FRAISE
FRANCE
ventes. Mais an lieu de laisser s'accumuler toute l'année, dans le compte Frais généraux, les frais de cette nature, et dans le compte Marchandises les bénéfices des ventos, ce qui écarte tout contrôle et ne permet de se rendre compte des résultats qu'en fin d'année, nous conseillons de tenir un compte Ventes, dont le crédit représente les ventes au prix de vente et le débit les ventes au prix de revient. La différence entre le débit et le crédit donne continuellement le bénéfice brut, mensuel ou hebdomadaire, des opérations, qui devient le bénéfice net par déduction d'une quotité correspondante des Frais généraux. Chez les producteursde matières premières, comme les agriculteurs, etc., et chez les.industries de transformation, la comptabilisation rationnelle des Frais généraux est plus complexe. Il faut tout d'abord distinguer et séparer ceux qui concernent la production ou la fabrication des choses et ceux qui concernent la vente de ces choses. Quand l'industriel, fabricant, constructeur, agriculteur, se borne à livrer ses produits tels quels au fur et à mesure de la production, le facteur Frais généraux de vente est sans importance. Mais dès qu'il existe des intermédiaires onéreux : voyageurs, représentants, courtiers, ou quand la vente entraîne l'ouverture de magasins de vente, d'agences, de succursales, etc., les frais généraux de vente doivent être comptabilisés soigneusement et appliqués, comme dans le commerce d'échange, au débit du compte Ventes, lequel est crédité au prix de vente par le débit des acheteurs et crédité au prix de revient de fabrication par le CTéà]l au compte Fabrication . (V.Pmx de revient.) Eugène Lé.\utey.
FRAISK. Fruit du fraisier (de la famille des Rosacées), un des meilleurs et des plus recherchés de nos climats, à saveur exquise et parfum délicieux. Il en existe un très grand nombre de variétés. On en fait une boisson rafraîchissante, des confitures, des sirops, des liqueurs, des glaces, des pastilles, etc. Les feuilles et les racines sont employées en médecine comme diurétiques et apéritives. (V. Fruits frais). Quoique la plus grande partie des fraises se consomme sur place, Paris est le centre d'un important commerce de fraises forcées. Plusieurs grandes maisons expédient pendant tout l'hiver, deux fois par semaine, de fortes parties de fraises forcées envoyées du Midi. Les fraises sont emballées dans de petits pots en grès ou en terre cuite, recouverts d'herbe fraîche. Ces pots, peu profonds, sont rangés dans de petites caisses de bois blanc, tout près les uns des autres; les intervalles sont comblés avec de la mousse sèche fortement comprimée. Les fraises arrivent ainsi dans un état très présentable.
C'est notamment dans le Vaucluse, les Bouchesdu-Rhône et le Var que se pratique la culture intensive des fraises ; le rendement par hectare y peut atteindre, selon la nature du sol et la variété cultivée, de 4.000 à 12.000 kilog. Les prix varient suivant l'époque de la cuillette : de 3 à 5 fr. le kilog. au début de la saison, ils passent à 60 et 80 fr. les 100 kilog., pour tomber enfin à 20 ou 25 fr. A raison de 50 fr. les 100 kilog. en moyenne, le rendement par hectare de fraisiers va de 2.000 à 6.000 fr., qui peuvent laisser un bénéfice net de moitié. "Nos fraisiculteurs sont en relations avec toutes les grandes villes d'Europe : Turin, Genève, Berlin, Hambourg, Pétersbourg, Amsterdam, Londres, Liverpool, Manchester, Bruxelles, etc. Les fraises de
Carpentras jouissent d'une réputation universelle : dès la fin de l'hiver et le commencement du printemps, en avril et mai, on en expédie des quantités énormes (5.000.000 de kilog. par an) ; c'est par centaines de wagons que les fraises sont dirigées sur Paris. Dans de nombreuses localités du Midi, les fraises ont remplacé la vigne, détruite par le phylloxéra, et la garance, tuée par les couleurs dérivées du goudron de houille.
Notre exportation de fruits frais en Angleterre rencontre depuis quelques années une concurrence qui menace de grandir de plus en plus, par suite du développement des cultures fruitières dans les provinces méridionales de la Grande-Bretagne et surtout du Hampshire. L'une des plus importantes et des plus rémunératrices de ces cultures est celle des fraises, qui s'étend particulièrement du côté de Warsash, Hook, Sarisbury, Farcham, Botley et Swanwich; il y a dans cette dernière localité un» exploitation de près de 2.000 acres (environ 810 hectares) d'un seul tenant. Le sol de ce district, généralement pierreux, jadis improductif, donne aujourd'hui 4 à 6 tonnes (de 1.016 kilog.) par acre. Les bénéfices des producteurs doivent être considérables, car la population de ce district vit toute l'année du produit qu'elle réalise en trois ou quatre semaines. Les variétés de fraises locales les plus en vogue sont : la «Sir Joseph Paxton» et la «Royal Sovereign»; celle-ci vient la première, ce qui la rend plus rémunératrice. La cueillette commence fin mai et dure tout le mois de juin : chaque jour on expédie à Londres plus d'une centaine de tonnes, quelquefois 200 à 250. FRAISE. Outil s'adaptant au vilbrequin pour percer des trous. Il doit être en acier soigneusement trempé. FRAlXC-BOUl>. (Marine.) Un navire sur francbord est celui dont la carène, la partie immergée, n'est pas garantie par un doublage métallique. Les caboteurs sont généralement des navires sur francbord ; le doublage étant une dépense assez forte, on ne la fait que quand elle est indispensable ; dans nos mers d'Europe, la carène ne souffre pas exceptionnellement. Il en est autrement pour les navires, de long cours, qui fréquentent des latitudes chaudeset séjournent dans des ports ou leur carène est attaquée de la piqûre des vers.
Le meilleur doublage est celui qui est fait en cuivre rouge. Un doublage bien fait peut durer d& 4 à o ans, si le navire n'a pas d'événements graves. Les navires en fer ne sont pas doublés. L. F. FttAXCE. État de l'Europe occidentale.
SoMMAïKK : l. Géographie physique et population : 1' Territoire. 2' Population. — II. Gouvernement et administration : 1" Pouvoirs publics. 2' État militaire. 3° Finances. — III. Géographie économique : 1° Propriété foncière et exploitation agricole. 2" Climat. 3° Production agricole. 4° Revenus de l'agriculture. 5» Carrières et mines. G" Industrie. 7° Voies de communication. 8° Marine marchande et ports. 9° Législation industrielle et commerciale. 10* Crédit et banque. Il" Monnaies, poids et mesures. 12° Commerce intérieur. 13° Commerce extérieur.
I. Géographie physique et politique. — 1° Territoire. — La France est située, d'une part, entre 51° 5' 27' (sur la côte de la mer du Nord) et 42° 20 (dans les Pyrénées-Orientales) de latitude nord, d'autre part entre 7° 8' (à la pointe de Corsen) de longitude occidentale (méridien de Paris), et 5° 14' (dans les Alpes-Maritimes) de longitude orientale; la Corse n'est pas comprise dans ces limites. Les plu»
FRANCE
FRANCE
longs jours d'été atteignent 15 heures dans le Midi et IG heures 1/4 dans le Nord.
La superflcie était évaluée d'après le cadastre, par diverses administrations publiques, entre 57.700.680 hectares et 52.910.373 hectares (Corse comprise) ; l'évaluation admise par le Bureau des Longitudes était 528.400 kil.c, soit 52.840.000 hect. Une mesure prise sur les cuivres de la carte de l'État-major au 80.000' et calculée avec précision a donné 536.464 kil. c. : c'est la mesure la plus exacte que l'on possède aujourd'hui de la superficie du territoire français tel qu'il existe depuis le traité de Francfort, signé en mai 1871. Il faut remarquer que cette superficie, pins grande que les précédentes, comprend toutes les eaux intérieures, la partie du lac de Genève qui appartient à la France (env. 240 kil. c.) et la laisse de la plus basse mer sur les côtes (2.511 kil. c). La plus grande longueur de la France du nord au sud est d'environ l.OÔO kil. (973,5 kil. de la frontière sur la mer du Nord à la frontière des Pyrénées-Orientales) ; la plus grande largeur, de la crête orientale des Vosges à la pointe de Corsen, est de 888 kil. ; la plus grande diagonale, de la pointe de Corsen au pont Saint-Louis (frontière de l'Italie), est de 1.082 kil. La France est limitrophe : au nord, de la Belgique, du Grand-duché du Luxembourg et de l' Alsace-Lorraine, dépendance de l'Empire Allemand ; à l'est, de l'Alsace-Lorraine, de la Suisse et de l'Italie : au sudouest, de l'Espagne (avec la République d'Andorre). .\u sud-est elle est bornée par la mer Méditerranée (et par la principauté de Monaco) ; à l'ouest, par l'Océan Atlantique et par la Manche, le Pas-de-Calais et la mer du Nord, dépendances de l'Océan Atlantique. Les côtes de France ont un développement de 2.710 kil. : 625 sur la Méditerranée, 862 sur l'Océan Atlantique (jusqu'à la pointe de Saint-Mathieu), 1.223 sur la Manche (depuis la pointe de Saint-Mathieu), le Pasde-Calais et la mer du Nord. — Les Pyrénées, les Alpes, le Jura et les Vosges, situés dans les régions frontières, et le Massif Central (avec les Cévennes), situé dans la région du centre-sud, sont les principaux massifs du relief du sol. Le Rhône, qui coule avec la Saône du nord au sud et se jette dans la Méditerranée, la Garonne, la Loire et la Seine, «jui coulent avec leurs affluents en formant l'éventail et se jettent dans l'Atlantique et dans la Manche, sont, avec l'Escaut, la Meuse et la Moselle (situés vers les extrémités septentrionale et orientale), les principaux fleuves de la France et recueillent les eaux de ses cinq grands bassins (en ne comptant les fleuves de la mer du Nord que pour un bassin).
2* Population.— La population de la France en 1789 était d'environ 26 millions d'àmes. Les recensements opérés au XIX« siècle ont donné :
Hoabre CkilTres proportion- TtiiaoTH Seosité
d'kibituls Dtls d( l'ucnis- aiiiel le l'ae- (uibre
iiKts ixr séant (It ptpil. it croiueaeit d'kaïitiiis
■iiliHS 1801 «tut parl.OOOkab.etpu par kil. e.)
„ représentée pari) p<ri»<esieîfla«s
.„. depuis 1861
,-„ depuis 1872
La population donnée pour 1801 est celle qui se trouvait sur le territoire resté français après les traités de 1814 et de 1815 ; celle des recensements
de 1861 et de 1866 comprend en outre la Savoie et le comté de Nice ; celle de 1872 et des recensements suivants est la population du territoire français tel qu'il résulte du traité de Francfort en 1871. Il est à remarquer que d'un recensement à l'antre la population a constamment augmenté, à une seule exception près, celle du recensement de 1872, où elle s'est trouvée moindre qu'en 1866, à cause de la perte de l'Alsace-Lorraine et de l'excès des décès sur les naissances dans le territoire resté français.
La densité de 1881 à 1896 paraîtrait plus forte si le calcul pour 1896 avait été fait sur 528.400 kiL c. au lieu de l'être sur 536. 4&4. Depuis 1881, le recensement de la population est fait de deux manières : on compte la population domiciliée, qui est celle qui figure dans le tableau précédent et qui constitue la population légale, et la population présente en chaque lieu le jour du recensement ; cette dernière, par suite de l'imperfection de l'enregistrement, a été chaque fois inférieure à la première; les deux totaux, sans être exactement les mêmes, devraient différer de peu.
L'accroissement de la population française est très lent ; voici, d'après les recensements, le taux d'accroissement moyen annuel de quelques Etats d'Europe comparés à la France pour la période 1861-1880. Il faut observer que pendant cette période la France a fait une grande perte territoriale :
Taui moyen d'accroissement annuel par l.OOO hab. (1861-1880)
Suisse 6.2
Autriche 7.7
Hongrie 4.T
Espagne 3.3
luiie 6.7
Taxa moyen
d'accroissement
annuel par l.OOO
hab. (1861-1880)
Royaume Uni de
Grande - Bretagne
et d'Irlande 9.3
Pays-Bas 10.2
Belgique 8.4
France 2.5
Empire Allemand. 8.4
La population se déplace ; celle des campagne» diminue dans la plupart des départements ; celle des villes, surtout des grandes villes, augmente rapidement, moins rapidement cependant qu'elle n'a augmenté dans d'autres pays, particulièrement en Allemagne. En 1846, la population rurale (c'est-àdire la population des communes ayant moins de 2.000 habitants agglomérés) figurait dans le total de la population française à raison de 74,5 p. 100 et la population urbaine comptait seulement à raison de 25,5 ; en 1891, la population rurale comptait seulement comme 62,6 0, 0 et la population urbaine comme 37,4. Aussi la population totale d'un grand nombre de départements a-t-elle diminué; cette diminution s'est produite dans 29 départements entre 1881 et 1886, dans 55 entre 1886 et 1891 et dans 63 entre 1891 et 1896. Par contre l'augmentation des 25 villes ayant aujourd'hui plus de 60.000 habitants a été très considérable, comme le montre le tableau suivant :
Pop.paroilliersd'kab.
Pop
par lilliers 4'kak
Paris
Nice
Lyon
.\ miens
Marseille.
Limoges
Bordeaux.
Angers
Lille
Nîmes
Toulouse .
Brest
St-Etienne
Tourcoing . .
Roubaix. .
Montpellier.
Nantes . . .
Rennes
Le Havre.
Dijon
Rouen
Orléans
Reims
Grenoble . . .
Nancv. . . .
Tours
Toulon . . .
Le Mans
FRANCE
FRANCE
C'est dans les régions où l'activité manufacturière et commerciale est le plus intense que la population est le plus agglomérée. Les dix départements les plus peuplés de France sont (recensement de 1896) : Seine (3.340.514 habitants), Nord (1.8H.8G8 hab.), Pas-de-Calais (906.249 hab.), Rhône (839.329 hab.), Seine-Inférieure (837.824 liab.), Gironde (809.902 hab.), Loire-Inférieure (646.172 hab.), Bouches-du- Rhône (673.820 liab.), Seine-et-Oise (669.098 hab.), Ille-et-Vilaine (622.039 hab.).
Une partie de la population vit au lieu où elle est née ; une autre partie se déplace, le plus souvent pour des causes économiques. Cette tendance au déplacement a beaucoup augmenté avec la création des chemins de fer ; elle a, entre autres effets, celui de peupler les villes aux dépens des campagnes. a7,2 V„ des Français recensés en 1891 (36.983.174 hab.), l'ont été dans la commune où ils étaient nés, 25,4 % dans le département où ils étaient nés, mais dans une autre commune, 17,4 % dans un autre département, dans une colonie ou à l'étranger. Il y avait en outre 1.130.211 étrangers. Le nombre des étrangers avait augmenté jusqu'en 1891 ; il s'est trouvé un peu moindre, probablement à cause des naturalisations, au recensement de 1896 (1.031.907). La statistique ne fournit pas de renseignements qui permettent d'établir exactement le nombre des émigrants français; mais on peut dire que les Français émigrent relativement peu ; contre 1.130.211 étrangers recensés en France, la statistique n'a relevé que 317.000 Français résidant à l'étranger en 1891 .
Sous le rapport de la profession (statistique encore imparfaite en 1891, mais que donnera avec détails le recensement de 1896), le recensement de 1891 a enregistré 13.673.000 personnes (population active) exerçant une profession (non compris 1 million 609.000 domestiques attachés au service personnel), dont 6,3 millions dans l'agriculture, 4,3 dans l'industrie, 0,4 dans les transports, 1,7 dans le commerce, 0,3 dans les professions libérales, 0,8 dans l'administration et l'armée et 1,1 million de personnes vivant de leurs revenus et comprises dans la population active. Sur ces 13,6 millions, 7,6 étaient inscrits comme patrons, 0,9 comme employés et 7,1 comme ouvriers.
Comparativement à la moyenne des populations européennes, la mortalité est faible en France; mais, d'autre part, la natalité est très faible et, par suite, l'excédent annuel des naissances sur les décès est très peu considérable. Cet excédent a depuis longtemps une tendance à diminuer et plusieurs fois depuis 1890 le nombre des décès l'a emporté sur celui des naissances : indice d'un état économique et moral défectueux. Voici le tableau de la natalité et de la mortalité par périodes décennales :
Périodes Natalité (nombre Mortalité (nombre Excédent
moyen de naissances moyen de décès par 1.000 hab. par 1.000 hab.) par 1.000 hab.)
II. Gouvernement et .administration. — 1° Potivoirs publics.— La France est une république régie
par la Constitution du 25 février 1873. Le pouvoir législatif appartient aux deux Chambres : 1° au Sénat, dont les membres sont élus pour neuf ans, par un collège électoral départemental, composé des députés, des conseillers généraux, des conseillers d'arrondissement, des délégués élus, par chaque conseil municipal, parmi les électeurs de la commune; les sénateurs sont renouvelés par tiers; 2" à la Ckambre des députés, lesquels sont élus directement par le suffrage universel pour quatre ans. Les Chambres font les lois, particulièrement la loi de finances votée tous les ans ; elles se réunissent en Assemblée nationale quand il y a lieu de nommer le Président de la République ou de reviser la Constitution. Le pouvoir exécutif appartient a« Président de la République, élu pour sept ans par l'Assemblée nationale. Le Président promulgue et fait exécuter les lois, nomme des fonctionnaires, dispose de la force armée et gouverne avec le concours des ministres qui composent le Cabinet et qui sont responsables devant les Chambres. En 1899, les Ministères sont au nombre de 11 : Justice et cultes, Affaires étrangères. Intérieur, Finances, Guerre, Marine, Instruction publique et Beaux-arts, Travaux publics, Agriculture, Commerce, Industrie, Postes et Télégraphes, Colonies. Le pouvoir judiciaire est exercé au centre, à divers titres, par le Conseil d'État, la Cour de cassation et la Cour des comptes, dont la juridiction embrasse toute la France. Entre le pouvoir central et le département certaines administrations publiques ont des circonscriptions régionales : les mines, les forêts, la guerre (19 régions de corps d'armée), la marine (5 arrondissements), la justice (26 cours d'appel), l'instruction publique (17 académies), le clergé (17 provinces ecclésiastiques), etc. Le département est d'une manière générale, après l'État, la seconde unité administrative; le préfet l'administre, représentant le pouvoir exécutif et relevant spécialement du Ministre de l'intérieur. Le conseil général est l'assemblée départementale, laquelle délègue une partie de ses pouvoirs à une commission départementale permanente. Le conseil de préfecture exerce la juridiction administrative; la cour d'assises juge les crimes. Il y a 86 départements et, en outre, le territoire de Belfort (avant la guerre de 1870-1871, il y avait 89 départements). Il y a 362 arrondissements, soit en moyenne 4 arrondissements par département ; l'arrondissement est administré par un sous-préfet et un conseil d'arrondissement ; il a un tribunal de première instance. Dans chaque canton, il y a un juge de paix. La commune est la troisième unité administrative d'ordre général ; elle est administrée par le maire, assisté d'adjoints, et par Ve conseil municipal ; il y avait en 1891 36.144 communes.
2° État militaire.— Le service militaire est obligatoire pour tous les Français à partir de la vingtième année révolue : 3 ans dans l'armée active, 7 ans dans la réserve de l'armée active, 6 ans dans l'armée territoriale, 9 ans dans la réserve de l'armée territoriale. Le nombre des jeunes gens de la classe dépasse presque chaque année 300.000. L'effectif de l'armée sur le pied de paix était, d'après le budget de 1899, de .S47.0D0 hommes, plus le corps d'officiers (env. 27.000), y compris la gendarmerie, mais non compris les troupes d'Algérie et de Tunisie (68.500 hommes et 2.700 officiers).
Le personnel de la marine militaire se compose
FRANCE
de 40.000 hommes d'équipafre et de 18.CO0 hommes de troupe. La flotte en ISiKi était de olo bâtiments (dont 33 cuirassés d'escadre) jaugeant en tout 800.000 tonneaux.
S" Finances. — Les dépenses de l'État ont beaucoup augmenté. Voici, de dix ans en dix ans, les budgets des recettes et dépenses (en millions de fr.) :
law
tewttes 1.020 1.23i 1.432 1.962
KMttiM
1880 3.5iO
1899 (projet) 3.416
Les recettes (3.374 millions d'après le budget de 1899) sont fournies principalement par :
G)ntribations directes et taxes assimilées.
Enregistrement et timbre
Douanes
Contributions indirectes
Sucres
Monopoles : tabac, allumettes, etc
Postes, télégraphes et téléphones
Domaines et forêts
Millions de fr.
Les dépenses se répartissent ainsi :
Millions de fr.
Dette publique (perpétuelle, amortissable et
viagère) 1.248
Pouvoirs publics 13
Frais de recouvrement des impôts (régie) 205
Services des ministères (y compris les frais
d'exploitation des monopoles) 1 .899
Justice et Cultes 79
.\ffaires étrangères 16
Intérieur 77
Finances 20
Guerre 647
Marine 304
Instruction pnb. et B.-Arts. 217 Com., indust., postes et tél. 218
Colonies 80
.\griculture 44
Travaux publics 191
Remboursements, restitutions, non-valeurs 32
Algérie 73
La dette publique se compose d'éléments divers, dont on ne peut pas établir d'une manière précise le montant total en capital, surtout si l'on es.saye d'y comprendre la dette viagère. En 1896, on évaluait à 22 milliards de francs le capital de la dette consolidée en 4 1/2 et 3 %, dont la rente est de 693 millions 1 2 : il y avait en outre la dette amortissable, la dette flottante, la dette de garantie d'intérêt, qui élèvent le total à 31 milliards (dette viagère non comprise). La dette consolidée représentait, sous la seconde République, en janvier 1852, un capital de 5.516 millions; elle s'était élevée au i" janvier 1871 à 12.454 millions; à cause principalement des dépenses de la guerre de 1870-1871 et de la reconstitution du matériel de guerre qui en a été la conséquence, elle avait atteint 22 milliards en 1896.
III. Géographie économique. — 1° Propriété foncière et exploitation agricole. — On évalue vaguement (on n'a pas de connaissances précises à ce finjet) le nombre des propriétaires fonciers en France i 8 millions, dont plus de 4.800.000 propriétaires ruraux. Le nombre des cotes foncières (10,9 millions en 1835, 14 enl865, 14,1 en 1891) n'en donne qu'une idée très imparfaite.
En 1884 la propriété foncière se répartissait ainsi :
Désignation
Petite propriété (moinsdefihect)
.Movenne propriété (6 à 50 hect.).
Grande propriété (plus de 30 hect.)
Nombre de Proportion Nombre Proportion cotes (par sur d'hect. (par sur
100 cotes millions) 100 hect.
milliers)
Cest surtout dans les départements riches, Nord, Pas-de-Calais, Somme, Puy-de-Dôme (Limagne), .\isne, Gironde, Isère, Seine-et-Oise, que la propriété est très divisée : elle l'est beaucoup moins dans ceux où la terre a peu de valeur, comme Hautes et Basses-.\lpes, Cantal, Landes.
Les exploitations agricoles, qui ne sont pas exactement mesurées par la propriété, se répartissaient ainsi diaprés la statistique agricole de 1892 (les bois de l'État non compris) :
Exploitations
De moins de 1 hect..
De 1 à 10 hectares.
De 10 à 40 hectares.
De 40 à lOOhecUres.
De 100 à 300 hect..
De plus de 300
Nombre des
Superficie
Proportion
exploitations
(par millions d'hectares)
sur 100
(par milliers)
hectares
Depuis 1882, et même depuis 1862, les exploitations de plus de 40 hectares ont un peu diminué et celles de moins d'un hectare ont augmenté.
D'après la nature des cultures le territoire agricole est ainsi partagé (en 1892) :
Nature des cultures
Superficie (par
Proportion
milliers d'hectares)
sur 100 hectares
Terres labourables (avec
ou sans cultures)
Prairies naturelles, ver-
gers, etc
Vignes
Jardins
Bois et forêts (non.com-
pris les bois de l'Etat).
Landes et terres non cul-
tivées
Depuis 1862, les vignobles ont diminué sensiblement, les terres labourables un peu ; les prairies ont augmenté. L'État possède plus de 1 million d'hectares de forêts: les communes et établissements publics en possèdent près de 2 millions (dont i/iO en landes).
La valeur vénale du sol agricole a augmenté dans quelques régions et diminué dans un beaucoup plus grand nombre de 1882 à 1892 ; elle avait augmenté de 1862 à 1882. Ainsi, par exemple, les terres de labour de 1" classe ont été estimées 3.066 fr. l'hect. en 1862, 3.442 en 1882 et 2.866 en 1892. Les fermages ont baissé à peu près dans la même proportion. Le salaire des journaliers agricoles a quelque peu fléchi aussi, mais celui des domestiques de ferme a augmenté. L'outillage s'est amélioré.
Le nombre des propriétaires cultivant eux-mêmes leur terre a augmenté de 1862 à 1882 et de 1882 à 1892. Le nombre des fermiers, qu'ils possèdent ou non de la terre, est à peu près le même aujourd'hui qu'en 1862 ; celui des métayers a diminué, quoiqu'il se soit un peu relevé depuis dix ans. La plus grande partie du sol appartient à des particuliers (environ 44 millions 1/2 d'hectares) ; l'État possède environ 1 million 2 d'hectares ; les départements, les communes, les établissements hospitaliers environ 4 millions 7.
FRANCE
— 2dO
FRANCE
2° Climat (Complément de la géographie physique). — Les productions de l'agriculture varient suivant le climat et la nature du sol. La France jouit d'un climat généralement tempéré : la température moyenne est de 11 degrés centigrades ; la hauteur moyenne de la pluie est de 80 centimètres par an ; les vents d'ouest prédominent dans la partie occidentale du territoire. On distingue sept régions climatériques : climat armoricain (Bretagne, Normandie, etc.), qui est maritime, humide, peu de froid en hiver et de grandes chaleurs en été; climat séquanien (presque tout le bassin de la Seine), qui est tempéré; climat vosgien (Lorraine, etc.), qui, étant plus continental, a des hivers rudes; climat rhodanien (bassin du Rhône), qui est chaud dans les vallées en été, extrême et pluvieux dans les montagnes; climat méditerranéen (au sud des Cévennes), qui est le plus chaud et le plus sec de France, température moyenne 14, o degrés; climat girondin (bassin de la Garonne, etc.), qui est plus humide, avec une température moyenne de plus de 13, 5 degrés; climat central (tout le Massif Central), qui est un climat excessif, avec hiver rude et pluies abondantes dans les montagnes. (Voir, pour les détails de la géographie physique, politique et économique, la France et ses Colonies, 3 vol. par E. Levasseur.)
3" Production agricole.— Les principales récoltes ont varié de la manière suivante :
Années Froment. Avoine. Pommes Betteraves Vin
millions
millions ile terre.
à sucre.
millions d
d'hectol.
d'hectol
mil. de quintaux
mil. de quintaux
Cidre, hectol.
Depuis 1830, la récolte du blé et celle de la pomme de terre ont doublé ; celle de l'avoine a augmenté presque autant. La production du vin a été contrariée par l'oïdium et le phylloxéra.
La production de la betterave à sucre était en 1836 de 11,9 millions de quintaux; elle avait été en 1892 de 61, en 1893 de 60, en 1894 de 76, en 1893 de 63,8, en 1896 de 84,8.
Le nombre des animaux de ferme était évalué ainsi par la statistique :
ca
(p. millions de têtes)
Le nombre des chevaux est resté à peu près stationnaire, celui des chèvres a diminué. Le nombre des moutons a diminué beaucoup, par suite d'une utilisation meilleure du sol et de l'importation des laines étrangères. Le nombre des bêtes à cornes a augmenté. En somme, le rendement total en viande, qui avait augmenté beaucoup de 1862 à 1882, a continué à augmenter de 1882 (1.239 millions de kilog.) à 1892 (1.346 millions).
Industries agricoles. — La fabrication du sucre
de betterave est une des principales industries agricoles. Cette industrie, créée d'une manière factice sous le premier Empire, a commencé à se développer sous le règne de Louis-Philippe; elle a pris une grande extension surtout depuis 1870 (moins'cependant qu'en Allemagne), grâce en partie à un régime fiscal qui a accordé de grandes faveurs à cette production. La culture de la betterave convient à une terre riche; elle est pratiquée surtout dans le nord de la France. Voici les résultats :
Q uant
lié de
sucre
fabriqué
millions
do
kil.)
Sucre brut
Sucre rafdné
18ÎK)-91
Le vin constitue aussi une véritable industrie agricole, ainsi que le cidre (voir plus haut le tableau) et la bière. La quantité de bière imposée était, en 1893, d'environ 8 1/2 millions d'hectolitres.
La production de l'alcool est beaucoup plus importante encore. Dans la période de 1840-1830, elle était en moyenne annuelle de 891.000 hectolitres, dont 813.000 provenaient de vin ou de divers fruits; en 1893, elle s'est élevée à 2.163.448 hectolitres, dont 61.202 fournis par le vin, 43.717 par le cidre, 62.392 par le marc, 18.603 par des fruits, etc., 744.323 par la betterave, 846.403 par la mélasse, 386.604 par des substances farineuses.
Production de l'alcool (par milliers d'hectolitres)
Production Quantités
totale imposées
1840-50 moyenne 891 »
1850 production 940 385
Cette production comprend l'alcool produit par les distillateurs et bouilleurs de profession (2.037.000 hectolitres en 1893) et l'alcool produit par les bouilleurs de cru (estimé vaguement à 120.000 hectolitres en 1893). Une partie de l'alcool est employée dans l'industrie; la majeure partie de l'alcool produit par les distillateurs et bouilleurs de profession est employée en boissons et est taxée en conséquence (1.349.043 hectol. en 1893); l'alcool des bouilleurs de cru est exempt.
4" Revenus de l'agriculture.— La statistique officielle a essayé plusieurs fois d'évaluer le revenu, brut et net, de l'agriculture française. M. Tisserand, directeur de l'agriculture, a fait une intéressante étude de la matière dans l'introduction de la Statistique agricole décennale de 1882. Il estimait alors la production brute annuelle de l'agriculture (défalcation faite des doubles emplois) à 13 milliards 1/2 de francs. M. Levasseur, dans une communication faite à la Société nationale d'agriculture en 1891, a donné 12.840 millions comme valeur approximative de cette production; total dans lequel les céréales figurent pour 2.919 millions, les légumes, etc., pour 1.348, la viande de boucherie pour 1.613 environ, le lait pour 1.300, etc.
La valeur de la propriété foncière non bâtie était
FRANCE
- fôl —
FRANCE
porléi' eii 1882 pour 91 milliards 1/i ; elle a sensibleinont baissé depuis ce temps.
M. Tisserand évaluait le matériel d'exploitation à 8 milliards l/i (dont pins de 5 milliards 1/i ponr les animaux de ferme), la rente dn sol à i.64.'j millions, le salaire des ouvriers à 4 milliards et le bénéfice net des cultivateurs à 3.800. Depuis quinze ans le matériel d'exploitation s'est notablement accru, 1<' salaire a peu changé, la rente a diminué, et il est vraisemblable (quoique la Statistique décennale de ISOi ne renseigne pas à ce sujet) que le bénéflce de la culture a diminué aussi.
Pêche. — Sur la production de la pêche dans les
iix douces, il n'existe pas de statistique générale. .1 consommation de Paris, qui était de plus de 2 millions de kilog. en 1895, peut donner une idée de l'importance de cette industrie en France. La pèche en mer comprend : la grande pèche, qui se fait principalement sur le banc de Terre-Neuve et qui occupe environ 1.100 bâtiments et 13.000 hommes; la pèche (lu hareng, qui occupe environ 600 bâtiments et 7.300 hommes; la pèche Cotière, qui occupe 10.700 bateaux et 48.000 hommes. 11 y a, en outre, sur les côtes de nombreux parcs et viviers pour les coquillages, les crustacés et les poissons, et des établissements pour la fabrication des conserves.
5» Carrières et mines. — La France est riche en carrières qui fournissent des matériaux de construction très variés: granit (Cotentin, ilesChausey, Bretagne, Vendée, Limousin, .\lpes, etc.), ardoise Tiélazé, .\rdennes, etc.), marbre (Maubeuge, Pyré- -•^f-s, Alpes, Vosges), pierre de taille (en mainte iHgioni, etc. Les départements de Maine-et-Loire, .Mayenne, Calvados, Eure, Orne, Manche, Ardennes, Pas-de-Calais, Seine-et-Oise sont ceux qui occupent le plus d'ouvriers carriers. Le sel est extrait des raines de Lorraine et des marais salants de la Vendée et du Languedoc. Les eaux thermales et minérales (voy. ce mot) sont au nombre des richesses minérales très importantes de la France.
La France possède peu de minerais métalliques, It^ fer excepté. La valeur totale des minerais de plomb, argent, manganèse, etc., n'excédait pas H millions de francs en 18ifô.
Elle est beaucoup mieux pourvue de houille, qu'on extrait principalement du bassin du Nord et Pas-de-Calais, qui fournit 57,4 0/0 de la production totale, du bassin de Saint-Étienne, des bassins d'Alais, du Creusot et Blanzy, d'Aubin, etc. La consommation étant supérieure à la production, c'est l'importation, surtout celle d'.\ngleterre, qui fournit le complément.
Production et*consonrmation du charbon de terre
(.\nthracite, boaiUlc, lignite)
Prixinctfon Consommation Millions de tonnes Millions de tonnes 1,0 *