GRENAT
La pop. de la province est de 484.638 hab., dont 119.731 dédiés aux travaux agricoles, 3.702 aux transports, 19.597 aux arts et métiers, 3.416 à l'industrie. A. B.
GRENADE ou Rondelettine. Soie moulinée faite de plusieurs bouts de soie grège, d'une ouvraison très serrée, semblable à celle de la grenadine, mais dont la soie est moins belle et moins fine. Elle est tordue à droite. Elle est employée à la fabrication de la passementerie et des boutons; on en fait surtout des effilés et des franges. N. R.
GRENADE, GRENADIER. Le grenadier est un arbrisseau de la famille des Myrtacées qui croît en pleine terre dans le midi de l'Europe. On trouve dans le commerce les fleurs, les fruits, la racine et l'écorce du grenadier.
Les fleurs sont d'un rouge vif, d'une saveur astringente, quelquefois employées à faire une belle encre rouge.
Le fruit ou grenade est une baie ayant à peu près le volume d'une orange ; elle est spliéroïdale, mais munie d'un collet et offrant souvent six angles arrondis, légèrement saillants. Elle est remplie d'un liquide rouge vineux, de saveur à la fois aigrelette et sucrée, dans lequel baignent une quantité de graines. On en vend à Paris au mois de novembre et décembre. L'écorce, très dure, coriace, rougeàtre à l'extérieur, d'un beau jaune à l'intérieur, est très astringente et employée dans le Midi, sous le nom de Malicor (cuir de pomme), au tannage des cuirs.
La racine est ligneuse, noueuse, de couleur jaune, de saveur astringente. L'écorce de la racine, jaune en dedans, gris jaunâtre ou cendré au dehors, est cassante, non fibreuse et ressemble assez à celle du buis; on y substitue souvent celle de l'écorce d'épinevinette ou berbéris, que les maroquiniers de Paris reçoivent toute fraîche des départements de l'Est et dont ils se servent pour teindre les cuirs en jaune.
L'écorce et la racine de grenadier sont employés en pharmacie contre les vers intestinaux.
GRENADILLE (Bois de). V. Bois exotiques.
GREîV.VDiXE. Soie moulinée faite de plusieurs bouts de soie grège et d'une ouvraison très serrée, tordue à gauche, à 3.200 tours. Les belles qualités sont faites avec les plus belles soies fines de France et d'Italie. On emploie les soies de Brousse pour les qualités moyennes et les soies de Canton pour les basses qualités. La finesse dépend naturellement du nombre de fils de grège qui ont servi à la monter; elle est très variable. C'est une soie du genre de la soie à coudre, très fine et très serrée. La soie dite Avignon est plus grosse et moins tordue ; elle est très employée pour la couture et la broderie des gants.
La grenadine sert à la fabrication des dentelles, ainsi que comme soie à coudre. Elle est destinée principalement au tissage d'étoffes légères (gazes et mousselines), soit transparentes, soit closes, en uni, en broché et avec broderies.
Les grenadines de laine ou fils de laine grenadinée sont des fils de laine tordus, dans lesquels le duvet de la laine a disparu à la suite de diverses manutentions. La manutention la plus simple, le traitement par l'eau, porte le nom de grenadinage. Le gazage est le passage du fil au travers d'une flamme de gaz, qui permet d'obtenir une matière très nette.
On appelle aussi grenadines plusieurs sortes de
tissus légers : des châles de grenadine de soie très légers; des châles de grenadine de laine et soie dits ciiàles de barège grenadine ; des grenadines chaîne coton, trame laine grenadinée de qualité commune. La grenadine (tissu) proprement dite est faite généralement de laine et soie. La chaîne est de soie grège ou d'organsin, la trame est soit de laine grenadinée, soit de laine gazée. Cette étoffe se fait en toutes qualités, depuis l'uni jusqu'au plus riche façonné. C'est un des articles de la fabrique de Picardie. N. Rondot.
GREXAT. (Syn.: Lat. : Granatum. — Angl. : Gar/ief.— Allem. : Granat, Granatstein. — Russe: Plodg. — Espagn.: Granate. — Ital.: Granata.)
On comprend sous le nom de grenat (appelé quelquefois idocrase), un ensemble de pierres précieuses de second ordre, d'une coloration très variée, généralement rouge violacé, dite grenat; c'est un silicate double d'alumine et d'oxyde de fer, de chaux, de magnésie et de manganèse, cristallisant dans le système cubique, généralement en dodécaèdre rhomboïdal ou en trapézoèdre ; d'une densité variant de 3,7 à 4,2. Il est assez dur, quoique fragile, raye le quartz, a la réfraction simple, s'électrisepar frottement, fond au chalumeau, est quelquefois soluble dans l'acide chlorhydrique, a une transparence moyenne et un éclat vitreux, un peu résineux.
Scientifiquement il existe de nombreuses sortes de grenats, dont deux seulement, le grossulaire et l'almadine, sont employés en bijouterie.
La grossulaire est un silicate double de chaux et d'alumine donnant des grenats incolores et limpides (Norvège, Mexique, Tyrol, Oural), ou, quand ils contiennent du fer, verdâtres, rouges clairs, orangés (Piémont) et jaunes (Sibérie).
Valmadine, silicate double d'alumine et de fer, fournit les grenats dits de Bohême, qu'on trouve aussi en Saxe, et le grenat syrien ou oriental, d'un bel éclat velouté (probablement Yescarboucle des anciens), qui vient non de Syrie, mais de Syrian, capitale du Pégu dans l'Inde, et se trouve aussi à à Ceylan et au Brésil.
On a donné le nom de rhodolite à des grenats roses provenant de la Caroline du Nord.
Le grenat, assez commun, existe dans nombre de pays : Lydie, Arménie, Madagascar, Russie, Corse, .\frique du Sud, etc.
Commercialement, les joailliers ne connaissent guère d'autres divisions que celles de grenat ordinaire et de grenat syrien ou oriental, suivant la beauté et l'éclat des pierres, quelle qu'en soit l'origine.
Le grenat, qui est quelquefois étoile une fois tailli', se taille sur une roue horizontale en plomb, fer. grès ou bois très dur et se polit sur une roue de cuivre rouge. On lui donne généralement les formes de cabochon uni on faceté et chevé en dessous, de rose, d'olive et de boule facetée ou non; on nomme quelquefois rubis du Cap les beaux grenats taillés en forme de brillant, avec table et culasse.
Quoique peu rare et démodé depuis une vingtai d'années, le grenat, surtout en cabochon, a été Ion temps à la mode en France, où il se taille dans Jura ; à l'étranger l'industrie des bijoux en grena est restée prospère dans la Hongrie, la Bohème et le Tyrol ; on en fait des bracelets, des chapelets, des sautoirs, des broches et des bijoux de tous genres.
Quelques grenats sont célèbres: le musée de mi-
lés
lai
GRÈS
GRÈS
néralogie du Jardia des Plantes possède denx grenats gravés représentant un masqne de Silène et Caipurnie inqniète de César; nous citerons en outre: un buste d'Adrien au musée Odescalchi, la tète d'Auguste, le chien Syrius, gravé parColi, ainsi qu'une coupe ovale estimée 12.000 fr. et deux tasses rondes estimées 6.000 fr. : les trois dans l'inventaire du garde-meuble de 1791. G.-R. S.
GRKXOBLE. CheMieu du département de l'Isère, à 619 kil. S.-E. de Paris et à 120 de Lyon. Pop. *n 18o6, 32.739 hab. ; en 1899, 54.429, non compris la garnison.
Grenoble possède 95 fabriques de gants, 8 mégisseries, 25 teintureries de peaux, 3 fabriques importantes de boutons et d'agrafes, 4 tanneries, 30 entreprises de bâtiment, 19 ateliers de construction mécanique, 11 exploitations de ciment, 8 fabriques de carreaux et mosaïques en ciment, 3 fabriques de chapeaux de paille, 15 de liqueurs, 7 de pâtes alimentaires, d'autres de chocolat, de conserves, etc.
La ganterie a fait la réputation de la ville de Grenoble. Cette industrie spéciale occupe environ 3.500 ouvriers coupeurs, dresseurs, ponceurs, et 20.000 ouvrières qui cousent ou brodent les gants, soit à Grenoble même, soit aux environs. Les produits s'exportent en Angleterre, en Amérique, en Australie, dans le X. de l'Europe et dans toutes les parties de la France. On peut en évaluer la valeur annuelle à plus de 35 millions de fr., donnant lieu à on mouvement commercial de plus de 120 millions.
Voici le taux des salaires normaux :
Employés de magasin, de 2 à 3.000 fr. par an et au-dessus; ouvriers coupeurs et dresseurs, de i àâfr. par jour; ouvriers mégissiers et teinturiers, de 3 fr. 30 à i fr. par jour; ouvriers palissonneurs, de i à 5 fr. par jour; employées de magasins, receveuses, etc., de 3 fr. à 3 fr. 30 par jour: ouvrières fendeuses, 3 fr. par jour: ouvrières brodeuses et boutonneuses, 2 fr. à 2 fr. 30 par jour : ouvrières couturières : en ville, 2 fr. par jour ; à la campagne, 1 fr. 30.
L'arrondissement de Grenoble possède encore plusieurs papeteries très importantes, des scieries mécaniques, des labriques de tuiles et de briques, des fabriques de tissus de soie et de toiles, des exploitations d'anthracites, des fonderies, fabriques de chaussures, etc.
On y compte des carrières de marbre, de pierres de taille, de chaux et de plâtre, dont les produits font l'objet d'un commerce actif. De nombreuses chutes d'eau sont utilisées depuis quelques années pour l'application de l'électricité, soit comme force motrice, soit comme éclairage: elles ont permis la création d'importantes usines de produits métallurgiques et chimiques.
C'est dans le couvent de la Grande-Chartreuse, à M kil. de Grenoble, que se prépare la liqueur de ce nom. (V. Liqueurs.) On évalue à plus d'un million la somme que ce produit rapporte annuellement au monastère.
Dans le canton du Villard-de-Lans, près de Grenoble, on fabrique un fromage sec, connu dans le commerce sous le nom de fromage bleu de Sassenage. (V. Fromages.)
Succursales de la Banque de France, faisant 70 à 75 millions d'opérations ; du Crédit Lyonnais, de la Société Générale, du Crédit Foncier, et quatre banques particulières. Brexier,
Président de la Chambre de Commerce.
<iREs. Le grès est une roche arénacée, composée
de petits grains de sable quartzeux et siliceux de différentes figures, agglutinés par un ciment naturel quartzeux, siliceux ou calcaire. Les grains de quartz sont parfois sondés simplement ensemble. De l'argile ou de l'argilite se mêle souvent au grès, qui devient alors pins facile à tailler, mais est pins friable.
Les grès siliceux sont très durs et à grains fins fortement reliés par le ciment naturel. Il en est qu'on peut tailler et sculpter. Ils résistent mienx que les calcaires à l'action de l'atmosphère, et on peut considérer leur durée comme indéfinie.
Les grès argileux, qui se rencontrent par couches, sont d'un usage commnn dans le sud-est de la France, où on les appelle molasses ; leur couleur est grise. On les taille facilement au moment de l'extraction, mais à l'air ils acquièrent une dureté qui ne le cède à aucune pierre calcaire. A Genève et à Florence, on s'en sert comme pierre à bâtir.
Les meilleurs grès sont ceux qui ont le grain le plus fin et le tissu le plus serré. La couleur gris clair est un indice de bonne qualité. Les grès rouges sont les plus tendres et les moins résistants ; ils viennent des Vosges on de la Forêt-Noire. Les masses de grès sont moins dures en proportion de la profondeur où elles se trouvent dans la carrière.
Les carrières de la Rhune, près d'Ascain (Basses- Pyrénées), produisent des grès employés au pavage et aux constructions. Le grès bigarré se rencontre près de Phalsbourg ; il supporte la sculpture et on en fait des statues. Celui de Voivres (Vosges), s'exploite en laves minces pour la couverture ; les belles variétés peuvent se réduire à l'épaisseur d'une forte ardoise : mais ces laves sont cassantes et la couverture qui en est formée est trop lourde. Le grès bigarré est rouge ou gris verdàtre ; son grain est fin ; on l'utilise dans la Corrèze.
Les grès étant bons conducteurs de l'humidité, il est préférable de ne les employer que sur seuils, marches d'escalier, bordures de trottoir, bornes, linteaux de haies, murs de soutènement ou de clôture, daus lesquels on ne craint pas l'hnmidité. Des monuments entiers ont été construits en grès.
Les grès très durs, trop difficiles à tailler comme pierre à bâtir, sont employés comme pavés; ils sont généralement blancs et leur grain est fin et égal. Les carrières de grès ou grésières des environs de Toulon fournissent des pavés. Il existe des carrières degrés aux environs de Paris, à Montbuisson, Palaiseau, Pontoise, Belloy, Sceaux, Bel-Air, Lozaire, Orsay, Train, Marcoussis, Épernon, Brétigny et surtout Fontainebleau.
Le grès de Fontainebleau se divise en roche dure et en roche franche. La roche dure est très convenable pour le pavage des grandes voies ; on la débite en cubes de 0 m. 22 d'arête (gros pavés ou pavés d'échantillon ou de villei. La roche franche est employée an pavage des cours et autres lieux intérieurs, à cause de la facilité avec laquelle on la refend en pavés de petits échantillons, que l'on obtient en divisant ceux de 0 m. 22 en 2 on 3 sur la hauteur. Le fendage des pavés s'effectue à l'aide d'un couperet à deux tranchants arrondis, pesant 25 kilog., qui sert à diviser les blocs d'un seul coup, et d'un portrait, de même forme, pesant 5 kilog., qui sert à l'ébarbage.
Les pavés en grès s'extraient encore de Fenqnerolles et May-sur-Orne (Calvados), Giromagny (près Belfort), Sainte-Sabine (Côte-d'Or), Bourbon-l'Ar-
GRES
GRKVE
chambanlt (Allier), Antully (près Autun), Bois- Mahon (Drôme), etc.
Les quartzites sont des grès qu'on trouve près des terrains de cristallisation en Bretagne, en Normandie et dans les Pyrénées.
Le grès houiller, ou psammite, qui est grisâtre, s'emploie à Saint-Étienne.— Les grès degrauicacke, formés de fragments de roches anciennes avec ciments argileux, de couleur grisâtre, quelquefois rouge, s'exploitent en Angleterre, Normandie et Bretagne.— Le grès pif on grisard est le plus dur; le grès paf est celui dont la compacité est convenable pour l'emploi; le grès pouf est celui qui se réduit en sablon au choc du couperet.
Pavage. — Les pavés en grès sont d'autant plus durs qu'ils pèsent davantage ; les plus durs pèsent 2.544 kilog. le m. cube à sec, et les plus tendres 2.290 kilog.
Les pavés dits en pierre se font en grès durs des vallées de l'Yvette, de la Juive et de l'Essonne, d'Épernon, en granit des Vosges, en quartzite de l'Ouest, en arkose d'Autun, en porphyre de Quénast (Belgique), en schiste, etc.
Le pavé de ville de Fontainebleau a Om.22 ou Om.23 en tous sens. Le pavé bâtard mesure de 0 m. 16 à 0 m. 20 sur 0 m. 10 à 0 m. 14 d'épaisseur. — Le pavé dit d'échantillon, le plus petit, sert pour offices, cuisines, lavoirs, buanderies, etc.
Les pavés en grès de l'Yvette de Om. 23 X Om.23 X Om.23 valent 1.000 fr. le mille et reviennent à 20 fr. i)0 le m. carré; ceux de 0m.l2 XO'ïi-*^ X Om. 16 valent 370 fr. le mille et reviennent à 18 fr. OD le m. carré.— Les grès durs de l'Ouest de 0 m. 12 X 0 m. 18 X 0 m. 16 valent 425 et ¥aO fr. le mille.
Grès ckhame. — Le grès cérame est la base d'une série de produits dits céramiques employés comme carreaux et pavés ; ils .sont formés de pierres pulvérisées et de terre, cuits à une haute température jusqu'à vitrification. Les carreaux céramiques se font en couleur et peuvent présenter les dessins les plus riches. La pâte céramique comprend du kaolin, de l'argile, du silex, du sulfate de baryte, du gypse, de la pegmatite.
On fait aussi en grès cérame des tuyaux pour conduites d'eau et autres, des poteries diverses de couleur grise ou blanche, dures et sonores, et une foule de produits d'un emploi très varié.
En 1897, la France a reçu de l'étranger (C. S.) 192.300 kilog. d'ustensiles en grès pour la fabrication des produits chimiques, 173.150 kilog. de tuyaux en grès et 488.200 kilog. d'autres poteries en grès communes ou fines. La même année, nous avons exporté (C. S.) 55.947 kilog. d'ustensiles, 5.100.000 kilog. de tuyaux et 660.000 kilog. d'autres poteries en grès communes ou fines.
La ville de Paris, au 1" janvier 1897, possédait 4.200.000 m. carrés de chaussées en grès de l'Yvette et similaires, 557.650 m. en arkose, 481.410 m. en quartzites de l'Ouest et similaires. L'augmentation continue de la circulation conduit à rechercher des pavés en pierre dure et fait diminuer tous les jours les surfaces pavées en grès de l'Yvette.
Les pavés en pierre naturelle payent Ofr. 15 les 100 kilog. au T. G. des Douanes et 0 fr. 10 au T. M.
Grès .\rtificiel. — Depuis quelque temps, on a cherché à fabriquer du grès factice. A Uccle-Calewet (Belgique), on est arrivé à obtenir du grès
artificiel avec un silicate de chaux placé dans des conditions probablement analogues à celles qui ont présidé à la formation du grès naturel, c'est-à-dire en présence d'eau chaude et d'une forte pression.
Pour fabriquer ce grès artificiel, on fait un mélange intime de 80 parties de sable grossier, très propre et bien sec, et de 20 parties de ciiaux hydraulique réduite en poudre fine et parfaitement sèche. Ce mélange est jeté dans une caisse en fer, que l'on introduit dans une chaudière remplie d'eau chaude et fermant hermétiquement. Là, il séjourne 72 heures, sous une pression de 6 atmosphères et à une température de 165° ctg. On vide alors la chaudière, et l'on trouve dans la caisse un bloc de grès plus homogène que le grès naturel.
Ce grès artificiel est si mou, au moment où i! vient d'être retiré de la caisse, qu'il peut être coupé au canif; mais, exposé à l'air, il durcit rapidement.
Des essais faits à l'arsenal de constructions de Malines, il résulte que le grès artificiel ne peut être brisé que par une pression de plus de 400 kilog. par cm. c, qu'il n'est point altéré par le froid, et qu'il n'absorbe pas plus de 6 à 7 Vo d'eau, même après une dessiccation prolongée.
Le grès artificiel serait 4 fois plus résistant que la pierre de taille française; il a l'aspect et presque toutes les qualités du granit de Gobestange. Il résiste aux agents atmosphériques. Il peut être produit à raison de 0 fr. 10 par pied cube, soit moitié moins cher que la pierre de taille. On peut lui communiquer des teintes variées. P.vul Barré.
GRÈS DE LA SOIE. Matière gommeuse qui est de la fibroïne oxydée, sécrétée par le ver à soie, et qui entoure comme d'une gaine les brins de soie sortant des glandes de la chenille. (V. Décreusage de la. SOIE.) N. R.
GKKSIIAM (Le). Compagnie anglaise d'assurances. (V. Assurances étrangères.)
GRÈVE. (Syn. : Angl. : Strike, Lock ont, Stoppage of work. — Allem. : Arheitseinstellung . — Ital. : Sciopero, Sospensione di lavoro.) Sommaire : l. Caractère de la grève. Rupture du contrat
de travail. — II. Conduite du salariant en temps de
grève.
1° Quels sont les caractères de la grève ? 2" Quelle est pour les salariants la conduite à tenir en cas de grève ?
I. Quels sont les caractères du contrat de travail? — Le contrat de travail est un contrat d'échange. Do ut des: je donne pour que tu donnes. Je te livre, soit comme temps, soit comme produit, le résultat de mes efforts, de mes forces, de mon intelligence, de mon habileté : c'est la marchandise-travail. Elle est évaluée à un certain taux en numéraire que tu me payes en numéraire, comme tu me payerais du blé, du bois, du fer, du coton. C'est un échange.
Voilà la conception économique, ne datant guère de plus d'un siècle, dn contrat de travail.
Un marchand de blé a du blé. Il ne veut pas le vendre, attendant de plus haut cours. On l'appelait et on l'appelle encore « accapareur ». Beaucoup de gens ne lui reconnaissent pas le droit de garder le blé qu'il a acheté pour le vendre au taux le plus avantageux.
Nous déclarons, nous, partisans de la liberté de l'échange, qu'il ne fait qu'user de son droit.
De même des fournisseurs de travail trouvent que
GREVE
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le coars est à trop bas prix. Ils retirent lenr travail dn marché. Ils déclarent qu'ils ne le vendront qu'à tel et tel prix. Ils usent de la loi de l'offre et de la demande. Si les acheteurs de travail refusent de leur payer le prix qu'ils demandent, ils ne le livrent pas. Les gens à préjugés pourront les appeler des accapareurs de travail ; nous, partisans de la liberté économique, nous dirons qu'ils n'ont fait qu'user de leur droit de mettre sur le marché on d'en retirer à leur gré la marchandise-travail.
Qu'est-ce que l'acte de retirer la marchandisetravail du marché ? Il s'appelle la grève.
En langage économique, nous considérons donc que c'est un préjugé égal d'attacher une signification flétrissante an mot accavareiir ou an mot gré-
Chacun fait nsage de son droit.
Si l'accapareur veut empêcher, par la force ou par la fraude, d'autres marchands de la denrée qu'il possède de lui faire concurrence: si le gréviste veut empêcher par la violence d'autres travailleurs de vendre leur travail, l'un et l'autre sont coupables d'entraves à la liberté du travail.
Si l'accapareur n'a pas livré la marchandise qu'il avait promis de livrer à un taux et dans nn délai convenus : si le gréviste n'a pas livré l'objet qu'il s'était engagé à livrer ou a quitté son travail à la journée en dehors des délais convenus, l'un et l'autre ont rompu le contrat, et, en vertu de l'article 1142 du Code Civil, dont la loi du 27 novembre 1890, modifiant l'article 1780 du Code Civil, n'est qu'un complément, sont passibles de dommages-intérêts.
En un mot, le contrat de travail est un contrat d'échange: il ne donne aucune prérogative, ni aucun privilège au salariant ou an salarié. Il engage l'une et l'antre partie. Il est s)-nallagmatique. C'est un acte qui constate que deux ou plusieurs personnes s'obligent réciproquement.
Mais le contrat finit dans huit jours, par exemple: les ouvriers qu'il lie viennent trouver lenr employeur et lui disent : « Nous désirons une augmentation de salaire. — Vous avez tort. — Ce n'est pas votre affaire. Nous la voulons. L'habitude est de donner un délai de huit jours avant de se quitter réciproquement. Nous vous le donnons. Si, à l'expiration de de ce délai, vons n'avez pas consenti l'augmentation de salaire que nous vous demandons, nous vous quittons. »
Ces salariés sont absolument dans lenr droit.
Mais l'employeur est également dans son droit de lenr répondre, le lendemain du jour où ils ont quitté l'usine : « Messieurs, vous avez rompu le contrat de travail qui existait entre nous. Vous ne faites plus partie du personnel de l'établissement. Xe soyez donc pas étonnés si je vous ai remplacés par des ouvriers étrangers. »
Si un fournisseur de marchandises refuse de continuer à me fournir ses marchandises à un certain prix, je m'adresse à d'antres. Si ces derniers v consentent, je le remplace. Il n'a qu'à s'incliner.
Il en est exactement de même pour les grévistes: vous me refusez votre travail, c'est votre droit. Je trouve d'antres ouvriers, je les prends, c'est mon droit.
Avez-vous mal calculé? Tant pis pour vous. Snisje obligé de prendre votre travail an prix que vous me dennandiez ? C'était moi qui avais mal calculé. Tant pis pour moi : j'en passe par vos conditions.
IL Ces principes posés, la conduite que le salariant doit tenir en cas de grève est très simple.
Si les salariés viennent lui proposer nne augmentation de salaires, mais qui ne prendrait date qu'après la livraison des objets en cours d'exécution on les délais de congé habituels dans le métier, il doitexaminercettedemande d'augmentation comme il examinerait les propositions d'augmentation de prix que lui ferait un de ses fournisseurs habituels.
Il doit alors faire son choix : ou accepter l'augmentation, sans mauvaise humeur ni récrimination, ou la refuser. Mais une fois son parti pris, il doit s'y tenir, comme il s'y tiendrait dans ses relations commerciales habituelles.
Si les salariés abandonnent le travail sans loi livrer les objets convenus ou en dehors des délai? convenus, immédiatement il doit considérer qu'ils ont rompu le contrat de travail, qu'ils tombent sousle coup des articles 1142 et 1780 modifiés par la loi du 27 novembre 1890, et qu'ils lui doivent des dommages-intérêts. Il n'a plus rien de commun avec eux, ils n'ont plus rien de commun avec lui.
S'il veut, par une extrême condescendance, tenir compte des préjugés courants, il peut déclarer que quiconque n'anra pas réintégré le travail le lendemain, cesse de faire partie de son personnel ; mais-c'est là une concession.
En réalité, à partir du moment où la grève est non seulement déclarée, mais annoncée, l'employeur » pour strict devoir de s'assurer un nouveau personnel. S'il reprend nn certain nombre des salariés qn'iP employait auparavant, c'est individuellement.
Les grévistes considèrent actuellement qu'ils font toujours partie de l'atelier ou de l'usine. Ils s'imaginent qu'ils ont pris un congé et que les portes devront se rouvrir devant eux quand il leur conviendra. Ils envoient des délégués au Parlement. Ils entretiennent les journaux. L'opinion publique s'occupe d'affaires privées qui ne la regardent pas; car, si « l'opinion publique » prend parti pour lesgrévistes, dont les prétentions, le plus souvent, ont pour résultat d'augmenter le prix des produits, cette même « opinion publique » réclame impérieusement le bon marché, chaque fois qu'un des anonymes qui la composent a quelque chose à acheter.
Le premier devoir de l'employeur est de dire aux grévistes : « C'est moi qui vons paye avec mes capitaux. C'est moi qui ferai faillite, si je ne peux pas-faire honneur à mes affaires. Vos conseillers municipaux, vos journalistes, vos députés, et même les ministres, veulent-ils assumer une part de ma responsabilité? En admettant que le juge de paix vons donne raison, est-ce lui qui assurera mes débouchés? Il ne peut y avoir de tiers que pour l'interprétation d'un contrat : il ne pent y avoir de tiers entre nous pour fixer les termes du prix des services que nous nous rendons réciproquement. Donc, tout est entre nous..
» 1* Après l'expiration du contrat en cours, vousme demandez nne augmentation,' c'est votre droit; j'y consens on je la refuse, c'est mon droit. En casde désaccord, vous retirez votre travail de moir usine, c'est votre droit ; je le remplace par un travail fourni par d'antres, c'est mon droit.
» 2* Vous violez le contrat de travail en cours: jevous demande des dommages-intérêts en vertu de l'article 1780, et je vons remplace par des vendeurs de travail qui n'ont pas donné nne pareille preuvede mauvaise foi.
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» 3° Du moment que les fournisseurs de travail ont cessé de me fournir leur marchandise, je n'ai pas plus d'obligations à leur égard qu'ils n'en ont au mien. Nous n'avons plus rien de commun. »
En un mot, le contrat de travail est im contrat d'échange, et l'employeur de travail doit considérer le gréviste comme un homme avec qui il a suspendu ses relations commerciales.
Yves Guyot.
Sommaire: I. Définition. — II. Législation française et jurisprudence. — III. Statistique générale des grèves en France. — IV. Procédés de mise en œuvre des grèves. — V. Les grèves à l'étranger.
I. Définition.— On entend par l'expression grève, la suspension de travail volontairement concertée entre les travailleurs d'une ou plusieurs professions déterminées, occupés dans une ou plusieurs entreprises, en vue d'obtenir de meilleures conditions de leur contrat de travail. C'est là, en effet, leur but essentiel et caractéristique. Ce n'est pas à dire pourtant que l'amélioration des conditions du travail ait toujours été l'objectif des grèves ouvrières ; dans certaines d'entre elles, on rencontre des préoccupations politiques ou religieuses (je devrais dire antireligieuses) à côté des revendications professionnelles ; mais ces déviations de fait de la notion de grève ne doivent pas nous en faire oublier le caractère économique et social fondamental. Selon qu'elle s'étend à une ou plusieurs entreprises, la grève est locale ou plus ou moins générale ; selon qu'elle atteint une ou plusieurs branches d'industrie, elle est particulière ou collective. Les grèves sont donc une des manifestations du droit de coalition ; c'en est même la forme la plus usitée.
jr^Mais, le plus souvent, la grève n'est pas le seul procédé de résistance employé par les ouvriers dans les conflits avec les patrons ; elle se complète fréquemment par la mise en œuvre d'autres procédés de résistance, qui constituent également des modes d'exercice du droit de coalition. Par exemple, lorsque les ouvriers d'une usine se mettent en grève pour obtenir le renvoi, soit d'un contremaître, soit d'un de leurs camarades, ou même pour obtenir de nouvelles conditions du contrat de travail, il arrive souvent que le syndicat tout entier, auquel sont affiliés les grévistes, met l'usine à l'index, c'est-àdire défend aux syndiqués d'y travailler jusqu'à ce que le patron ait donné satisfaction aux ouvriers en grève, sans pour cela que les syndiqués occupés dans d'autres usines quittent eux-mêmes leur travail; en pareil cas, les ouvriers syndiqués du même métier se solidarisent et se coalisent contre la même entreprise par une mise à l'index collective, tout en maintenant à la grève elle-même son caractère de grève locale et particulière.
Le mot grève est donc employé pour désigner les coalitions des ouvriers réalisées par la suspension du travail. Fréquentes dans le monde industriel, elles sont au contraire très rares parmi les travailleurs agricoles.
Mais la suspension du travail peut venir aussi du fait du salariant, qui ferme son atelier en vue d'amener les ouvriers, par la privation de travail, à accepter les modifications qu'il désire aux conditions du contrat de travail ; les grèves d'employeurs sont désignées sous le vocable anglais de lock-out.