LIBRE-ÉCHANGE
. -sez grand débouché aux livres français, les antres villes ;!t> comptent pour ainsi dire pas. Qaant à la fabrication it's livres, aussi bien an point de vue de la composition et dn tirage que du papier, ce pays est encore très en retard sur les autres. 11 n'existe aucune association de libraires, comme dans les autres pays, et la librairie espa- .iiole ne possède pas d'organisation spéciale.
Librairie italienne. — 11 a été publié en lulie, pendant l'année 1898: 9.670 volumes. La production de 1897 avait été de 9.732. Ce pays compte de grands éditeurs, surtout à .Milan, Turin, Rome, Venise et Florence, et de nombreux libraires. C'est également un excellent débouché pour les livres français.
11 y a en Italie environ 5.000 libraires, imprimeurs et ! ditenrs. Sans être encore organisée comme la librairie allemande, «r.\ssociazione tipografica libraria ilaliana» commence cependant à organiser sérieusement la librairie dans ce pays; elle publie également le «Giornale délia Libreria» et la « RibliograSa italiana ».
Librairie hollandaise. —Ce fetH pays possède beaucoup de libraires et d'importants éditeurs. Il y a été publié en 1898 : 2.984 volumes, soit une cenUine de plus qu'en 1897. Les principales associations de libraires sont : le « Vereeniging ter bevai-dering von de belangen des Bokhandels» et le «Nederlandsche Uitgeversbond». Le siège de es deux associations est à .\msterdam.
Librairie russe. — En Russie, il n'existe aucune organisation de la librairie, ni ancun règlement spécial pour les escomptes, conditions de vente, modes de payement. Il y a pea d'éditeurs ; il est vrai que ceux-ci sont tous irès importants. L'Etal fait éditer beaucoup d'ouvrages à ses frais. Les journaux donnent beaucoup de nouveautés, dont il est fait ensuite des tirages à part qui se vendent dans les bureaux de rédaction. Les principales villes de Russie possèdent de très bons libraires, et la Russie offrirait un bien pins grand débouché encore à la librairie française, si la censure n'exerçait pas ses droits d'une façon par trop exagérée. L'Imprimerie impériale russe s'est développée d'une façon inouïe, elle emploie les derniers perfectionnements pour ses tirages en noir on en couleur.
Librairie Scandinave. — La production en livres s'est élevée pour l'année 1898 à 33i volumes pour la Norvège et à t..">55 pour la Suède.
Librairie américaine.— La production des livres dans les Etats-L'nis de l'Amérique du Nord s'élève à 5.000 environ pour 1898. Si on lit moins de livres aux États-Unis qa'ailleurs, cela provient d'abord du grand nombre des ]oarnaux, puis des nombreuses Revues et Magazines, qui comportent un texte très étendu avec abondance de gravures, enfin de la multiplication des bibliothèques publiques, tontes fort bien pourvues et organisées.
C'est l'«.\merican Book Trade .\ssociation » qui tient lieu là-bas de notre Cercle de la Librairie, et son organe est le « Publisher's Weekiy ».
Le système américain se rapproche beaucoup du système anglais. Le libraire ne fait pas d'envoi en communication, i ainsi que le libraire allemand. Il ne reçoit pas les volumes j en dépôt, mais doit les prendre en compte ferme, ce qui ' nécessite de gros capitaux et de vastes magasins. Les ma- 1 gasins de nouveautés y font une vive concurrence aux li- ' braires, surtout pour les livres d'étrennes.
C'est New- York, Washington, Philadelphie, Boston, | Chicago et San-Francisco qui possèdent les plus grandes | maisons d'édition, disposant de capiunx énormes et pu- \ qliant des volumes en quantité. Les .Magazines, également très nombreux, sont en général fort bien faits et trouvent ' plus de lecteurs que les livres.
La publicité se fait moins par les catalogues que par les journaux et les voyageurs, et le public s'adresse, en îîeneral, directement à l'éditeur, sans passer par le libraire.
Les livres sont d'ordinaire fort bien imprimés, tirés sur très beau papier, et les illustrations d'un fort joli aspect. •
Nous recommandons, aa sujet de la librairie étrangère, la lecture du remarquable rapport de M. H. Le Soodier sur l'imprimerie et la librairie à l'exposition '■ de Chicago. >, Schleicher, i
Libraire-cditenr 1
LIBRE-KCH \N«K. (Svn. : -Angl. : Free trade. — Allem. : Frei Handel.) Le libre-échange n'est qu'une des formes de la liberté do travail. Celle-ci n'existe pas là où l'industriel n'a pas le libre choix des matières qu'il emploie. Or, toute politique protectionniste a pour but de le forcer de se servir de certains produits choisis par le législateur, et non de ceux qu'il aurait choisis lui-même. L'État assume ainsi la direction de l'industrie, au lieu de la laisser à l'initiative de chacun de ceux qui la pratiquent sons sa responsabilité effective, puisque, s'il fait de mauvaises affaires, il se ruine et peut tomber en faillite. C'est la négation de ce principe si bien formulé par M. de Molinari : L'État a pour devoir de maintenir le milieu libre.
La notion du libre-échange est venue de la notion de la liberté individuelle, du droit que chacun a d'user de ses facultés et de ses forces selon sa volonté, de la notion de la propriété de l'homme sur lui-même, dégagée, au point de vue religieux, par les protestants, puis par les philosophes du XVII' et du XVIII' siècles, comme Locke et Montesquieu. Gournay, par réaction contre les règlements de Colbert, prononça la formule : « Laissez faire, laissez passer»; Quesnay établit la théorie des avantages de « la plus grande concurrence possible » et donna cette formule, si ignorée encore aujourd'hui : o Les commerçants des autres pays sont nos propres commerçants» (1750-1767). Adam Smith établit aussi le libre-échange sur la notion de la liberté naturelle et déclara les restrictions injustes et impolitiques. Bastiat le fonda sur le droit naturel des philosophes du XVIII' siècle et assimila la protection à une spoliation. Elle a pour but, en effet, de faire payer à une catégorie de propriétaires ou d'industriels un impôt. Cet impôt, au lieu d'être employé à des services d'intérêt public, est ainsi destiné à des particuliers. C'est la forme moderne de l'impôt féodal. C'est la négation de ce principe : Le contribuable ne doit l'impôt qu'à l'Etat.
Le libre-échange ne signifie pas suppression des droits de douanes. En Angleterre, la douane a perçu, pour l'année finissant an 31 mars 1899, 2È millions 188.000 liv. st. (b54 millions de fr.), tandis que la douane française n'a perçu en 1898 que 434 millions : mais la douane anglaise frappe seulement des objets que l'Angleterre ne produit pas : tels le tabac, le thé, le café, le cacao, les vins, les spiritueux et les fruits secs contenant de l'alcool. Tous ces droits sont des droits fiscaux. Aucun n'a pour objet de protéger un « produit national » et, outre l'impôt payé à la douane, de faire payer un impôt sur le marché intérieur au profit d'un producteur. Bastiat, en outre, démontrait au point de vue pratique, à l'aide d'hypothèses spirituellement établies, l'absurdité de la politique protectionniste. (V. B.\l.\xce du commerce.) Cobden, en Angleterre, et Wells, aux États-Unis, n'ont pas employé la méthode déductive en partant dn principe de la liberté naturelle de l'homme : ils ont plutôt employé la méthode inductive, en invoquant des faits.
M. Bastable considère que le libre-échange consiste à laisser les efforts individuels conduire une industrie dans les voies où les forces économiques normales la conduiraient. Il définit le libre-échange: la suppression de toute restriction artificielle et de tout encouragement à une industrie partielle. C'est en raison de cette définition que beaucoup de