GRAPHITE
il met un point noir à la rue où s'est produit le décès. En examinant la carte qui en résulte, on constate que certains quartiers sont constellés de points noirs, d'autres n'en ont que peu ou pas.
Dans les bureaux des chefs de gare un tableau montre de nombreuses lignes enchevêtrées : c'est le graphique de la marche des trains d'après la méthode de l'ingénieur Ibry. Il indique les heures de départ de tous les trains de la ligne, les distances parcourues, les vitesses, les heures d'arrivée aux stations, les temps d'arrêts, les croisements de trains, etc. Pour les personnes initiées, cette simple feuille constitue un indicateur complet.
Dans les journaux anglais on rencontre parfois des graphiques pittoresques destinés à attirer l'attention et à en augmenter l'intérêt : ainsi la comparaison des marines de guerre de différentes nations sera figurée par une série de navires dont la coque aura pour chacun des dimensions proportionnelles au tonnage total des navires de guerre de la nation qu'il représente. Le montant des dettes ou des impôts des divers pays sera représenté par des sacs d'argent de dimensions proportionnelles portés sur les épaules d'individus en costume national. Ce même procédé a été employé en France par un almanach populaire bien connu. Il offre l'avantage de donner des graphiques compréhensibles à de nombreux lecteurs peu familiarisés avec l'étude des tableaux abstraits de la statistique.
La méthode graphique a été de tous temps employée par les ingénieurs: la représentation d'un profil de nivellement, le tracé d'une route, d'un chemin de fer, sont des graphiques dans lesquels les hauteurs et les espaces sont représentés par des longueurs proportionnelles ; de même, le plan, soit d'une surface, soit d'un monument. Mais l'application systématique de la méthode graphique à la statistique et à l'économie politique est beaucoup plus récente.
On en attribue l'invention à un conférencier anglais qui, au siècle dernier, voulant donner à ses auditeurs une idée claire du budget britannique, avait dessiné au tableau des piles de pièces de monnaie de hauteur proportionnée aux différentes parties de ce budget. La complication du dessin était inutile, des lignes suffisaient, mais la comparaison des valeurs par des lignes ou des figures était inventée.
Les procédés graphiques ont, depuis, été employés par un grand nombre de statisticiens; nous citerons parmi les promoteurs: l'ingénieur Lalanne, notamment dans Palria, et le célèbre démographe Quételet. L'étude de la méthode graphique a été présentée par M. Marcy, professeur au Collège de France, dans un magistral ouvrage. En ce qui concerne plus particulièrement la statistique et l'économie politique, nous citerons les nombreux travaux démogra. phiques de M. le D' Rertillon, de M. Turquan, ceux de M. E. Levasseur, le savant professeur au Collège de France.
La méthode graphique est notamment utile dans l'étude des questions relatives au budget : recettes, dépenses des États, impôts, dettes et richesses ; aux échanges et à la circulation : monnaies, banque, crédit, commerce intérieur, commerce extérieur, importation, exportation, marine, mouvement des ports, chemins de fer, routes, canaux, etc.; à l'agriculture et à l'industrie: récoltes, denrées alimentaires, boissons, matières premières, production ; à
la démographie: population, recensement, natalité, mortalité, émigration, immigration ; à la politique et à la sociologie : élections, instruction publique, religion, questions ouvrières, grèves, salaires, accidents, assurances.
Un graphique est presque toujours une démonstration. On doit donc chercher d'abord, quand on veut construire un grapliique, le système approprié qui lui donnera le maximum de valeur démonstrative (graphique par surfaces, lignes ou colonnes). Le graphique, de plus, doit être d'aspect agréable, on pourrait dire esthétique. Enfin, et surtout, il doit être facilement lisible : il faut que le lecteur puisse le comprendre sans hésitation, sans recherche, qu'il ne se rebute pas devant un assemblage de lignes qui serait pour lui un rébus. Guyot-Daubès.
GRAPHITE ou PL03III.VGIM:. (Syn. : Lat. : Plumbago. — Angl.: Plumbago ; Black-lead. — Ail.: Graphit ; Bleischweit, Bleierz.— Russe : Bleierz.— Esp. : Lapizplomo. — Ital. : Piombaggino.) Cetie substance est vulgairement connue sous les noms de plombagine et de mine de plomb, qui sont tous deux fort impropres, car, non seulement le graphite n'est pas un minerai de plomb, mais il ne renferme pas un atome de ce métal, auquel il ne ressemble que par la propriété de laisser, sur le papier ou sur les autres corps où on le frotte, des traces ou des taches d'un gris brillant plus ou moins foncé. Ces taches s'enlèvent aisément avec la mie de pain et avec le caoutchouc. Le graphite est en réalité du carbone presque pur (94 %), combiné seulement avec une très faible proportion de fer. 11 contient quelquefois un peu de matière argileuse.
11 est noir gris, avec un certain éclat métallique. Il n'est ni ductile, ni malléable, mais au contraire cassant, tendre et onctueux au toucher, facile à réduire en poudre presque impalpable, à couper en lames ou en baguettes, au couteau ou à la scie. II brûle au chalumeau et dans le gaz oxygène et se transforme en acide carbonique. Sa densité est variable, mais toujours plus grande que celle de l'eau.
Le graphite est un produit naturel assez abondant. Il forme des mines ou gisements d'une certaine étendue dans les schistes cristallins et les calcaires saccharoïdes, et se confond quelquefois insensiblement avec la matière de ces roches, auxquelles il communique alors sa couleur noirâtre et la propriété de tacher.
Il se présente quelquefois sous la forme de lames hexagonales, et offre des rudiments de cristallisation dihexaédrique ; mais le plus souvent il est en lamelles disséminées ou en masses écailleuses ou compactes. Le graphite des mines de Borrowdale (Cumberland), malheureusement presque épuisées, présentait une qualité exceptionnelle. Le graphite employé actuellement en Europe est celui de Bavière, et surtout de Bohême. On en trouve également à Ceylan et en Amérique, à Ticonderaga, New- York, Rhode-Island, puis à Pargas (Finlande).
Le graphite sert principalement à lafabrication des crayons dits de mine de plomb. (V. Crayons.) On s'en sert aussi pour lubréfier les rouages des machines, pour enduire et préserver delà rouille la tôle et la fonte, pour préparer les objets à la galvanoplastie. On en fait également des creusets réfractaires pour fondre et couler le cuivre et le fer, et pour opérer l'alliage d'or et de cuivre des monnaies d'or.