DES FRUITS SECS EN GÉNÉRAL
Pour compléter les renseignements qui précèdent et qui se rapportent séparément aux principales espèces de fruits secs, nous donnons ici les chiffres globaux du commerce des fruits secs en général, pour les pays où ce commerce a une réelle importance.
Angleterre. — Les statistiques d'import. ne nous fournissent qu'un chiffre d'ensemble pour les fruits frais ou secs. On sait d'ailleurs qu'elles ne distinguent que pour les export, le C. S. du G. G. Voici, en milliers de liv. st., les totaux que nous y relevons pour les années 1888, 1891, 1894 et 1897 :
1888 1891 1894 1897 Raisins de Corinthe. 1.342 1.386 860 1.067
Raisins 918 1.0.34 893 1.008
Oranges et Citrons.. 1.461 1.391 2.206 2.067
Pommes 1.030 1.034 1.389 1.187
Il faut noter que les fruits conservés (notamment les pruneaux de Californie) trouvent en Angleterre un marché de plus en plus étendu.
L'importation des fruits secs et conservés à Southampton (presque tous d'origine américaine) a donné les chiffres suivants en 1896 et 1897 (en quintaux anglais de 50 kgr. 800 et en liv. st.) :
Quantités V.ileurs
1896 1897 1896 1897 C«t. Liv. st.
Fruits secs divers 1 . 183 228 1 . 991 341
— conservés au sucre.. 490 639 1.511 1.738
Livres-])oids
— — autrement. 29.171 21.076 514 432 Allemagne. — Les import, de fruits secs, en y comprenant les noix et châtaignes, se sont élevées en 1898 à 718.919 qx métriques contre 620.807 en 1897. La France, en cinquième ligne avec 39.233 qx métriques, est largement distancée par quatre autres pays. Au premier rang, la Serbie est représentée par 230.139 qx. Viennent ensuite l'Autriche- Hongrie (169.227 qx), les États-Unis (132.736 qx), que suit l'Italie avec 71.360 qx.
Autriche-Hongrie. — L'Autriche exporte en grande quantité des pruneaux qui viennent de Bosnie ; cette province en a produit 186 millions de kilog. en 1897 à 20 fl. (de 2 fr. 47) en moyenne les 100 kilog.
La Hongrie importe des fruits du Midi ; voici les chiffres pour les trois dernières années : 1893,2.105; 18%, 2.815; 1897, 3.866, valeurs en milliers de florins.
Espagne. — L'export. des raisins secs a donné au C. S. les chiffres suivants pour les années 1888, 1891, 1894 et 1897 (valeurs en milliers de pesetas) :
A ces chiffres, pour avoir le total de l'export. des fruits secs, il faudrait ajouter environ la moitié des export, d'amandes et d'avelines, en supposant que l'autre moitié ait été expédiée à l'état frais ; on aurait ainsi les chiffres suivants (en milliers de pesetas) :
1888 1891 1894 1897 Amandes... 3.000 3.200 5.900 6.600 Avelines.... 1.600 1.300 1.600 1.300
L'export. des figues sèches a représenté 146.187 pesetas en 1898.
États-Unis. — Voy. Fruits frais.
Grèce. — Les fruits secs d'export. sont le raisin de Corinthe, les figues et quelques autres; voici les chiffres que nous fournissent à ce sujet les statistiques du C. S. pour les années 1888, 1891, 1894 et 1897 (valeurs en milliers de francs) :
Raisins de Corinthe. 52.389 60.493 22.549 31.842
Figues 2.639 1.761 2.859 2.065
Antres fruits 1.134 242 366 —
Italie. — L'export. des fruits secs, tels que figues, noix, noisettes, s'est élevée à 721.150 kilog. en 1898. L'Autriche, la France, l'Allemagne, l'Angleterre, la Hollande et l'Amérique ont participé, dans une même mesure, à celte exporl.
Les export, d'amandes sans cosses ont donné, au C. S., les chiffres suivants pour les années 1888, 1891, 1894 cl 1897 (en milliers de lires ou francs) :
L'industrie des cédrats prend chaque année à Livournc une plus grande importance. En 1897, il en a été exporté 1.193.839 kilog., dont principalement : 918.500 aux Pays- Bas, 126.500 aux États-Unis, 61.700 en Angleterre, 44.800 en Allemagne, 11.600 en Belgique, etc. Si l'on considère que l'import. de ces fruits à l'état frais avait été de 1.036.906 kilog., c'est-à-dire sensiblement le même chiffre que celui de l'export., an poids du sucre près, on se rend immédiatement compte des profits que Livourne tire de cette industrie. Le cédrat frais, en effet, coûte au plus Ofr. 50, alors qu'on le vend 2fr. et 2fr.50 le kilog. dans les pays de consommation, à l'état de cédrat confit.
Turquie d'Asie.— Un des principaux produits de l'oasis de Damas est l'abricot, dont une grande partie est transformée en pAte séchée au soleil. Cette pâte est vendue en pièces de 1 m. 75 à 2 m. 10 et larges de 15 à 23 cent. La production de 1898 était d'environ 330.000 pièces pesant 1.400.000 kilog., dont 900.000 kilog. exportés à destination de Beyrouth, et le reste consommé à Damas ou exporté vers le Nord. En 1897, le prix de la pièce variait de 3 à 4 piastres, et en 1898 de 4 à 3 piastres. La consommation de ce produit était restreinte, autrefois, aux pays de la Turquie d'.\sie et à l'Egypte. Depuis quelques années, il en est exporté à destination de Hambourg et de Trieste (2.000 caisses de 100 kilog. en 1898), et deux maisons françaises viennent d'entreprendre sur place cette exportation. Certaine qualité d'abricot appelée en arabe «baladi», c'est-à-dire du pays, est très bonne pour être séchée. Ces abricots secs sont très estimés dans toute la Turquie et l'Egypte. La production de 1898 a atteint 160.000 kilog. d'abricots secs, dont 120.000 kilog. ont été expédiés en Egypte, à Smyrne, Constantinople, etc., au prix moyen de 1 fr. le kilog.
Egypte. — La moyenne de l'importation des fruits secs en Egypte pendant les sept dernières années est de 113.000 liv. ég., soit environ 3 millions de francs. Ces fruits sont employés dans la pâtisserie des Européens aussi bien que dans celle des Arabes. Ils sont en outre consommés tels quels par les clients des nombreux cafés, à qui de petits marchands indigènes munis de paniers à compartiments viennent lesoffrir. Chacune des casesde ces paniers contient une variété de fruits secs : raisins, amandes, graines de pin, graines de courge, pois chiches, pistaches; on en obtient un assortiment pour quelques paras. A l'époque des fêtes du Ramadan, qui ont lieu généralement en février, la consommation des fruits secs prend une grande intensité, parce que les Musulmans préludent à leur grand jeûne par des agapes où dominent les nougats et des pâtisseries dont les amandes, les noisettes, les sésames cl les caroubes sont les principaux condiments.
La moyenne de l'exportation française en Egypte, pendant les sept dernières années, a été de 10.200 liv. ég., soit environ 260.000 fr. De 5.700 liv. ég. en 1892 elle est montée, par accroissements successifs, à 13.700 liv. ég. en 1898. La France expédie des amandes, des noix, des pignons et des pruneaux, ceux-ci en petite quantité, la grosse part venant de Bosnie.
La graine de courge, dont l'Arabe fait une grande consommation, est expédiée en totalité par l'Autriche-Hongrie. Cette graine est considérée par l'indigène comme un remède efficace contre le ver solitaire, assez commun chez lui. La graine de courge vaut de 12 à 13 florins les 100 kilog. franco-bord Trieste.
Commerce français