JAUNES
Art. 1". A partir da 1" mars 1838, le jaugeage des bateaux à voiles de commerce, dansles ports français, aura lieu ainsi qu'il suit: les trois dimensions principales servant à l'évaluation du tonnage continueront à être prises ■conformément à la loi du 12 nivôse an II : ces trois dimensions seront exprimées en mètres et fractions décimales ■dn mètre; leur produit, divisé par le nombre 3,80, exprimera le tonnage légal du bâtiment.
Art. 2. Le nombre de tonneaux ainsi obtenu sera gravé sur la face avant et arrière du maitre bau. Cette opération sera faite, soit lors de la mise à l'eau dn bâtiment, soit lorsque, après avoir subi des réparations importantes, ou pour toute autre cause, le jaugeage pourra être effectué de nouveau. .\fln de faciliter la vérification de la douane, <les marques fixes seront appliquées ou gravées, par les soins de l'Administration, sur les points du bâtiment où ^nront été prises les dimensions principales sur lesquelles le tonnage aura été calculé.
On procède de même pour les navires à vapeur, à aubes ou à hélice, en tenant compte de la place occupée par les machines.
Ce mode de jaugeage, déterminé pour les bâtiments français, s'applique également, pour la perception des droits, aux navires étrangers venant dans nos ports de pays où le système suivi pour établir la jauge ne fait pas ressortir, à l'égard des navires français, un plus fort tonnage que le mode ainsi prescrit par notre législation.
C'est qu'en effet le système du jaugeage n'est pas le même partout. Ainsi, en Angleterre et aux États-Unis, par exemple, on compte de telle façon que le résultat donne un chiffre moins fort que chez nous, en sorte qu'un navire français de 1.000 tonneaux ne serait plus en Angleterre que de 8^ tonneaux et en Amérique de 750 seulement. Comme les droits perçus dans les ports, à l'étranger, se payent presque partout sur le tonnage légal de la nation à laquelle appartient le navire, il en résulte que nos navirss sont dans une situation désavantageuse par rapport à la plupart des autres. Les armateurs français demandent depuis longtemps que le mode de jaugeage soit réformé chez nous de manière à remédier à cette situation. Il serait préférable encore qu'une entente intervînt entre toutes les nations maritimes pour l'adoption d'une règle uniforme de jaugeage donnant exactement la capacité de charge effective du navire, en considérant son mode de construction et sa forme plus ou moins allongée, circonstances dont les systèmes de calcul employés actuellement ne tiennent pas toujours sufsamment compte.
Bateaux de navigation intérieure. — Une instruction émanée du corps des ponts et chaussées détermine le mode de jaugeage des bateaux.
Les cinq premières dispositions de cette instruction sont suffisantes pour en indiquer le mécanisme :
1* Le poids d'un bateau et de son chargement est égal à celui du volume d'eau qu'il déplace; en conséquence, la charge d'un bateau est égale au cube de l'eau déplacée par le bateau chargé, moins le cube de l'eaa déplacée par le bateau vide ;
2* Le tonneau de mer de 1.000 kilog. est le poids d'un m. cube d'eau, chaque décimètre cube ou litre pesant t kilog. ;
3* Les dimensions pour parvenir au jaugeage seront mesurées en ligne droite à l'extérieur du bateau et exprimées en centimètres. Dans le cas où l'on serait obligé de les mesurer dans l'intérieur, ou y ajouterait l'épaisseur du bois:
4* Pour connaître le tonnage total d'un bateau, il faut multiplier la longueur réduite du chargement par sa largeur moyenne et le produit de la hauteur ;
5* En séparant les six derniers chiffres à droite dn produit de la multiplication des trois dimensions, ceux qui resteront à gauche indiqueront le nombre de mètres cubes on de tonneaux de mer formant le tonnage du bateau.
Si le premier chiffre après la virgule est an-dessous de 5, la fraction sera négligée; dans le cas contraire, on la comptera pour un tonneau. L. FoczÈS.
J.iLGEAGE DES ToNXEAUx. — La courbupe des parois d'un tonnean rend assez complexe le calcul de sa capacité intérieure, qui dépend aussi de l'épaisseur du bois dans les diverses parties dn récipient.
L'octroi de Paris a adopté la formule suivante :
V =^l [d -I- (D - d) 0,56] « dans laquelle V représente le volume, / la fongueur intérieure du tonneau, D et d le plus grand et le plus petit diamètre, tt le rapport connu de la circonférence au diamètre, soit 3,1416.
Le facteur 0,56 n'est qn'empirique ; on peut le remplacer, dans les évaluations commerciales : par 0,66 si la courbure du tonneau est très prononcée, 0,60 si elle est moyenne, 0,50 si le tonneau est presque cylindrique.
Dans la plupart des cas on pent employer aussi la formule réduite et approximative que voici : V = 0,0875 l(d + iD)*
On se sert souvent d'un instrument gradué nommé jauge, qui donne la contenance à la simple lecture ou à peu près.
JAUXES. (CocLEURS MATÉRIELLES). (Syu. : Augl. : Yellow — AUem.: Gelb.— Ital. : Giallo.)
De tontes les couleurs, la jaune est la plus lumineuse: c'est celle qu'on distingue la première dans le demi-jour ou à travers le brouillard.
Les sources lumineuses les pins employées (gaz ordinaire, pétrole, bougies, etc.) donnent des lumières contenant beaucoup de jaune. Les lampes électriques dites à incandescence sont à lumière jaune. Au contraire, les becs genre Auer, la flamme de l'acétylène, les lampes électriques à arc donnent une lumière presque aussi blanche que celle du soleil.
Pour qu'un bouquet soit harmonieusement composé, il est toujours nécessaire d'y introduire quelques fleurs jaunes. Les teintes qui plaisent le plus pour la décoration des appartements contiennent presque toujours du jaune: dans la plupart des tapisseries, tentures, etc., on trouve des fonds maïs, crème, etc. ou des bruns jaunes, c'est-à-dire dn jaune éteint avec du noir et fort étendu de blanc.
Dans l'antiquité grecque et romaine, on avait déjà le sens de l'utilité du jaune dans la décoration. Les fêtes de l'hymen se célébraient en robes jaunes: aux noces des personnages riches, chaque invité recevait une robe jaune. Ce qui a donné lieu à ce vieux dicton: « Le jaune est la couleur des gens mariés. »
Dans le régime végétal, on trouve un assez grand nombre de matières colorantes jaunes : la plupart ne résistent pas bien au savonnage et encore moins à la lumière. On les a, pour la plupart, abandonnées presque complètement : les graines d'Avignon, les bois jaunes, le quercitron, le fustet, l'épine-vinette, ne sont presque plus employés.
Parmi toutes ces matières, la plus solide est la gaude {Reseda luteola : c'est le grand réséda sauvage, qui vient partout dans les régions tempérées et qu'on cultive encore en Normandie. La gaude donne de belles teintes jaunes sur soie, laine, coton avec les mordants d'alumine. Elle résiste bien au savonnage : mais elle brunit à l'air et à la lumière