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Les années 1897 et 1898 donnent les chiffres suivants, en kilog.. à l'import. et à l'export. (C. S.), avec le prix E. V. D. du kilog., en francs :
Importations Exportations
Prix Prix
Quantités E.V. D. Quantités E.V.D. ISD-.... 1.758.600 0,3i 988.740 0,34 ls;^^.... 1.873.061 0,39 558.570 0,39 Les 5/8 de notre import, viennent de Belgique, on mieux d'Allemagne par la Belgique, car il est certain que des 1 .100.000 kilog. et plus portés en 1897 et 1898 au compte de ce petit pays, beaucoup doivent s'ajouter aux 395.400 et 452.000 que les statistiques donnent à r.\llemagne. L'Angleterre figure pour 102.390 et 125.400 kilog., et les Pays-Bas pour 146.200 et 164.800.
De notre export. toUle, 1/iO va en Angleterre (98.684 kilog. en 1897 et 75.174 en 1898), autant à peu près anx États-Unis (95.700 et 49.500 respectivement); l'Algérie a reçu 72.750 kilog. en 1897 et 57.320 en 1898 ; l'Indo-Chine française, 61.300 et 40.500. Il y a entre les deux années, an point de vue de l'export., des variations considérables, indépendamment de laMiminnlion totale de 430.000 kilog., de 1897 à 1898 : la Belgique, qui avait importé 92.200 kilog., est tombée à un chiffre insignifiant; la Russie, de 87.300 à 15.800 ; la Roumanie, de 55.000 à 5.000 ; la Turquie, de 86.000 à 15.000, etc.
Douanes. — Comme le minium et les autres oxydes de plomb, la litharge paye 5 fr. T. G., 2fr. T. M. d'entrée par 100 kilog. bruts.
LiTHOGR.\PUlE (/lï/i OS, pierre ; graphô, j'écris). La lithographie, impression à l'aide d'une pierre spéciale, est fondée sur le principe chimique de la retenue et du rejet de certains corps mis en présence de substances déterminées, et, en particulier, du rejet des matières grasses par une surface humide. La lithographie est une invention moderne ; elle date des dernières années de la fin du siècle dernier. Cette invention est due à Aloys Senefelder, pauvre choriste du théâtre de Munich et auteur dramatique, né à Prague, en 1772. Réduit à copier de la musique pour se créer des ressources, il imagina de multiplier ses copies par des moyens plus espéditifs que ceux qu'il avait employés jusqu'alors. Ses premiers essais datent de 1796. Il s'exerça d'abord à écrire à rebours, au moyen d'une plume d'acier, sur des plaques de cuivre recouvertes de vernis de graveur : il faisait ensuite, creuser à l'eau-forte les parties où le vernis avait été enlevé et se servait de ces planches pour imprimer. Un peu plus tard, il remplaça les planches de cuivre, qui étaient trop coûteuses, et auxquelles il ne pouvait donner un poli convenable, par des pierres calcaires d'un grain très fin, qu'on trouve abondamment près de Munich. En 1798, il composa l'encre chimique; les diverses applications qu'il en fit dans ses expériences l'amenèrent, peu à peu, à découvrir tous les procédés de la lithographie, tels qu'on les pratique encore aujourd'hui ; il ne lui restait qu'à faciliter le tirage de ses épreuves par des moyens mécaniques; le rouleau et la presse à levier furent alors inventés. La lithographie existait. L'invention de Senefelder subit des fortunes di-
verses avant l'essor magnifique qui en a fait une des plus belles découvertes du XIX* siècle, car ce n'est réellement qu'après 1815 qu'elle a pris son rang dans les arts graphiques. A cette époque, le comte de Lasteyrie entreprenait nn voyage à .Munich et étudiait avec passion, chez Senefelder, tous les procédés concernant la lithographie. Lorsqu'il revint à Paris, il fit construire des presses, acheta des pierres et engagea quelques ouvriers allemands. Son imprimerie fut tout à fait installée en 1816. M. Engelmann, qui avait déjà une imprimerie à Mulhouse, était établi depuis quelques mois à Paris. Alors cet art, jusque-là à l'état embryonnaire, donna ses premières productions intéressantes. D'autres maisons se montèrent, le public s'engoua; Engelmann, Vilain, Matte, Noël, Lenglumé, etc., luttèrent à l'envi à qui dépasserait l'autre. Peu à peu on perfectionna le grain des pierres; les crayons et les encres, qui n'avaient été jusque-là que médiocres, s'améliorèrent; la préparation des dessins, qui laissait beaucoup à désirer et qui bien souvent compromettait, par sa trop grande force ou sa trop grande faiblesse, le travail long et soigné des artistes, devint régulière; les résultats furent vraiment surprenants de 1820 à 1825 : Eugène Delacroix, Charlet, Decamps, Grèvedon et autres arrivaient à un haut degré de perfection.
De 1830 à 18^io, la lithographie artistique en noir fut vraiment à son apogée. Le crayon lithographique était devenu le lion du jour, grâce à la souplesse avec laquelle il se prêtait à tous les caprices d'artistes tels que Gavarni, Daumier, Charlet, Raffet, de Lemud, Rousseau, Flandrin, etc. Puis arrivent Mouilleron, Célestin Nanteuil, Leroux, Baron, Français, Th. Rousseau, qui produisent des œuvres inimitables et immortelles.
C'est à ce moment que la dagnerréotypie apparaît, et, quelques années après, la photographie, qui devait porter un coup terrible à tous les procédés de reproduction : gravure au burin, gravure sur bois, gravure sur cuivre, et surtout à la lithographie comme la faisaient les Gavarni et les Charlet.
Depuis, la lithographie s'est considérablement transformée; elle a suivi pas à pas les progrès accomplis en typographie ; son outillage et ses matières premières se sont modifiés et considérablement augmentés. Mais en ce qui est des œuvres d'art à la plume ou au crayon, la lithographie ne fera jamais mieux qu'entre 4830 et 1845, parce que, dans ces œuvres, il n'y a que le cerveau et la main de l'artiste, à l'exclusion de tout système ou procédé mécanique.
Comme beaucoup d'inventeurs, Senefelder, tandis que son invention prospérait en Europe, était dans l'indigence. Il serait mort de misère si le Gouvernement bavarois ne l'avait nommé directeur de l'atelier lithographique qu'il avait joint au service du cadastre : cette position était un prétexte à la pension annuelle de 1.500 fr. qui lui fut payée jusqu'à son décès, en 1834.
La lithographie se divise en plusieurs branches : l'écriture lithographique, le dessin lithographique à la plume, au crayon, au pointillé; la chromolithographie; la photolithographie; la gravure sur pierre et sur cuivre, l'autographie, l'impression à la presse à bras et à la presse mécanique ; l'estampage, et, comme pour tous les autres procédés de reproduction, le façonnage après tirage terminé. Ces différentes branches comprennent elles-mêmes plusieurs catégories.
LITHOGRAPHIE
LITHOGRAPHIE
Les artistes et ouvriers lithographes se divisent ainsi : croquiste, celui qui fait sur papier des croquis de compositions qui seront ensuite exécutés sur pierre ou sur zinc (le zinc étant aujourd'hui beaucoup employé au lieu de la pierre) ; dessinateur, qui reproduit le dessin directement sur pierre, d'après la conception originale ou modèle; le chromiste, qui décompose sur plusieurs pierres les différents tons nécessités pour les reproductions en couleurs d'une peinture, aquarelle ou autre dessin colorié; l'écrivain, qui fait à la plume les compositions sur pierre; le graveur, qui fait ses compositions burinées à la pointe; l'autographe, qui trace sur papier spécial des textes ou dessins qui sont ensuite décalqués sur pierre. Il y a plusieurs classes d'imprimeurs : l'imprimeur de crayon, le chromiste, le teintier, l'imprimeur de gravure et enfin l'imprimeur commercial; parmi ceux-ci, on distingue : l'essayeur, qui fait les épreuves d'essai des travaux artistiques ; le reporteur, qui prélève sur les pierres mères des épreuves sur papier encollé pour les décalquer sur les pierres destinées aux tirages (On peut reporter sur une grande pierre plusieurs fois la même composition, ce qui évite du tirage. Ainsi, d'une pierre mère, on lèvera cent épreuves à report d'une étiquette ; ces cent épreuves seront décalquées sur la grande pierre, et par ce moyen on imprimera cent étiquettes d'un coup de presse. On reporte aussi sur pierre des épreuves de compositions typographiques) ; le tireur, qui fait les tirages à la presse à bras ; le conducteur, qui fait les tirages aux presses mécaniques, avec l'aide du margeur et du receveur, qui sont sous ses ordres. Le graineur est l'ouvrier chargé d'effacer les compositions sur les pierres, de dresser celles-ci et de les préparer pour les différents genres de travaux auxquels elles doivent servir.
L'outillage actuel de la lithographie comporte de nombreux éléments, dont les deux principaux sont les pierres et les presses.
Le prix des presses à bras varie de 500 fr. pour le format coquille (Om. 61X0 m. 51) jusqu'à 1.500 fr. pour le format grand-monde (1 m. 26 X 0 m. 95). Les presses mécaniques sont de prix très variés, selon leur format et leur construction : une machine raisin, avec ses jeux de rouleaux, vaut de 5.000 à 8.000 fr. ; les prix augmentent proportionnellement aux formats, et vont jusqu'à 50.000 fr. et davantage même pour les grandes machines où s'impriment sur une seule feuille les immenses affiches qui tapissent aujourd'hui les murs.
La presse mécanique lithographique est venue bien après la machine typographique, par suite de la ditficulté que présentait le mouillage automatique de la pierre. Sitôt le principe découvert, les progrès ont été aussi rapides qu'en typographie. Il y a des machines lithographiques spéciales, à deux cylindres, pour l'impression sur tôle et sur fer-blanc ; l'un des cylindres est revêtu de caoutchouc qui reçoit l'impression de la pierre et la reporte toute fraîche sur la feuille de métal qui passe entre les deux cylindres. Ces machines à tôle ont comme complément les machines à vernir, à bronzer, etc., les machines à estamper, à découper, à arrondir les coins, etc.
Après ces diverses machines destinées à faire les tirages, viennent, pour les compositions, la ma-' chine à agrandir, réduire ou déformer les dessins, dont le principe est de tendre ou détendre un caoutchouc sur lequel on a tiré épreuve du dessin à diminuer ou agrandir; les machines à graver, avec
pantographe, ou autres, pour les lettres, dessins guillochages, etc. Les prix de ces différentes machines varient selon les besoins : les plus simples valent de 400 à 600 fr. ; les plus compliquées de 5.000 à 8.000 fr.
Le petit outillage des artistes lithographes comprend toutes les variétés de compas et de tirelignes, ciseaux d'écrivains, grattoirs, pointes, burins, plumes, roulettes, diamants, pinces, loupes, niveaux, règles, équerres, etc.
Les pierres lithographiques, qui jouent un si grand rôle dans cette industrie artistique, sont de différentes natures. Pendant longtemps, on employait exclusivement la pierre de Munich ; depuis, on a trouvé des gisements de pierres lithographiques dans l'Ain, dans le bas Dauphiné, dans le Gard, l'Yonne, en Algérie, en Italie; plusieurs donnent des pierres de très bonne qualité, mais pourtant inférieures aux pierres de Munich, toujours choisies pour les beaux travaux, quoique plus chères que les autres. Pour donner une idée du prix des pierres, nous allons considérer un tout petit format et un très grand :
Dimension 13 X 16 cm. : Munich grises : choix supérieur 1 f r. 60, 1" choix 1 f r. 35, 2* choix 1 fr. 10 ; Munich jaune : 1" choix Ifr. 10, 2' choix 0 fr.85; françaises : surchoix 1 fr. 10, 1" choix 1 f r.
Dimension 81 X 108 cm. : Munich grises : choix supérieur 240 fr., 1" choix 225 fr., 2* choix 180 fr. ; Munich jaunes : !•' choix 150fr. 85, 2° choix 125fr. 70; françaises : surchoix 180 fr., 1" choix 150 fr.
Le prix par centimètre superficiel des pierres augmente avec leur grandeur. Ainsi la pierre de 13X16 coûtera 8 millimes le centimètre carré, taudis que celle de 81X108 reviendra à 27 millimes. Cette différence résulte de la difficulté d'extraire des pierres de grand format en parfait état. Plus les pierres sont grandes, plus les risques de brisure augmentent, et c'est de morceaux de grandes pierres cassées que souvent sont faites les petites pierres.
On se sert aussi beaucoup du zinc pour les impressions courantes. Le zinc est beaucoup moins cher que les pierres et tient beaucoup moins de place, lorsqu'il s'agit de conserver les compositions. Les feuilles de zinc se fixent sur un bloc de fonte ayant la forme et les dimensions d'une pierre lithographique. Le prix du zinc graine, coupé à tous formats, vaut 8 fr. 50 le mètre carré; les blocs de fonte : eu 34XoO cm., 110 fr. ; 49X66, 175 fr. ; en 64 X 94, 275 fr., et ainsi progressivement, selon la grandeur.
On commence aussi à se servir de feuilles d'aluminium, métal plus léger que le zinc et ayant beaucoup d'affinité pour certains travaux ; mais la pratique n'en a pas encore démontré la supériorité. L'aluminium est beaucoup plus cher que le zinc.
Les encres noires et de couleur, de mémo que les ors et les argents employés pour l'impression, valent (voy. Encres) :
Noir de dessin, suivant qualité, de 12 à 20 fr. le kilog. ; les autres noirs (écriture, gravure, machine), de 4 fr. 50 à 14 fr. le kilog. ; l'encre à report vaut de 15 à 30 fr.
Les bronzes en poudre, nuances or pâle, or riche, citron, orange, vert anglais, vont de 6 à 20 fr. le kilog. ; les nuances argent et antres, de 7 à 22 fr.
Les prix des encres et couleurs varient beaucoup, suivant la nature de leurs colorants. Ainsi, dans les encres bleues, il y a le bleu d'Orient affiches, qui vaut 4 fr. le kilog., et le cobalt véritable, 100 fr. ; dans les rouges, le carmin extrafin 90 fr. le kilog., et le rouge de Paris 4 fr.; le jaune indien vaut 140 fr. et la mine orange 4 fr., etc. La moyenne des prix des encres de coulears courantes est de 6 à 20 fr.
LITHOGRAPHIE
LITHOGRAPHIE
Cette différence des prix des encres inflne beanconp sur les prix des impressions en couleurs, snrtoat des impressions très couvertes. Les encres doivent être choisies selon la nature du travail, car certaines couleurs également belles sont d'une solidité toute différente; tandis que tel rouge est inaltérable, tel autre est un déjeuner de soleil; et de même pour d'autres nuances.
Voici maintenant quels sont, en moyenne, les prix des tirages lithographiques :
En noir : la rame raisin (report compris), 12fr.; 5 rames, 8 fr. la rame ; 10 rames, 7 fr. ; 20 rames, 6 fr. — Rame jésns, 14 fr. ; 5 rames, 10 fr. la rame ; 10 rames, 9 fr. ; 20 rames, 8 fr. — Rame grand-colombier, 20 f r. ; 5 rames, 18 fr. ; 10 rames, 16 fr. ; 20 rames, 12 fr.
En 2 couleurs et plus (le prix s'entend par rame et par couleur] : rame raisin (report compris), 14 fr. (à 6 couleurs, par exemple, cela ferait 6 X 14 = 84 fr.); 5 rames, 12 fr. : 10 rames, 10 fr. ; 20 rames, 8 f r. — Rame jésns, 10 fr. : 5 rames, 14 fr. ; 10 rames, 12 fr. ; 20 rames, 10 fr. — Rame grand-colombier, 20 fr.; 5 rames, 18 fr. ; 10 rames, 16 fr. : 20 rames, 12 fr.
Évidemment, les prix ci-dessus ne comprennent pas la fourniture du papier, qui, suivant qualité, raat de 40 fr. à 300 fr. les 100 kilog.
Voici approximativement, et de façon générale, le prix d'une composition sur pierre, dessin, chromo, crayon, etc., format coquille :
Composition mise snr pierre, il à 12coalenrs, 3 à 4 personnages, travail très soigné, tont au pointillé (fac-similé) : 1.200 fr. — Le même travail, avec permission d'y incorporer crayon et brosse : 800 fr. — Le même travail, traité à la façon d'un tableau d'écrivain, 5 à 6 couleurs (pas de recherche de coloration fine), crayon, brosse, recherche de l'effet seulement : 400 fr.
Pour une entête de lettre on (actnre, mémorandum, gravure à l'eau forte, 50 fr., croquis compris.
En général, le prix des compositions lithographiques subit des variations ti-ès prononcées, selon la nature du travail, l'artiste qui exécute. Telle tête de lettre faite par un tel vaudra 60 fr. ; la même tête faite par un autre vaudra 20 fr. Certains modèles sont chargés, d'autres simples. On peut établir une base pour les tirages, non pour les compositions.
Les affiches illustrées, format 94X130 cm., dessin original, reproduction sur pierre on zinc, tirage, se font dans la moyenne de prix suivante :
Dessin original, de 50 à 200 fr. (plus s'il s'agit des Chéret, Villette, Forain et autres) : mise sur pierre en quatre couleurs, 200 à 300 fr. ; tirage : pour une rame, sans essais, affiche ne comportant pas de grands aplats, 22 fr. par couleur ; pour 5 rames, 18 fr.; pour 10 rames, 16 fr.; pour 20 rames, 14 fr. Donc, pour 20 rames à 4 couleurs, le tirage arriverait à 1.120 fr.
L'estampage à froid vaut de 6 à 8 fr. le 1000 de coups, plaques fournies (les plaqnes sont de prix très variable, de 10 à 500 fr. et plus). Dorure à chaud, fourniture du papier, emploi de cuivre rabattu n* 3, format in-4*, 70 fr. le mille: ces mêmes travaux avec noir et une autre couleur, 80 à 85 fr. le mille. Pour l'or vrai, vu la cherté du métal, on ne peut fixer de prix sans savoir an juste la surface recouverte et le nombre de feuilles d'or nécessaires.
Les travaux lithographiques comprennent tous les^ genres, depuis la simple carte de visite jusqu'aux grandes affiches illustrées. Généralement, les travaux commerciaux en lithographie reviennent plus cher qu'en typographie, à quelques exceptions près. Certains travaux ne peuvent se faire qu'en lithographie, de même que certains antres exigent la typographie. Comme partout, il y a le très bon marché, le bon marché, le cher et le très cher, suivant la qualité du travail et des fournitures. Les
données ci-dessus sont des indications pour la grande moyenne.
La lithographie, très florissante en France, l'est plus encore en Allemagne', surtout pour la chromolithographie. Pendant longtemps les Allemands ont inondé notre marché de leurs chromos : les derniers tarifs douaniers, en majorant considérablement les droits d'entrée, ont arrêté cette invasion ; mais les exportations françaises s'en sont ressenties, car des tarifs équivalents ont été établis par les autres pays*.
Dans la corporation lithographique, les patrons et les ouvriers ont leurs groupements respectifs. Les patrons parisiens ont la Chambre des imprimeurs lithographes de Paris, et quelques grandes villes de France ont également leur Union. A Paris, le siège de la Chambre est au Cercle de la Librairie. Le conseil d'administration se réunit le deuxième mercredi de chaque mois. Tous les membres de la Chambre ont droit d'assister aux réunions où se discutent les intérêts corporatifs.il en est de même à l'étranger, les patrons français entretenant d'amicales relations avec leurs confrères d'autres pays.
Les ouvriers lithographes, à Paris, forment plusieurs syndicats : celai des reporteurs ; la Société de résistance des imprimeurs ; l'Union lithc^raphiqne ; le Syndicat des écrivains, dessinateurs et graveurs ; le Syndicat desgralneurs. Ces différents syndicats sont reliés entre eux par la Fédération lithographique, dont le siège social est à la Bourse du travail. En province, quelques grandes villes ont des syndicats de lithographes qui font partie de la Fédération lithographique ; dans d'antres les lithographes, trop peu nombreux pour former une section, s'adjoignent aux typographes et font partie de la Fédération du livre. Entre la Fédération typographique et la Fédération lithographique, ily a réciprocité pour la délivrance du viaticum. La caisse du sou de grève, adjointe à la Fédération, est alimentée par une cotisation de Ofr. 05 par semaine et par membre fédéré. On compte à Paris environ 2.500 lithographes, dont près de 1.000 syndiqués. Le nombre des lithographes de province ne peut être fixé, vu l'isolement de beaucoup d'entre eux ; mais ils sont bien moins nombreux que les typographes, le quart environ.
La Fédération lithographique française est en rapport avec les Fédérations lithographiques étrangères, par le secrétariat international fonctionnant à Manchester. La cotisation fédérative est de 0 fr. 25 par mois. Cette cotisation est versée par les différents groupes syndiqués aa prorata de leurs membres, et les sommes nécessaires pour ces versements sont prises sur le produit des cotisations syndicales : 1 fr par semaine pour la Résistance, un peu moins pour les autres groupes.
D'une façon générale, les imprimeurs, reporteurs, conducteurs, essayeurs, travaillent à la journée, an salaire
1. En Allemagne, la vente des cartes postales avec rnes. et le développement des affiches illiistrées ont donné un certain essor à l'industrie lithographique, qui comprend à Nuremberg (1899) 20 fabriques occupant environ 3.000 ouvriers.
2. Le procédé suivant, d'origine allemande, permet la reproduction des vieilles lithographies :
La lithographie à reproduire est plongée dans un bain comprenant 3 à 5 parties d'acide sulfiuique, 2 à 5 parties d'alcool et 100 parties d'eau. La proportion d'acide sulfuriqne dépend de l'ancienneté de l'image, de l'épaisseur du papier, etc. L'image, ayant séjotimé de 5 à 13 minutes dans le bain, est étendue, face en bas, sur une plaque de verre ou d'ébonite et soumise pendant quelques instants à l'action d'un courant d'eau s'échappant d'un robinet modérément ouvert. Si le papier est très épais, on retourne la feuille et on applique le même traitement à la face qui porte l'image. L'épreuve lithographique est ensuite essorée aussi complètement que possible entre deux épaisseurs de buvard : puis, étant encore humide, elle est de nouveau posée sur verre, face en haut cette fois, et recouverte d'une couche bien égale d'une faible solution gommeose appliquée à l'aide d'une éponge douce. L'épreuve est alors prête à recevoir l'encre lithographique diluée, comme d'habitude, avec de l'essence de térébenthine. On applique snr l'épreuve une feuille de papier blanc et on passe le rouleau sec. On aura ainsi une épreuve renversée qui, transférée sur une plaque de linc ou une pierre lithographique, servira à des tirages de sens direct semblables à l'original.
LIVERPOOL
LIVERPOOL
minimum de 8 fr. Certains non-syndiqnés travaillent à G et 7 fr., et des jeunes gens à moins que cela, mais ils sont en très petit nombre. L'ensemble de la corporation maintient le minimum de 8 fr. : beaucoup d'emplois sont à lOfr., quelques-uns à 11, 12, 13 fr., très rarement au delà.
Les écrivains, dessinateurs et graveurs travaillent plutôt aux pièces; ceu-x à la journée, sauf certains artistes, très bien payés, gagnent à peu près le prix des imprimeurs, plutôt moins. Aux pièces, selon les travaux, ils se font des journées allant de 6 à 25 fr., avec une moyenne de 7 à 10 fr.
Les prix de province sont à peu près ceux de Paris, avec diminution de 5 à 15 7. dans les grandes villes, 10 à 20 dans la plupart des autres.
En général, à l'étranger, sauf l'Angleterre et les États- Unis, les prix de main-d'œuvre sont inférieurs à ceux de France; mais, somme toute, dans les différents pays, la lithographie est une des professions graphiques privilégiées sous le rapport du gain.
On compte à Paris environ 350 lithographies grandes et petites ; le nombre de celles de province est supérieur, mais ne peut être précisé, la plupart des imprimeries faisant à la fois la typographie et la lithographie.
Paris possède enfln une vingtaine d'imprimeries photocoUographiques et une centaine d'imprimeries en tailledouce; ces deux branches tiennent de si près à la lithographie, qu'on peut les y assimiler.