INDES NÉERLANDAISES
INDES NEERLANDAISES
INDES NEERLANDAISES.
•Sommaire : I. Géographie physique. — II. Climat. — 111. l'opulation et grands centres. — IV. Administration. — V. Cultores. — VI. Produits minéraux. — VU. Commerce. — VIII. TransporU. — l.\. ÉUblissements financiers, monnaie.
I. GÉoGR.vPHiE PHYSIQUE. — Lfis colonics nécrlaudaises des Indes Orientales forment dans la .Malaisie ou Iiisnlinde, entre la péninsule indo-chinoise et l'Australasie, un riche et vaste empire, réparti sur une multitude d'îles dont quelques-unes (Bornéo, Célèbes, Java, Sumatra) atteignent les proportions de véritables continents. La sup. totale de ces possessions n'est pas moindre de 1.700.000 kil. carrés; elles comprennent:
1° Le groupe des îles de la Sonde, longrue chaîne qui s'étend sur une longueur de plus de 4.700 kil. dans la direction du N.-O. au S.-E. et à l'E. comme un prolongement de la presqu'île de Malacca. C'est une région toute montagneuse et volcanique surmontée de sommets atteignant jnsfiu'à 4.00O m. et dont plusieurs lancent encore des laves, de l'eau bouillante et de la boue: volcan de Krakatoa (petite île à l'ouest de Java), qui causa, en 1883, un terrible cataclysme dans lequel périrent oO.OOO victimes; volcans du Papandajan, dans Java, du Timboro, dans Sombawa. Coupée de pentes rapides sur le versant méridional, cette région s'abaisse au N. et à l'O., dans Sumatra, en plateaux couverts de steppes herbeuses et de forêts touffues. L'archipel de la Sonde se compose des deux grandes îles de Sumatra et de Java (vo}-. ces mots) et des plus petites de Rionw, en face de Singapore (4.196 kil. carrés avec ses dépendances), Banka ou Bangka (voy. Bank.\), Billiton (voy. ce mot), Madura au N. et proche de Java, Bali et Lombok à 4 kil. à l'E. de la même île (voy. Bali), Sumbawa, Flores, Sumba, Timor, dont la moitié seulement appartient aux Hollandais et l'autre partie aux Portugais (44.400 kil. carrés, 760.000 hab.), etc.
2° Une partie de Bornéo (voy. ce mot) ;
3* L'île de Célèbes, située au N. des îles de la Sonde, entre Bornéo, dont elle est séparée par le détroit de .Macassar, à l'O., et les Molnques à l'E. (120.917 kil. carrés, l.loi.OOO hab.). Ses formes singulièrement découpées contrastent avec les contonrs massifs de sa voisine Bornéo; bien que montagneuse et volcanique, comme toutes les terres de cette région, elle renferme des lacs nombreux, est bien irriguée et fertile; elle abonde en richesses minérales; administrativemeot, elle est divisée en deux gouvernements, celui de Menado au N. et celui de .Macassar au S.
4» L'archipel des Molnques (anciennes Iles aux Epiées), formé d'un grand nombre d'îles volcaniques ; les plus étendues sont Gilolo, dans le groupe des Molnques du Nord, dont les formes, bizarrement découpées, rappellent celles de Célèbes, et Céram, dans le groupe du Sud, récemment encore bouleversée par un terrible tremblement de terre (octobre 1899); citons encore Banda, Amboine, Boeroe, Obi, Batjan, Ternate, etc., de sup. moins importante.
(V. .4.MB01NE.)
II. Climat.— La Malaisie a un climat tropical: les typhons y sont fréquents, et la chaleur torride sur les côtes, on elle s'élève jusqu'à 53». Températore moyenne : 25* à 26» à Batavia, 26- à Padang, 57» à Palembang (Sumatra), à Bandjermassing (Bornéo), de 21» à 32" à Célèbes. La saison sèche règne
de mars à octobre avec les vents S.-E. et la saison des pluies s'établit de novembre à mars avec les vents N.-E. Partout, excepté sur les hauteurs andessus de 2.;)00 m., la pluie est très abondante et atteint plus de 1 m. 1/2 par an (2 m. 07 à Java). La chute d'eau moyenne sur tonte l'Insnlinde dépasserait 3 m., d'après certaines évaluations. Il n'est pas de mois sans pluie, et, même pendant la saison sèche l'atmosphère des rivages marins contient près de 80"'„ d'humidité: elle est presque satnrée pendant la saison des pluies; cela suffit à expliquer la végétation luxuriante et rapide spéciale à ces contrées, mais aussi l'insalubrité des parties basses.
III. Population. Grands centres. — En 1897, la population totale des Indes néerlandaises était évaluée à 31.600.000 hab., dont 63.000 Européens, 470.000Chinois, 25.000 Arabes et 40.000 étrangers divers (Arméniens, Hindous, Japonais). Les indigènes, qui appartiennent à la race malaise, sont de caractère doux à Java, violent et sanguinaire dans d'autres parties de la colonie, à Sumatra notamment, où il existe encore, dit-on, des peuplades anthropophages; ils subissent généralement sans résistance la domination hollandaise, à l'exception des tribus du Nord de Sumatra (les Orang-Atchés et les Orang- Battasl, qui ne sont pas encore soumises, malgré les expéditions sanglantes dirigées contre elles. Les Chinois, nombreux surtout dans les ports, trouvent à exercer avec profit dans le commerce du détail leur sens inné des affaires: le commerce d'export. et d'import. est pour la majeure partie entre les mains de maisons hollandaises: il y a aussi quelques grosses maisons anglaises, allemandes et américaines (on ne signale à Batavia qu'une seule maison française importante).
La densité de la population est des plus variables suivant les régions. De 167 hab. par kil. carré, à Java et Madura, elle passe à 124 à Bali et Lombok, pour tomber jusqu'à 0,5 dans la province de Ternate (Molnques).
Les centres les plus importants de population et de commerce sont situés dans les grandes îles de la Sonde et dans Bornéo; ce sont notamment Batavia, Sourakarta, Sourabaya, Samarang, dans Java; Padang et Palembang, dans Sumatra ; Bandjermassing, dans Bornéo. (V. Bandjermassing, Batavia, Bornéo, Java, Sumatra.) Signalons encore:
1» Dans les îles de la Sonde: Boeleleng, dans l'île Bali (voy. Bali) : Mataram, dans l'île Lombok (5.000 hab.); Koepang, dans Timor i6.850 hab., dont 145 Européens) : Tandjong-Pandang, sur la côte S. de Billiton (5.493 hab., dont 60 Européens): Muntok, capitale de l'île Banka (3.9^ hab., dont 124 Européens) :Kaba, petit port dans la même île (3.500 hab.).
2» Dans l'île de Célèbes : Macassar, capitale (voy. Macvssar) : Gorontalo an N. et .Menado au N.-E. de l'île (9.382 hab., dont 500 Européens. Consulat de Danemark).
3» Dans les .Molnques : Amboine, chef-lieu des Molnques du Sud, Banda (voy. .\mboine, Banda): Ternate, chef-lieu de la résidence de ce nom (10.000 hab., dont 300 Européens, export, d'épices).
IV. .administration et Système colonial. — Les Indes Néerlandaises sont administrées par nn gouverneur général, 22 gouverneurs de province on résidents, des assistants-résidents et des contrôleurs, tous fonctionnaires hollandais recrutés avec le plus grand soin dans les Universités de la Métropole. Le
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Gouverneur général représente son souverain avec un pouvoir absolu dans les limites de la colonie ; il déclare la guerre, conclut la paix, nomme à tous les emplois, exerce le droit de grâce, etc. ; il est assisté d'un Conseil de cinq membres et secondé par sept directeurs, véritables ministres qui fonctionnent dans leurs départements respectifs. Les gouverneurs de province, ou résidents, sont investis des pouvoirs les plus étendus dans leurs ressorts; ils ont la direction de la police, de la justice, des finances, etc. Afin de faire accepter plus aisément sa domination par les populations malaises en dissimulant la manifestation de sa puissance, le Gouvernement hollandais a placé ingénieusement à côté de ses fonctionnaires des régents indigènes, choisis parmi les princes appartenant aux plus anciennes familles féodales du pays, et qui, aux yeux de leurs compatriotes, exercent le pouvoir, alors qu'ils ne sont que l'instrument docile du résident de leur district. Il existe même à Java deux grandes provinces appelées terres princières, celle de Sourakarta et de Djodjokarta, oîi régnent deux sultans qui ne possèdent de l'autorité que l'apparence pompeuse.
La résidence ordinaire du Gouverneur général est Buitenzorg (Sans-Souci), à 56kil. de Batavia, à laquelle elle est reliée par le chemin de fer.
Un tribunal suprême siège à Batavia pour toutes les possessions néerlandaises de l'insulinde. Pour garder ce vaste domaine, les Pays-Bas ont une armée de 40.000 volontaires de toutes races, encadrés par des officiers hollandais, et des milices.
L'action du Gouvernement hollandais dans ses colonies a été de tous temps très énergique, et même, pendant une longue période (1830-1875), empreinte d'une rigueur exagérée qui touchait au despotisme. Le système du monopole commercial exercé au nom du Gouvernement par la Handel-Maatschappij (Société du Commerce) régnait dans toute sa force, et l'on cherchait à décourager par l'abus des tracasseries administratives le colon européen dont l'initiative aurait pu porter atteinte à ces droits exclusifs. Le gouverneur Van den Bosch se signala tout particulièrement dans cette voie ; il rappela que le Gouvernement était, comme successeur du Sultan de Java, seul propriétaire du sol, et que les communautés de village n'en avaient que la possession ; s'appuyant sur ce principe, il exigea, à titre de redevance foncière, une part (le cinquième généralement) des récoltes et un jour de corvée sur cinq ; il imposa même aux indigènes qui se livraient à la culture du riz des cultures plus variées et plus productives pour le Trésor (canne à sucre, café, etc). Le système des cultures forcées, source de revenus considérables pour la Métropole (on calcule qu'il rapporta aux Pays-Bas deux milliards de bénéfices de 1830 à 187o), a fait place aujourd'hui à un régime plus libéral ; depuis 1874 le monopole commercial du Gouvernement a été aboli, sauf en ce qui concerne l'opium et le sel. L'État se contente de faire exploiter, au moyen de corvées indigènes, ses vastes propriétés domaniales, plantées en café, et d'en faire vendre le produit par la Handel-Maatschappij. Le budget, qui s'élève à environ 300 millions de fr., est alimenté, en outre, par la rente du sol, les monopoles de l'opium et du sel, les taxes douanières et la vente de l'étain. Il est bon d'ajouter que si le régime actuel est plus doux pour les administrés, il est aussi beaucoup moins
avantageux pour les Paj^s-Bas, dont le budget colonial se solde aujourd'hui avec un déficit d'une vingtaine de millions de fr.
Les terres incultes peuvent être concédées aux indigènes, moyennant l'exécution de certains travaux d'appropriation ; les terres domaniales peuvent être vendues ou concédées aux Européens; en fait, elles sont le plus souvent louées pour 20 ans (baux simples) ou pour 75 ans (baux emphytéotiques). Après le bail, la terre épuisée est laissée au repos pendant quelques années, puis louée à nouveau. Il y a aussi une autre catégorie d'engagements (opstal), en vertu desquels le locataire d'un terrain s'engage à y élever des constructions qui seront reprises, à l'expiration du bail, par l'État, à dire d'experts.
V. Cultures. — La Malaisie possède une flore luxuriante; les arbres d'espèces les plus diverses poussent dans ses forêts Ccocotiers, aréquiers, muscadiers, banauiers, rotin, bambou, bois de teck, etc.) ; le sol, d'une extraordinaire fertilité, et largement arrosé, fournit les éléments les plus variés à son commerce. Toutes cultures peuvent y être tentées avec succès, depuis les plantations tropicales jusqu'aux légumes potagers, qui viennent sur les hauteurs. Comme dans tout l'Extrême-Orient, le riz forme la principale nourriture des indigènes et occupe les trois quarts des terres en culture; il est surtout cultivé par les indigènes; les colons (et le Gouvernement dans ses immenses domaines) s'adonnent aux plantations de café, sucre, tabac, etc. En 1897, la récolte du café n'atteint pas moins de 7 à 800,000 piculs (1 picul = 60 kilog.) se répartissant ainsi :
340.000 piculs provenant des plantations du Gouvernement. 335.000 — — — particulières de Java.
GO.OOO — — — — de Sumatra.