‹ Dictionnaire du commerce, de l'industrie et de la banqueChapitre 19 sur 1134 · Le poud égale 40 livres, soit 16 kjlog · texte numérisé non relu

Le poud égale 40 livres, soit 16 kjlog

tonneaux horizontaux, en tôle garnie de pavés de silex ou de porcelaine dure et remplis en partie de galets de mer ; ces derniers, par la rotation du tonneau, pulvérisent dans la perfection toutes les molécules de l'émail, soit dans l'eau, soit à sec.

L'émail pulvérisé est tamisé avec soin dans des tamis plus ou moins fins suivant sa destination, puis séché avant l'emploi.

L'émail est généralement fabriqué dans les usines de céramique qui l'emploient; outre l'économie qui résulte d'une fabrication que l'on fait soi-même, il y a un intérêt primordial à employer des émaux dont on connaît la composition, que l'on peut modifier à son gré suivant la nature des terres destinées à en être recouvertes^.

Néanmoins, de nombreux industriels fabriquent des émaux destinés au commerce ; en France, en Allemagne, en Angleterre surtout, il existe des usines importantes qui produisent de grandes quantités d'émaux de toutes natures qui alimentent les céramistes et les décorateurs. (V. Verre, Verrerie.)

ÉMAILLAGE. — L'émaillagc est l'opération qui consiste à appliquer les émaux sur les objets à émailler. Ce travail se fait de diSérentes manières : . J par immersion, par écoulement, par peinture au M pinceau, par saupoudrage, par pulvérisation.

L'immersion consiste à tremper rapidement l'objet, généralement de petite dimension, dans une terrine ou un baquet contenant l'émail dilué dans l'eau additionnée ou non de gomme, d'alun, etc.

L'écoulement s'obtient en versant rapidement la dilution d'émail, avec une grande cuiller, sur l'objet.

La peinture au pinceau est surtout employée pour la décoration en majolique et dans les émaux cloisonnés.

Le saupoudrage à sec se fait avec la main ou avec un tamis.

La pulvérisation consiste à faire passer le vent d'un ventilateur dans un récipient muni d'un chalumeau et contenant la solution d'émail dans l'eau. On promène le chalumeau du pulvérisateur sur les surfaces à émailler,. plus ou [moins vite, suivant l'épaisseur qu'on veut atteindre. Ce procédé est rapide et permet d'obtenir des effets particuliers, tant au point de vue de la couleur que de la glaçure ellemême, qui conserve souvent l'empreinte des particules d'émail violemment projetées par le pulvérisateur. Alfred Brault,

Céramiste, à Choisy-le-Roi.

Émaillage électrique. — Nom donné à un procédé consistant à recouvrir d'une couche conductrice des objets à émailler, à cuire, à décorer ces objets avec de l'émail, et, après nouvelle cuisson, à les recouvrir par la galvanoplastie d'une couche métallique

1. Il est intéressant, comme l'a récemment montré M. Saglio à la Société d'Encouragement pour l'industrie nationale, d'avoir pour le revêtement des métaux des émaux ayant une dilatation comparable à celle de ces métaux. Les recherches de ce spécialiste ont été entreprises pour élucider la question. Elles ont indiqué une série d'émaux remplissant ces conditions, notamment des émaux contenant de la cryolithe, du spath-fluor et un peu de rutile, dont les dilatations sont très élevées. Il semble résulter de l'ensemble des essais que le problème de remaillage des fontes et tôles par des émaux calcaires non plonibifères, parfaitement hygiéniques, est possible lorsqu'on se sert d'acide borique. Il existe même une gamme d'émaux de dilatations croissantes, de fusibilités variables, entre lesquels on peut choisir et dont quelques-uns sont très peu solubles dans les acides. La présence de la chaux ne paraît nuire en rien aux qualités des émaux. Le borate de chaux peut être substitué avec économie au borate de soude, aujourd'hui presque seul usité.

EMBALLAGE

EMBALLAGE

qnl ne dépose que snr les parties conductrices et non sur l'émail. G. D.

ÉMANCII'ATIOX. V. COMMEBÇAST.

EMBALLAGK. L'emballage est l'action d'emballer, c'est-à-dire de mettre en paquets ou en caisses des objets pour les transporter d'un lieu dans un autre. Les artisans emballeurs n'ont jamais formé une profession nettement déterminée. Ils ont cependant toujours été et sont encore compris dans le métier des layetiers, qui prirent longtemps le titre de malletiers et cofîretiers.

Au XIV' siècle, les layettes de 60 is apparaissent dans l'ameublement. La communauté des layetiers fut régie jusqu'à la fin de l'ancien régime par les statuts du 26 mars lo22. Ces statuts assuraient aux maîtres layetiers le privilège d'exécuter toutes sortes d'ouvrages en bois légers, notamment « toutes boîtes de forme ronde ou ovale, et autres légers ouvrages de cette sorte, de bois de sapin, mairin et autres ». Ces ouvrages devaient être exécutés sans colle ni moolnres. Sous Louis XIV, les layetiers lurent admis, an nombre de 88 à faire, seuls dans Paris, les emballages pour la douane, la ville et les faubourgs.

L'emballage des marchandises excelle surtout à Paris et dans les villes où le commerce entraîne une împortante'manutention et des transports nombreux.

Pour les objets à transporter au loin ou contenant des matières précieuses, ou des objets de valeur, l'emballage doit être plombé.

La boissellerie et la vannerie font pour les menus objets des boîtes d'emballage spéciales. (V. Boites.)

Les caisses en bois se font généralement en bois blanc dans des fabriques spéciales possédant un outillage mécanique approprié. Un outillage perfectionné existe dans les plus importantes fabriques de Paris et de la banlieue. Une machine déjà répandue en Amérique et en Angleterre fabrique les boîtes en carton d'un seul coup. Elle prend le carton en rouleau, y découpe la boîte ou le couvercle au format voulu, trace dans les deux sens les parties à replier et coupe les coins, en une seule opération. Le travail étant très régulier, le déchet est réduit au minimum. On fait ainsi des boîtes depuis 7 cent, o jusqu'à 40 cent, de côté, de toutes formes rectangulaires. La vitesse de la machine peut être changée en marche, ainsi que les dimensions des boîtes. Un simple apprenti peut faire de 3.000 à 6.000 boîtes par heure, suivant les formats.

Le layelier-emballeur a presque tonjonrs, à Paris, une scie mécanique où le bois est débité aux dimensions nécessaires.

Les nécessités des transports et les habitudes de la vente président à la forme et au poids des caisses d'emballage.

Les vins et les eaux minérales, par exemple, sont emballés dans des caisses spéciales : les ouvriers qui se livrent à ce genre de travail s'appellent encaisseurs de vins ou d'eaux minérales.

L'art d'emballer les fruits porte un nom particulier : baguer les fruits. L'opération consiste à couvrir la vannerie du panier de branches feuillues, celles du châtaignier de préférence, en les insérant de distance en distance dans les interstices laissés par les courbures de l'osier. Le dessus du panier est recouvert de mêmes feuilles et ficelé. Ainsi bagués, les fruits supportent un assez long transport. Détail à noter : le raisin ne se bague pas. Certains fruits supportent mal le transport, comme les pèches, les

framboises. Dans le Midi, les fraises sont emballées dans des pots de grès d'un demi-litre recouverts de feuilles vertes ficelées aussi solidement que possible. Les pommes, poires, citrons, oranges sont rangés, après avoir été enveloppés de papier de soie, dans des caisses qui en contiennent 100 on 150.

Pour les fleurs et les plantes, l'emballage n'est pas moins délicat que pour les fruits. On se sert généralement de paniers plats où l'on assujettit solidement le pot. Pour les arbres, il est nécessaire d'envelopper les racines dans de la mousse, puis de la toile, an moment du sommeil de la végétation: on lie les branches au tronc, et le tout, bien ficelé dans de la paille, supporte sans inconvénient les plus longs voyages.

Les œufs s'emballent dans de la paille. Les fromages sont enfermés dans du papier parchemin et placés dans des boites en feuilles de bois. Le beurre, entouré d'une toile fine, s'expédie en mottes on en livres.

Les marchandises provenant des colonies sont emballées soit dans des barils on des caisses, soit dans des sacs faits de nattes, de tissus ou de peaux. Les emballages de ce genre trouvent parfois un emploi différent. C'est le cas des caisses de teck, des gros tissus de crin dans lesquels on expédie les soies fermes du Levant.

Nous n'avons pas à examiner ici ce qui a trait à l'emballage des effets à l'usage des voyageurs. C'est l'objet de l'industrie des fabricants de malles et articles de voyage.

Les emballages sont faits, outre les garçons de magasins ou de fabrique, par les ouvriers layetiersemballeurs. Le salaire de ces ouvriers est très variable : de 4 fr. pour les manœuvres et les aides, il atteint 8 fr. par jour pour les bons ouvriers, qui sont payés à la journée. Pour l'emballage des voitures et d'autres articles, l'ouvrier est payé soit aux pièces, soit à l'heure; celui qui tend et coud les bâches goudronnées est souvent payé jusqu'à 90 c. l'heure.

La population qui vit de l'emballage n'a pas pris en apparence une importance en rapport avec les progrès du commerce. L'application du principe de la division du travail par le machinisme est la cause de ce peu d'accroissement; il fau{fra{t d'ailleurs tenir compte des ouvriers et employés occupés par les fabriques ou maisons de commerce qui font ellesmêmes leurs expéditions.

Les emballeurs de Paris ne le cèdent maintenant en rien à leurs concurrents d'.\ngleterre et d'.\llemagne, dont la réputation est bien justifiée. En 1896, il y avait à Paris 340 personnes employées à la fabrication des caisses d'emballage. On comptait 283 hommes et 57 femmes, dont 29 chefs d'établissements (21 hommes et 8 femmes) occupant 258 hommes et 48 femmes; 3 patrons travaillaient seuls on comme ouvriers à façon. Parmi les 26 autres établissements, 9 occupaient de 1 à 4 ouvriers: 6 de 5 à 10 ouvriers; 2 de 11 à 20 ouvriers et 2 de 51 à 100 ouvriers.

Le nombre des layetiers-emballeurs à Paris est plus considérable. Le recensement de 1896 donne une pop. active de 2.839 personnes, soit 2.745 hommes et 94 femmes, dont 353 chefs d'atelier hommes et 32 chefs femmes. % établissements appartiennent à de petits patrons travaillant seuls ou à des ouvriers à façon ou sans place fixe; 251 occupent de 1 à 4 ouvriers et employés, 56 de 5 à 10, 19 de lia 20, 12 de

EMBALLAGE

21 à 30, et 1 de al à 100. Pour 23 établissements le chiffre du personnel est inconnu.

Dans la banlieue de Paris, on compte 10 chefs de fabriques de caisses d'emballage occupant ensemble 146 ouvriers et employés et lii) femmes. Pas de chômage. D'autre part, on compte 23 patrons layetiersemballeurs occupant 119 ouvriers et employés.

Cette industrie, en dehors des grands centres, est sans importance. C. N.

L'emballage se subdivise en deux catégories bien distinctes : les balles et les caisses ou tonneaux.

Les balles se font à la presse hydraulique. La marchandise, réduite par des pressions successives à son volume minimum, est recouverte d'une toile de chanvre ou de jute avec on sans interposition de toile ou papier ciré ou goudronné, et de paille : c'est ce que l'on appelle l'emballage maigre. Pour certaines destinations d'outremer, la balle ainsi préparée est recouverte d'une toile grasse appliquée à chaud, entourée d'une légère couche de paille et enfin d'une nouvelle toile de chanvre : c'est l'emballage gras et maigre.

Les caisses d'export. sont faites principalement de bois de peuplier, suffisamment résistant pour bien retenir les pointes, suffisamment léger et solide pour protéger efficacement la marchandise. L'épaisseur normale des planches est de 17 mm. ; cependant, pour les caisses dites légères, on emploie des bois de 12 mm. et au-dessous. Pour les grosses pièces, au contraire, on donne la préférence au sapin, que l'on emploie alors dans des épaisseurs beaucoup plus fortes.

Les caisses sont généralement doublées, soit de papier goudron ciré sur une de ses faces, soit de toile huilée ou goudronnée. Ce doublage garantit généralement d'une façon suffisante les marchandises qui n'ont pas à craindre la chaleur combinée avec l'humidité des cales. Pour les articles fins : soieries, rubans, objets d'art, bronzes, dorures, plumes, etc., on emballe dans une première caisse de fer blanc ou de zinc que l'on insère dans une caisse de bois.

Suivant leur poids, leur volume et les nécessités des transbordements successifs, les caisses d'emballage sont construites d'après trois types invariables; barrées partout, c'est-à-dire en bouts et au milieu; en bouts seulement ; ou non barrées : dans ce dernier cas, on les cercle en bouts avec une étroite bande de feuillard. Pour éviter, dans la mesure du possible, que les caisses ne soient ouvertes en cours de route et que le contenu n'en soit pillé, on insère parfois dans l'épaisseur du bois de petites plaques de tôle retenues par des pointes plates et barbelées: toute tentative d'effraction est alors aisément reconnaissable et le destinataire peut faire valoir ses droits avant de prendre livraison.

Les emballeurs parisiens jouissent, à juste titre, d'une grande réputation d'habileté: aussi, à chaque Exposition universelle, des équipes de spécialistes sont-elles demandées tant pour la réception que pour la réexpédition des objets destinés à être exposés. Cette habileté, qui n'a de rivale que la dextérité des Chinois et des .Japonais, tient surtout à la spécialisation des ouvriers : telle maison a la spécialité du meuble, telle autre des porcelaines, telle autre des voitures, des pendules, des bronzes, etc. ; en général, l'emballeur parisien jouit d'une légèreté de main reconnue, d'une très grande expérience de l'arrimage, et l'on peut dire sans exagération que les

Page 1