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JONCS

JOXCS

coupés entre deux nœuds : en brochettes, ou tubes divisés dans le sens de leur longnenr, de manière à former de petites lames servant à la fabrication des peignes à tisser;

3» Les joncs et roseaux de marais servent à faire des balais de cheminée ou de petits ouvrages de vannerie. -Le commerce leur donne le nom de « jonc des chaisiers » ou jonc des tonneliers, parce qu'on en garnit les chaises, les vides entr<»les douves des tonneaux, etc. Lenr hauteur est de 1 à 2 m. Sur nos nos frontières de l'E., on donne le nom de « foin frisé » à certaines espèces de ces roseaux, qui s'importent en torsades.

Joncs et Roseaux exotiques. — Ce sont les bambous, les joncs forts, certaines sortes de rotins, les joncs de la Guyane (ways), etc.

Pour les bambous, nous renvoyons à ce mot.

Les « joncs forts » sont les joncs exotiques de toute espèce, à tige nue et pleine, dont le calibre excède 1 centimètre.

Les « rotins ou rotangs », on joncs de l'Inde, sont de la famille des palmiers. Il y en a plusieurs espèces, tontes remarquables par leur tige grêle, formée d'une série d'entre-nœuds qui s'étend d'arbre en arbre, comme les lianes, et atteint souvent 230 à 300 m. de longueur. On les importe en tronçons de longnenr variable et réunis en bottes; on en fait les cannes dites « joncs on rotins », des cravaches, des baguettes à battre les habits, des garnitures de chaises, etc. Les espèces les plus connues sont :

Le « rotang à cannes », qui vient de l'Inde et dont la tige, grosse de i à2 cm., a des entre-nœuds de Om. oOà 1 m.

Le « rotang à cordes », qui vient des Moluques, des îles de la Sonde, de Cochinchine, où l'on en fait des câbles naturels de 100, 200 m. et plus de longueur. Ses entre-nœuds ont jusqu'à 2 m., avec i 1 2 à 2 cm. de diamètre dans la partie la plus mince, 3 à 4 vers la base. Il sert en France pour les grosses cannes de moyenne valeur, cannes de tambour-major et de suisse d'église.

Le « rotang à cravaches » ou « rotang flexible », avec lequel on fait surtout les cravaches, baguettes, houssines, etc., et aussi, en le tressant comme l'osier, des corbeilles, des paniers et des meubles légers, est d'un aspect moins agréable que les précédents. Découpé en minces lanières, il est employé à « canner » les chaises de salle à manger et de jardin. Il a la même origine que le « rotang à cordes ».

On distingue dans le commerce les « rotins de petit calibre », qui ont 9 mm. de diamètre an plus, les (t rotins de fort calibre », qui ont davantage. Les premiers se subdivisent : i* en « rotins gras », àécorce de couleur terne, qu'on appelle aussi « joncs et roseaux dits de Chine » et qu'on emploie surtout dans la vannerie ; 2« en « rotins maigres », dont i écorce est luisante et comme revêtue d'une sorte d'émail : ce sont ceux qui, travaillés à la filière, fournissent les fils ou lanières servant à garnir les sièges « cannés ». Lorsque l'on passe la main sur un paquet ou une botte de rotins gras, il se pro<fnit une adhérence, comme si les rotins avaient été recouverts d'une sorte d'encaustique, ce qui n'a pas heu au toucher des rotins maigres. Dans ceux-là, les nœuds sont plus saillants et plus rapprochés que dans ceux-ci. Enfin, la moelle du rotin gras est plus compacte et moins spongieuse que celle du rotin maigre.

Le « genêt d'Espagne » que l'on confond souvent avec les joncs et roseaux, atteint 4 à 5 m. de hauteur. Avec les filaments que fournit son écorce on fait des cordes, des filets de pêche, de la toile et du papier. En Asie, en Espagne, en Italie centrale, il est cultivé comme plante textile ; ses rameanx, soumis an rouissage et au serançage, comme le chanvre, donnent des fibres dont on fait nne toile très solide.

Le « jonc d'Espagne », souvent appelé à tort genêt d'Espagne, appartient au genre spartier ; ses tiges sont très employées dans la sparterie, poar les tapis de pieds, les nattes, etc.

Le « jonc à balais u n'est autre chose que le genêt commun.

Le a jonc épineux » est une sorte de houx [Ilex) avec lequel on fait des cannes; on donne aussi ce nom à l'ajonc [i'iex) ou jonc marin.

Enfin le « roseau d'Afrique », cultivé en Italie, sert aux mêmes usages que l'Àrundo donax; dans les environs de Rome on en fait des échalas.

Voy. Cannes, Parapluies.

Commerce. — La moyenne annuelle de l'import. et de l'export. (C. S.) des joncs, roseans brats et .sparte a été. de 1867 à 1896, par périodes décennales (en kilog. et fr.) :

IMPORTATIONS

Quantités 5.217.070 i. 956.613 5.492.379

Valenrs 2.099.287 2.445.338 2.993.528

exportations

Quantités 600.557 975.958 360.179

Valeurs 562.992 549.49i 180.497

En 1897 et 1898, l'import. et l'expert. (C. S.) ont donné les chiffres suivants (en milliers de kilog. et de fr.) : 1897 1898

Import. Export.i Import. Export.

inti et r«nii knU. 7.322,6 140,5 6.362,8 117,6 Rotins de Chine.. 556,9 31,8 | 2^,7 28,2

Le prix E. V. D. du kilog. des joncs et roseaux bruts et sparte a été : à l'import., de 0 fr. 20 pour ceux venant d'Algérie et de Ofr. 78 pour les antres provenances, en 1897; de 0 fr. 28 et 0.80 respectivement, en 1898 ; à l'export., de Ofr. 50 en 1897 et 0,55 en 1898.— Pour les rotins de Chine: à l'import. comme à l'export., Ofr. 35 le kilog., en 1897 comme en 1898.

En ce qui concerne les joncs et roseaux brnts, les Indes anglaises nous ont fourni plus de la moitié de notre import. (2.094.000 kilog.) en 1807: en 1898, ce chiffre est tombé à 965.000 kilog. ; l'Algérie, 2.516.000 kilog. en 1897 et 2.217.500 en 1898: la Tunisie. 688.600 en 1897 et 1.427.000 en 1898: la Chine, 327.000 et 162.000; le Japon. 383.600et 434.000 : l'Espagne, 609.000 et 345.000, etc.— Nous exportons principalement en Allemagne et en Belgique.

Quant aux rotins de Chine, ils nous viennent à peu près exclusivement, en dépit de leir nom, des Indes anglaises (480. 400 kilog. en 1897 et 249.300 en 1898); le surplus nons arrive des Indes hollandaises par la Belgique.

Droits de Douanes. — Les joncs et roseaux bruts sodI exempts aux deux UrifsT.G. et T. .M. Les rotins de Chine payent 6fr. les 100 kilog. bruts (T. G.) quand ils sont importés directement d'un pays hors d'Europe, 9fr.G0 quand ils sont importés des entrepots d'Europe, et 5fr. au T. -M.

Les rotins de gros calibre sont rangés parmi les «joncs et roseaux brnts », de même que les rotins « maigres ■ : les rotins «gras> sont taxés comme les rotins de Chine pour vannerie.

Les «moelles de jonc, rotins, roseaux» de 3mm. de diamètre et plus, non vernies, payent 7fr.50T.G., 5fr. T. .M. les 100 kilog. bruts; de moins de 3 mm. et non vernies, 15 fr. T. G. et lOfr. T. .M. les 100 kilog. nets; vernies de tous diamètres, 40fr. T. G. et 30fr. T.M. les 100 kilog. neU.

JOUETS

JOUETS

On désigne improprement sous le nom de « moelle » la partie intérieure des joncs de l'Inde et des rotins de petit calibre dépouillés de leur robe ou écorce à l'aide d'une sorte de filière qui en arrondit exactement la forme. La robe des rotins, isolée par cette opération et découpée en lanières, constitue les Rotitis filés, qui payent 20 fr. T. O., 15 fr. T. M. aux iOO kilog. nets.

Les moelles de joncs, rotins, roseaux, sont employées pour la fabrication des ouvrages de vannerie, des manches de fouets, des baleines de parapluies, corsets, casquettes, etc. On traite comme «moelles vernies» les moelles teintes, ou métallisées, ou recouvertes de papier, et les moelles vernies seulement sur une partie de leur longueur; on y assimile les joncs, rotins, roseaux et bambous préparés pour manches de cannes et de parapluies, pour cannes à pêche, et les bambous peints et décorés pour la fabrication des meubles.

JOUETS. (Syn. : Angl. : Playthings, Toys. — AUetn. : Spielsachen. — Ital. : Giuochi.) L'industrie des jouets étant vieille comme le monde, nous n'entreprendrons pas d'en refaire ici l'historique; «depuis la grossière poupée étrusque ou assyrienne, ■jusqu'à l'objet perfectionné étincelant aux vitrines .du boulevard, chaque époque a imprimé au jouet sa îinarque distinctive. La poupée surtout a gardé à tra- -yers les âges sa physionomie, a perpétué les modes et survécu aux révolutions. Le progrès a transformé le jouet en le généralisant.

Il y a, entre le jouet cher et le jouet bon marché, une différence autre que celle du prix et qu'il importe d'établir avant déparier des jouets d'une façon •générale. Le premier se distingue par des tendances ^scientifiques ou utilitaires; le second est gai, simple et bon enfant. Après les imprimeries pour rire, les Mocomotives mues par la vapeur, le téléphone, nous avons le petit moteur électrique actionnant tantôt une scie circulaire, tantôt quelque autre appareil Uilliputien. On comprend que ces jouets, très soignés, atteignant un prix élevé, soient d'une fabrication restreinte; nous ne les mentionnons que pour mémoire. Le jouet à bon marché est le jouet par excellence.

C'est à Paris, en effet, que l'industrie et la vente du jouet se centralisent. Il existe bien en province un certain nombre d'usines, pour la plupart prospères et bien outillées, mais on n'y fabrique guère qu'une partie ou que l'accessoire du jouet. Celle de Plombières, dans les Vosges, jadis grand arsenal de cuirasses, de sabres et de casques enfantins, a disparu. Ces objets se font aujourd'hui à Paris, principalement aux environs de la place de la République. L'usine de Méru (Oise) fournit les jetons, dames et dominos. Les jouets de bois, cerceaux, crochets, quilles, viennent tantôt de Dortan, petit village de l'Ain, tantôt de -Moirans, dans le Jura. La Meuse principalement "fournit les articles de grosse vannerie; la vannerie fine, dite de fantaisie, se fabrique presque exclusivement à Paris. Les grandes maisons parisiennes centralisent les divers accessoires et les font monter ■ dans leurs ateliers. D'habiles ouvriers leur donnent ce qu'on appelle le « coup de fion », assemblant et coUantles pièces, montant les cartonnages, peignant le bois, le fer, la porcelaine, tandis que dans l'atelier voisin des habilleuses aux doigts de fée taillent des garde-robes minuscules, cousent des chapeaux, -des layettes, ou bien encore chiffonnent à coups de f^ouce de larges coques de rubans.

Il y a quelques années, une partie des jouets du marché était fournie par des ouvriers indépendants travaillant à leurs frais à domicile. Ces petits in- 'dastriels ont presque complètement disparu ; la con-

currence leur devenait impossible. Il leur faudrait actuellement lutter de prix et de qualité avec de puissantes usines fabriquant le même jouet par deux ou trois cents milliers; ils ont préféré grossir les rangs des ouvriers de fabrique. L'initiative la plus large est néanmoins laissée à l'ouvrier pour la conception et l'établissement de ses modèles. C'est avec les étrangers une lutte d'ingéniosité et de goût, où le Français a toujours le dessus ; ses concurrents ne font guère que copier le jouet parisien, en remplaçant souvent par l'excessif bon marché les qualités qui manquent. Ainsi naissent ces jouets de fin d'année, faits d'un morceau de fer-blanc et d'un chiffon, pourvus d'un mécanisme ingénieux, le tout pour un prix dérisoire.

En matière de jouets, la poupée constitue le triomphe de l'industrie parisienne: qu'elle soit en porcelaine, en buis, en caoutchouc, en carton, en peau, qu'elle soit ou non costumée, elle porte très visiblement le cachet particulier de son origine. Ainsi s'explique la vogue des poupées françaises à l'étranger; on admire leur grâce enfantine, leurs brillantes couleurs, le chilïonnage inimitable de leur costume. L'habillage seul de ces petites personnes occupe tout un monde d'ouvriers: cordonnier, tailleur, fabricant de menues perruques. Elles ont leur mobilier spécial, leurs équipages, leur literie, et tout cela représente le travail de plus de dix corporations. La plus importante fabrique de poupées à Paris est la Société du bébé français, formée de la réunion de plusieurs industries similaires, parmi lesquelles celle du fameux «bébé Jumeau». Elle possède d'importantes usines à Montreuil, Montempoivre et au boulevard de Picpus. Cette Société a entrepris récemment la fabrication de la tête de poupée en porcelaine, article qui jusqu'à présent nous venait d'Allemagne.

La France a surtout le monopole de l'article dit d'actualité, jouet d'un sou, produit éphémère des événements et des courants d'opinion, que les étrangers achètent en quantités considérables. En Amérique et en Angleterre, nous exportons principalement le jouet en fer muni d'un mécanisme simple et léger. Pour ce dernier pays, notre chiffre d'export. a atteint, en 1898, 182.122 liv. st., chiffre sensiblement supérieur à celui de l'année précédente.

La fabrication des jouets a ceci de particulier qu'elle est tributaire de presque toutes les industries : la métallurgie, le travail du bois, la verrerie, les tissus, la tabletterie, la vannerie, sont ses fournisseurs attitrés.

La Chambre syndicale des fabricants de jouets, qui a son siège social à Paris, s'occupe des intérêts généraux de la corporation, discute les tarifs de douane et de transports, établit les statistiques.

L'industrie des jouets souffre actuellement de la cherté de la main-d'œuvre, du manque de capitaux, mais surtout de la concurrence étrangère, qui dans ces dernières années a pris d'inquiétantes proportions.

Les fabricants de jouets se plaignent avec raison de ce que leurs produits se heurtent aux frontières étPangères à des tarifs excessifs qui paralysent la vente; mais c'est là le contrecoup inévitable de notre protectionnisme. On cite à ce sujet une anecdote typique: lors des manifestations de sympathies réciproques entre la France et la Russie, la ville de Paris reçut de la Tzarine une poupée russe en costume national, chef-d'œuvre de l'industrie moscovite ; pour ne pas être en reste de gracieuseté, la Muni-

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— ool

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* ipalité réexpédia peu après en Rnssie une superbe iwupée parisienne. Sait-on ce que cette poupée, du poids de un kilog. environ, eut à acquitter de droits d'entrée pour pénétrer en Rnssie? Vingt francs..., alors que la poupée impériale avait franchi notre frontière française moyennant 50 ou GO centimes, taxe moyenne du jouet an kilog.

Les fabricants français désirent vivement le retour à l'état de clioses antérieur aux tarifs de 1892, c'està-dire au régime des traités de commerce, basés ou à peu près sur la réciprocité des droits de douane.

Nos concurrents sur les grands marchés sont peu nombreux; un seul est redoutable: l'Allemagne. Cantonnée il y a un siècle dans la fabrication du jouet dit « de Nuremberg », l'Allemagne exploite aujourd'hni toutes les branches de cette industrie. C'est par millions de kilog. qu'elle fabrique et vend les jouets en fer estampé, en bois, en cuivre, en porcelaine. Ses chromolithographies et cartonnages pour jeux ont écarté la concurrence étrangère dans les cinq parties du monde. Des agents actifs lui ouvrent sans cesse de nouveaux débouchés, grâce au bas prix de la marchandise. Les causes de cette prospérité résident uniquement dans les conditions de production de l'Allemagne. Un ouvrier, travaillant en fabrique ou à domicile, se contente d'un salaire hebdomadaire de a à 8 marks ; en France, il faut compter 35 fr. au minimum : or, le prix de la main-d'œuvre est la clé de voûte de toute industrie. Quels que soient les progrès du machinisme, il ne pourra jamais s'appliquer en totalité à la fabrication des jouets.

D'autre part, si nous avons des écoles d'ajustage, d'horlogerie et d'ébénisterie, l'enseignement de l'art du jouet est négligé par nos chefs de fabrique, dont l'initiative est insuffisante. En Allemagne, l'État a fondé à Orfinhainiclien une école professionnelle où deux maîtres-adjoints enseignent la fabrication à près de 200 élèves. On y apprend le dessin, l'enluminure, le découpage et l'estampage du fer, le tournage du bois, la sculpture et la disposition des étoffes. Des Sociétés industrielles soutenues par l'État ont créé des établissemeuts similaires à Olbernau et Seillen. Enfin, des cours gratuits d'ornementation et de dessin sont ouverts dans les écoles primaires des localités environnantes.

Les principaux centres de fabrication des jouets en .Vllemagne sont : Nuremberg, Sonneberg et la contrée désignée sous le nom d'Erzgebirge saxon, où se fabrique plus spécialement le jouet en bois. Chaque localité, du reste, s'est spécialisée: l'une dans la fabrication des poupées, l'autre dans celle des voitures, des jeux divers, des chevaux à bascule ou à mécanique. Le même ouvrier fait invariablement la même pièce; ces pièces sont ensuite montées à la fabrique, qui retire de ce système de grands avantages de rapidité et de bon marché. Puis le commissionnaire expédie aux quatre coins du monde. Il convient de placer à côté de ces facilités de production d'autres considérations d'ordre industriel et économique. L'Allemagne travaille activement à perfectionner sa technique. Des machines à fonctionnement rapide et précis découpent et estampent le jouet en fer ; la chimie invente sans relâche des procédés de coloration pratiques et peu coûteux, enGn les immenses forêts du Nord fournissent sur place les bois les plus divers, dont la légèreté et la faible résistance au tournage se prêtent merveillensement à la fabrication des menus objets.

L'.\llemagne, qui nous inonde de ses produits, oppose à l'entrée des jouets français les droits suivants : jouets en métal peint, 30 fr. par 100 kilog., 75 fr. lorsqu'ils sont pourvus d'un mécanisme, liJO fr. lorsqu'ils sont garnis d'étoffe (dotés ou non d'un mouvement). En France, le jouet allemand, quel qu'il soit, paye uniformément 60 fr. par 100 kilog. Nos jouets sont encore plus durement frappés en Espagne et en Italie, où les droits atteignent uniformément 350 fr. par 100 kilog.

Le caractère écrasant de cette concurrence est établi par les chiffres ci-après, qui représentent l'export. des jouets français et allemands pour l'année 1899 (en kilog.):

FRANCE ALLEÏtAr.XE

Angleterre 1.7;i3.000 11.001.300

Espagne 430.000 1.191.400

États-Unis 117.000 6.987.300

Rép. .\rgentine.... 131.000 283.000

Ces quatre pays sont cependant ceux où la France exporte le plus de jouets. L'import. totale des États- Unis est accaparée par l'Allemagne dans la proportion des 16/17. Toutefois, l'industrie des jouets subit nue crise chez nos voisins d'outre-Rhin, en raison de l'augmentation des salaires, du rencliérissement de certaines matières premières, enfin des tarifs douaniers. En Bavière, l'export. pour l'Amérique a baissé de 2 millions de marks en 1897; et ce mouvement paraît s'accentuer depuis cette époque. En Russie, l'export. des jouets allemands, qui atteignait environ 1 million de marks, a encore augmenté depuis la signature du dernier traité de commerce, qui date de 1894. Le jouet russe est peu varié de forme et de couleur, l'export. en est à peu près nulle, mais les progrès de l'Allemagne dans cette industrie ont attiré l'attention du Gouvernement impérial : un fonctionnaire spécial a été chargé d'étudier surplace la fabrication de jouets en France et dans divers pajs et de rapporter en Russie dessins et modèles.

Notons enfin que la Suisse fait surtout le jouet en bois, et que l'export. de Hollande en Angleterre a atteint en 1898, 225.786 liv. st., près du tiers de l'export. allemande.

Une conséquence regrettable de l'établissement de nos tarifs douaniers de 1892 a été la création en Italie, en Russie, en Espagne, de fabriques destinées à procurer sur place les jouets qu'on ne pouvait acheter ciiez nous. Autant de clients perdus pour l'industrie française.

La Chambre syndicale des fabricants s'efforce, non sans succès d'ailleurs, de maintenir le jouet français à hauteur de sa réputation et surtout de conserver sa nombreuse clientèle. Désireuse de mettre l'acheteur en garde contre la concurrence étrangère, et surtout contrôla contrefaçon, elle a décidé d'autoriser tout industriel français qui en ferait la demande, à apposer sur ses jouets la marque nationale que voici :

Cette marque a été déposée conforment à la loi, le 9 octobre 1897. Mais, si l'article similaire étranger

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