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ÉMERAUDE

EMBAUCHAGE. ActioD d'engager des ouvriers. Dans ce sens, le mot embauchage n'est pas pris en mauvaise part. Mais le C. Pén. contient un terrible art. 417 qui est emprunté aux règlements de Colbert et qui vise l'embauchage des ouvriers pour l'étranger : « Quiconque, dans la vue de nuire à l'industrie frai*;aise, aura fait passer en pays étranger des directeurs, commis, ou des ouvriers d'un établissement, sera puni d'un emprisonnement de six mois à deux ans et d'une amende de 50 fr. à 300 fr. » Cet article porte la date à laquelle le C. Pén. a été rédigé. Si on n'en a pas demandé l'abrogation, c'est qu'il est inappliqué et inapplicable. Ce n'est cependant pas une raison pour le conserver. Y. G.

EMBAUMEMENT. Conservation du corps de l'homme après la mort.

L'embaumement remonte à la plus hante antiquité, puisque les Égyptiens ouvraient le corps à

userver pour le remplir de baumes et d'aromates.

A ce procédé, on a substitué la méthode par injection dans les artères carotides de plusieurs litres de solutions salines qui vont jusqu'aux capillaires et reviennent par les veines en baignant tous les tissas.

Parmi les liquides utiles à employer dans les embaumements sont le sublimé corrosif et les solutions arsenicales, mais les règlements de médecine légale interdisent l'usage de ces produits, qui pourraient devenir très gênants dans les autopsies.

On se sert alors d'une solution de chlorure ou d'acétate d'alumine, ou, procédé plus généralement employé, d'une solution de chlorure de zinc avec parfois addition d'hyposulflte de soude (Sucquet). On peut aussi employer le sulfate de zinc, ou l'acide phénique au 100'. Pour donner une teinte rosée aux chairs, les praticiens ajoutent à la liqueur conservatrice un peu d'éosine.

Il faut de .3 à o litres de liquide, selon les sujets, pour injecter complètement le corps. Les yeux sont recouverts le plus souvent de capsules de verre imitant les prunelles du défunt. L'opération dure de 1 h. 1/2 à 3 heures avec deux nides.

Le prix des embaumements est très variable. A Paris, il faut compter de 200 à 300 fr. au minimum, plus souvent de 1.000 à 2.000 fr. ; l'embaumement de l'empereur Don Pedro, pratiqué par un professeur de la Faculté de médecine de Paris, a été payé 18.000 fr. Il est évident que les prix varient si le praticien et ses aides sont obligés de se déplacer pour aller en province ou à l'étranger. On ne fait génère que 60 à 80 embaumements par an dans toute la France. Les Compagnies de pompes funèbres se chargent de fournir médecins ou préparateurs pour les embaumements.

Un commissaire de police ou son représentant assiste à l'opération : on lui remet une flole remplie du liquide conservateur, pour le cas où deviendrait nécessaire une enquête judiciaire sur les causes du décès.

La durée du cadavre injecté est à peu près indéfinie; on n'a constaté, après 20 ans de sépulture, que la dessiccation des muscles.

Pour les pièces anatomiques dont on veut conserver les formes histologiques, un des plus remarquables procédés est celui de Brunetti (de Padoue), qui donne d'excellents résultats. Il comprend plusieurs opérations :

Le laçage, à l'aide d'injections d'eau pure dans

les vaisseaux, puis d'injections d'alcool. Les produits de ces lavages sortent par une ouverture ménagée à cet effet.

Le dégraissage à l'étber, qui fait disparaître la graisse.

La tannification, solution de tannin injectée dans les veines et canaux excréteurs.

La dessiccation à l'air chaud et en présence du chlorure de calcium.

Les pièces ainsi préparées restent souples et légères. Elles peuvent être maniées sans crainte et se conservent indéQniment. L. L. R.

EMBOUTISS.AGE. Opération mécanique qui consiste ordinairement à donner à une plaque, par la percussion ou la pression, une forme, bombée ; l'estampage (voy. ce mot) n'en est qu'un cas particulier.

L'emboutissage ne peut évidemment s'appliquer à des matières friables qui se briseraient sous le marteau ou sous la presse, ni à des matières élastiques qui reprendraient peu après leur première forme. Cependant, la prolongation de l'action mécanique peut déformer d'une manière permanente le caoutchouc, par exemple, qu'on soumet à une sorte d'emboutissage pour en faire certains pistons de corps de pompe. On emboutit le cuir servant à garnir les pistons des presses hydrauliques et de la plupart des pompes, à former la couronne du piston de divers appareils domestiques. On emboutit le cuivre dans les ateliers de chaudronnerie pour lui donner les formes désirées, par exemple pour la fabrication des tubes sans soudure. On emboutit la tôle épaisse pour en faire des boîtes à mitraille, des obus creux, des gamelles, des bidons, qui sont en deux parties réunies par soudure.

E3IBUVAGE. i.\RT. DU TISSAGE.) Différence de longueur entre deux chaînes du même tissu. L'embuvage existe surtout dans le velours. La chaîne qui est soulevée (le poil) pour former la boucle destinée à être coupée et produire la partie velue, doit être plus longue que la chaîne de fond qui lie en taffetas ou en sergé. Lorsqu'il s'agit de velours représentant des dessins par l'impression préalable de la chaîne-poil, le calcul de l'embuvage a une grande importance, puisque après tissage le dessin, imprimé en proportions très agrandies dans le sens de la chaîne, doit apparaître en proportions normales.

É3IERAUDE. (Syu. Lat. : Smaragdus. — Angl.: Emerald.— AWem.: Smaragd.— Russe: Isumrud. — Esp.: Esmeralda. — Ital.: Smeraldo.)

L'émeraude est une pierre précieuse verte, aujourd'hui aussi estimée que le rubis dans la bijouterie-joaillerie. Il en existe deux sortes chimiquement très différentes : l'émeraude orientale ou de vieille roche, et l'émeraude proprement dite, qui se subdivise elle-même en émeraude, béryl et aiguë- marine.

L'émeraude orientale ou de vieille roche est, comme le rubis, le saphir, la topaze, l'améthyste d'Orient, un corindon (voy. ce mot), c'est-à-dire de l'alumine presque pure, avec des traces de glucine: son poids spécifique est de 3,5 environ, sa dureté assez grande, sa réfraction double : elle est infusible, légèrement vitreuse, très transparente, cristallise dans le système rhomboédrique et se trouve principalement à Ceylan et au Pérou.

L'émeraude ordinaire estunsilicate double d'alumine et de glucine, coloré par de l'oxyde de chrome

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