EMERI
qui lui dounesa teinte verte (émeraude proprement
■ dite), ou par de l'oxyde de fer qui lui donne une teinte vert Menàtre {béryl) ou vert de mer (aiguëmarine); l'émeraude cristallise en prismes hexagonaux, son poids spécifique est 2,7ij env.; elle n'est pas très dure, mais assez cassante, est légèrement fusible, a une double réfraction et une transparence plus faible que celle de l'émeraude orientale. Les belles émeraudes viennent de la Nouvelle-Grenade, du Pérou, de la Colombie; on en trouve aussi d'assez grands cristaux vitreux et pâles, généralement inemployables en joaillerie, dans les roches granitiques de Bretagne, de Vendée, d'Auvergne, du Limousin, etc. Le béryl vient des Indes, d'Arabie, de Russie^ et l'aigue-marine, du Brésil, de Sibérie, de l'Oural, du Siam.
Parmi les pierres célèbres, nous citerons une belle émeraude de 30 carats au Cabinet Impérial de Saint-Pétersbourg: une émeraude taillée au moyen Age et représentant « l'Ame entraînée par les Plaisirs » ; le béryl surmontant la couronned'Angleterre et les aiguës- marines du pape Jules II et de la Bialiothèque Nationale de Paris, cette dernière gravée, représentant Julie, fille de Titus. La Bible et les auteurs anciens parlent de colonnes entières d'émeraude, mais on comprenait certainement alors sous
■ ce nom toutes les pierres précieuses vertes, telles que le jaspe, la malacliite, etc.
L'émeraude ne se clive pas, mais se scie; elle se taille en carrés ou en rectangles à facettes, en cabochons, en pendeloques facetées ou non ; commer- ^cialement, il n'est pas fait une très grande différence entre l'émeraude orientale et l'émeraude ordinaire, les pierres se vendant généralement à la pièce avec des prix excessivement variables, suivant la qualité (de 215 à 2.000 fr. le carat et même plus). Par contre, il y a une très grande différence de valeur entre l'émeraude et le béryl et l'aigue-marine, ces deux dernières étant surtout considérées comme pierres de fantaisie; toutefois, l'aigue-marine est assez estimée en Angleterre pour son bel éclat aux lumières. G. -Roger Sandoz.
E.MEKT. L'émeri est une substance pierreuse très dure (corindon mélangé à des quantités très variables d'oxyde de fer et à un peu de silice), brune, grise violacée on rougeàtre et remplie de points brillants micacés. On le réduit en poudre dans des moulins d'acier. Cette poudre, selon son plus ou moins grand état de finesse, sert, soit sous la forme d'agglomérés, en meules, cylindres, etc., soit appliquée sur papier, toile, bois ou buffle, soit sans autre préparation préalable, au polissage des métaux, <les glaces, des verres d'optique et des pierres fines.
Les agglomérés d'émeri s'obtiennent soit par le moulage à l'aide du ciment, soit par la cuisson, en employant la résine comme matière agglutinante ou agglomérante.
Les émeris du commerce proviennent de Naxos (Grèce), des États-Unis, de Ceylan et de la Turquie d'Asie.
Durant l'année 1898, on a exporté de Naxos en
]. En Russie, les émeraudes se trouvent dans le district d'Ekathérinbourg, le long de la rivière Tokova, à 80 kil. environ de la capitale du district. Les plus beaux échantillons furent trouvés quand les usines de Tokova étalant exploitées par le gouvernement, 'C'i-st-à-dire jusqu'en 1862; dans cette période 5.G00 pouds furent extraits. Depuis, les mines sont afîerinées^ à des Compagnies privées qui sont moins heureuses dans leurs recherches.
— 28 — EMIGRATION
Angleterre, en France, en Allemagne et en Amérique, plus de 6.000 tonnes d'émeri.
L'émeri de Naxos est, comme qualité, bien supérieur aux émeris d'Asie-Mineure, qui ne se vendent à Smyrne que 38 à 45 fr. la T., au lieu de 100 à 130 fr. Aussi a-t-on constaté que dans certains ports d'Europe, en cours de route, dans leS ports de relâche ou même au port destinataire, les deux qualités sont mélangées à bord des navires chargeurs. C'est la Société des Monopoles de Grèce qui exploite les mines d'émeri de Naxos.
Commerce. — Pendant la période 1892 à 1896 inclus, les quantités moyennes importées et exportées ont été les suivantes (C. G.) :
IMPORT. EXPORT
Kgr. Kgr.
Emeri pulvérisé 91.81G 134.983
— aggloméré 205.993 222.325
Les statistiques de 1897 donnent les chiffres que voici :
Import. : Emeris pulvérisés 1.071 qx m.
— — agglomérés 1.845 —
l^xport. : Emeris pulvérisés 2.053 —
— — agglomérés 2,33.500 kgr.
Les prix E. V. D. pour 1897 ont été : pour l'émeri pulvérisé : 0 fr. 25 le kgr. à l'import., G fr. 50 à l'expert.; pour l'émeri aggloméré : 1 fr. 50 le kgr. à l'import. et 2 fr. à l'expert.
Droits de douanes. — L'émeri I)rut en roches ou en pierres, tel qu'on l'extrait du sol, et l'émeri simplement concassé en morceaux de forme irrégulière et de dimension relativement grande, est classé dans la catégorie des pierres servant aux arts et métiers non dénommés, laquelle catégorie est exempte de droits.
Les emeris pulvérisés, c'est-à-dire en poudre ou en grains proprement dits, présentés en masse (sans être agglomérés sons une forme quelconque, ni appliqués sur tissu ou toute autre matière), acquittent, par 100 kgr., poids brut, 8 fr. (T. G.) et 4 fr. (T. M.).
Les émeris appliqués et agglomérés (émeris collés sur toile ou sur papier; émeris agglomérés en meules, en pierres, en crayons, en fraises, en limes, en fusil, en pierres à afEûter, à dresser, à aiguiser, etc.) payent à l'entrée en France, par 100 kgr., poids net : 50 fr. (T. G.), 30 fr. (T. M.).
Les émeris d'origine extra-européenne, non concassés à leur entrée, ne sont passibles que de la surtaxe d'entrepôt.
G. DUMONT
iLmiGRATION. L'émigration, qui consiste dans le fait pour l'habitant d'un pays d'aller s'installer dans un autre, est un pliénomène très ancien ; on le rencontre à toute époque. Cependant il ne se produit plus sous la même forme qu'autrefois. Dans l'antiquité l'émigration avait lieu par masses : des tribus, des peuplades entières passaient, sous la direction de leurs chefs, d'un territoire dans un autre, tandis qu'aujourd'hui l'émigration est individuelle. Cela n'empêclie qu'il se forme de véritables courants d'émigration, beaucoup d'individus d'un même pays ou de pays divers prenant la même direction et allant s'installer dans un même territoire, dans un même État. La découverte de l'Amérique a été dans les temps modernes l'événement qui a provoqué le plus l'émigration des hommes de l'ancien Continent. L'espoir d'y découvrir des richesses détermina de bonne heure un grand nombre d'Européens à traverser l'Atlantique. Les va.stes territoires encore peu peuplés des deux Amériques continuent de nos jours à attirer de nombreux émigrants, et l'émigration est même, pour certains pays d'outre-Atlantique, une question des plus importantes. Les uns s'efforcent, par une propagande active, d'attirer
ÉMIGRATION
EMIGRATION
dans leurs territoires les émigrants des vieux pays, et nous rencontrons en particulier dans cette catégorie les Républiques de l'Amérique du Sud. Les autres, après avoir reçu pendant de longues années de nombreux convois d'émigrants venant de tous pays, voudraient détourner d'eux sinon la totalité, du moins une grande partie du courant d'immigration. Les États-Unis, par exemple, se préoc- I npent actuellement des moyens d'entraver chez ' (IX l'immigration.
D'autre part, les pays qui fournissent le pins il'éléments à l'émigration, l'Allemagne, l'Italie entre iiitres, ont une tendance de plus en plus marquée à
■glementer cette émigration, de façon à ce que It^nrs nationaux n'aillent pas s'enfouir dans de vastes pays où ils perdent bientôt tout souvenir de leur ancienne patrie et sont trop complètement assimilés. L'émigration n'est plus profitable, dans ce cas, pour la mère patrie, tandis qu'il en est autrement si les émigrants se groupent par nationalités dans un pays ou vont s'installer dans les colonies de lenr patrie: ils conservent alors davantage leurs habitudes, et il y a des chances pour qu'ils continuent à entretenir des relations avec leur pays d'origine, pour le plus grand bien désintérêts commerciaux de ce pays.
L'émigration peut donc être envisagée à un double point de vue : i° au point de vue des pays qui fournissent les émigrants : 2" au point de vue de ceux qni les reçoivent. Nous allons passer rapidement en revue les principaux pays qui rentrent dans chacun de ces groupes. Seulement, comme il n'y a rien d'absolu en ce monde, à côté de ces deux courants très marqués d'émigration et d'immigration, il y a des échanges de peuple à peuple: nous indiquerons les plus notables.
I. Races qui émigrext. — Sur les o parties du monde, deux, l'Europe et l'Asie, fournissent des émigrants. En Europe, presque tous les pays contribuent au courant d'émigration qui s'est établi entre ce continent, r.\mérique, r.\frique et l'Australie ; mais il en est quelques-uns chez lesquels l'émigration est énorme, alors qu'elle est très restreinte, presque insignifiante chez d'autres. Les pays qui fournissent le plus d'émigrants sont: l'Allemagne, la Grande-Bretagne, l'Italie, le Portugal. Nous n'avons pas à rappeler ici les causes bien connues qui poussent les habitants d'un pays à émigrer : population trop dense, difficultés de la vie, espoir de trouver dans d'autres pays des conditions d'existence meilleures ou plus faciles, etc. Nous nous bornerons à indiquer l'importance du mouvement migratoire de chaque pays en signalant, s'il y a lieu, les particularités de ce mouvement.
Allemagne. — L'Empire d'Allemagne, dont la population est une de celles qui progressent le plus, avait, d'après le recensement de 1893 : 32.230.894 hab., au lieu de 49.428.470 en 1890. Malgré cette progression rapide du nombre des habitants, la population a pu encore fournir d'importantes recrues à l'émigration. On a compté, en l'année 1872, 123.630 émigrants, dont 119.780 sont allés aux États-Unis, 3.308 au Brésil, 1.176 dans le reste de r.\mériqne, 1.172 en Australie, 2 en Afrique, 12 en Asie. En 1873, il n'y a plus que 30.773 émigrants, dont 27.834 aux États-Unis, 1.226 en Australie, etc. On ne resta pas longtemps à d'aussi faibles chiffres. En 1880, on enregistrait 106.190 émigrants, dont 103.113 aux
États-Unis, 2.119 au Brésil, 132 en Australie. De 1880 à 188;j, l'émigration fut considérable ; le chiffre le plus élevé fut atteint en 1881 : il y eut cette annéelà 210.347 émigrants, dont 206.189 aux États-Unis, 2.102 au Brésil, 743 en Australie, 314 en Afrique, 33 en .Asie. En 1890, le nombre total des émigrants est encore de 107.238 ; il tombe en 1893 à 33.337 et il n'est plus en 1898 que de 20.797. On trouvera dans le tablean ci-dessous le détail de l'émigration allemande dans les dernières années avec l'indication des pays de destination :
.\utres
Etats-Unis Canada Brésil pa^-s Aastra- Afri- Asie
ameri- lasie qae cains