pouds
Quant aux import, par le port de Libau, le chifïre total
' est le même depuis trois années, après une baisse en 1895,
soit 17.455.000 roubles; en voici le détail (en roubles), par
principales provenances :
Angleterre 7.747.328
France (irap. dir.). 554.000
Danemark 392.000
Norvège 314.000
Suède 302.000
Allemagne 3.610.387
Belgique 2.386.741
Australie 1.610.811
C'est surtout de la houille qui est importée d'Angleterre par Libau : en 1891,3.881.480 pouds; en 1892, 4.648.800; en 1894, 5.22L900; en 1896, 5.829.800; en 1898, 6.655.700.
Libau a encore importé en 1898 : 1.308.650 pouds de fer en barres (contre 1.081.126 en 1897); 11.246 d'acier; 49.000 de machines agricoles (contre 18.000 en 1897); 227.360 de machines industrielles (contre 204.100 en 1897); 13.000 ponds de rails (contre 4.700 en 1897); 4.54 de coton (contre en 1895, 156.073 en 1897); 11.802 pouds de riz (contre 13.752 en 1896 et 10.407 en 1897); 36.140 de bois de teinture ; 97.241 de liège (contre 60.580 en 1889, 95.241 en 1892,
66.573 en 1894, 118.500 en 1895 et 263.013 en 1897) ; 193.838 tonnes de harengs (contre 136.890 en 1890, 159.080 en 1894, 190.220 en 1896 et 114.910 en 1897); 17.427 pouds de vins en tonneaux (contre 16.301 en 1897); 833.370 pouds d'engrais artificiels (contre 864.150 en 1890, 740.735 en 1894, 631.260 en 1896 et 788.085 en 1897).
Consulats et vice-consulats de France, d'Allemagne, d'Autriche, de Belgique, de Danemark, d'Espagne, de Grande-Bretagne, de Hollande, de Suède et Norvège.
LIBÉUIA. État nègre de la côte occidentale d'Afrique, situé entre 4°45' — T^So lat. N.,9° — 14° 40' long. 0. de Paris. Il est borné au S. par l'Océan Atlantique,'à l'O. par le Sierra-Leone, au N. par le Soudan français, à l'E. par la colonie française de la Côted'Ivoire. Les côtes s'étendent sur près de 600 kil. La superficie est évaluée à 85.350 kil. carrés et la population entre 700.000 et 2.000.000 d'hab., dont 18.000 Nègres d'Amérique. Villes principales : Monrovia, capitale, 5.000 hab. ; Harper, 8.000; Bachnam et Edma, 5.000. Fleuves nombreux, grandes forêts. L'intérieur n'est pas connu.
L'État de Libéria est une République dont la Constitution ressemble à celle des États-Unis d'Amérique. Le pouvoir exécutif appartient à un président et le pouvoir législatif à un Parlement de deux Chambres : un Sénat de 8 membres et une Chambre des députés de 13 membres. Le Président et la Chambre sont élus pour deux ans, le Sénat pour quatre ans.. Le Président est assisté de cinq ministres. Il y a une Cour suprême à Monrovia et des tribunaux de district. Les revenus ont été, en 1894, de 138.000 dollars, les dépenses de 151.000 dollars. La dette publique atteint 2.500.000 fr,
La saison sèche dure de novembre à avril, la saison pluvieuse le reste de l'année. La moyenne de la température est de 25° à l'ombre. Le pays est fertile, mais peu cultivé.
Les statistiques du commerce extérieur sont incomplètes. Le mouvement total des échanges ne dépasse probablement pas 13.000.000 de fr. Les export, se font surtout en café, huile de palme, caoutchouc, cacao, sucre, ivoire, peaux. Vice-consulat de France à Monrovia. Presque toutes les maisons de commerce sont allemandes. 11 y a deux maisons anglaises et une hollandaise; aucune n'est française.
Monrovia est une escale des paquebots de la British and African Company, de la Wœrmann Linie et de la Compagnie transatlantique de Barcelone.
On se sert généralement des monnaies anglaises, mais les monnaies divisionnaires en usage sont les dollars américains et les cents. L'or et l'argent sont souvent remplacés par un papier-monnaie déprécié. Depuis 1896, l'Etat de Libéria frappe des pièces d'argent de 50, 25 et 10 cents et des pièces de cuivre de 2 cents et 1 cent. Les poids et mesures sont ceux usités en Angleterre.
Les droits de douane sont élevés. Le tarif en vigueur est celui de 1884 : voy. les Annales du Commerce Extérieur, il' fascicule de 1884. Abel Ravier.
LIBIDIBI ou DiviDivi. C'est une gousse, employée en teinture et comme tanin, qui provient d'un arbre de la famille des Légumineuses, le Cœsalpinia coriaria. Une variété de libidibi, produite par le Cœsalpinia corynalasa, est la gousse dite Païpaï.
(V. M.X^TIÈRES COLORANTES.)
LIBOURNE. Chef-lieu d'arrondissement de la Gironde, situé sur la rive droite de la Dordogne, au confluent de l'Islo, à 33 kil. N.-E. de Bordeaux, par 44" 35' lat. N. et 2" 35' long. 0. de Paris. Pop. : 18.016 hab. en 1896. Fabriques d'articles de tonnellerie, de liqueurs, distilleries, chantiers de constructions navales, fonderies, ateliers de constructions méca-
LlBRAIiUE
LIBRAIRIE
niques. — Les vins de l'arrondissement de Libourne sont renommés; la production atteinHOO.OOOhectol. environ de vins rouges et 4o.OOO de vins blancs. — Le port ne peut recevoir que des navires calant de 3 à 4 m. Il y a 1.230 m. de qnais. Les import, se font snrtont en charbons et bois du Xord; les export, en vins, eanx-de-vie, farines et bestiaux.
Le bureau auxiliaire de la Banque de France à Libonrne, dirigé par la succursale de Bordeaux, a mis 53.162 effets eu recouvrement, en 1898, pour une valeur de 23.731.000 fr. Agences du Comptoir d'Escompte et du Crédit Lyonnais.
Station du chemin de fer d'Orléans sur Paris, Bordeaux, Bergerac, et du chemin de fer de l'État sur Blaye. Prix du transport de Paris à Libourne, par 1.000 kilog.: G. V. I60fr.70, P. V., 74 fr.
LIBRAIRIE. iSyn. : .\ngl. : Booktrade, Bookseller's shop. — AUem. : Buchhandlung. — Ital. : Libreria.) Sommaire: Commerce de la librairie, son état actael, ses
différentes formes. — La Librairie à l'étranger.
Le commerce de la librairie se divise en quatre catégories principales de libraires : le libraire-éditeur, le libraire-commissionnaire, le libraire-détaillant et le libraire s'occupant de la librairie ancienne. Nous allons successivement étudier ces quatre catégories bien différentes.
1» Libraire-éditeur. — L'éditenr est nn producteur, un fabricant de livres. Il court de grands risques ; il lui faut des connaissances très étendues, aussi bien au point de vue littéraire, scientiflqueou artistique, selon la nature des ouvrages qu'il publie, qu'en ce qui concerne tous les métiers qui concourent à la fabrication du livre. Il aura tout d'abord à établir un traité qui réglera ses rapports avec l'auteur; et nous nous faisons ici nn plaisir de signaler le « Mémento des Règles en usage et Points à prévoir dans les Rapports entre Auteurs et Éditeurs », projet qui a été établi par une Commission mixte d'éditeurs et de délégués de la Société des Gens de lettres, et qui constitue un modèle de traité dont il serait bon de voir adopter les bases par tous les éditeurs. En voici le texte :
.Article premier. — Cession de la propriété de l'œuvre par l'antenr. L'aateur garantit la propriété de l'œuvre à l'éditeur. -Modes de cession : avec on sans réserves. Durée du traité: limitée ou illimitée. (Dans ce dernier cas, prévoir la prolongation de la propriété littéraire résultant d'un changement dans la législation.)
Art. II. — Caractère et étendue de l'œuvre; son titre. Format de l'ouvrage: nombre de feuilles, illustrations, etc.
-\rt. III.— L'auteur s'engage à livrer le manuscrit en forme pour l'impression : délai pour la livraison. L'éditenr s'engage à publier: délai pour la publication.
.\rt. IV. — .Aucune modification ne peut être apportée h l'œuvre sans autorisation expresse de l'antenr; il en est de même de tonte addition sons forme de notes ou de préface.
Art. V. — Lecture et correction des épreuves; bon à tirer de l'auteur; éventuellement fixer la limite des frais de correction à supporter par l'éditeur.
.'^'!''.^'" ~ Chiffre de tirage de la première édition: et, si l'éditenr n'a pas la faculté illimitée de réimprimer, nombre d'éditions autorisé, ou durée du droit de réimpression.
Art. VIL— A défaut de stipulations spéciales, le prix de Tente et la date de mise en vente sont fixés par l'éditeur.
Art. VIII. — Honoraires de l'aateur: taux de ces honoraires. Modes de cession: !• cession pour une somme déterminée, payable en une ou plusieurs fois ; 2* cession moyennant nn droit d'auteur, payable soitd'après le chiffre
du tirage, soitd'après la vente. — Époques de l'établissement des comptes et de leur règlement. — En cas d'honoraires d'après le tirage ou la vente, l'éditenr, sur la demande de l'auteur, lui fournit justification par ses livres, de fabrication et de magasin.
.Vrt. IX. — Fixation du tanx des mains de passe. — Fixation du nombre d'exemplaires â remettre gratuitement à l'auteur. — .Mode de lancement: exemplaires de presse, prospectus, annonces, etc., à la charge et à l'appréciation de l'éditeur. — Stipulations relatives aux exemplaires distribués gratuitement ou cédés avec une remise exceptionnelle, dans un but de propagande, à certaines catégories de personnes.
Art. X. — Réimpressions: en cas de réimpression, l'éditeur tire l'ouvrage à autant d'exemplaires qu'il le juge utile ; il avise l'auteur du chiffre du nouveau tirage, dans le cas de droits d'anteur d'après le tirage on la vente. — Prévoir le cas où l'éditeur cesserait de réimprimer et le délai dans lequel l'auteur reprendrait alors la libre disposition de son œuvre.
Art. XL — Corrections on modifications lors d'une réimpression: cas où les frais sont à la charge de l'éditeur; cas où ils sont à la charge de l'auteur. — Dans le cas où l'auteur désire apporter des modifications ou faire des corrections à son livre, il est loisible à l'éditeur de les refuser, s'il juge ces modifications de natnre à nuire à la vente de l'ouvrage ou à en changer le caractère. — Pour les ouvrages qui doivent être tenus à jour, prévoir le cas où l'auteur serait dans l'impossibilité ou refuserait de faire le travail.
Art. XII. — Droit d'éditer l'œuvre sous des formes différentes: accordé ou réservé. Modes à régler.
Art. XIII. —Traduction, adaptation et reproduction du texte: réservées ou accordées par l'auteur.- Dansée dernier cas, entente pour l'attribution des produits obtenus.
-Art. XIV. — A moins de stipulation contraire, l'auteur n'a pas le droit d'insérer l'ouvrage, déjà cédé à un éditeur, dans une édition de ses œuvres complètes.
Art. XV. — Prévoir l'éventnalitéoù la publication serait rendue impossible ou sans raison d'être par un cas de force majeure.
.\rt. XVI. — En cas de traité à temps, prévoir la question du dernier tirage et de l'emploi des exemplaires restants à l'expiration du traité. — Dans le cas où l'auteur traiterait avec nn autre éditeur, si le premier et le second éditeurs ne s'entendent pas pour la reprise des empreinteset des clichés du texte, l'auteur peut en exiger la destruction.
-Art. XVII. — .\ moins de stipulations contraires, lesdessins, gravures, clichés, etc., exécutés aux frais de l'éditeur, sont sa propriété, et il peut en disposer à son gré.
Art. XVIII. — Ouvrages commandés par l'éditeur sur nn plan fourni par lui, ou publications dont l'éditeur a la direction: la propriété pleine et entière appartient à l'éditeur, qui a le droit absolu d'en disposer, à moins de stipulations contraires.
-Art. XIX. — Traités en compte de participation. Traités, en compte de dépôt: fixer la durée de l'opération.
Note. — Extrait du Règlement intérieur de la Société des Gens de lettres en ce qui concerne le droit de reproduction :
.Art. 33. — Lors même qn'nn sociétaire vend à nn éditeur son œuvre en toute propriété, cette vente ne peut comprendre le droit d'autoriser la reproduction dans des journaux ou recueils périodiques, quelle que soit la forme de la première publication : ce droit n'appartient plus à l'auteur, qui l'a apporté dans la Société. Cette vente ne saurait non plus donner à l'éditeur aucune participation, au prix de la reproduction, qui reste tout entière dans le domaine de la Société.
Une fois le traité fait en donble et signé, et aprèsavoir décidé du format et des caractères, il faudra, si le livre doit être illustré, s'inquiéter du choix de l'artiste. L'antenr s'intéresse toujours davantage à. ces questions, et il les discute volontiers avec l'éditeur. Souvent, et quand il n'émet pas de prétentions
LIBUAIRIE
— GOli
LUillAlUIE
exagérées, ses conseils seront très utiles à l'éditeur. Enfln tout est décidé. Le dessinateur, si l'ouvrage comporte des gravures et si l'auteur n'est pas luimême dessinateur, se met à l'ouvrage. II devra s'inquiéter d'abord du mode de reproduction adopté pour les gravures et son dessin variera selon qu'il devra être interprété par la gravure sur bois, sur pierre (litliograpliie), ou au burin (taille-douce), ou si les dessins doivent être reproduits par la photogravure, et selon qu'il s'agira de dessins au trait ou en similigravure. Les progrès réalisés dans cet art marchent à pas de géant, et l'éditeur doit se tenir au courant de tous les nouveaux procédés, s'il ne veut pas se laisser distaucer par ses confrères.
La composition de l'œuvre commence et les premières épreuves arrivent en placards. Les placards ont la justification de la page du livre en largeur, mais ne sont pas encore coupés en hauteur comme les pages défmitives. L'auteur fait souvent de nombreuses suppressions ou bien rajoute des mots, des lignes même ; la composition en placards permet ces remaniements, qui deviendraient très onéreux sur la mise en page, car telle ligne rajoutée ou supprimée dans une page oblige de remanier d'autant les pages suivantes. Sur les placards, cet inconvénient n'existe pas.
Puis viennent les épreuves en pages ; une fois toutes les fautes corrigées, l'auteur donne son «bon à tirer»: c'est ce bon à tirer qui établira les responsabilités, en cas de contestation au sujet des fautes échappées à l'auteur ou à l'imprimeur. L'éditeur revêt la première feuille de son bon à tirer : c'est ce bon à tw'er qui spécifiera le nombre d'exemplaires auquel devra être tiré l'ouvrage : cruelle énigme, car l'inconnu est le problème perpétuel de l'éditeur. Tel ouvrage qui devrait obtenir un grand succès ne se vendra pas, et des piles de feuilles rempliront les magasins. Tel autre, tiré à plus petit nombre, s'enlèvera et nécessitera les frais d'une nouvelle composition, à moins que l'éditeur n'en ait pris des empreintes.
Puis vient la question du papier. Choix de la qualité, du poids ou de l'épaisseur, de la teinte; il faudra tenir compte aussi des gravures, car la similigravure exige un papier plus glacé que la gravure sur bois, etc. Enfin arrive la brochure, puis le cartonnage ou la reliure, si l'ouvrage se vend cartonné ou relié. .A.ujourd'liui que le goût est aux cartonnages avec dessins et fers spéciaux, l'éditeur devra s'ingénier à trouver quelque chose de neuf et d'origi- Hal. On voit facilement par là le nombre d'industries qui concourent à la fabrication d'un volume, industries qui convergeront toutes entre les mains de l'éditeur et que celui-ci devra connaître à fond, car bien présenter un livre est un art capital, et tout en ce faisant, l'éditeur devra ne pas sortir de la limite d'un certain budget.
Voici donc le volume mis en vente ; il s'agit maintenant de le lancer. Quel art et quelle science •devra encore déploj'er l'éditeur à ce moment important! Et l'envoi des exemplaires de presse aux journaux, les annonces et réclames dans les journaux •et revues, l'envoi des prospectus et des catalogues, l'exposition du volume aux étalages des libraires, ne seront pas sans lui causer de graves soucis, car d'un bon lancement dépend souvent la réputation et le succès d'un volume. Il faut avoir des idées neuves: il faut créer, imaginer, inventer, en un mot
faire connaître la naissance de l'enfant, la proclamer, la crier. Un bon éditeur fera souvent la réputation d'un auteur en sachant bien lancer l'ouvrage.
On voit déjà quelles difficultés l'éditeur rencontre dans sa profession ; quelle grande activité, quels soins assidus, quelle attention soutenue elle exige et combien de capitaux elle engage. Nous ajouterons encore que l'éditeur devra connaître à fond les lois et décrets qui régissent la propriété littéraire et artistique, la Convention de Berne et les lois des autres pays relatives à ces matières.
2» Libraire commissionnaire. — Le libraire commissionnaire sert d'intermédiaire entre les éditeurs et les libraires de province ou de l'étranger. Il se charge des achats de ses clients chez les éditeurs au.ssi bien que des remises des éditeurs, groupe les achats et les remises et en fait l'expédition à ses commettants de province ou de l'étranger. Quand les relations étaient moins fréquentes et moins bien établies entre les différents pays, le rôle du commissionnaire en librairie était considérable. Aujourd'hui ce rôle se trouve bien réduit : les envois rapides par chemin de fer, les envois sous bandes par la poste, les colis-postaux, les recouvrements par la poste, les chèques, toutes ces innovations qui ont pour nom le progrès, lui donnent chaque jour moins de raison d'être. D'autre part, les libraires de province et de l'étranger ont presque tous des comptes ouverts chez les principaux éditeurs de Paris, et le commissionnaire, qui faisait autrefois des achats, se borne à recevoir et à expédier les remises des éditeurs. Sans compter tous les ordres que le libraire de province ou de l'étranger adresse directement à l'éditeur avec prière de faire l'envoi par la poste, commandes qui échappent complètement au commissionnaire. Sauf pour les recherches d'ouvrages rares, pour lesquels on mettra à contribution ses connaissances bibliograpiiiques, qui doivent être vastes, car la bibliographie est une science difficile, son rôle se trouve diminué d'année en année : il se réduira bientôt à celui d'emballeur.
3" Libraires détaillants. — Le commerce dn libraire détaillant diffère totalement des deux catégories précédentes. Son métier exige de moins gros cai)itaux, car il n'a à s'occuper que de son loyer, des frais de premier établissement et de son personnel. Quant aux marcliandises, elles lui sont remises en dépôt par les éditeurs: il n'a par conséquent qu'à les payer après vente faite, puisqu'il peut faire le retour des invendus. Un bon libraire détaillant doit se tenir au courant de tout ce qui se publie, de manière à guider le choix de ses clients, dont il connaîtra les goûts. Une grande mémoire lui est indispensalMe, et il devra connaître tous les ouvrages, tous les éditeurs, savoir quel est l'auteur en vogue, connaître son genre, etc. Il devra savoir disposer son étalage pour y grouper les nouveautés, réunir les volumes par catégorie et les mettre habilement en vedette, et c'est un art qui n'est pas si facile.
Pourquoi n'établit-on pas dans les centres universitaires, par exemple, ce qui existe en d'autres pays, nous voulons parler du service en «communication». Le libraire qui reçoit une nouveauté : un ouvrage de zoologie, par exemple, s'empressera de l'envoyer pour un ou deux jours en communication au professeur de zoologie de sa ville. S'il ne le place pas toujours, il aura bien des chances d'en vendre un certain nombre, car le professeur, en voyant le volume, se
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rendra mieux compte du contenu que par l'envoi diin prospectus. Il le montrera au maître de confér.nces, au préparateur, aux élèves, et voici toute liiie source de clients trouvée. An lieu de cela, il ;n rive souvent que le libraire laisse l'ouvrage dans iMi coin et le retourne à l'éditeur au bout de trois à six mois, sans avoir rien fait pour le vendre.
Nous constatons avec plaisir la victoire sur la routine que viennent de rem{)orter les détaillants. Il s était établi depuis quelques années une habitude de vendre les volumes au public avec de grosses remises sur le prix marqué, et le public, à qui il ne viendrait pas à l'idée de marchander un objet dans un magasin de nouveautés, exige un rabais sur le prix marqué des volumes. Du train dont allaient les fhoses, nous risquions d'en arriver pour les livres
.e qui existe malheureusement pour la musique,
1 l'on fait des rabais de 85 et 90 •/„. La faute en était aux détaillants, qui, au lien de garder pour eux la remise accordée par les éditeurs, en abandonnaient une partie au public pour l'attirer: le concurrent, voyant ce manège, accordait une surremise. I.es libraires se sont alors constitués en syndicat et ils ont relevé le prix de vente. On disait que ce re-
vement de pris occasionnerait une crise dans la
ute des livres. Il n'en sera rien, surtout si certains rditeurs, plus soucieux de leurs intérêts, ne continuent pas à vendre certains ouvrages à 3fr. oO, alors que souvent le contenu et la valeur du volume représentent à peine :J,;iO à 3 fr.
4« Librairie ancienne. — Encore une branche (le la librairie qui diffère essentiellement des précédentes. Le bon libraire d'oavrages anciens ou d'occasion devra posséder les plus vastes connaissances, one profonde érudition, une grande mémoire. Il devra suivre les ventes, connaître la valeur des éditions différentes d'un même livre, savoir acheter sans encombrer ses magasins de rossignols; car tel livre qui n'a pas de valeur aujourd'hui peut en acquérir subitement une demain, parce qu'il sera recherché parles bibliophiles. Ici le libraire n'a plus pour guide le prix de vente : tel livre se vendra bien au-dessous de sa valeur primitive, tel autre se vendra trois, quatre fois et même plus que son prix normal. Il devra donc se tenir au courant constamment, savoir quelle est l'édition recherchée par les bibliophiles, connaître aussi les bonnes reliures, car beaucoup de livres sont achetés pour la reliure, lorsqu'elle est signée d'un nom connu. Il devra également savoir établir un catalogue.
Fabrication et Prix de revient. — La composition se paye au mille de lettres: les signes de ponctuation se comptent comme lettres. Ces prix sont réglés ainsi par les imprimeurs de Paris :
Pour le 8. le 9. le 10 et le 11, caractères le pins souvent employùs, Ofr.65; ponr le 7, 0,69; pour le 6, 0,77, et le 5, 0,85; poor le 4 et au-dessous, en conscience: pour le 12, 0,89; le ii, 0,73; le IC, 0,77.
Ce sont les prix payés aux ouvriers; l'imprimeur y ajoute pour ses étoiles 50 à 75 ° „ car il doit laire entrer en ligne de compte l'usure de ses caractères, de son matériel, la lecture des épreuves, les épreuves, etc.
Prix de la mise en pages :
Pour l'in-i* simple 1,30, à 2 col
Pour l'in-8 id. 1,75 —
Pour rin-18 id. 3,50 —
Pour rm-32 id. 5,00 —
à 3.000 ex.
à 6.000 ex
Fr.
Fr.
Fr.
Fr.
Fr.
Fr.
à 3 col. 3,50
— li.OO
Voici maintenant des prix concernant la fabrication d'un livre sous trois formats et pour trois tirages différents :
Ftraat ii-8, ^pier 4it c^rré à 1.300 s Composition (30 lignes Kr.
à la page en 10) 26
Tirage 18
ToUux 44
Format in-18 Jésus Fr.
Composition (en 9)... 62
Tirage 21^
Totaux 83
Format in-32 jésas Fr.
Composition (en 8)... 97
Tirage 29
ToUnx ÏX
Il faut ajouter à ces frais : le papier, le tirage de la couverture, le brochage, le glaçage, le satinage, la reliure ou le cartonnage; enfin les droits d'auteur et les corrections.
En règle générale, les corrections ne devraient pas dépasser le quart du prix de la composition, mais il y a des auteurs dont les corrections vont jusqu'à doubler ce prix. Quand on pense que l'heure de correction est comptée jusqu'à 85 centimes, et que certaines corrections sont très longues à faire, par suite des remaniements auxquels elles entraînent, on voit par là à quels frais imprévus elles peuvent entraîner l'éditeur.
Les prix d'impression en province sont naturellement moins élevés, car les ouvriers sont payés moins cher et les frais généraux sont moins importants.
Le Papier. — L'unité des papiers est la rame.
La rame se divise en 20 mains, et la main en âlî feuilles; de sorte que la rame contient 500 feuilles. Ces nombres ne varient pas, que le papier soit fort on mince, grand ou petit, et quelle qu'en soit la couleur.
Ordinairement la rame est pliée en deux. Cependant, quand le papier est trop fort pour être plié, ou quand c'est du papier de choix, on le laisse à plat par rame ou par paquet de deux rames.
Les papiers sont découpés de diverses grandeurs ou formats, et, selon ces formats, ils prennent différents noms :
Pot
31 cent, sur
Raisin 49 cent, sur
on
on 98
Tellière...
Jésus 36
on
ou 110
Couronne.
Jésus pitto-
ou
resque.. 36
ib
Écn
ou
ou 112
Colombier. 63 ou 126
Carré
Gr.-.\igle. 68
ou
Papier de
Cavalier. .
Chine . . 70
Coquille . . 44
Tous ces formats peuvent s'obtenir doubles, au gré de l'acheteur.
Les papiers vergés et vélins sont des papiers faits à la main. Ils ont, comme les papiers fabriqués à la mécanique, le même format et la rame pour unité.
Les papiers vergés et vélins sont employés pour les ouvrages de luxe, les exemplaires de choix tirés à pari.
Les papiers coquille sont ordinairement employés pour cahiers d'écoliers, registres et autres fournitures de bureau.
Les papiers des différentes sortes sont collés ou non collés. Les papiers sont collés pour qu'ils puissent servir à l'écriture. L'encollage des papiers faits à la
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main est appliqué après la fabrication, tandis que celui des papiers faits à la mécanique est ajouté à la pâte elle-même.
Les papiers, comme toute autre marchandise, sont de plusieurs choix ; cela provient de la qualité de la pâte employée dans la fabrication. De cette qualité dépend naturellement le prix des papiers. Les papiers se vendent au kilog., quels qu'en soient la force ou le format, la couleur, et qu'ils soient collés ou non collés. Pour vérifier la qualité du papier, on en déplie une feuille et on la regarde contre le jour ; moins elle paraîtra poivrée, meilleur sera le papier; et pour bien voir la nuance, on sépare une feuille de la rame et on la compare à l'échantillon.
Librairie de prorince. — Avec notre déplorable système de centralisation à outrance, Paris est devenu le seul centre, en France, de toutes les publications importantes et de valeur; et cela est si vrai que, par suite de notre organisation de la librairie, l'éditeur de province qui voudra vendre son livre sera obligé d'avoir un dépositaire à Paris. Nous avons cependant quelques bons et importants éditeurs en province, et notamment à Montpellier, Toulouse, Bordeaux, Rennes, Tours, Lyon, Lille, etc. Les éditeurs de Paris, placés au centre de toute la vie intellectuelle, peuvent seuls par leurs relations faire réussir la plupart des livres, et cet excès de centralisation est vraiment déplorable. Pour l'imprimerie, c'est le contraire qui se produit. Nous avons d'excellents imprimeurs en province et qui produisent à meilleur marché qu'à Paris. Ils fournissent du reste presque tous les éditeurs de la capitale. Lyon, Corbeil, Évreux, Tours, Bordeaux, Nantes, Caen, le Havre, Lille, Dijon, Màcon, Chalon-sur-Saône, Saint- Amand, Coulommiers, etc., comptent d'excellentes imprimeries qui travaillent presque exclusivement pour Paris, car l'impression en province se borne à quelques journaux publiés dans les différentes localités.
Cercle de la Librairie. — Le Cercle de la Librairie, de l'Imprimerie, de la Papeterie, du commerce de la Musique et des Estampes, dont le bel hôtel s'élève sur le boulevard Saint-Germain, ne remplit malheureusement pas encore entièrement le but qu'on s'est proposé. Le Cercle de la Librairie n'est, en effet, ni un cercle au sens propre du mot, avec salle de réunion et salle de billard, où l'on se rencontre entre confrères tous les huit jours (personne ne venait plus à ces réunions du vendredi soir), et il n'est malheureusement pas encore assez devenu un Cercle d'affaires, prenant les intérêts de la corporation et de ses membres.
Le Cercle de la Librairie publie chaque samedi la Bibliographie de la France, recueil qui se compose de trois parties : la première enregistre toutes les publications déposées selon la loi au Ministère de l'Intérieur; la deuxième partie, ou Chronique, contient bien peu de cho.ses intéressantes pour le commerce de la librairie. Cette chronique ne devraitelle pas donner un extrait des publications de Sociétés qui se forment chaque jour, des modifications apportées aux Sociétés existantes, des maisons qui changent de propriétaires ou qui disparaissent, des historiques sur d'anciennes maisons, des renseignements sur le mouvement intellectuel et de librairie en France et à l'étranger, des statistiques, etc.? La troisième, partie enfin, se compose du feuilleton ou des annonces des éditeurs. C'est là que sont indiquées
toutes les nouveautés ; les annoncesétant assez chères, la Bibliographie est devenue une source de revenus importants pour le Cercle. On peut regretter que la Bibliographie de la France, au lieu d'être hebdomadaire, ne soit pas bi-hebdomadaire.
Le Cercle pourrait établir un Annuaire de la Librairie, qui donnerait les noms et adresses de tous les libraires de France, la date de la fondation de la Maison, les noms des divers titulaires, et pour les libraires de province le nom de leur commissionnaire à Paris. Ce livre est indispensable au libraire.
Il est également regrettable que les vastes salons du Cercle ne s'ouvrent pas à une exposition annuelle de librairie, où l'on verrait exposés tous les volumes publiés dans l'année. Le visiteur se rendrait ainsi compte de la production dans tous les genres, et cette exposition présenterait, certes, le plus vif intérêt. Le Cercle de la Librairie devrait également créer un service de distribution des bulletins de commandes. Tous les commissionnaires déposeraient chaque jour au Cercle les bulletins de commandes de leurs clients, le Cercle les grouperait et en ferait la distribution aux éditeurs.
Enfin le Cercle devrait prendre sous son patronage la création d'une École de libraires. M. Félix Baranger a fait à ce propos un remarquable rapport où il parle de la nécessité de relever le niveau intellectuel de la corporation, où il demande que nos futurs libraires étudient pendant trois années les questions qui peuvent les intéresser : littérature française et étrangère, bibliographie, biographies, langues anciennes et modernes, droit commercial, exécution matérielle d'un livre, etc. Le bruit court que le Cercle de la Librairie va ouvrir cette École; nous souhaitons que ce ne soit pas là un vain bruit.
Il faut pourtant reconnaître qu'un effort assez sérieux a été tenté dans ces derniers temps. Le Cercle, sous l'active impulsion de ses derniers présidents, et notamment de MM. Belin, Helzel et Fouret, a été entièrement transformé. On a créé de vastes et nombreuses salles qui peuvent servir de lieu de réunion. Presque toutes les Sociétés, Chambres syndicales, etc., de libraires, imprimeurs, éditeurs de musique, graveurs, fabricants de papier, fondeurs de caractères, etc., ont maintenant leur siège au Cercle, lequel met à leur disposition des salles pour la réunion de leurs comités et de leurs assemblées générales. On a commencé également à y tenir des réunions d'éditeurs où l'on discute les intérêts communs à la profession. La présidence du Cercle n'est plus ce qu'elle était il y a une vingtaine d'années : de poste purement honorifique, elle est devenue présidence active.
Le Cercle a encore institué différents services importants, parmi lesquels nous citerons :
1° La Commission des arbitrages, à laquelle le Président du Tribunal de Commerce renvoie toutes les affaires en litige. Les membres de cette Commission sont chargésde convoquer les parties, de les entendre en leurs dires et explications, de chercher à les concilier. S'ils ne réussissent pas, ils établissent un rapport qui est renvoyé au Tribunal de Commerce;
2° Le Hureau des déclarations;
3" La Commission du Timbrage des Estampes et des éditions de luxe ;
4° La Bibliothèque technique ;
5" Le Syndicat des Sociétés littéraires et artistiques pour la protection de la propriété intellectuelle ;
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6* Les Délt-goésau Coinîté Central des Chambres Syndicales ;
7* I,e Syndicat des éditeurs ; S' Le Syndicat des libraires de France, etc. Législation. — Jusqu'ea 1871, toute personne qui voulait exercer le commerce de la librairie devait se pourvoir d'un brevet. Ce brevet était personnel et le Ministère de l'Intérieur nommait les titulaires des brevets. La demande de brevet était faite au .Ministère de l'Intérieur, par l'intermédiaire des préfets pour la province, directement an Ministre pour Paris. A l'appui de la demande, il fallait joindre un extrait de l'acte de naissance, un certificat de bonnes vie et mœurs et un certificat de capacité signé par quatre libraires brevetés. 11 fallait «nsnite faire enregistrer au greffe du tribunal civil de son arrondissement le titre obtenu, puis prêter, devant le tribunal, serment d'obéissance à la Constitution et de fidélité à l'empereur. Ce brevet de libraire n'existe plus.
Conventions postales. — Pour ce qui concerne les envois par la poste des objets admis à taxe réduite : journaux et publications périodiques, circulaires, prospectus, catalogues, livres, gravures, lithographies, etc. ; papiers d'affaires ou de commerce: abonnements aux journaux, revues et recueils périodiques, aux journaux étrangers; pour le service des colis postaux, les remboursements, l'emballage, etc., voy. les Règlements spéciaux de VAdministration des postes.
Publicité. — Voici une grave question pour laquelle il n'est pas possible d'établir de règle. Chaque éditeur agira, en effet, de façon différente, selon le genre des livres qu'il édite et selon le public auquel il s'adresse.
La publicité comporte d'abord les annonces dans les journaux quotidiens. Ces annonces sont de plusieurs sortes : l'annonce-affiche à la quatrième page ou l'annonce de quelques lignes à la troisième page. Quelques journaux font aussi de la publicité dans les échos de la première page, mais ces annonces atteignent un prix excessif. Lorsque l'éditeur s'est décidé à faire des annonces dans les quotidiens, il devra bien étudier la valeur des différents journaux, leur tirage, et surtout se rendre compte du genre de lecteurs de ces journaux. 11 ne devra pas oublier que les annonces de librairie ne produiront de résultat que si elles sont répétées souvent , et il ne devra pas se laisser entraîner à des frais exagérés. Les réclames dans les principaux journaux quotidiens sont devenues un monopole au profit des Sociétés de publicité qui les exploitent, et dont les prix exorbitants tuent l'annonce en France.
Il y a vingt ans, alors que la critique bibliographique était consciencieusement faite dans les quotidiens, ces articles avaient une grande valeur et étaient très lus. Aujourd'hui tout le monde sait qu'à part quelques exceptions les notices biblioii^raphiqiies insérées sous la rubrique : Librairie on bibliographie, ne sont que les propres notices ré- ■ligées par les auteurs et éditeurs.
Certaines revues, par contre, donnent des critiques bibliographiques sérieuses; beaucoup sont signées. C'est encore, d'après nous, le meilleur et le plus sûr moyen de faire connaître les livres, les abonnés de ces Revues formant, en général, une classe sérieuse de lecteurs, qui suivent attentivement le mouvement intellectuel du pays.
Les affiches de librairie sur la voie publique ne donnent pas de résultat, si ce n'est pour les almanachs ou publications similaires. Elles sont, du reste, rarement utilisées.
En dehors des annonces dans les quotidiens et des critiques bibliographiques dans les revues, il y a la réclame par l'envoi de prospectus donnant, en quatre ou huit pages, les dernières nouveautés publiées, et l'envoi de catalogues avec la liste des pr.hlications complètes de la maison. Ici il sera préférable de ne pas trop regarder à la dépense : il vaudra mieux faire un envoi de 10.000 prospectus d'après des adresses choisies, mises sous enveloppes à cinq centimes, que des envois en grande quantité sous de petites bandes à i et 2 centimes, car le plus souvent les prospectus ainsi envoyés sont perdus. On devra également ne pas se fier aux agences de publicité, qui tiennent à la disposition du public des services tout faits, car ces prospectus arrivent rarement à destination. Une forme de publicité qui donne de bons résultats, c'est l'encartage des prospectus dans les revues.
Pour l'établissement des catalogues, nous recommandons aux éditeurs d'avoir recours non à une classification alphabétique de leurs livres, mais à un ordre méthodique quelconque, ce qui donne tout de suite beaucoup plus d'intérêt au recueil.
Congrès d'Editeurs. — Le premier Congrès international d'éditeurs s'est tenu à Paris en 1896, le deuxième à Bruxelles en 1897, et le troisième à Londres en 1899. Le quatrième se tiendra à Leipzig en 1901.
Pour la simplification des travaux, le Congrès se divise en trois sections : Section A : questions techniques. — Section B. : questions de propriété littéraire et artistique. — Section C. : questions juridiques et administratives.
Une fois l'ordre du jour arrêté définitivement par la commission d'organisation, les commissions des sections confient l'étude de chaque question à des rapporteurs agréés par elles, et les rapports ne sont donnés à l'impression qu'après visa des présidents de chaque section.
Au premier Congrès il y avait 126 éditeurs français, 5 allemands, 14anglais, 2autrichiens, ISbelges, 3 danois, 4 américains, 10 hollandais, 6 italiens, 1 norvégien, 1 portugais, 2 russes et 8 suisses.
Chaque section examina et discuta les questions qui lui étaient soumises et supprima celles qui ne lui paraissaient pas offrir un intérêt international ou présenter un caractère d'urgence absolu ; elle renvoya, au contraire, à l'examen des séances plénières du Congrès les questions qu'elle avait appuyées d'un avis favorable.
Voici les principales questions traitées et les vœux adoptés aux deux premiers Congrès (Paris 1896 et Bruxelles 1897j :
Congrès de Paris
De l'obligation du dépôt légal par l'éditeur. — Vœa adopté :
I* .\a monsent de la pablicatlon de tout imprimé, il devra être (ait nn dépôt en deax exemplaires destinés anx collections nationales. Ce dépôt sera fait en trois exemplaires ponr les estampes, la mnsiqne et pour les reprodnctions antres qoe les imprimés proprement dits et publiés séparément. Le dépôt sera accompagné d'ane déclaration détaillée et eSectné dans les formes actaellement asilées dans chaque pays ; un certiflcat de dépôt sera remis gratuitement au déposant;
2* L'obligation do dépôt incombera à l'éditeur de la po-
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blication et à son défaut à l'auteur. Elle ne sera réclamée de; l'imprimeur que pour les publications sans nom d'auteur ou d'éditeur;
.'t" Les exemplaires ainsi déposés devront être complets et dans l'état ordinaire de vente. Ils devront porter l'indic»lion du prix de vente, et, s'ils ne sont pas destinés à la vente, une mention indi(]uant ([u'ils ne sont pas dans le commerce.
lui droit de publier des extraits, morceaux choisis on fragments. — Vœu adopté :
1° Kii principe, toute reproduction devra dépendre de rsutorisalion de l'ayant droit ou des ayants droits ;
2* Kn fait, au point de vue international, seront tolérées réciproquement dans chacun des pays contractants les insertions, dans les seules chrestomathies destinées à l'enseignement, mais non ailleurs, de très courts extraits d'iKUvres publiées dans un autre pays;
3° Les citations qui ne seraient faites qu'à l'appui d'une critique particulière des ouvrages ou d'une thèse littéraire no seraient pas considérées comme une contrefaçon.
la reproduction d'une œuvre littéraire au moyen d'une lecture publique peut-elle rtre faite sans le cotisentement de l'auteur? — Vœu adopté:
La reproduction d'une œuvre littéraire au moyen de lectures publiques ne peut avoir lieu sans le consentement d-e l'ayant droit ou des ayants droit. Toutefois, ce consentement ne sera pas exigé lorsque la lecture en public n'aura pas pour objet une opération commerciale ou qu'elle aura été faite dans un but de critique ou d'enseignement.
D'une action commune internationale des Syndicats de la librairie pour entraîner des adhésions à la Convention de Berne. — Vœu adopté:
Le Congrès décide que les différentes associations (Cercle de la Librairie de Paris, Bœrsenverein de Leipzig, etc.) se mettront en relation ensemble, alin d'étudier et de provoquer toutes les mesures propres à entraîner des adhésions à la Convention de Berne. Le Cercle de la Librairie de Paris sera chargé de prendre l'initiative de l'entente à établir avec les autres .Vssociations.
De l'application du système métrique à la désignatinn des 'formats. — Vœu adopté:
Le Congrès émet le vœu que, dans les catalogues ou annonces destinés au public, la mention actuelle des formats soit toujours accompagnée d'une désignation de la dimension des volumes basée sur le système métrique.
De la nécessité d'un classement méthodique dans les catalogues de librairie. — Vœu adopté:
1° Voir se généraliser en librairie les catalogues à classification méthodique. Parmi les méthodes de classification, le Congrès recommande particulièrement l'étude de celle qui est basée sur le système décimal;
2° Voir les maisons d'édition de tous les pays travailler à la formation d'une Bibliographie nationale, qui servirait quelque jour de base à la confection d'un répertoire de bibliographie universelle.
Dépôt légal. — Vœu adopté :
i* Que dans les pays où des formalités sont prescrites lois de la publication d'une œuvre, ces formalités soient aussi simples que possible;
2° L'inaccomplissement des formalités relatives au dépôt légal n'emporte, en aucun cas, la déchéance de la propriété littéraire.
Reproduction des articles de Journaux. — Vœu adopté :
1° En dehors des articles de discussion politique, des nouvelles du jour et des faits divers, la reproduction des autres articles de journaux ou de recueils périodiques doit être interdite, comme celle des romans feuilletons et ^es nouvelles, sans qu'il soit besoin d'aucune mention de réserve ;
2° Le Congrès désire, en outre, qu'on obtienne une définition plus précise de ce qu'on appelle un article de discussion politique et les nouvelles du jour.
De l'admission des colis postaux dans les pays d'Union postale. — Vœu adopté:
1° Extension des colis postaux de ô kilog. aux pays qui n'admettent que des colis de 3 kilog. Ces pays sont les
suivants: Bulgarie, Espagne, Finlande, <irèce, Portugal. Afrique du Sud-Ouest (possessions allemandes) ;
2° Extension du régime des colis postaux aux pays qui n'admettent pas encore ces colis;
'.'>" Extension à 3 kilog. du poids des imprimés circulant dans les pays de l'Union postale universelle.
(juestion des passes en matière d'impression. — Vœu adopté :
Que, pour éviter toute contestation, dans les traités entre auteurs et éditeurs, il soit ajouté un article spécial concernant les mains de passe d'usage.
Du droit de l'éditeur dans la publicalion des lettres missi^)es. — Vœu adopté.-
1° Que la législation de chaque pays déclare que les lettres missives doivent être considérées comme œuvres littéraires, protégées au même titre et régies par les dispositions concernant la propriété littéraire ;
2° Que les lettres missives ne puissent être publiées sans le consentement des deux parties on de leurs héritiers ou ayants droit, dans le cas où c'est le destinataire qui les publie.
Ditervention de la poste dans les abonnements au.r journaux et aux publications périodiques, en conséquence de l'arrangement conclu à Vienne le 4 juillet ■189}, ainsi libellé :
l" Les Gouvernements non adhérents sont priés de rester en dehors de l'arrangement postal de Vienne, et, s'ils croient devoir y entrer, de s'abstenir de faire concurrence aux libraires détaillants ;
2° Les Couvernements adhérents sont priés, ou de renoncer à faire le service des abonnements, ou, s'ils continuent à s'en- charger, de le faire dans des conditions qui sauvegardent les intérêts des éditeurs et propriétaires des journaux et revues, ainsi que ceux des libraires détaillants. — Vœu adopté :
Il sera formé une Commission internationale composée par la réunion de^ Commissions nationales établies dans chaque pays, qui aura pour mission d'étudier la question de la suppression des droits de douane appliqués aux productions intellectuelles. Ses efforts devront tendre à profiter de toutes les occasions favorables pour amener les pays qui font encore payer des droits d'entrée aux œuvres de l'esprit, à les en affranchir.
Le Cercle de la Librairie de Paris est chargé provisoirement de provoquer la constitution des Commissions nationales et de servir de lien entre elles.
l'n rapport sera adressé au prochain Congrès d'éditeurs par la Commission internationale.
Propriété photographique et propriété des œuvres photographiques. — Vœu adopté:
1° Dans chaque pays, quelle que soit la législation particulière applicable aux œuvres photographiques, toute photographie insérée dans une publication doit participer à la durée de protection accordée à ladite publication ;
2° La propriété de tout cliché photographique commandé par un éditeur pour l'illustration d'un ouvrage quelconque appartient à l'éditeur, qui a le droit exclusif de s'en servir, et même d'en disposer, sauf convention contraire avec l'auteur de l'ouvrage.
Co.NGRÈs DE Bruxelles
De l'application du système métrique au format des livi'es. — Vœu adopté :
Le Congrès émet le vœu que, dans toute annonce de librairie et dans les catalogues, l'indication des formats soit toujours accompagnée de la dimension du livre en centimètres; que le premier chiffre indique la hauteur et le second la largeur du volume non rogné; que cette indication ne soit accompagnée d'aucune appellation de format de papier.
De la responsabilité de l'éditeur et de t'impHmeur en cas de perte des manuscrits, clichés ou gravures qui leur sont confiés. — Vœu adopté:
1° L'éditeur n'est jamais responsable de la perte de manuscrits, dessins, gravures, plans, etc., qu'il n'a pas commandés ou accepté d'éditer et qu'on a soumis à sonexamen ;
2" Dans tous les autres cas la responsabilité, tant de l'éditeur que de l'imprimeur, est limitée aa droit commun.
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De l'emploi du mot « Edition e. — Vœu adopté: Le Congrès, considérant qu'il convient de mettre un terme à la confusion née de l'emploi du mot « édition », émet le vœu que dorénavant le mot «édition » ne soit employé que lorsqu'une modiflcation sera apportée au texte on à la disposition de l'ouvrage, et que, dans le cas contraire, lu mot «tirage» lui soit substitué.
Des obligations des éditeurs en ce qui concerne la
fourniture des défets. — Vœu adopté:
Le Congrès conseille aux éditeurs, spécialement en ce
! qui concerne les ouvrages de luxe, de conserver après
chaque tirage un certain nombre d'exemplaires en feuilles,
planches, gravures, etc., qui seront destinées à satisfaire
aux demandes en remplacement des feailles oa planches
I abimées ou omises.
i De la position et de la responsabilité du libraire en matière d'abonnements aux journaux et périodiques. — Vœux adoptés:
j Le Congrès conseille aux éditeurs de journaux et pnbli- ; cations périodiques d'adopter, pour les expéditions par la • poste, nn emballage fort et résistant.
Le Congrès est d'avis que, en matière d'abonnement aux i journaux et publications périodiques, le libraire agissant iwur le compte d'un tiers n'a aucune obligation autre que celle de transmettre le montant de l'abonnement à l'éditeur.
De la garantie du dépôt légal ou des formalités équivalentes. — Vœu adopté:
Le Congrès de Bruxelles, confirmant le vœu du Congrès de Paris sur la réforme du dépôt légal, complète l'article I premier de ce vœu par une disposition additionnelle.
L'article piemier, modifié, est ainsi conçu : 1° Au moment de la publication de tout imprimé, il devra être fait nn dépôt en deux exemplaires, destiné aux collections nationales. Ce dépôt sera fait en trois exemplaires pour les estampes, la musique et pour les reproductions antres que les imprimés proprement dits et publiés séparément. Le dépôt sera accompagné d'une déclaration détaillée et effectuée dans les formes actuellement usitées dans chaque pays. L'n certificat de dépôt sera remis gratuitement au déposant ; les agents de l'administration seront formellement tenus de délivrer des certificats en duplicata aux anteurs et à leurs ayants droit.
De la protection due aux innovations apportées par un éditeur dans ses éditions. — Vœu adopté :
Le Congrès, considérant que l'éditeur doit être protégé, comme tout autre industriel, en ce qui concerne la forme et les conditions d'établissement de ses productions,
Emet le vœu de voir rattacher à la législation relative à la propriété industrielle une disposition ayant pour objet de protéger les innovations de forme et de modèle présentées par une publication.
Le Congrès recommande aux différents cercles d'éditeurs de poursuivre la réalisation de ce vœu dans chaque pays, et ultérieurement d'aviser à ce que cette question soit internationalisée, comme celle de la propriété littéraire et artistique.
De la réglementation des dépôts. — Le payement sans réserve parle dépositaire d'ouvrages reçus en dépôt peut-il, par l'éditeur, être considéré comme une vente en compte ferme ?
Vœu adopté :
l« Congrès décide que, lorsque aocane convention particalière n'est intervenue entre l'éditeur et le libraire quant aux dépôts ou envois d'office, le payement sans réserve d'ouvrages reçus en dépôt on envoyés d'office, doit, par l'éditeur, être considéré comme une vente en compte ferme. De la classification méthodique dans les catalogues de librairie. — Vœu adopté:
Le Congrès reçoit la communication qne Ini transmet l'Office international de Bibliographie, invitant les éditeurs à concourir à l'œuvre du Bépertoire bibliographique universel, en ajoutant à la description des ouvrages, dans les catalogues, les nombres classificateurs de la Biblioifiaphie décimale.
De l'obligation pour les éditeurs de remplacer les [nscicules d'ouvrages en cours de publication, lorsqu'une souscription est décomplétée par suite du décès
d'un souscripteur ou par toute autre cause indépendante de la volonté do détaillant. De la résiliation des sonscriptions dans les cas analogues. — Vœu adopté:
lAi Congrès, en ce qui concerne l'obligation, pour les éditeurs, de remplacer les fascicules d'ouvrages en cours de publication lorsque la souscription est décomplétée par snite du décès d'un souscripteur ou par toute autre causeindépendante de la volonté du détaillant, charge la Commission internationale de soumettre la question à nne Commission spéciale on à un rapporteur spécial et de pré* senter le résultat de cette étude an troisième congrès des éditeurs.
De la suppression de la caution * judicatum solvi »»
— Vœu adopté:
Le Congrès international des éditeurs, se référant aas> desiderata exprimés par les Congrès de propriété littéraire, émet le vœu que l'exercice des droits de propriété reconnus par la Convention de Berne soit facilité par la suppression de la caution « judicatum solvi », exigée des étrangers dans les actions judiciaires exercées en revendication de ces droits.
De la création d'écolesprofessionnelles de la librairie.
— De la nécessité d'établir le « Brevet de librairie », on. examen constatant que les nouveaux libraires possèdent des connaissances suffisantes pour exercer honorablement la profession.
Vœu adopté:
Le Congrès émet le vœu que des écoles ou des conis< spéciaux destinés aux commis de librairie soient institués dans les centres de librairie, à l'initiative et sous les auspices des associations d'édilfiirs.
Obtenir de la législation une loi interdisant l'afflchage au rabais ou l'inscription à des catalogues d'occasion des ouvrages parus depuis moins d'un nombre: d'années à déterminer. — Vœu adopté:
Le Congrès émet le vœu que les syndicats d'éditeurs ou. de libraires, s'inspirant des organisations existantes, et notamment du règlement du « Bœrsenverein der Deutschen Buchhaudier », de Leipzig, élaborent une réglementation professionnelle, en vue d'interdire la publicité et l'affichage au rabais de tous ouvrages de librairie, de toutes publications artistiques ou musicales autres que les ou— vrages d'occasion ou mis en solde.
I^ Congrès recommande en outre aux dits syndicats de rechercher tous les moyens propres à ramener au prix fort la vente au public de toute publication.
De l'envoi sous pli recommandé, à un tarif réduit^ des livres, livraisons d'ouvrages ou de publicationspériodiques. — Vœu adopté :
Le Congrès charge les associations d'éditeurs de faire, chacune auprès de l'Administration postale de leur pays, les démarches nécessaires pour obtenir la faculté d'expédier des imprimés contre remboursement dans le service postal international. Il charge en outre le bureau du Congrès d'entamer les négociations nécessaires en vue d'obtenir l'introduction de cette réforme dans les règlements de l'Union postale universelle.
De la création de bureaux de renseignements internationaux. — Vœu adopté :
Le Congrès, considérant les services qne pourraient rendre les comités de défense contre les mauvais débiteurs, comités chargés de centraliser dans chaque pays les renseignements qu'ils échangeraient entre eux pour en faire profiter les éditeurs adhérents, décide que la question sera portée au programme du prochain Congrès des éditeurs.
— Vœu adopté :
Le Congrès de Bruxelles, confirmant les vœux émis par* le Congrès de Paris concernant les colis postanx et lesimprimés, charge les associations d'éditeurs de faire cha.-.cune auprès de l'administration postale de leur pays les-, démarches nécessaires pour obtenir: 1° l'extension des , colis postaux de 5 kilog. aux pays qui n'admettent que des colis postanx de 3 kilog. ; 2* l'extension du régime des. . colis postaux aux pays qui ne les admettent pas encore; 3* l'extension à 3 kilog. du poids des impeimés circulant dans les pays de l'Union postale universelle.
Vœu adopté:
Le Congrès charge les associations d'éditeurs de. faire.
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chacune auprès de l'administration postale de leur pays les démarches nécessaires pour obtenir, tout en maintenant les tarifs existants sur les envols recommandés, la création sur les mêmes hases d'un tarif réduit pour l'envoi recommandé des imprimés. Il charge en outre le hureau du Congrès d'entamer une action analogue en vue d'ohtenir la même amélioration dans les tarifs de l'Union postale universelle.
Vœu adopté :
Le Congres engage les syndicats d'éditeurs à échanger entre eu.x les statuts, règlements et en général tous les documents parus ou à paraître concernant l'exercice de la profession de libraire et d'éditeur, le fonctionnement des écoles ou cours professionnels et les fondations en faveur du personnel.
On voit par là le nombre de questions intéressantes abordées et discalées dans ces Congrès combattus à leur création par un grand nombre d'éditeurs. Il est regrettable seulement qu'il ne soit pas possible d'établir une sanction aux vœux adoptés dans ces Congrès. Beaucoup de résolutions, en effet, votées à l'unanimité par eux, restent lettre morte et ne sont pas mises en pratique. On vote, on se quitte entièrement d'accord, et rentré chez soi, chacun suit les anciens errements. Espérons que la périodicité de ces Congrès aidera à mettre en pratique les vœux et projets adoptés, et que des confrères remettront à l'ordre du jour des prochains Congrès d'anciens vœux qui n'auraient pas encore reçu de sanction dans la pratique.
LiBHAiiiiE ÉrnAXGÈRE: Librairie allemande. — C'est l'Allemagne qui possède le plus de libraires. Elle en compte plus de 6.000. La librairie est organisée en Allemagne d'une façon merveilleuse, et cette organisation devrait servir do modèle aux autres pays. Leipzig est le grand centre de la librairie allemande. Tout libraire allemand y a son représentant ou. commissionnaire, qui reçoit les commandes adressées par ses clients les libraires-détaillants (Sortimenter) et les trïTnsmet aux éditeurs (Verleger). Ces derniers ne sont pas tous centralisés à Leipzig, mais répandus sur tout le territoire allemand; il y en a même, et non des moindres, établis dans de toutes petites villes, et ce qui serait impossible en France devient très facile en Allemagne par suite de l'organisation de la librairie. Le commissionnaire veille à ce que les commandes soient exécutées, groupe les envois, transmet les lettres, prospectus, etc., et en fait l'expédition à ses clients. C'est aussi lui qui fait les payements pour le compte de ses commettants. Beaucoup d'éditeurs ont du reste un dépôt de leurs livres à Leipzig. Stuttgart et Berlin commencent également à devenir des centres importants de librairie. Beaucoup d'éditeurs étrangers ont également un commissionnaire à Leipzig.
On voit par là l'importance du rôle du commissionnaire en Allemagne. La « iMaison des Libraires » possède un bureau spécial qui distribue les correspondances aux commissionnaires, qui les envoient, à leur tour, à leurs clients.
Le libraire reçoit donc, par l'entremise de son commissionnaire à Leipzig, toutes les nouveautés qui paraissent en Allemagne, et comme les règlements n'ont lieu qu'une fois par an (quatre semaines après Pâques) pour les livres expédiés du î" janvier au 31 décembre de l'année précédente, le libraire a un an pour vendre les volumes reçus. .Dès qu'il est en possession d'une nouveauté, il l'envoie en communication à ceux de ses clients que le livre peut intéresser. Il fait ainsi connaître les livres et en place un grand nombre. Pendant que nos libraires attendent l'ache teur, là-bas c'est le libraire qui va le solliciter chez lui. On vend ainsi beaucoup plus, et l'éditeur a moins de frais de publicité et de prospectus.
La place nous manque pour expliquer le fonctionnemeat du « Bœrsenverein » ou Cercle de la Librairie. Signalons simplement en passant le « Bœrsenblatt », ou Journal de la Librairie, qui paraît tous les jours et annonce toutes les nouveautés, avec encartage de bulletins de com-
mandes tout préparés. Signalons également le «Schulz Adressbuch » donnant les noms, adresse, date de fondation, commissionnaire à Leipzig, etc., de tous les libraires et une quantité d'autres renseignements.
Un curieux spectacle est celui de la foire de la librairie (Ostermesse), où se règlent tous les comptes de l'année précédente. L'association des libraires veille en même temps au maintien du prix de vente, etc.
Les jeunes gens qui se destinent au commerce de la librairie font un stage de trois années dans une librairie, et le certificat qui leur est délivré par leurs chefs leur sert pour ainsi dire de diplôme. C'est ainsi qu'on compte en Allemagne d'excellents commis libraires, qui deviendront à leur tour des chefs de maison très capables.
Il a été publié en Allemagne, pendant l'année 1898 : 23.739 ouvrages, au lieu de 23.861 en 1897, et il y existe 4.702 périodiques.
Les principales associations de libraires et d'éditeurs en Allemagne .sont : le « Bœrsenverein der Deutschen Buchhiendler» à Leipzig, le «Deutsche Verleger VereinwàCarl.sruhe, le «Stuttgarter Verleger Verein» à Stultgart, etc.
Librairie anglaise. — L'organisation de la librairie en Angleterre n'est pas du tout la même que celle de l'Allemagne. La différence provient de ce que les livres y sont considérés comme une denrée quelconque, et l'on se met marchand de livres comme on se mettrait marchand de tout autre produit industriel. Le libraire n'a donc pas là-bas d'apprentissage tout fait comme en Allemagne, et il manque le plus souvent des connaissances nécessaires, qu'il ne pourra acquérir qu'avec le temps et une longue pratique; c'est peut-être pour cette raison qu'il y a tant de commislibraires allemands employés dans les librairies anglaises.
Les libraires détaillants (Booksollers) se divisent en deux branches : le libraire en gros (Discount Bookseller) et le libraire en détail (Stationner). Il y a également de nombreux libraires d'occasion (Second hand dealers) et de très gros et importants éditeurs (Publishers).
La librairie possède deux organes: le « Publisher's Circular», qui paraît toutes les semaines, et le n liookseller», une fois par mois. Ces deux publications, outre les annonces des libraires, contiennent d'intéressants articles sur le commerce de la librairie.
Les prix ne sont pas aussi bien maintenus en Angleterre qu'en Allemagne, et l'on accorde facilement au public des remises qui vont jusqu'à 25%-
Ce qui caractérise encore beaucoup le commerce de la librairie anglaise, c'est qu'il n'existe que très peu d'envois d'olHce ou à condition. Les libraires achètent donc au comptant et par quantités, pour obtenir des remises plus larges, et ils tuent ainsi les petits libraires des petites villes, qui se voient obligés d'ajouter une branche accessoire à leur commerce.
Au contraire de ce qui se passe en .Mlemagne, c'est ici l'éditeur qui fait connaître au public ses volumes par les annonces, prospectus, etc., et qui envoie des placiers chez les libraires pour prendre les commandes.
Il existe également à Londres des libraires-commissionnaires, dont le rôle est le même que chez nous.
Il a été publié en Angleterre, pendant l'année 1898:6.008 ouvrages contre 0.244 publiés en 1897. Il faut y ajouter une quantité de Bévues et .Magazines, très bien exécutés, illustrés de nombreuses et bonnes gravures et pourvus d'un texte abondant. I,a principale association d'éditeurs est la «Publishers Association» de Londres.
Librairie belge. — La Belgique est un excellent débouché pour les livres. Bruxelles, Liège, Louvain.Gand, possèdent d'excellents et nombreux libraires. Bruxelles compte également de grands éditeurs de droit, de sciences, etc. La production a été, pour 1898, de 2.272 ouvrages. La Belgique offre, en outre, un excellent débouché à nos livres.
Comme principale association de libraires nous citerons le « Cercle belge de la librairie ».
Librairie danoise. — Le Danemark a publié 1.092 ou vrages en 1898 contre 1.107 en 1897. On apporte beancoo de soin dans ce pays à la confection des livres. On y fait également d'excellentes reliures.
Librairie espagnole. — A part .Madrid et Barcelone, qui possèdent de bons libraires et qui offrent en outre un
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