‹ Dictionnaire du commerce, de l'industrie et de la banqueChapitre 444 sur 1134 · V. Breton · texte numérisé non relu

V. Breton

Professeur technicien à l'École Estienne.

LITHOXYLE. V. Celluloïd.

LIVERPOOL, Dans le comté de Lancastre, Angleterre; 53»24'lat. N., 2° 59' long. 0. de Greenwich; sor la rive droite de la rivière Mersey, à environ 3 milles de la mer. La superficie, dans les limites de la municipalité, est de 15.252 acres. La ville adopta, en 1089, le nom qu'elle porte aujourd'hui. Son accroissement a été très rapide; on le remarque en comparant le tonnage du port entre plusieurs années. En 1540, il était de 177 t. ; en 1618, de 362 t.; en 1709, de 5.187 t.: en 1751, de 19.176 t.; en 1801, il atteignait 459.719 t.; en 1851,3.737.666; en 1881, 7.893.948; en 1897, 11.473.421; en 1898, 11.815.376 t. Son rapide développement a été dû surtout à son heureuse situation géographique. A la fin du règne de Henri VIII, Liverpool faisait venir ses fils de lin principalement de l'Irlande; ils étaient achetés par les manufacturiers de Manchester. Même à la fin du XVP siècle, son commerce avec l'étranger était très faible, en comparaison de celui cju'elle entretenait avec l'Irlande. Sous le règne d'Elisabeth, il était déjà établi qu'elle importait des matières premières destinées à l'intérieur du Lancashire, et qu'elle exportait des objets manufacturés, surtout des lainages. Dans les cent années suivantes, Liverpool grandit avec nne extrême rapidité, par suite, en premier lieu, du développement des ressources manufacturières dn Lancashire et des comtés adjacents (Yorkshire, Cheshire, Stafïordshire), en second lieu des progrès de colonies entreprenantes dans les Indes occidentales et l'Amérique du Nord. Les importations de sucre avaient commencé en 1667, celles de tabac un peu plus tôt. En 1752, la ville possédait 437 navires; 83 d'entre eux étaient affectés au commerce avec l'Afrique, et 124 au commerce des Indes occidentales, américain et étranger. Pendant tout ce temps, Liverpool s'accrut d'une façon continue jusqu'à dépasser Bristol, qui avait été autrefois le plus grand port sur la côte occidentale. En 1764, 74 navires partirent de Liverpool pour l'Afrique et 141 pour l'Amérique, tandis que Bristol

n'envoyait en Afrique que 32 navires et en Amérique que 105. Dans la même année, les entrées furent, à Liverpool, de 766 navires et les sorties de 832, à Bristol de 332 et 343. En 1767, Liverpool prit part à la traite des Noirs, commerce rémunérateur; en 1770, le coton fut importé des Antilles et de l'Amérique. Un fait montre avec quelle rapidité le commerce du coton prit de l'extension: en 1781 Liverpool en exportait pour 355.000 liv. st., en 1801 pour 7.051.000 liv, st. En 1784, les droits de douane perçus à l'entrée de Liverpool s'élevaient à 648.684 liv. st., ceux de Bristol à 334.909 liv. st. Trois circonstances ont contribué, àla finduXVIIPsiècle, au développement de Liverpool : 1" la construction du canal Bridgewater, qui l'a mise en communication plus étroite avec les actifs districts manufacturiers du Lancashire méridional; 2" les nombreuses inventions se rapportant à la filature du coton; 3» l'extension de l'extraction houillère du Lancashire; elle amena une révolution si complète dans le commerce des textiles, qu'elle conduisit à une demande énorme de coton brut; ces marchandises entrèrent naturellement par Liverpool. Ce fut en 1814 que partit de Liverpool le premier navire à destination des Indes orientales. Dans la dernière moitié du présent siècle, Liverpool est devenue sans conteste le second port du Royaume-Uni pour les importations et le premier pour les exportations. Les chiffres de 1850 le démontrent: les exportations de Liverpool s'élevaient alors à 34.891.847 liv. st., de Londres à 14.137.527, et deHull à 10.366.610 liv, st.

La ville s'étend actuellement sur environ 6 milles le long de la côte. On comptait, en 1801, 77.700 hab. ; en 1821, 118.000; en 1841, 286.000; en 1861,437.000; en 1871, 493.000; en 1881, 611,000; en 1891, 617.032. En réalité, l'augmentation de la population est plus grande que celle que nous venons d'indiquer; car, à Liverpool, comme dans la plupart des grandes villes, l'extension de la partie commerçante de la ville contraint des milliers de personnes à vivre dans les districts environnants.

Chemins de fer et Canaux. — Liverpool est bien desservie par les chemins de fer : elle est reliée avec toutes les parties du Royaume-Uni par le London and North-Western, le Great Central, le Great Northern, le Midland, le Lancashire and Yorkshire, et le Great Western''. Le long des docks, au-dessus de la chaussée, circule maintenant un chemin de fer électrique; le chemin de fer de la Mersey passe sous le fleuve pour relier Liverpool à Birkenhead et de là à d'autres villes dans le Cheshire. Plusieurs canaux sont en communication avec Liverpool ou le pays immédiatement adjacent : le canal de Bridgewater, le canal de la Mersey et de l'Irwell, le canal de Weaver, le canal de Leeds et de Liverpool, et le canal de Sankey et Widnes; le Ship

1. Les journaux anglais parlent (mars 1900) d'un projet de chemin de fer électrique entre Liverpool et Manchester, distantes de 52 kil., qui seraient parcourus en 18 à 20 minutes, soit un peu plus de 40 m, à la seconde. Les voitures, en forme de fuseau, seraient 10 à 12 fois plus longues que larges, la voie aurait 3 rails, celui du milieu surélevé et servant de conducteur, les roues des voiture» portant sur les rails extérieurs. A l'intérieur de ces voitures seraient 4 rangées longitudinales de 25 places chacune, 2 rangées accotées au milieu, une autre de chaque côté. Les 52 kil, qui séparent Liverpool de Manchester sont moins une route qu'une longue rue industrielle où la circulation est prodigieuse.

Il serait question d'ct.iblir une ligne du même genre entre Bruxelles et Anvers, à l'occasion de la prochaine Exposition universelle de Belgique (1904).

LIVERPOOL

LIVERPOOL

Canal de Manchester, qui, construit il y a quelques années à très grands frais, relie aujourd'hui Manchester à Liverpool ; il part de la Mersey à Eastham, village situé sur la rive du fleuve dans le Cheshire-

Bourses, Établissements financiers, Marchés, Sociétés, etc. — La vie commerciale de Liverpool se résume surtout dans le grand marché en plein air derrière l'Hôtel de ville, au cœur du quartier du commerce. Il fut pendant longtemps le grand centre d'affaires des commissionnaires en coton et des marchands de coton, qui opéraient le pins souvent en plein air ou sous les arches qui entourent le marché. Il y a peu d'années, une grande salle a été construite pour eux : les achats et les ventes y ont tons lieu actuellement, bien que le marché en plein air ait encore ses fidèles. Près de lui se trouve le grand Stock Exchange, l'une des Bourses les plus importantes de cette espèce, en dehors de celle de Londres : à quelque distance est le marché au blé, où des affaires considérables sont traitées en céréales, surtout les mardis et vendredis. Pour les produits agricoles généraux, les jours de marché sont les mercredis et samedis: pour les chevaux et le bétail, le 25 du mois de juillet et le 11 du mois de novembre.

La ville possède de nombreux établissements finan- ■ciers; il y a environ donze banques dont les capitaux et le crédit sont bien établis: on compte 60 bureaux de banques, sièges sociaux et succursales. La plupart des banques ont aussi des succursales dans les villes situées à l'extrémité du Cheshire, du côté de la Mersey : Birkenhead, New Ferry, Rock Ferry, Seacombe, New lirighton, Wallasey, Liscard, Hoylake et West Kirby: l'un des principaux établissements, la Banque de Liverpool, a de nombreuses succursales dans des régions aussi éloignées de Liverpool que le North Lancashire, le Cumberland et le Westmoreland. Dans ces dernières années, le nombre des bureaux de banque a beaucoup augmenté à Liverpool, tandis que celui des établissements a diminué en raison de la fusion de différentes l)anqnes. Liverpool a une succursale de la Banque d'Angleterre entretenant sous divers rapports les mêmes relations avec les autres banques que la Banque d'.\ngleterre, à Londres, avec les banques anglaises dans leur ensemble. Pendant un grand nombre d'années jusqu'à maintenant, les banques de Liverpool ont eu un système de compensations admirablement organisé. Le montant des opérations qui passent par le Clearing-House s'élève en moyenne à 12.000.000 de liv. st. par mois.

Liverpool est aussi bien pourvue de Compagnies d'assurances que de banques. En dehors de plusieurs grandes et très riches Compagnies qui ont leurs sièges sociaux dans la ville, presque toutes les compagnies de quelque importance y ont un bureau. Les assurances maritimes sont naturellement à Liverpool l'objet d'affaires très importantes.

Plusieurs Sociétés de protection du commerce ont pour mission de rechercher quels sont les ressources et le crédit des maisons de commerce du monde entier.

La principale association commerciale de la ville est la « Incorporated » Chambre de commerce; elle s'occupe de tous les intérêts commerciaux généraux de la cité. Elle a été établie pour « encourager les œuvres en faveur des intérêts commerciaux de ses membres, de la cité et des environs de Liverpool en général; pour représenter et exprimer les sentiments

de la communanté commerciale, et pour régler les questions et les différends résultant du commerce, par l'arbitrage ou autrement, quand ces contestations sont soumises à son approbation u. En outre de la Chambre de commerce, il y a d'autres Sociétés, telles que celles du coton, dn commerce des grains, l'Association générale des courtiers, la Chambre de commerce pour le sel, les sociétés d'armateurs, du commerce des bois, des Indes occidentales, des commissionnaires en laines, des entrepôts, des approvisionnements généraux, d'assureurs, la Ciiambre de commerce africaine, une agence de l'administration du Lloyd tenant le répertoire de la marine britannique et étrangère, une agence du Bureau Veritas (Répertoire international de la marine), l'Association de la marine marchande, d'autres encore. Les intérêts des classes laborieuses sont soutenus par le Conseil de l'Union du Commerce et du Travail.

La ville est bien pourvue d'écoles et collèges; la maison d'éducation centrale est le collège de l'Université (annexe de l'Université Victoria). Là, et dans la plupart des principales écoles, on s'occupe spécialement de l'instruction commerciale et technique.

Lignes de navigation. — Liverpool est en communication constante et régulière avec tous les principaux ports d'Angleterre, du Pays de Galles septentrional et méridional, de la côte occidentale de l'Ecosse, de l'Irlande et de l'île de Man. Ce port est le point de départ de navires pour presque toutes les régions du globe : pour Amsterdam, Anvers, Alexandrie, Gibraltar, Malte, Capetown, TAmérique centrale (via Panama), le Chili, la Chine, Corfou, le Japon, Colombo, Copenhague, Constantinople, Coquimbo, Cronstadt, Cuba, Chypre, Ghent, Hambourg, la Jamaïque, Java, Lima, La Gnayra, Lisbonne, Madère, Madras, Malaga, Maranhao, Marseille, Matanzas, Maurice, Messine, Montevideo, Buenos-Ayres, le Natal, Odessa, Oran, Palerme, Panama, Para, Patras, Pernambuco, le Pérou, Ponce, Port-au-Prince, Porto, Quilea, Rangoon, Rio de Janeiro, Rosario, le Rio de la Plata, Rotterdam, Saint-John (New Brunswick), Saint-John's iTerre- Neuvel, Saint-Pétersbourg, Salaverry, Salonique, Saint-Domingue, San-Francisco, San-Juan, Santander, Santiago de Cuba, Santos, Séville, Smyrne, Stockholm, Surinam, Syra, Tampico, Tanger, Tarragone, le Texas, Trieste, Trinitad, Valence, Valparaiso, Vancouver, Vera Cruz, Vigo, la côte occidentale de l'Amérique du Sud, Zante, etc.. Le Canada, les États-Unis et l'Australie sont en relations très étroites avec Liverpool; des paquebots partent pour le sud et l'ouest de l'Afrique sept ou huit fois par mois.

Industries. — Les principales affaires de Liverpool se rapportent naturellement, d'une manière ou de l'autre, à la navigation, pour l'exportation aussi bien que pour l'importation; le commerce le plus important est celui du coton. En outre, il y a plusieurs grandes et florissantes industries dans la ville, telles que fabriques de ciment, briqueteries, fabriques de produits chimiques et d'engrais, de montres, de couleurs, de caoutchouc, d'huiles, de cordages, etc. ; il existe aussi de vastes ateliers de constructions mécaniques, des brasseries, des distilleries, des fabriques de voitures et des manufactures traitant les déchets de coton. Les transactions sont actives en bois, charbon, fer, acier, plomb, ustensiles d'étain, enivre et antres métaux. Le commerce du bétail est très important; la plus grande partie des bêtes à

LIVERPOOL — 6

cornes d'Irlande et d'Amérique est expédiée et achetée à son arrivée à Liverpool. Les fabriques de poteries et les chantiers de constructions navales furent autrefois très prospères à Liverpool ; les grands chantiers sont aujourd'hui à Birkenhead, de l'autre côté dn fleuve.

Bassins. — Les bassins de Liverpool, les plus beaux et les plus vastes du monde, sont dus à la sagesse, à la prévoyance et à l'énergie de nombreuses générations. Le premier bassin fut construit en 1699; sa superficie était à peine de 4 acres (162 ares). Il y a aujourd'hui près de 80 bassins, ayant un développement de quais de 24 milles. En outre, il existe 7 grands bassins, ayant 2.400 m. de quais. Sur le bord opposé de la Mersey sont les bassins de Birkenhead, placés aussi sous le contrôle du Conseil du Port et des Bassins de la Mersey. (Voy. l'article Birkenhead.) Les bassins de Birkenhead n'ont pas réalisé tout ce qu'on attendait d'eux il y a un demi-siècle; mais dans ces dernières années, ils ont montré une tendance vers une reprise d'activité; le Conseil des Bassins de la Mersey n'a décidé que récemment de leur consacrer des sommes considérables, afin d'augmenter leur utilité. Les docks et bassins de Birkenhead sont au nombre de 20 environ , avec un développement total de quais de 9 milles 1/2. La superficie des docks et bassins de Liverpool est de l.lOo acres, celle des docks et bassin de Birkenhead de 506 acres, soit un ensemble de 1.611 acres sous le contrôle du Conseil du Port et des Bassins de la Mersey. En outre, 18 acres de docks appartiennent au Ship Canal de Manchester et au London and Norlh-Western Railway. Liverpool et Birkenhead possèdent des cales sèches d'une longueur totale à la surface de près de 14.524 pieds. Toutes les mesures des marées se rapportent à l'ancien seuil du bassin de 1709, conservé sur une jauge de marée à l'entrée du bassin Canning. Le tableau suivant indique le niveau des différentes marées dans la Mersey :

Au-dessus du seuil

Hantes eaux extraordinaires 25 pieds 0 pouces

— — (20 janvier 1863) 23 — 9 —

Ligne de la moyenne des hantes eaux des

marées équinoxiales de printemps 21—1 —

Hautes eaux moyennes des marées de printemps comprenant les marées équinoxiales 19 —01/2 Ligne des hautes eaux moyenne des marées ordinaires de printemps, à l'exclusion des

marées équinoxiales 18 — 10 —

Niveau moyen des hautes eaux 15 — 6 —

Ligne la plus haute des hautes eanx des

mortes eaux 14 — 8 —

Ligne moyenne des hautes eaux des mortes

eaux ordinaires 11 — 7 —

Ligne la plus basse des hautes eaux des

mortes eaux 8 — 7 —

Ligne la plus haute des basses eaux des

mortes eaux 4 — 1 —

Ligne moyenne des basses eaux des mortes iu-dessous du seuil

eaux ordinaires 1 — 5 —

Ligne la plus basse des basses eaux des

mortes eaux -3—10 —

Niveau moyen des basses eaux 5 — 6 1/2

Ligne moyenne des basses eaux des marées ordinaires de printemps, à l'exclusion des

marées équinoxiales 8 — 8 —

Ligne moyenne des basses eaux des marées de printemps comprenant les marées

équinoxiales 8 — 10 —

Ligne la plus basse des basses eaux des marées équinoxiales de printemps 10 — 4 —

î — LIVERPOOL

Le canal de Leeds et de Liverpool communique avec lebassin Stanley par quatre écluses et cinq bassins intermédiaires. Le niveau de l'eau dans le canal est de 58 pieds au-dessus du seuil.

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