleghanys, en Pennsylvanie, dans l'Ohio, l'Illinois, etc. Ils sont transportés par les lacs Supérieur, Huron, Michigan, Érié.
Vient ensuite le gisement des bords du lac Champlain, constitué par des oxydes magnétiques, traités en partie sur les lieux d'extraction, en partie dans les hauts-fourneaux de l'Ohio et de la Pennsylvanie. Ils sont expédiés par le fleuve Hudson.
Les minerais importés aux États-Unis proviennent de Cuba, d'Algérie, d'Espagne et de l'île d'Elbe.
§ 10) Droits de douane. — En Angleterre, Allemagne, France, Autriche-Hongrie, Belgique, Suède et Italie, les minerais de fer sont exempts de droits à l'entrée. En Russie, le droit est de 17 fr., aux États-Unis de 2 fr. et en Espagne de 0 fr. 25 par T.
II. Fabrication de la fonte. — § 1. Haut-fourneaxb. — Jusqu'au XV' siècle le fer était extrait directement de ses minerais. (Voy. Fer.) A cette époque, d'après Karsten, on commença à fabriquer de la fonte dans les Pays-Bas en se servant d'appareils nommés « Flussofen », qui n'étaient autres que des hauts-fourneaux de petites dimensions où le minerai était chauffé au contact du charbon.
Le haut-fourneau consiste en une sorte de tour en maçonnerie, creuse et ronde à l'intérieur, qui n'avait au début que quelques m. de hauteur et qui atteint aujourd'hui 20 à 2o m. La forme du vide intérieur est celle de deux troncs de cône accolés par leur grande base, que l'on appelle ventre du fourneau. La petite base du tronc de cône supérieur forme le gueulard, ouverture placée au sommet et par laquelle on charge le minerai et le combustible. Le tronc de cône inférieur, représentant un vaste entonnoir dont les parois, appelées étalages, sont plus ou moins inclinées, se termine en bas par une capacité cylindrique nommée ouvrage, percée d'un nombre variable d'ouvertures qui reçoivent des conduites, nommées tuyères, pour l'introduction d'air soufflé.
La partie située au-dessous des tuyères est formée par une sole horizontale et constitue le creuset, où s'accumulent les matières en fusion.
On charge au gueulard, par lits alternatifs, le combustible et le minerai avec ses fondants, le plus souvent calcaires (appelés alors cas^we), quelquefois au contraire argileux, déterminés dans chaque cas par la nature de la gangue. On souffle le vent à travers la masse : le combustible brûle en produisant une température très élevée ; il réduit le minerai à son contact et, par l'oxyde de carbone qu'il produit, le fer se carbure et donne la fonte, qui se rassemble dans le creuset. Elle est surmontée du laitier, liquide formé par la combinaison de la gangue du minerai avec ses fondants. Une ouverture placée un peu audessous des tuyères permet d'écouler le laitier, de façon que son niveau n'atteigne pas celui des tuyères; une autre ouverture, appelée trou de coulée, débouchée lorsque la fonte est en quantité suffisante, permet sa sortie hors du fourneau : on la coule ordinairement sous forme de barres appelées gueuses^
gueusets, sapots, saumons, suivant leurs dimensions et leur emploi. Le combustible employé autretrefois était uniquement le charbon de bois, mais dès le XVIP siècle des essais furent tentés en Angleterre pour y substituer le combustible minéral. C'est à Cookson qu'on attribue la construction dans leYorkshire,en 1745, du premier haut-fourneau marchant au coke. Il produisait 25 T. de fonte par semaine, et recevait le vent au moyen de soufflets mus par une roue hydraulique. On consommait 6 à 7 T. de coke pour obtenir une tonne de fonte.
Une grande amélioration dans la marche des hauts-fourneaux fut réalisée en 1828 par la substitution de l'air chaud à l'air froid pour le soufflage ; elle est due à Beaumont-Neilson, ingénieur à l'usine à gaz de Glasgow. Ce chauffage, loin d'exiger une grande dépense de combustible, a permis de réduire la consommation du coke ; on se sert en effet, pour chauffer l'air, des gaz qui sortent du gueulard et qui contiennent une proportion d'oxyde de carbone assez forte pour pouvoir être brûlés. D'autre part, les anciens soufflets furent remplacés par de puissantes machines soufflantes mues à la vapeur, qui permirent d'accroître notablement la quantité d'air injectée dans le fourneau.
L'économie et la production augmentèrent avec le volume et la température de l'air. Au début et pendant bien des années l'air fut chauffé dans des tuyaux en fonte qui ne permettaient pas de dépasser une température de 400". Depuis une trentaine d'années on remplace les appareils en fonte par des appareils formés d'une enveloppe en tôle garnie à l'intérieur de briques réfractaires disposées en carneaux, dans lesquels on envoie les gaz du gueulard en les mélangeant avec l'air nécessaire à leur combustion; celle-ci, eu s'opérant, chauffe la masse de.s briques, et quand la température est portée au blanc on supprime l'arrivée du gaz, qu'on fait passer dans un appareil jumeau semblable pendant qu'on lance dans le premier l'air qui va alimenter le haut-fourneau. Cet air s'échauffe en prenant leur chaleur aux briques du premier appareil, pendant que celles de l'appareil jumeau s'échauffent à leur tour. Par des inversions successives des courants d'air et de gaz on assure le chauffage continu et régulier de l'air soufflé dans le haut-fourneau, qu'on arrive à porter à une température de 800° à 900°. A cause des réparations on adjoint au moins trois appareils à air chaud à chaque fourneau ; il y en a quelquefois quatre et même cinq.
L'autre partie des gaz, car le haut-fourneau en produit plus que la quantité nécessaire au chauffage de l'air, est envoyée sous des chaudières, et sa combustion fournit la vapeur nécessaire à l'alimentation des moteurs de la soufflerie.
D'autres perfectionnements importants ont été apportés aux hauts-fourneaux. Au début, leurs parois étaient très épaisses, soutenues par d'énormes piliers qui entouraient de tous côtés le creuset, dont on ne pouvait approcher pour le réparer en cas de besoin. Aujourd'hui, la cuve, d'une épaisseur modérée, est consolidée par des cercles en fer ou revêtue d'uneenveloppe en tôle. Elle repose sur des colonnes ou des cadres en fonte qui laissent libre l'accès du creuset. L'ouvrage, quelquefois même les étalages, , sont revêtus de plaques de fonte rafraîchies par ua courant d'eau qui vient refroidir les laitiers et les-j empêche de corroder les parois. On combat ainsi
FONTE
efficacement une des causes d'arrêt qu'on redoutait le pins autrefois.
L'étude méthodique de la marche des fourneaux, de l'influence du profil de la cuve, a conduit à donner à celle-ci une forme rationnelle, en même temps que par des appareils spéciaux on arrivait à répartir les charges d'une façon régulière au gueulard, au lieu de les y jeter au hasard. Les dimensions et surtout la hauteur des fourneaux ont été augmentées notablement, de sorte que les matières qui y sont contenues exercent par leur masse une action régulatrice sur la température; les dérangements se produisent par suite plus lentement, et on a le temps d'y remédier en modifiant convenablement la composition des charges.
Les anciens hauts-fourneaux avaient un volume de 20 à 23 m. cubes ; ceux d'aujourd'hui atteignent 200 à 300 m. cubes et davantage. La production, qui n'était que de 3 à 4 tonnes de fonte par 24 heures, est maintenant de 80 à 100 tonnes, avec une consommation de 1.000 à 1.100 kilog. de coke par tonne de fonte. Les hauts-fourneaux construits en Amérique ont une puissance de production bien supérieure à ceux existant en Europe: on y arrive couramment à des chiffres de 200 à 300 tonnes par 24 heures, avec des consommations de coke de 850 à 900 kilog. par tonne de fonte; on parle même d'en construire qui atteindraient une production de 1.000 tonnes par jour avec une consommation de coke qu'on espère voir descendre à 650 kilog. par tonne. C'est principalement par l'augmentation de puissance des machines soufflantes qu'on est arrivé aux États-Unis à ces chiffres élevés de production, qui ne paraissent d'ailleurs pas possibles avec tous les minerais.
Les hauts-fourneaux sont aujourd'hui presque tous alimentés par du combustible minéral, principalement par du coke; en Ecosse, on emploie de la houille sèche crue et en Pennsylvanie de l'anthracite. L'usage des charbons de bois ne s'est guère conservé que dans les régions où le bois est très abondant, où les minerais sont purs, comme en Suède, en Russie dans la région de l'Oural, en Styrie, en Carinthie, etc. Les hauts-fourneaux au charbon de bois n'ont qu'une faible hauteur, à cause du peu de dureté du combustible: elle varie de 6 à 10 m. Leur production ne dépasse guère 13 tonnes par 24 heures, et souvent elle est inférieure à 10 tonnes.
§ 2. Diverses qualités et classification des fontes. — La nature de la fonte varie selon les combustibles et les minerais employés, et suivant la proportion de ces deux éléments qui détermine l'allure des hauts-fourneaux. Celle-ci est dite chaude, quand on augmente la proportion du combustible et l'intensité du vent; froide, quand on force au contraire la proportion du minerai: mixte, lorsqu'on se tient entre ces deux extrêmes.
Au point de vue de l'aspect, les fontes peuvent se diviser en fontes grises, fontes blanches et fontes traitées. Les premières correspondent à l'allure chaude, c'est-à-dire à l'emploi d'une forte proportion de combustible : leur cassure est à grains plus ou moins gros, dont la teinte varie du gris foncé, presque noir, au gris clair : le carbone s'y trouve partie à l'état de graphite et partie à l'état combiné : elles se laissent travailler au burin et à la lime, d'autant plus aisément que la teinte est plus foncée. Les fontes blanches, produites en allure froide, présentent une cassure lamellaire, ou rayonnée, ou
encore grenue, d'une teinte blanche plus on moins brillante ; elles sont fragiles, très dures et ne peuvent être attaquées par les outils. Le carbone s'y trouTe complètement à l'état combiné.
Les fontes truitées sont intermédiaires entre le» précédentes; leur cassure est à grains moyens ou très fins et présente un fond gris avec des taches blanches, c'est la fonte truitée grise, ou un fond blanc avec des taches grises, et c'est la fonte truitée blanche. Elles sont plus dures et plus résistantes que les fontes grises, peuvent souvent se travailler, comme celles-ci, mais moins facilement.
Les fontes se classent dans le commerce par numéros qui indiquent leur couleur. Les plus grises portent le n» 1 ; elles sont tendres à l'outil, mais pea fluides et peu résistantes. Le n» 3 est le type de la fonte de moulage, fluide et assez résistante. Le n" 2 est intermédiaire. Le n" 4 présente un grain très serré et une proportion minime de graphite: il est très résistant. Pour les numéros supérieurs, la classification varie avec les pays et les usines. Généralement les n" 5 et 6 sont de nuances truitées ; an delà, ce sont les fontes blanches.
Au point de vue des emplois, on peut distinguer quatre catégories :
1° Les fontes de moulage, qui sont presque to«jours des fontes grises, parfois des fontes truitées ;
2» Les fontes d'afSnage pour puddlage, qui sont des fontes gris clair, truitées ou blanches;
3° Les fontes destinées aux fours Martin-Siémens ;
4» Les fontes Bessemer.
1. Pour ces deux dernières catégories nous renvoyons à l'art. Acier (chap. I, procédé Bessemer, procédé Martin-Siemens).
2. Fontes de moulage.— Les fontes de moulage doivent avoir des qualités spéciales, suivant les objets que l'on veut produire avec elles :
1° Elles doivent toujours être très fluides, afin de pénétrer dans les parties les plus fines des moules et d'en prendre exactement l'empreinte;
2° Elles doivent être tenaces lorsqu'elles sont destinées à supporter des efforts mécaniques;
3" Avoir de la douceur, si les pièces doivent être travaillées à la lime ou aux machines-outils.
Lorsqu'une fonte ne réunit pas l'ensemble des propriétés que l'on demande à la pièce à fabriquer, on arrive au résultat désiré par des mélanges de fontes de diverses natures qu'on refond. Les fontes les plus fluides sont les fontes grises, surtout lorsqu'elles contiennent beaucoup de phosphore on d'arsenic; mais ces métallloïdes les rendent cassantes. Pour avoir de la ténacité, on se rapprochera des fontes truitées.
On coule dans des moules en sable, en terre oa en fonte; ce dernier mode constitue la coulée e/t coquille, donnant des pièces dont la couche extérieure est très dure.
Les pièces moulées s'obtiennent en première ou en seconde fusion.
La fonte de première fusion est puisée directement dans le creuset du haut-fourneau et coulé» immédiatement dans les moules. Les principaux objets ainsi fabriqués sont : la vaisselle et la poterie de fonte, les poêles et cheminées, les plaques de dallage, les tuyaux de descente, de conduite d'eau et de gaz, les colonnes, les pièces d'ornement, coussinets de chemins de fer, plaques tournantes, etc»
FONTE
KONÏE
On s'attache à produire pour la première fusion de la fonte grise, de grains et de teinte moyens : trop noire, elle manquerait de ténacité ; blanche ou truitée, de douceur pour le travail. La production des fontes moulées en première fusion, surtout eu pièces d'ornement, est celle à laquelle les minerais phosphoreux conviennent le mieux. Les fontes provenant de ces minerais manquent de ténacité, mais elles sont très fluides et prennent facilement les empreintes les plus délicates.
Les fontes pour deuxième fusion, qui font l'objet d'un commerce important, sont coulées en lingots allongés appelés, selon leur forme, gueusets, sapots ou saumons; ceux-ci sont refondus dans des cubilots ou dans des fours à réverbère et transformés en pièces de machines et tous autres objets exigeant une grande précision dans leurs formes en même temps que beaucoup d'homogénéité et de ténacité unies à la douceur dans le métal. Les fontes destinées à la seconde fusion sont essentiellement des fontes grises; on y mélange, pour les objets qui doivent présenter une grande résistance, des fontes truitées à grains serrés. Les fontes au bois pour deuxième fusion sont plus tenaces que celles au coke, particulièrement celles obtenues à l'air froid.
On obtient encore des fontes très résistantes et très tenaces en fondant au cubilot des riblons d'acier avec 20 "/o de ferro-silicium.
3. Fontes d'affinage pour puddlage. — Ces fontes, destinées à la fabrication du fer, sont des fontes gris clair, truitées, ou blanches, contenant peu de silicium. (V. Fer, chap. L) Les fontes d'affinage au charbon de bois, employées à la production des fers de qualité supérieure, doivent être grises ou tout au plus truitées.
4. Fontes spéciales. — On a donné ce nom à des alliages du fer avec le manganèse, le silicium, le chrome, qu'on emploie dans diverses opérations métallurgiques, surtout dans la fabrication de l'acier. C'est depuis qu'on a réussi à produire ces alliages industriellement au haut-fourneau, en grande quantité et à bas prix, qu'on a pu réaliser dans la fabrication de l'acier les progrès remarquables dus à leur emploi. On ne peut produire ces alliages qu'à l'aide de très hautes températures et avec de fortes consommations de coke, à des allures très difficiles à établir et à conserver.
La France a toujours tenu la tête dans la fabrication de ces alliages; les hauts-fourneaux de Saint- Louis, près de Marseille, se sont fait en particulier une spécialité de leur fabrication jusqu'aux plus hautes teneurs.
Les alliages de fonte et de manganèse, jusqu'à la teneur de 20 %, prennent le nom de spiegeleisen ou plus simplement de spiegel ; au delà de cette teneur on les appelle ferro-manganèse, et la teneur maxima en manganèse à laquelle on est arrivé est d'environ 82 "/„. On emploie pour cette fabrication des minerais de manganèse provenant surtout d'Espagne, du Caucase et du Chili. Les spiegels ont une structure lamelleuse, miroitante, caractéristique; les ferro-manganèse à plus de 80 "/„ sont assez oxydables pour ne pouvoir être conservés qu'à l'abri du contact de l'air. Pour le rôle de ces alliages dans la fabrication de l'acier, voir Acier.
On a donné le nom de ferro-silicium à une fonte ayant une teneur en silicium de 5 à 12 %• On emploie cet alliage dans les fonderies pour aider au
moulage des fontes ordinaires, auxquelles il donne une fluidité suffisante en maintenant une partie du carbone à l'état de graphite.
Le silico-spiegel est une fonte qui contient 8 à 10 % de silicium et 15 à 20 % de manganèse ; on l'emploie dans la fabrication de l'acier pour éviter les soufl3ures.
Le ferro-chrome est employé pour fabriquer des aciers spéciaux ; il en est de même du ferro-nickel et du ferro-tungstène.
IIL Production et Commerce. — § 1. Généralités. — D'après divers auteurs, la production de fonte dans le monde entier, en 1800, était d'environ 825.000 T.; en 1850, elle atteignait 4.750.000 T., et en 1896 elle a dépassé 30 millions de T.
On trouvera, dans le tableau D ci-après, les chiffres annuels de cette production, pour les divers pays, de 1877 à 1896 :
Tableau D. — Production de la fonte (en milliers de
tonnes) de
"cj"'"
Te
if
2on
fi.. 595
4fXl
On constate d'abord que, dans la période de vingt années à laquelle s'applique ce tableau, la production totale a plus que doublé. Si nous prenons les chiffres de 1896 et que nous les comparions à ceux de 1877, nous trouvons que les répartitions proportionnelles de la production totale de chacune de ces deux années sont les suivantes:
Etats-Unis 15 »
Angleterre 47,55
Allemagne et Luxembourg 13,60
France 10,70
Russie 2,75
Autriche-Hongrie 2,68
Belgique 3, .35
Suède 2,50
Espagne 0,35
Italie 0,12
Autres pays 1,40
D'autre part, la production en 1877 de chacun des divers pays figurant au tableau étant représentée par 1, on trouve qu'elle est devenue en 1896:
Angleterre Allemagne France Belgique Autriche-Hongrie 1,32 3,33 1,56 2,04 2,84
Russie Suéde Italie Espagne États-Unis Total 4,02 1,41 0,62 4,90 4,16 2,22
Pour les principaux pays producteurs, la production par tête d'habitant, en 1896, a été la suivante, en kilog. :
Angleterre Allemagne France Belgique Russie États-Unis 225 121 60 150 38 128
FONTE
FOXTE
Ces divers chiffres résument les progrès réalisés dans chaque pays et montrent combien les situalions respectives se sont modifiées depuis vingt ans.
Nous examinerons maintenant avec quelques détails les circonstances et les conditions économiques de la production dans les principaux pays.
§ 2. France. — En France, les grandes usines à fonte peuvent être rangées en quatre catégories principales : celles qui sont sur la houille et le minerai ou dans leur voisinage immédiat ; celles qui sont établies sur le minerai et éloignées des bassins houillers ; celles qui sont sur les bassins houil- 1ers et loin des minerais ; enfin, celles qui se sont implantées sur le bord de la mer et profitent de la facilité des transports pour se procurer le charbon et le minerai à des conditions avantageuses.
/" Catégorie. — Le groupe métallurgique de Montluçon et de Commentry-Fourchambault est situé près des houillères de Commentry, de Saint- Éloi, et à proximité des minières du Berry ; mais ces minerais, par suite de la nécessité de les cribler et de les laver, y reviennent assez cher ; ils sont, de plus, difficiles à traiter.
Le Creusot est placé sur la houille et dans le voisinage immédiat des minerais de Mazenay: mais ceux-ci ont un rendement peu élevé; d'autre part, la houillère produit peu de houille grasse et beaucoup d'anthracite, qu'il faut mélangera des charbons provenant de la Loire pour faire du coke.
Les usines du Gard exploitent, près du bassin houiller qui les alimente, des minerais d'hématite; mais ceux-ci sont d'un prix de revient assez élevé et ne constituent en fait pour ces usines qu'an appoint des minerais d'Algérie et d'Espagne.
A Decazeville, la houille constitue un amas très puissant, à côté duquel se trouve le minerai carbonate des houillères, d'une extraction et d'un traitement faciles. Mais on a rencontré de grandes difHcnltés dans l'exploitation de la houillère, et jusqu'ici la fabrication n'a pu encore s'y développer dans des conditions économiques.
Aucune des usines de cette première catégorie ne se trouve donc dans des conditions se rapprochant comme prix de revient de celles des usines anglaises, qui, situées pour la plupart à la fois sur le charbon et le minerai, peuvent exploiter l'un et l'autre à prix très réduits.
i' Catégorie.— Les grandes usines de cette catégorie sont celles de Meurthe-et-Moselle; ce département est de beaucoup le plus grand centre de la production de la fonte commune depuis l'invention du procédé basique. Le minerai y est à un prix exceptionnellement bas; le combustible y arrive du Nord, de la Belgique et de la Westphalie, par eau dans le groupe de Nancy, par chemin de fer dans le groupe de Longwy, à des conditions qui permettent de fabriquer la fonte à des prix très réduits.
Avec du coke à 20 fr. la tonne rendue au hautfourneau, le prix de revient moyen de la fonte dans ce district ne dépasse guère 37 fr. la T., pour la lonte de puddlage, et 38 fr. pour la fonte Thomas ; pour certaines usines, particulièrement bien placées pour le minerai et munies d'un outillage très perfectionné, les prix de revient sont encore plus réduits et ne dépassent pas ceux des pays étrangers les plus favorisés. Les forges de ce district ne sont malheureusement pas aussi favorisées au point de vue de l'export. que les usines anglaises, belges et !
allemandes. Le transport de Nancy à Dunkerque ou Anvers est en effet de 13 fr. la T. par la voie de fer, de 7 fr. par la voie d'eau; de Longwy, le transport est de H fr. pour Dunkerque, de "7 fr. pour Anvers, par chemin de fer.
3" Catégorie. — Le type de celle-ci est la région du Nord, à qui le développement des canaux et la proximité de la mer permettent de recevoir à de bonnes conditions les minerais de Belgique, de Lorraine, du Luxembourg, ainsi que ceux de Bilbao. Les usines de ce groupe ont le coke sur place et peuvent ainsi produire avantageusement un tonnage de fonte important, quoiqu'il n'atteigne pas le tiers de celui produit en Meurthe-et-Moselle. Ce district est surtout avantageusement placé pour la transformation de la fonte en fer et en acier, à cause du bas prix du combustible ; aussi est-ce le département dn Nord qui produit de beaucoup le plus gros tonnage de fer et d'acier.
4' Catégorie. — Il y a enfin des usines dont l'implantation n'a été déterminée que par les avantages résultant d'une facilité exceptionnelle des transports par mer. Telles sont celles de Trignac, à l'embouchure de la Loire, du Boucau, à l'embouchure de l'Adour, qui reçoivent à très bon compte les cokes et les charbons anglais ainsi que les minerais de Bilbao, et peuvent encore se procurer, la première, les minerais de fer oligiste de Maine-et-Loire, la seconde, les minerais carbonates des Basses-Pyrénées. Les hauts-fourneaux de Saint-Louis, près de Marseille, qui fabriquent surtout des fontes de qualités supérieures, des ferro-manganèses, des spiegels, etc., sont dans une situation favorable pour s'alimenter par mer des minerais du bassin de la Méditerranée.
Le tableau E ci-après donne, pour chacune des années 1877 à 1896, la production, l'import., l'export. et la consommation des fontes en France; on y trouvera le nombre des hauts-fourneaux à feu pour chaque nature de combustible et la production correspondante, enfin, le nombre des ouvriers occupés.
E. — Production, importation, exportation, consommation des fontes en France, de 18" à 1896 (en milliers de tonnes)
Hauts-fourneaui à fea
Production
es
ce
i.sn