EPINGLES
EPONGES
Pour terminer, il faut mentionner les quatre épices, vendues en poudre et qui sont en réalité tantôt trois (piment, muscade et gingembre), tantôt quatre (piment, gingembre, cannelle et muscade), tantôt cinq enfin (cannelle, muscade, poivre, piment de la Jamaïque, girofle). Voici une autre formule : piment tabago, la parties ; gingembre, 5; cannelle, 3; laurier, 1 : le tout finement pulvérisé.
Le carrie ou kari est également une épice composée et pulvérisée. Voici sa composition, d'après Dorvault : curcuma, 250 gr.; coriandre, 250; poivre, 130; cannelle, 15; cumin, 125; capsicum (piment des jardins), 75; cardamome, 30; poivre noir, 30 ; gingembre, 30. Le kari, comme les quatre épices, supporte toutes les adultérations habituelles des épices en poudre. D'' J. Laumonier.
BiBLiOGUAPHiE. — Girard et Dupré: Analyse des matières alimentaires et recherches de leurs falsifications (Encyclop. chimique de France, Paris, 1895). — J. Laumonier: Hygiène de la Cuisine (Paris, 1896).
ÉPIXAL. Chef-lieu du département des Vosges, situé sur la Moselle, à 427 kil. de Paris, par 48° 10' 24" lat. N. et 4» 6' 32" long. E. Pop. : 26.525 hab. en 1896. Célèbre imagerie populaire dite d'Épinal. Ateliers de constructions mécaniques et de grosse chaudronnerie, fonderies; nombreux tissages mécaniques d'étoffes de fil et de coton, impressions sur étoffes, lingerie, fabriques de broderies; distilleries, grandes brasseries, filatures, féculeries, fabriques de chapeaux de feutre et de paille. Commerce de grains, chevaux, bestiaux, vins, broderies, toiles. Le trafic annuel du port sur le canal de l'Est est d'environ 70.000 t. Tribunal et Chambre de commerce. Succursale de la Banque de France: 58 millions d'affaires en 1896 (la 33''), 63 en 1897, dont 49 en effets escomptés, 71,4 en 1898 (la 34'^), dont 53,1 en effets. Succursales du Crédit Foncier, du Comptoir d'Escompte, du Crédit Lyonnais et de la Société Générale.
Station du chemin de fer de l'Est sur Paris, Nancy, Lure, Remiremont, Saiut-Dié. Mouvement de la gare:
VOYAGl'.URS MARCHANIIISKS (Toilliage)
Ah départ Al'arriTée Expéditions Rccept. Expéditions Réceptions 1886 230. 29i 224.907 544 751 43.875 97.357
1897 412.900 » 4.443 » 76.155 » Prix du transport, par 1.000 kilog., de Paris à
Épinal: G. V., 120fr.95; P. V., 60fr.95.
ÉPIN'E-viAETTE. Arbrisseau épineux, du genre berberis, très commun en Europe et cultivé comme plante d'ornement; il pousse dans les haies et dans les bois. Ses fruits, qui sont des baies cylindriques de 6 à 8 mm. de longueur, d'un rouge vif à maturité, servent à faire des confitures et sirops rafraîchissants. Le bois et l'écorce de l'épine-vinette sont employés pour la teinture eu jaune.
Le T. G. des Douanes comprend sous la même dénomination : sumac, fustet, épine-vinette, les écorces, feuilles et brindilles entières ou moulues du sumac proprement dit (Rhns coriaria), du fustet {Rhus cotinus) et du redoul ou redon (Coriaria myrtifolia). Ces marchandises sont exemptes de droits à l'entrée en France. G. D.
ÉlMXGLKS. La fabrication de ces objets, dont il est inutile de donner la définition, nécessite des opérations multiples qui ont été considérablement facilitées par les progrès de la mécanique.
C'est ainsi qu'on a pu substituer les épingles en acier, plus résistantes, aux épingles en laiton. Les
têtes des premières sont obtenues par le refoulement du métal, tandis que dans les épingles anciennes la tète était constituée par enroulement du fil à l'extrémité de la tige.
Les opérations successives de la fabrication des épingles ont beaucoup d'analogie avec celles qui ont été indiquées pour les Aiguilles.
Commerce. — Les tableaux du G. G. indiquent les moyennes suivantes pour les import, et les export, des épingles pendant la période 1892 à 1890 inclus :
Import. : 85.246 kgr. Prix E. V. D. du kgr. en 1896 : 3 fr. — Export. : 209.274 kgr. Prix E. V. D. du kgr. en 1896 : 1 fr. 42.
En 1897, les import, ont été de 88.800 kgr. et les export, de 208.100 kgr.
Droits de Douane. — Le Tarif désigne sous le nom d'épingles les objets de cette sorte en acier, fer et cuivre ou laiton. (Les épingles en or ou argent sont tarifées comme ouvrages en or ou en argent et les épingles en aluminium comme ouvrages en aluminium.) Il divise les épingles en deux classes : les épingles en fer ou en laiton, et les épingles en acier avec ou sans tête.
Dans la première classe sont rangées : les épingles ordinaires, les épingles à cheveux à double branche, les épingles à crochet (épingles anglaises ou épingles de sûreté), les épingles relève-jupe (épingles de sûreté munies d'une agrafe) en fer ou en laiton, polies, élamées, vernies ou peintes.
On assimile aux épingles en laiton : les épingles à friser ou à onduler munies d'un ressort d'acier ou de tout autre système, les attaches ou épingles de bureau, les attaches à épingler les notes, factures, etc.
La dénomination d'épingles en acier s'applique aux épingles faites avec ce métal, quelles que soient leurs dimensions et leur destination, avec ou sans tête.
Épingles en laiton et en fer étamées, par 100 kgr. poids net : 70fr. (T.G.), 50 fr. (T. M.). — Épingles en acier avec ou sans tête, par 100 kgr. poids net : 150 fr. (T. G.) et llOfr. (T. -M.). G. D.
ÉPOKGES. (Syn. : Lat. : Spongia. — Angl. : Sponge. — Ail.: Schicainm. — Russe: Cuba. — Esp. : Esponja. — Ital. : Spugna.)
Les éponges forment une classe spéciale dans l'embranchement des zoophytes. Celles qui sont employées dans le commerce ont une origine marine : elles sont constituées d'un tissu léger, caverneux, élastique et résistant, d'une couleur variant du jaune blond au brun fauve. Les filaments pleins et cylindriques, analogues à la soie marine, qui constituent le tissu du squelette de l'éponge sont formés d'hydrogène, d'oxygène, de carbone, d'azote, d'iode, de soufre et de phosphore.
Les éponges ont la forme de champignons sur pied ou une forme arrondie, irrégulière et mamelonnée; elles adJièrent aux excavations et aux anfractuosités des rochers. Leur grosseur varie beaucoup, comme leur forme. Les plus belles se trouvent à une grande profondeur. Des plongeurs exercés vont les détacher au couteau : ce sont les éponges plongées. Celles de moins belle qualité s'arrachent dans les eaux basses à l'aide de harpons : ce sont les éponges harponnées.
Au sortir de l'eau, l'éponge se présente sous la forme d'une boule noire, percée de trous verticaux et munie d'une membrane qui l'enveloppe presque entièrement; ses cavités sont garnies d'une matière visqueuse et gluante dont on se débarrasse par d'énergiques lavages dans des bassins nommés «corals », sorte de petits parcs formés par des piquets en bois rapprochés les uns des autres et plantés sur des fonds de moins d'un mètre de profondeur. La pêche des éponges se fait principalement dans
EPONGES
EPONGES
la mer Rouge, sur le littoral de la Syrie, dans la mer de l'Archipel, sur les côtes de Barbarie et dans la merdes Antilles. La saison commence en avril et finit en aoilt. Les bateaux munis de scaphandres se rendent sur les côtes de la Tunisie' et de la Tripolitaine : les autres, avec des plongeurs, dans les mers de la Grèce et sur les côtes de Crète.
De 1890 h 1897, la valeur moyenne de la production annuelle sur la côte de Tripoli a été de 823.000 fr. Les pêcheries s'étendent tout le long de la côte, depuis Farwah, près de la frontière tunisienne, jusqu'à Misnrata, à l'est, soit sur une longueur d'environ 3i50 kil. Les scaphandriers descendent parfois jusqu'à une profondeur de 5o m. et restent pendant uue demi-heure sous l'eau. Les bateaux restent en mer pendant environ deux mois sans toucher à la côte et sont approvisionnés pendant ce temps par des bateaux-dépôts, qui se chargent en même temps des éponges recueillies par les plongeurs.
Les éponges de Tripoli, d'un brun rougeàtre, sont inférieures, comme qualité, à celles qui sont recueillies dans l'Archipel et dans d'autres parages du Levant. La meilleure qualité, que l'on recueille sur les fonds rocheux, vaut de 20 à 23 fr. l'oke de 1.283 gr.; la deuxième qualité, provenant des endroits où poussent les algues, vaut de 16 à 20 fr. l'oke, et la troisième qualité, composée d'épongés qui ne sont pas recherchées par les pêcheurs, mais parfois amenées à la surface par les chalutiers, se paye de 12 à 13 fr. l'oke.
La majeure partie des éponges recueillies sur la côte de Tripoli sont dirigées, à la fin de la saison de pêche, sur les îles de l'Archipel, oîi elles sont préparées et mélangées avec des éponges de qualité supérieure d'autres provenances, avant d'être expédiées sur les marchés européens. C'est donc là que les acheteurs des maisons européennes, la plupart du temps des experts grecs, se rendent pour faire leurs achats.
Les éponges arrivent dans nos ports emballées dans des sacs, par quantités de 10 à 20 kgr., parfois aussi passées à la presse à fourrage, qui en fait des ballots: pour la consommation elles sont classées suivant leur aspect, leur qualité, leur origine, etc. Voici la nomenclature des principales sortes : -
Eponge fine douce de Syrie. — Légère, blond fauve, en forme de coupe ou de calotte conique ou hémisphérique, à bords amincis ou plus souvent arrondis : tissu fin et velouté, chargé à l'extérieur d'une multitude de petits poils qui paraissent coupés ras et percé d'une quantité considérable de petits trous. Le sommet de l'éponge est percé presque à jour. Éponges d'un prix élevé, employées pour la toilette; "xpédiées en balles de crin de poids divers.
Eponge fine douce de l'Archipel. — Texture moins nue que la précédente, perc^^e de trous plus grands et moins nombreux, racine moins large. Blonde, tissu serré, toute d'une pièce. S'emploie pour la toilette, dans la lithographie, la corroierie, les manufactures de porcelaine. Expédiées en balles de crin de 80 à 100 kilog.
Éponge fine, dite grecque. —A l'état brut, d'une
nleur fauve, en masse irrégnlière, dure, compacte, r-rcée de petits trous. Elle devient plus pâle par la
1. Les éponges, sur la cote sud de Tunisie, donnent une récolte moyenne de 100.000 kpr.. valant un million de fr.; dans le pcrt de Sfai, ce commerce représente un mouvement d'affaires de 3 mil- Kons de fr.
I préparation. Ses contours présentent un grand ! nombre de petits trous ù la partie supérieure, qui i est un peu concave. Les cavités sont larges et vont se perdre à l'intérieur. Cette éponge, moins employée que les précédentes pour la toilette, sert dans l'économie domestique et dans certaines industries. Elle est expédiée en balles de crin de poids variable.
Éponge blonde de Syrie, dite Venise. — .\ l'état brnt, elle forme une masse d'un brun clair, qui devient plus foncé vers la racine. Texture fine, serrée, nerveuse. La préparation arrondit la forme, fait pâlir la couleur, rend le tissu plus léger et plus lâche. Elle est percée de grands trous garnis à leur orifice de poils rudes et piquants. Cette éponge, qui croît sur des fonds rocailleux, à proximité des côtes, est estimée à cause de sa légèreté, de sa forme régulière et de sa solidité. Employée pour la toilette et l'économie domestique. S'expédie en balles de crin de 60 à 123 kilog.
Éponge blonde de l'Archipel. — Cette sorte se confond souvent avec la précédente. Elle est très chargée de sable et de matières étrangères qui augmentent son poids; donne beaucoup de déchet au lavage. Couleur blonde uniforme, texture compacte, toucher doux. Aspect : masse vermiculée percée de trous perpendiculaires, dont quelques-uns s'arrêtent à l'intérieur. Employée aux mêmes usages que la sorte précédente. S'expédie en balles de crin de 100 à 180 kilog.
Éponge de Barbarie, dite géline. — Variété assez rare en France. Forme cylindrique : texture fine, forte, moelleuse; couleur blonde tirant sur le roux à l'endroit de la racine. Percée de plusieurs grands trous, dont un seul, placé au centre, la traverse entièrement; ces trous sont hérissés sur les bords de poils assez durs. Ces éponges, propres aux divere usages domestiques, sont expédiées en chapelets emballés dans de la toile forte.
Éponge brune de Barbarie, dite de Marseille. — Cette éponge se pêche sur les côtes méditerranéennes d'Afrique et s'expédie de Sfax.Dure, lourde, d'un tissu serré, chargée d'une boue noirâtre et gélatineuse quand on la retire de l'eau et de couleur amadou aux endroits où le tissu apparaît. Sous l'action du lavage à l'eau pure, elle preud la forme d'une poire, mais conserve sa lourdeur et sa teinte. Percée d'un grand nombre de trous: solide: convient aux usages domestiques. Ces éponges arrivent à Marseille en balles de chacune 24 chapelets formés chacun d'épongés grandes, moyennes et petites et pesant 3 à 6 kilog.
Eponge deGerby ou Zerby. — Ces éponges proviennent de l'île de Djerba, située dans le golfe de Gabès. Elles sont volumineuses, de forme arrondie, de couleur blonde, sauf à la racine, où la teinte est rougeàtre. Elles sont percées de nombreux trous et hérissées de poils à la surface.
Eponge de Salonigue. — Éponge aplatie, à surface unie, grisâtre, sillonnée de déchirures et percée de petits trous qui ne la traversent pas. Racine à tissu nerveux, de couleur rouge intense; très chargée de sable. C'est une sorte inférieure, qui arrive en chapelets enfermés dans des balles de poids divers.
Eponge de Bahama. — Ces éponges, qui proviennent du détroit de Bahama, des côtes des îles de Bahama ou Lucayes, dans la mer des Antilles, sont d'un blond approchant de celui de l'éponge grecque. A surface lisse, tissu fin, mais cassant.