‹ Dictionnaire du commerce, de l'industrie et de la banqueChapitre 314 sur 1134 · C55 2.9i9 l.fïKi l.V£> t85 2.C · texte numérisé non relu

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du Creusot-Blanzy do Conimentrr...

Divers bassins...

Totanï

En 1830, la production houillère n'atteignait pas 1.600.000 T. ; le ba.ssin houiller de la Loire fournissait à lui seul près de la moitié de ce combustible; le département du Xord produisait environ 430.000 T., tandis que le département du Pas-de- Calais n'était encore qu'un département purement agricole.

Un quart de siècle plus tard, en 18.56, la production houillère est devenue cinq fois plus considérable : le bassin houiller de la Loire est toujours le principal centre de la production française, cependant son importance relative a baissé; car cette région ne produit déjà plus que le tiers de l'extraction française. Dans le Centre et le Midi, se sont constituées toute une série d'exploitations importantes (bassins du Gard, 738.000 T. ; du Creusot-Blanzy, 391.000: d'Aubin, 470.000: de Commentry, 483.000; d'Épinac, 138.000; de Fuveau, 143.000, etc.).

L'importance du bassin houiller du Nord s'est affirmée, et son extension vers l'O. au travers du Pas-de-Calais est signalée sur plusieurs points : c'est une région qui s'ouvre à l'industrie houillère.

Vingt ans plus tard, vers 1873, la situation est déjà profondément modifiée : le bassin houiller de la Loire ne fournit plus que 1/3 de l'extraction française et le bassin houiller du Nord et du Pas-de- Calais produit déjà deux fois plus que celai de la Loire (6.300.000 T. contre 3.300.000).

HOUILLE

HOUILLE

Si nous considérons la situation actuelle, nous constatons que, dans ces 23 dernières années, la production du Nord et du Pas-de-Calais a de nouveau triplé, passant de 6.300.000 T. à 19.500.000. Elle constitue maintenant plus de 60 % de la production houillère totale en France. Cette région, dans sa partie actuellement en exploitation, est loin encore d'avoir atteint sa pleine production, et avant peu d'années on peut entrevoir qu'elle atteindra 25 millions de T. ; les recherches, poursuivies avec une activité sans cesse renouvelée, ont causé bien des déceptions, et cependant on peut espérer qu'on finira par rencontrer tout au moins à grandes profondeurs (les prolongements du gisement actuellement connu <et,par suite entrevoir de nouveaux accroissements .de production.

Dans des proportions beaucoup plus modestes, mais pourtant encore sérieuses, on peut espérer voir augmenter la production de certaines régions du Midi et du Centre, telles que celles des lignites de Ja Provence et des houilles du Tarn, de l'Aveyron .et de Saône-et-Loire.

Par contre, le bassin houiller de la Loire semble atteindre, vers 4 millions de T. par an, le maximum de sa production possible, limitée par la profondeur, la présence du grisou et l'irrégularité très grande d'un gîte recoupé par de nombreuses failles ; pour d'autres bassins houillers, comme celui de Commentry et la plupart des bassins secondaires groupés en ceinture autour du Plateau Central, la période du maximum de production a déjà été dépassée, et à .moins de découvertes que ne rendent pas absolument improbables les résultats obtenus par les recherches «ur le prolongement du bassin de Saint-Eloy (Puyde-Dôme), il y a lieu de prévoir dès maintenant une réduction de la production de ces houillères.

En résumé, la France ne paraît posséder qu'une -seule grande réserve houillère, dont la mise en valeur, commencée seulement au milieu de ce siècle, •se poursuit rapidement, passant de 2 à 20 millions de T. en 40 ans, pour atteindre sans doute près de :30 millions de T. dans une dizaine années. A ce moment-là, ce seul bassin produira sans doute, à lui ^eul, deux fois plus que tous les autres bassins français réunis, dont la capacité de production ne paraît .guère devoir dépasser 15 millions de T.

Une production houillère annuelle de 40 à 45 millions de T. paraît donc un maximum que la France pourra difficilement atteindre avant une quinzaine d'années, ni dépasser notablement.

Coiisonnnation des houilles en France. — Les 31 millions de T. de houille produits en France en Î897 ont été loin de suffire aux besoins du pays.

Notre pays a dû importer plus de 11 millions de T. de houille; ce qui, déduction faite d'un million de T. exportées, laisse un excédent d'importation d'environ 10 millions de T.

L'Angleterre contribue dans ces import, pouro millions de T., la Belgique pour 4 millions, l'Allemagne pour 2 millions.

La question du prix des transports joue dans le mouvement de ces import, étrangères un rôle prépondérant, qui apparaît d'une manière frappante quand on a sous les yeux une carte de la distribution en France des combustibles étrangers. On voit alors que l'Angleterre, grâce au bas prix des frets, vient présenter ses charbons sur tout le littoral de l'Océan et même de la Méditerranée, à des condi-

tions de prix que ne pourraient réaliser les houillères françaises que si elles obtenaient des tarifs de 1 1/2 à 2 centimes par T. kilométrique, au lieu de 2 1/2 à 4 centimes et plus qui sont souvent encore exigés par les Compagnies de chemins de 1er.

L'Allemagne apporte, à l'extrême frontière du département de Meurthe-et-Moselle, vers Longwy jusqu'à Nancy, les houilles et cokes que réclame en quantité sans cesse croissante l'industrie métallurgique, qui a décuplé sa puissance de production en quelques années.

La Belgique utilise le réseau des canaux qui relient notre territoire au sien, au travers des plaines des Flandres, et vient jusqu'à Paris, grâce aux facilités qu'offrent l'Oise et la Seine canalisées.

Cette pénétration des combustibles étrangers n'est que peu arrêtée par le régime douanier actuel, qui est d'ailleurs resté invariable depuis de longues années, par suite de l'accord commun des consommateurs, qui ont besoin d'avoir le combustible minéral à prix aussi bas que possible, et des producteurs, qui trouvent dans le droit actuel de 1 fr. 20 une protection suffisante, à condition, toutefois, que les tarifs de transports par fer suivent, dans la voie de la réduction, le mouvement des frets maritimes, qui ont subi depuis une cinquantaine d'années une réduction continue, par suite de la double action de l'augmentation du tonnage des navires et des combinaisons commerciales qui assurent presque constamment aux navires charbonniers, dès qu'ils ont vidé leurs cales, un chargement nouveau, sinon dans le même port, du moins dans la même région. C'est ainsi que les prix des frets de houille et la fréquence des affrètements dépendent, suivant les destinations, des demandes en céréales de la Mer Noire ou des États-Unis, en minerais d'Espagne ou d'Algérie, etc.

Les mouvements d'import. et d'export. des houilles constituent l'un des éléments primordiaux du commerce international. Nous empruntons donc aux statistiques des Douanes les principaux chiffres qui s'y rapportent.

Importation et exportation des combustibles minéraux. — Quoique la houille, soit à l'état naturel, soit sous forme de coke et de briquettes, constitue un élément essentiel du commerce international, cependant il n'y a, en Europe, qu'un seul pays réellement exportateur de houille : l'Angleterre; c'est qu'en effet d'autres pays, comme l'Allemagne, qui sont de gros exportateurs par certaines de leurs frontières, sont, par d'autres de leurs frontières, importateurs pour des quantités à peu près équivalentes.

Les statistiques des divers pays sont si divergentes, qu'il est impossible d'arriver à dresser un tableau unique et définitif des importations et exportations des combustibles. Tout ce que nous pouvons faire, c'est de donner le résumé des chiffres officiels des douanes des principaux pays.

D'après ces tableaux, nous voyons que la Grande- Bretagne fournit, tant à l'export. qu'à l'armement de ses navires au long cours, près de 50 millions de T., soit le quart de sa production houillère.

Nous voyons, par contre, que si l'Allemagne exporte environ 16 millions et demi de T. de combustibles minéraux, elle en importe par d'autres frontières plus de 14 millions et demi de T. ; de sorte que, malgré l'immense développement de sa production

HOUILLE

houillère, l'Allemagne n'arrive en somme à livrer aux pays étrangers qu'un excédent de production d'environ 2 millions de T. 11 est vrai qne si la balance, au point de vue tonnage, ne présente en faveur de l'Allemagne qu'un excédent relativement faible, il en est autrement au point de vue argent, car l'Allemagne exporte surtout des cokes et des houilles de qualité supérieure, tandis qu'elle importe surtout, par la frontière autrichienne, des lignites (8 millions 1/2 de T.), qni sont un combustible de très faible valeur.

L» Belgique, par suite du développement considérable qu'a pris son industrie intérieure, est arrivée à consommer une proportion de plus en plus forte de sa production houillère, de sorte que l'excédent des importations sur les exportations est tombé, de 1889 à 1898, de a millions de T. à 3 3/4 environ.

Quant à la France, elle absorbe la totalité de l'augmentation si considérable de sa production, mais n'augmente que lentement ses import. L'excédent des importations sur les exportations, qui était de 8 millions de T. en 1889, n'a pas dépassé 10 millions de T. en 1898.

Statistique des Douanes françaises Importations (C. S.) (Tonnage livré à la consommation)

PAYS DoniGiNF. 1889 1898

Houille et Briquettes T. T.

Orande-BreUgne ."{.. ■«.■{. 099 4.702 380

Belgique 3.733.5il 3.642.730

.Allemagne 685.052 717 860

Divers 2.08i 7".")70

Coke

Belgique

.\llemagne...

Autres pays .

6il.280

1.157.4i2 Exportations (C. S.) (Tonnage français ou francisé exporté)

■PATS DK DESTIXATION

Houille et Briquettes '

Belgique 307.051

Italie 159.300

^^uisse 159.946

.\lgérie 26. .394

Autres pays 182.923

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