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ENCAUSTIQUE

n'ait pas péri entièrement, mais qu'elle ait été sauvée ou qu'elle ait subi seulement des avaries. S'il y a eu naufrage suivi de sauvetage, l'emprunteur est dégagé de toute obligation personnelle vis-à-vis du prêteur, mais ce dernier peut exercer ses droits sur les objets sauvetés, déduction faite des frais de sauvetage (C. Corn., art. 327), voire sur le fret des marchandises sauvetées, s'il s'agit d'un prêt sur corps. Si la chose aiïectée au prêt a subi une avarie, les droits du prêteur sont restreints proportionnellement à l'étendue de la perte subie par l'emprunteur. Si la chose affectée au prêt est atteinte par une avarie commune, le prêteur à la grosse doit y contribuer à la décharge de l'emprunteur et supporter la part contributive mise au compte de ce dernier. (G. Com., art. 330.)

Si plusieurs prêts ont été consentis en cours de voyage, les différents prêteurs jouissent d'un droit de préférence eu remontant l'ordre des dates, en tant que leur prêt a bien un caractère conservatoire de la chose affectée. Ainsi les emprunts faits pour le dernier voyage du navire sont remboursés par préférence aux sommes prêtées pour un précédent voyage, quand même il serait déclaré qu'elles sont laissées par continuation ou renouvellement. S'il y a plusieurs emprunts faits pendant le même voyage, le dernier emprunt sera toujours préféré à celui qui l'aura précédé. Si un prêt à la grosse avait été consenti sur une chose faisant déjà avant le départ l'objet d'une assurance, le prêteur serait préféré à l'assureur.

Dans le cas où les parties ne parviendraient pas à un règlement amiable du prêt à la grosse, le prêteur a un double droit d'action : action personnelle contre l'emprunteur, action réelle par privilège sur la chose affectée au prêt. Gette action se prescrit par cinq ans à compter de la date du contrat. (G. Com., art. 432.)

EXEMPLE DE CONTRAT A l,A GUOSSE

Je soussigné ..., demeurant à ..., capitaine du {nom et nationalité du navire), du port de ..., armateur M. ..., jaugeant ..., actuellement à ..., où j'ai relâché pour cause d'avaries dans un voyage de ..., à ..., reconnais et confesse par les présentes avoir reçu ce jour, en espèces ayant cours, à titre d'emprunt à la grosse sur navire, corps, quille, agrès, apparaux et cargaison de . . . actuellement à bord, de .M . . . . , demeurant à . . . , la somme de .... pour servir à payer et à acquitter les dépenses et frais de ravitaillement occasionnés par la relâche de mon navire à . . ., laquelle somme je m'oblige à rembourser et payer audit M. ... ou à son ordre, dans les huit jours de ■ l'arrivée du (nom du navire) à . . . , et en outre celle de ... , pour la prime de grosse, à raison de . . . %, adjugée publiquement par M. ..., courtier maritime à ..., suivant procès-verbal dressé par lui le . . . et autofisé par jugement du Tribunal de commerce de..., du... 189., à cause des risques de mer, faisant ensemble la somme totale de ..., au payement de laquelle somme j'aSecte et j'engage, par privilège, mon dit navire . . . , ses agrès, apparaux et appartenances, ainsi que son chargement consistant en .. ., et en cas de perte par fortune de mer, l'armateur du . . . sera quitte et déchargé de son emprunt à la grosse, en capital et prime, mais si quelque chose est sauvée, elle demeurera aiïectée à cet emprunt conformément aux us et coutumes de la mer.

Il est entendu que dans les huit jours de l'arrivée du. . ., à ..., le montant de la présente grosse sera versé à ..., au prêteur ou à son ordre.

Par stipulation expresse et conformément à l'article 330 du Code de Commerce, le prêteur est exempt des avaries simples.

Fait triple à ..., le ... 189., un exemplaire aux mains du courtier, M. .; ., comme minute.

Le capitaine du . . .

(Signé) X...

BiBLioonAPiiiE.— C. Com., livre II, t. 9, art. 311 et s.— Lyon-Caen et Renault. Droit maritime, t. II, p. 474 et s.

— Boulay-Paty, Traité dès assurances et contrats à la grosse d'Emcrigon, 2 vol. in-4° (1827). — Kt les Traités généraux de Droit maritime. Henri Fromageot.

Droit fiscal. — Le contrat à la grosse aventure est soumis: au droit de timbre de dimension : 1° s'il contient des conventions synallagmatiques ; 2» s'il est passé, qu'il soit ou non négociable, devant un notaire ou un agent consulaire français à l'étranger;

— au droit de timbre proportionnel, s'il a le caractère d'acte unilatéral, qu'il soit négociable ou non.

Eu cas de présentation à la formalité de l'enregistrement, le contrat à la grosse aventure supporte le droit de 62 cent. 1/2 "/„, liquidé sur le capital prêté. Toutefois, si le capital se trouvait soustrait aux risques du voyage, il n'y aurait plus contrat aléatoire, mais obligation pure et simple, passible du droit de 1 fr. 2.") "/o- — L'endossement d'un bilU't à la grosse est exempt d'enregistrement.

ENCAOUE.MILM'. V. CADRES, DoREUR-EnCADREUU.

EXCA.x (Vente à 1'). V. Vente publique.

KXCArSTiyui-:. On donne ce nom à plusieurs préparations employées dans l'industrie des papiers peints, dans celle de la peinture, et enfin à des compositions servant à donner aux meubles, aux parquets, aux carreaux et aux gros cuirs un aspect brillant.

Enccmstique pour papiers peints. — Sorte de vernis gras formé d'imile de lin lithargée broyée avec du blanc de céruse, employé comme mordant pour faire adhérer la tontisse des papiers veloutés et les feuilles d'or et d'argent des papiers dorés et argentés.

Encaustiques pour meubles. — On en dislingue plusieurs sortes : l'encaustique à l'essence est une dissolution de cire jaune dans de l'essence de térébenthine : ijQ gr. de cire pour 100 gr. d'essence. Si on n'emploie pas cette composition immédiatement, il faut la conserver dans une bouteille bien bouchée.

L'encaustique à la litharge est une dissolution de cire jaune (125 gr.) dans l'essence de térébenthine (2aO gr.) avec addition de 30 gr. de litharge.

L'encaustique à la potasse se comipose de 60 gr. de cire blanche pour 100 gr. de potas.se. On obtient ainsi, en opérant à une chaleur douce, une sorte de liquide blanchâtre (lait de cire encaustique; qui s'emploie de la même façon que les précédentes. L'encaustique rouge et l'encaustique jaune ne diffèrent de l'encaustique à l'essence que par l'addition d'orcanette (qui colore eu rouge) ou de quercitrou (qui colore en jaune). L'encaustique rouge est généralement employée pour les meubles en merisier, l'encaustique jaune pour les meubles de bois blanc.

L'encaustique au pétrole est composée de cire blanche dissoute dans de l'huile de pétrole (10 gr. de cire pour 80 gr. d'huile).

Ces diverses dissolutions de cire dans les véhicuL ci-dessus indiqués se font eu chauffant doucemeni le mélange des matières, qu'on a soin de remue) constamment.

Encaustiques pour parquets et carreaux. — Cei compositions sont obtenues en faisant fondre de li cire jaune dans une solution de potasse et d'eau, oi encore dans une solution de carbonate de potasse e1

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de savon blanc, en chanfTant doncement le mélange. On y incorpore aussi diverses matières colorantes.

Encaustique h l'œuf. — Elle se compose de cire janne, d'essence de térébenthine, de jaunes d'œnfs. Cette composition s'applique à la brosse on an pinceau sur les parquets ou les carreaux préalablement peints à la détrempe. Quand elle est sèche, on la frotte avec une brosse un peu rude.

Enfin, les encaustiques pour cuirs, qui consistent en des mélanges de colophane, d'essence de térébenthine, de cire jaune, de noir animal, s'emploient soit à l'état liquide, soit à l'état solide, pour l'entretien des harnais, des pièces d'équipement militaire, des articles de carrosserie, etc. G. Dumont.

EXCEXS. V. Benjoin.

E.VCllÈUES (Vente aux). V. Ventes publiques.

EXCL.VXCIIEMEXT ÉLECTRK^UE. Système au moyen duquel on peut établir, en se servant d'un courant électrique, une solidarité entre des appareils de manœuvre et des signaux destinés à indiquer la position de ces appareils. G. D.

EXCRE. (Syn. : Lat. : Àtrainenluin, Encaiistiini.

— Grec : Enkauston. — Angl. : Ink. — Allem. : Tinte. — HoUand. : Inkt. — Russe : Tscheernito.

— Suéd. : Blak. — Espagn. : Tinta. — Ital. : Inchiostro, Tinta.}

Sommaire : Encre à écrire. — Encre typographique. — Encre litliographiqne et autographique. — Importation. — Exportation. — Douanes.

On peut diviser cette classe de produits en trois groupes principaux : le premier comprend les encres à écrire; le second, les encres typographiques; le troisième, les encres autographiques et lithographiques.

I. Encres a écrire. — Les Grecs et les Romains furent les premiers à écrire sur le parchemin et sur le papyrus avec des roseaux taillés comme nos plumes, qu'ils trempaient dans un liquide gommeux tenant en suspension du noir de fumée très divisé. Les Latins appelaient atranientum celte composition, qui, comme on le voit, ressemble beaucoup à l'encre de Chine, et qui, du reste, était excellente. L'encre antique a continué d'être employée, dans le moyen âge, jusque vers la fin du XII" siècle. Les manuscrits des XIIP, XIV« et XV' siècles, écrits avec l'encre chimique, dont l'introduction en Europe semble devoir être attribuée aux Arabes, n'ont pas tardé à se décolorer au point que plusieurs sont aujourd'hui tout à fait indéchiffrables. Les qualités qu'on recherche dans l'encre sont surtout la fluidité et le bon marché ; sous ce double rapport, l'encre moderne.est incontestablement préférable à l'encre antique ; mais il serait à désirer qu'elle possédât aussi l'inaltérabilité, qui, dans beaucoup de cas, est une qualité encore plus précieuse. On n'a pu faire qu'une encre préparée par des procédés chimiques ne pût être aussi détruite par des procédés chimiques, et, pour obtenir une encre vraiment indélébile, il a fallu, après bien des tentatives infructueuses, revenir au mélange primitif à peine modifié.

Encre sacrée. — Encre rouge pourpre dont les empereurs d'Orient se servaient pour signer leurs actes, et que l'on gardait avec les plus grandes précautions. Il était défendu, sons peine de mort, d'avoir en sa possession de l'encre sacrée, ou de chercher à en obtenir de l'officier auquel ce dépôt était confié. (Complém. de l'Acad.]

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Encres noires usuelles. — La plus ancienne et la meilleure aussi est celle que chacun peut aisément préparer en mélangeant, dans des proportions convenables, une solution gommeuse de sulfate de fer et de sulfate de cuivre avec une décoction de noix de galle et de bois de Campéche dans l'eau pure (eau de pluie). La plupart des encres qu'on trouve dans le commerce no contiennent pas d'autres éléments essentiels ; les défauts qui leur sont communs à toutes sont celui d'épaissir et de devenir boueuses après qu'elles ont été exposées un certain temps à l'air, d'oxyder les plumes métalliques, et celui beaucoup plus fâcheux d'être sujettes à la moisissure. Pour remédier à ces inconvénients, on a essayé plusieurs moyens, par exemple d'ajouter à la liqueur de l'alcool, du vinaigre ou du sel marin, ce qui ne fait que retarder la fermentation. On a proposé le salicylate de soude, les huiles essentielles, les clous de girofle, l'acide phéniqne (en petite quantité), et enfin le sublimé corrosif (protochlorure de mercure) ; mais on sait que ce sel est très vénéneux, et il peut occasionner des accidents : en effet les écoliers ont coutume de lécher les taches d'encre faites sur le papier, souvent même d'essuyer leur plume entre leurs lèvres. La substance qui, jusqu'à présent, a paru la plus propre à empêcher l'encre de moisir, sans lui communiquer des propriétés malfaisantes, est la créosote. Le camphre réussit bien aussi, mais il s'évapore et disparaît rapidement. La soude, le salpêtre, le sel ammoniac agissent dans le même sens, mais faiblement. Quant à l'alun, loin d'arrêter la moisissure, il l'accélère plntôt.

Les propriétés que doit posséder l'encre noire ordinaire, pour être d'un bon usage, sont : une couleur noire foncée qui ne s'efface ni par le frottement, ni même par le lavage à l'eau, et qui ne jaunisse pas avec le temps ; une homogénéité parfaite et une fluidité qui lui permette de couler toujours uniformément et facilement de la plume ; enfin, elle doit sécher promptement sur le papier en prenant un aspect brillant et une teinte d'un noir bleuâtre.

Le sucre exerce une action pernicieuse sur les meilleures encres. Il en est de même du fer, et c'est pourquoi les manuscrits destinés à être conservés longtemps devraient être écrits avec des plumes d'oie et non avec des plumes métalliques.

Le sulfate d'indigo, ajouté à l'encre, en augmente la stabilité ; c'est sur cette propriété qu'est basée la formule suivante :

Recette Starck : Noix de galle, 12 onces; quelques clous de girofle; sulfate d'indigo, 8; sulfate de fer, 8; gomme arabique, 4.

Autre recette usuelle, donnant une très bonne encre : faire macérer pendant deux ou trois jours : 1.000 noix de galle concassées, 0,075 bois de campéche en petits fragments, 5,000 eau de pluie; faire bouillir pendant deux heures, Dltrer et ajouter 0,500 sulfate de fer, 0,500 gomme arabique (dissoute préalablement et à froid, dans 2,500 eau de pluio).

On agite pour bien mélanger et on laisse reposer pendant trois jours. Ensuite, décanter, aromatiser arec 39 ou 40 gouttes d'essence de lavande et mettre en bouteilles.

Encres a copier ou communicatives. — Ces encres sont composées comme les précédentes au point de vue de la matière colorante, mais cette dernière, au lieu d'être fixée, est rendue soluble par l'addition d'une plus forte proportion de gomme arabique, ce qui permet d'obtenir le décalque au copie-de-lettres.

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Le sucre possède les mêmes propriétés, mais donne à l'encre un brillant désagréable. Le miel et la mélasse rendent aussi le décalque possible, mais ces dernières substances, étant liygrométriques, retardent le séchage de l'encre et font adhérer les unes aux autres les feuilles manuscrites en produisant un maculage malencontreux.

Les résidus ou dépôts de la fabrication de ces produits se vendent sous le nom de ftoues d'encre. On les utilise pour la teinture en noir et pour quelques autres usages. On les livre en fûts ou en baquets. Encres de fantaisie de couleur. — Ces encres ne donnent lieu qu'à un commerce peu étendu, sauf pour l'encre rouge, qui est souvent utile pour la tenue des registres de commerce ou d'administration, et d'autres écritures où elle fournit un moyen facile de distinguer à première vue les notes, additions, remarques, etc., que portent ces livres. La matière colorante de l'encre rouge est ordinairement le carmin en poudre dissous dans l'ammoniaque, évaporé pourchasser l'excès d'alcali, et mêlé avec une solution aqueuse de gomme arabique. On fait aussi de l'encre rouge avec la décoction de bois de Brésil, ou encore avec du vermillon broyé très fin et mêlé à une eau cliargée d'albumine (blanc d'œuf) ; mais le vermillon, en raison de sa grande pesanteur spécifique, tend toujours à se précipiter au fond, en sorte qu'il faut à chaque instant l'agiter pour le répandre également dans la masse. Leblanc d'œuf d'ailleurs se gâte promptement et communique à cette encre une odeur fétide.

Après l'encre rouge, la bleue est celle qu'on emploie le pins souvent. Elle est faite soit avec de l'indigo, soit avec du bleu de Prusse.

L'encre violette est un mélange d'encre bleue et d'encre rouge. De même l'encre verte se prépare simpfement par la combinaison du bleu avec le jaune, et l'encre orangée en mélangeant l'encre rouge arec une proportion convenable d'encre jaune. Cette dernière a pour principe essentiel une décoction de bois jaune ou de safran et de carthame, ou encore de graine d'Avignon.

Sacrifiant la solidité à la beauté, on donne maintenant la préférence aux couleurs d'aniline solubles à l'eau, géranium, rouge, orangé, jaune, vert, bleu et violet, avec légère addition de gomme arabique et d'un fixatif approprié. Ces encres possèdent une très grande fraîcheur de ton.

On se sert aussi, pour quelques dessins et ouvrages calligraphiques, d'encres métalliques formées de poudres très fines d'or, d'argent, de bronze, etc., broyées avec de la gomme, du sucre ou du miel et du fiel de bœuf purifié. Lorsque ces encres ont séché sur le vélin, il faut les lisser et les fixer avec le brunissoir.

Encres indélébiles. — Ainsi que nous l'avons fait remarquer plus haut, les encres ordinaires, si bien préparées qu'elles soient, présentent toutes l'énorme inconvénient que, non seulement elles pâlissent, jaunissent ou s'effacent à la longue, mais encore, ce qui est bien plus f;\cheux, qu'elles sont attaquables et destructibles par plusieurs réactifs chimiques, tels que le chlore, l'acide oxalique, le bioxalate de potasse (sel d'oseille), etc., ce qui a souvent permis d'effectuer, sur des actes privés ou publics, sur des manuscrits, sur des lettres, des suppressions, des altérations et des substitutions. La seule encre véritablement indélébile par les

moyens cliimiques est celle qui contient, pour toute matière colorante, du charbon très divisé.

Encres à marquer le linge. — On emploie, pour cet usage, des compositions ayant en général pour base le nitrate d'argent (vulgairement connu sous le nom de pierre infernale), qui a la propriété de communiquer aux substances organiques qu'il attaque une coloration noire indestructible par les substances caustiques dont on se sert pour blanchir le linge et même pour enlever les taches d'encre, de fruits, etc. La meilleure encre à marquer contient, pour 24 gr. d'eau distillée ou d'eau de pluie dO gr. de nitrate d'argent et 12 gr. de gomme arabique. Sa couleur est brun foncé ; elle est fluide, sans odeur. Avant de l'employer, on doit étendre, sur la place où l'on veut écrire, une autre liqueur formée de 16 gr. de sous-carbonate de soude, 128 gr. d'eau commune et 12 gr. dégomme arabique, etfaire séciier aussitôt le linge avec un fer à repasser. On écrit avec une plume d'oie. On a obtenu aussi de bons résultats en préparant le linge avec une solution de 30 gr. de potasse dans 60 gr. d'eau, et en marquant avec une encre dont voici la formule : Décoction de 32 gr. de noix de galle et 16 gr. de bois de Campêche dans un litre d'eau ; 4 gr. de nitrate d'argent et 8 gr. de gomme arabique. Le commerce de ces encres a très peu d'importance.

Encre pour écrire sur zinc. — Cette encre, employée par les horticulteurs, est une dissolution dans l'eau de sulfate de cuivre, additionnée d'un peu de gomme arabique.

Incolore au moment de son application, elle forme immédiatement avec le zinc un précipité noir très adhérent et résistant à la pluie.

Encues sympathiques. — Ces encres se rencontrent à peine dans le commerce. Ce sont des préparations avec lesquelles on trace sur le papier des caractères qui demeurent invisibles jusqu'à ce qu'on les expose à l'action de la chaleur ou de quelque agent chimique. Les recettes sont fort simples. Ainsi le chlorure de cobalt, en solution faible, donne une liqueur d'un rose pâle qui, séchée sur le papier, devient incolore ; mais si l'on présente au feu ce papier, l'écriture reparaît bientôt en bleu, pour disparaître de nouveau si on l'humecte et qu'on la laisse refroidir. L'acide sulfurique étendu de i'6 à 20 fois son poids d'eau fournit aussi une encre sympathique qui, lorsqu'on cliaulïe assez fortement le papier, s'y dessine eu noir. L'acétate de plomb, naturellement incolore, noircit également lorsqu'on l'expose aux vapeurs de la liqueur fumante de Boyle, etc.

Le jus d'oignon, qui est incolore, prend une teinte brune sous l'action de la chaleur.

L'écriture faite avec du lait est également invisible, mais peut être lue par transparence.

Encre de Chine. — L'usage de ce produit, comme encre à écrire et à dessiner, chez les Chinois et les Japonais, paraît remonter à plus de 3.000 ans avant J.-C. Mais c'était encore, parmi les Européens, au siècle dernier, une substance très rare, très chère, dont la composition et la préparation étaient réputées inimitables. Cependant lorsque les chimistes s'avisèrent d'analyser cette encre merveilleuse, ils la trouvèrent simplement formée de noir de fumée extrêmement fin, de gomme et d'un peu de camphre, le tout aromatisé avec un parfum, ordinairement avec du musc. C'est à Proust que l'on

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doit la révéhition de ce grand secret. Depuis lors, ou fabrique en France, surtout à Paris, de l'encre façon de Chine qui no le cède eu rien à l'encre venue direclemeut du Céleste-Empire.

L'encre la plus lente à délayer est aussi la pins résistante aux lavages, et cette propriété se développe en remplaçant une partie de la gomme arabique par de la gélatine qui, elle, est insoluble à froid.

L'encre de Cliine n'est employée chez nous que pour le lavis et la peinture à l'aquarelle. C'est, en réalité, une couleur noire et non une encre. Elle est en pains allongés de 5 à 10 cm. de longueur au plus, sur I on 2 cm. de diamètre.

On trouve dans le commerce deux espèces d'encres de Chine: l'une d'un beau noir très foncé, offrant même des effets bleuâtres (c'est la qualité supérieure) ; l'autre plus terne et tirant sur le roussàtre. Les bâtons de bonne encre de Chine ont une pâte fine et homogène, une cassure comparable à celle de la cire à cacheter, nette et d'un noir brillant. On peut d'abord essayer l'encre de Chine en frottant le bout du bàlon dans un godet avec un peu d'eau, et en laissant sécher rapidement l'un et l'autre. Si le noir fait et la partie frottée sont ternes et graveleux, l'encre ne vaut rien ; elle est bonne, au contraire, si le godet présente une couche unie et brillante, et si le bâton se recouvre, en séchant, d'une pellicule à reflet métallique. Les traits faits sur le papier et séchés s'étendent et s'effacent d'ailleurs lorsqu'ils ont été tracés avec une encre de Chine médiocre, tandis qu'ils résistent au lavage lorsque l'encre est de bonne qualité.

IL ExcRES TYPOGRAPHIQUES. — Ces cucres, d'une tout autre espèce que celles dont nous venons de parler, et dont l'origine date de l'invention de l'imprimerie, donnent lieu à un commerce dont l'importance tend chaque jour à s'accroître. On en fabrique et l'on en consomme d'immenses quantités en Europe, principalement en Angleterre, en France et en Allemagne. Aux États-Unis, où fourmillent des publications de toutes sortes, politiques, littéraires, scientifiques, industrielles et commerciales, la production et la consommation des encres d'imprimerie sont, proportion gardée, plus considérables encore que dans aucun pays de l'Ancien Monde.

U semblerait au premier abord que, pour une fabrication de ce genre, dont les éléments se trouvent partout et dont la pratique est si simple en ellemême, chaque pays dût se suffire à lui-même, et n'avoir nul besoin de tirer dn dehors une marchandise qu'il est si aisé d'obtenir à peu de frais, rapidement et en quantités illimitées. Il n'en est pourtant pas ainsi.

Jusqu'en 1860, l'Angleterre avait conservé, pour ainsi dire, le monopole de cette fabrication : mais depuis cette époque, la France, se servant des progrès accomplis et les perfectionnant, vit ses fabriques d'encres d'imprimerie se développer rapidement et prendre une extension qui leur permet, non seulement de fournir ses nombreuses imprimeries, mais encore d'exporter dans tout le reste de 1 Europe et, avec la collaboration de l'Angleterre, de l'Allemagne et des États-Unis, d'approvisionner d'encres toutes les parties du monde.

Les encres noires typographiques se composent essentiellement de noir de fumée (noir légeri broyé avec un vernis qui lui sert de véhicule. Les noirs ^

employés proviennent de la combustion incomplète de matières résineuses de pétroles et aussi de produits résultant de la distillation de la bouille.

Les vernis sont composés d'huile de lin bien enite, ne graissant pas et séchant rapidement sur le papier.

Pour les encres bon marché (journaux et affiches) on emploie des huiles de qualité inférieure, additionnées de matières résineuses.

Dans le but d'augmenter l'intensité du noir, on ajoute au mélange une certaine quantité d'indigo ou de bleu de Prusse, ce qni rend la nuance plus agréable. Mais pour lui faire donner toute son intensité, il faut que l'impression conserve son brillant après séchage, comme si elle avait été vernie après coup. Ce résultat s'obtient en ajoutant au vernis d'huile de lin diverses matières résineuses, baumes du Canada, du Pérou, etc.

Pour être bonne, l'encre typographique noire doit être excessivement bien broyée, posséder une force appropriée à la température du moment (trop fluide, elle ne se maintient pas à la partie supérieure du caractère et finit par l'empâter : trop forte, elle risque de faire arracher le papier et ne s'étale pas en couche uniforme sur les rouleaux): elle doit aussi ne pas sécher sur la machine et sécher presque instantanément sur le papier. Quoique inconciliables en apparence, on est cependant arrivé à obtenir ces deux qualités réunies.

Les principales sortes d'encres noires typographiques sont désignées comme suit :

Encres à vignettes, destinées à l'impression des ouvrages de luxe contenant des gravures, noir supérieur intense, séchant vite et ne maculant pas.

Encres à labeurs, pour les livres et travaux divers, réunissant les qualités précédentes, mais d'an moins beau noir.

Encres à journaux ou à affiches. — Ces dernières, à cause de leur bas prix, sont fabriquées avec des produits inférieurs, leur existence éphémère n'exigeant pas les propriétés précédentes. La mauvaise qualité du papier, l'absence de mise en train, la rapiditédu tirage (jusqu'à 30.000 à l'heure) ne sont pas faites pour les avantager ; mais ce que l'on demande surtout au journal, c'est d'être lisible et de sécher assez vite, dès qu'il sort de la machine, pour être plié, vendu et lu, sans salir les mains ou les gants du lecteur.

Encres de couleurs typographiques. —Comme les encres noires, elles sont composées d'une matière colorante et d'un vernis. Ce dernier, se trouvant souvent décomposé ou coagulé par les oxydes ou sulfures métalliques contenus dans certaines couleurs, doit être préparé spécialement pour la nuance à laquelle on le destine. En outre, la densité des couleurs étant très variable, il est nécessaire également de donner à leur véhicule, qui est le vernis, la force et les qualités nécessaires pour les entraîner et les maintenir en suspension dans la masse, sans quoi il y aurait désagrégation et dépôt.

Encre communicative typographique. — Cette encre, fabriquée avec un vernis maigre, contient deux couleurs, dont une seule soluble à l'eau. C'est ce qui permet d'obtenir au copie de lettres une couleur différente de celle imprimée.

Pour la dorure, on imprime en mordant et on recouvre ensuite de bronze, soit en poudre, soit en feuilles. Ce travail exerçant une action préjudiciable à la santé des ouvriers, il a été fait de nom-

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