DÉSIGNATION DES PRODUITS
Bois de teinture.
en bûches
moulus
Cachou
Cochenille
-^ „„„ ) en racine
^^^■'•■^rtni J en poudre
Kxlraits tinctoriaux
Garance
Garuncine (extrait)
Indigo
Kermès animal
Lichens tinctoriaux
humide, en pâte
sèche (cudbeard ou extrait).
Quercitron
Rocou
Safran
Total, kiloL'
Orseillc.
Teintures dérivées du goudron de liouille :
Acide picrique
Alizanne artificielle
Autres
Iniport.
Annéi- 1897
Prix E.V.D.
Iniport.
Export.
ANNiii; 1808
Iniport.
Export.
Import. Export
0,13 0,19 0,55 2,80 0,40 0,45 1 rt 0,50 1,35
noms d'acide morique ou morin et de morin tannique ou maclurine. De nouvelles études donnent à penser que ces corps ne sont pas les seuls existants dans le bois jaune, et que même ils ne constitueraient pas des corps chimiques définis. Quoi qu'il en soit, la maclurine seule est soluble dans l'eau, le morin y est insoluble.
Les bois jaunes se trouvent dans le commerce sous forme d'extrait sec dit extrait de Cuba, ou en extrait liquide à 30° B. Ces extraits sont très riches en tanin et sont fréquemment utilisés pour la teinture en noir.
Au tarif des Douanes il ne figure pas nominativement, mais entre dans la rubrique « Bois de teinture ».
Bois rouge. — On désigne sous ce nom différentes variétés de bois appartenant à la famille des Légumineuses, genre Cœsalpinia. Les plus répandus sont désignés par les noms suivants : bois de Brésil, de Pernambouc, de Sainte-Marthe, de Sapan ou de Japon, de Lima, de Nicaragua. C'est celui de Pernambouc qui est le plus estimé. Ces bois sont durs, pesants, d'un beau rouge brun à l'intérieur; l'aubier est bleu jaunâtre.
La matière colorante des bois rouges a été isolée par Chevreul, qui lui donna le nom de brésiline. Elle existe dans le bois à l'état de glucoside, que l'on décompose par la fermentation à laquelle on soumet le bois avant de s'en servir; elle est incolore : l'air ou les oxydants la transforment en une matière colorante brune, la brésiléine.
Les bois rouges s'emploient en teinture sous forme d'extraits solides ou liquides.
Les teintures obtenues avec le bois seul sont peu solides, mais on ne l'utilise que pour modifier les nuances fournies par d'autres couleurs naturelles, par exemple le campêche, le rocou, le bois jaune.
Pour le commerce et la Douane, observation absolument semblable à celle faite au bois jaune.
Cachou. (Voy. aussi ce mot.) — Le cachou est un extrait préparé avec la partie centrale de certains bois que l'on découpe en menus fragments et fait bouillir avec de l'eau. La liqueur, concentrée à feu nu dans des vases en terre, est coulée sur des feuilles ou sur la terre, séchée à l'air, pais coupée en pains.
Dans le commerce, on distingue le cachou brun luisant et le cachou jaune ou gambier. Le cachou brun, le plus estimé, est en masses compactes de 40 à 45 kilog., recouvertes de feuilles et emballées dans des caisses ou des sacs. Il est brun rougeâtre foncé; sa cassure est brillante; il se dissout presque complètement dans l'eau, qu'il colore en brun.
Le cachou jaune, ou gambier en carreaux, ou encore cachou cubique, est en petits pains cubiques de 0 m. 03 à 0,04 de côté, bruns à l'extérieur, jaune vif à l'intérieur; leur cassure est mate et terne. Il est peu soluble dans l'eau froide, mais se dissout facilement dans l'eau bouillante.
Quelle que soit la provenance des différents cachous, ils présentent sensiblement la même composition et renferment deux principes définis, la catéchine et l'acide cachoutannique, mélangés à des matières brunes résultant de l'altération des corps ci-dessus et des matières extractives.
La catéchine s'extrait du cachou en dissolvant celui-ci dans trois parties d'eau, filtrant, bouillant et laissant reposer pendant plusieurs jours. Elle se dépose mêlée à de l'acide cachoutannique. Pour séparer les deux corps, on redissout dans l'alcool faible et épuise à l'éther. La catéchine est en aiguilles blanches solubles dans l'eau bouillante; à l'air, en présence d'alcalis, on encore par les oxydants, comme le bichromate de potassium, elle se transforme en produit brun.
Cette réaction est la base delà teinture en cachou.
L'acide cachoutannique se retire des eaux mères alcooliques d'où la catéchine a été enlevée par l'éther. Il est en fragments rouge clair, solubles dans l'eau. A l'air, il devient rougeâtre; les alcalis activent cette transformation.
Le cachou étant une des couleurs naturelles encore très employées, la France en consomme près de 5 millions de kilog. Il n'est pas sans intérêt d'indiquer en quelques mots le moyen de s'assurer de pureté et de sa qualité, car les falsifications sont ass nombreuses.
Un bon cachou, légèrement chauffé avec l'halein^ doit se ramollir un peu en le pressant, tout en re tant brillant. S'il se ternit, c'est qu'il est brûU
MATIÈRES COLORANTES
MATIERES COLORANTES
L'addition de matières minérales se reconnaît par incinération : le cachon pur ne doit donner que de 4 à 5 •/. <le cendres; l'amidon et la fécule se recherchent à l'aide de l'iode. Le cachou pur, chauffé àlOO»ctg., doit fondre, devenir transparent et ne perdre par la chaleur que de 4 à 5 •/. de son poids; enfin, épuré à l'éther, il doit lui abandonner 53 •/• de son poids.
Une teinture comparative faite avec un cachou type permettra d'apprécier la richesse tinctoriale du produit suspect et de reconnaître sa nuance.
Teinture en cachou. — Le cachou est très employé dans la teinture sur coton, par suite de son bon marché et de la solidité de ses teintures, dont la brune peut être facilement modifiée.
Pour teindre, il suffit de plonger le coton dans un bain de cachou et de provoquer l'oxydation par un passage au bichromate à 50-60* ctg., puis on lave. La nuance obtenue est très connue sous le nom de brun cachou. On la modifie facilement par addition an bain de teinture d'un peu de bois jaune, de bois ronge ou de quercitron. On peut aussi teindre un coton mordancé à l'alumine ou au fer, mais cette méthode, pour modifier la nuance, est moins simple que la précédente; l'addition au bain de teinture de sels métalliques, comme le sulfate de cuivre, donne des bruns rouges plus intenses que ceux du cachou seul.
Enfin, on arrive encore à d'autres nuances en séparant par un lavage à l'eau froide les deux principes colorants renfermés dans le cachou.
Toutes ces qualités, avec le bon marché du cachou, expliquent son emploi persistant. Dans ces dernières années, on a préconisé l'emploi de certains produits venant dans l'Indo-Chine française et le Tonkin pour remplacer le cachou que l'on tire actuellement de l'tnde. Parmi ces produits, le cayda a donné de bons résultats et des essais de culture sont actuellement en cours.
Caliatour (Bois de). — Bois analogue au santal, qui produit le même principe colorant, la santaline. Campêche. — Le campêche, appelé aussi bois d'Inde, est resté, comme autrefois, le plus important des bois de teinture. Son nom lui vient de la baie de Campêche (Mexique), où il croît en abondance, ainsi que dans les Antilles et le Brésil. C'est an bois dur, compact, plus dense que l'eau, ayant une faible odeur d'iris, et très riche en matière colorante. Coupé récemment, il est d'un jaune rougeàtre devenant à l'air rougeàtre, puis brun. Il est importé sous la forme de bûches plus ou moins volumineuses, crevassées, dépouillées de leur écorce et de leur aubier, et provenant du tronc de ï'Hœmatoxylon campechianum, arbre épineux de la famille des Légumineuses. Sa saveur est sucrée et astringente. Les variétés de campêche sont très nombreuses, elles se désignent d'après leur pays d'origine ; leur valeur est très variable : de 10 à 25 fr. les 100 kilog. de bûches, elle dépend de l'état du bois et de sa richesse en matière colorante.
Cette matière colorante a été isolée en 1810 par Chevreul et étudiée en 1842 par Erdmann, qui lui donna le nom A'hématine et i'hématoxyline. Cette substance existe dans le bois sous forme d'un glucoside se décomposant à l'air ; c'est pourquoi le bois fraîchement abattu se colore. En effet, sous cette action oxydante, l'hématine, principe colorant, mais incolore, du bois de campêche, se transforme en pro-
duits divers colorés, dont l'un des premiers termes, l'hématéine, est ronge. Ainsi dans le bois et dans ses décoctions on rencontre la matière colorante sons trois états : hématéine incolore, hématéine rouge et le glucoside, combinaison d'bématéine et de glucose.
Ceci explique comment on peut augmenter le pouvoir colorant du bois de campêche, en lui faisant subir une fermentation qui décompose le glucoside et met la matière colorante en liberté. Pour cela, on entasse le bois en morceaux de 1 m. à 1 m. 50, fendus très minces, et on l'arrose d'eau.
Extraits de campêche. — Le campêche autrefois s'employait en teinture sous forme de décoction obtenue en faisant bouillir avec de l'eau le bois varlope en copeaux. Depuis longtemps déjà ce mode d'emploi a disparu et a été remplacé par les extraits. On distingue :
L'extrait sec de campêche d'Haïti, qui ne doit pas contenir de matières étrangères; il est utilisé surtout pour la teinture de la laine en gris bleu foncé. L'extrait sec prima, mélangé à des quantités variables de mélasse et d'extrait de matières astringentes, qui sert à obtenir les noirs sur coton et snr laine.
L'extrait en pâte, qui doit être exempt de matières étrangères; on s'en sert pour les nuances mélangées.
Les extraits liquides à 5, 10, 15 et 30» B., qui contiennent de la mélasse et des matières astringentes : ils sont utilisés pour les noirs et les gris. Teinture en campêche. — Le bas prix du campêche et la facilité avec laquelle on peut modifier sa nuance ont maintenu son emploi , et malgré la concurrence du noir d'aniline et des nombreux autres noirs artificiels, les noirs au campêche se font encore beaucoup sur laine, coton, cuir, etc.
Ces noirs s'obtiennent en mordançant le coton avec un sel de fer (pyrolignite), ou mieux un mélange d'un sel de fer et d'un sel d'alumine, et à teindre ensuite dans un bain de campêche. Après ébullition, le coton est d'un noir bleuâtre; on le fonce, et on augmente sa solidité en passant au bain de bichromate (5 gr. par litre) chauffé à 50-60» ctg.
En mélangeant au campêche des extraits de bois jaune, de bois rouge, de cachou, etc., on obtient des nuances modes variant à l'infini.
La teinture de la laine s'effectue également après un mordançage au fer ou au chrome.
Le campêche fournit aussi des bleus avec les sels de cuivre et des violets avec les sels d'étain, mais le peu de solidité de ces couleurs les a fait abandonner.
Consommation du campêche: Prix.— A l'importation, le campêche figure parmi les bois de teinture en bûches, il est donc impossible d'évaluer sa consommation ; mais certainement il forme la plus grande partie de ces bois de teinture. La France en importe beaucoup plus qu'elle n'en consomme; le surplus est exporté après avoir été transformé en extrait.
Le prix du campêche en bûches, nous l'avons dit, est très variable. En janvier 1900, il était coté au Havre de 11 à 25 fr. les 100 kilog., selon provenance. L'extrait sec, suivant qualité, valait de ^ à Ifô fr. les 100 kilog.
Camwood ou Baricood (bois de). — Bois analogue an santal et ayant le même principe colorant, la santaline.
MATIERES COLORANTES
MATIERES COLORANTES
Carthame ou Safranum. (Voy. ce mot.) — C'est un produit qui tend à disparaître du commerce.
Cochenille. — Insecte de l'ordre des Hémiptères {Coccus cacti), dont la femelle renferme une grande proportion d'une belle couleur rouge appelée aussi caniiinigine. Découverte au Mexique au XVP siècle, elle vit sur le cactus nopal, soit à l'état libre dans les forêts, soit à l'état cultivé dans les nopaleries ou plantations artificielles de cactus. C'est avant la ponte que la femelle renferme le maximum de couleur, aussi est-ce à ce moment qu'a lieu la récolte annuelle, en laissant sur chaque arbre quelques cochenilles pour la reproduction.
On tue les cochenilles soit en les précipitant dans l'eau bouillante : elles acquièrent alors une teinte rougeàtre, due à la couleur qui reste fixée à la cochenille ; soit en les desséchant à l'étuve : dans ce cas, l'insecte ne subit aucun changement apparent, et la cochenille, dite jaspée ou argentée, est très estimée. Si l'on emploie des plaques chauffées, la cochenille prend un aspect brun noir dû à la présence de la poudre grisâtre qui recouvre l'insecte : elle est dite alors noire; moins estimée que l'argentée, elle l'est plus que la rouge.
La cochenille ne subit pas d'autre préparation et est employée telle quelle en teinture. Sur laine mordancée à l'étain et à la crème de tartre, on obtient de très beaux ponceaux que l'on produit toujours, quoique en moindre proportion, depuis la découverte des rouges artificiels.
La nuance dépend de la composition du sel d'étain utilisé, de la quantité employée, de la température et de la durée de la teinture. Les ponceaux demandent moins d'étain que les écarlates. Ces rouges se marient avec les bois jaunes, graines de Perse, etc.
La cochenille zaccatille fournit les rouges les plus vifs; la lake-dye, les rouges les plus solides.
Cochenille commerciale. — Elle s'obtient par l'action prolongée de l'ammoniaque sur la cochenille. On la trouve en tablettes ou en pâte moins riche en couleur que les tablettes. Elle teint la laine en violet ou amarante et s'emploie de la même façon.
Curcuma. (Voy. ce mot.) — Cette couleur diminue d'année en année; pour 1898, on a importé 240.000 kilog. environ, contre une moyenne décennale de 500.000 kilog. à 0 fr. 40; cela ne représente pas 100.000 fr. par an.
Épine-Vinette. — C'est un arbuste d'Europe (Berberis vulgaris), dont la racine renferme une matière colorante basique jaune, la berbérine, qui a été autrefois employée en teinture avec d'autres couleurs, mais qui ne l'est plus. (Voy. ce mot.)
Fustet. — Quoique contenant une matière colorante jaune, le bois de fustet ou fustel est principalement employé comme matière tannante. C'est un arbuste de la famille des Térébinthacées, genre Rhus, c'est-à-dire très voisin du sumac, qui appartient à la même famille et au même genre. D'ailleurs, on l'appelle communément sumac à perruque.
Dans les statistiques des Douanes, il est compris sous la rubrique commune « sumac, fustet, épinevinette ». Nous renvoyons donc au mot SumjVC pour le commerce de ce produit.
Garance. (Voy. ce mot.) — La racine de cette plante (Rubia linctorium) contient, comme principale matière colorante, Valizarine, dont la synthèse chimique a porté un coup mortel à la culture de la garance. Cette matière colorante naturelle
aurait même disparu complètement des ateliers de teinture, si en France l'Administration de la guerre n'exigeait que la teinture des draps militaires soit faite avec la garance. On l'utilise aussi pour l'obtention de laques de nuances particulières qui, paraît-il, ne peuvent être données par l'alizarine artificielle. La teinture en garance s'effectue comme la teinture en alizarine. (Voy. ce mot.)
Gaude. (Voy. ce mot.) — Cette plante herbacée (Reseda luleola) pousse en Europe. Elle atteint Im. à 1 m. 50 de hauteur. Elle est employée, concurremment avec le bois jaune et le quercitron, pour obtenir des jaunes solides sur coton et surtout sur laine. Mais son emploi est des plus restreints, si même il n'a pas disparu, les jaunes artificiels pour laine étant très nombreux et très solides.
Les draps militaires couleur jonquille se font à la gaude, mais depuis quelque temps nous croyons savoir que l'on fait usage de la tartrazine, colorant jaune artificiel. (V. Jaunes.)
Graines jaunes. — Ces graines sont produites par diverses variétés de Rhamnus qui croissent en Europe et en Asie-Mineure. Les plus estimées sont celles de Perse, d'où le nom graines de Perse, habituellement employé pour désigner ces produits. Les matières colorantes y existent à l'état de glucosides qui se dédoublent sous l'influence des acides étendus.
La graine de Perse est encore employée dans l'impression des tissus; les nuances qu'elle donne sont très solides. Elle n'a pas de rubrique spéciale au Tableau des Douanes.
Indigo. (Voy. ce mot, et aussi Bleus.)— L'indigo est une matière colorante bleue existant dans un grand nombre de plantes, dont les plus importantes appartiennent à la famille des Légumineuses, genre Indigofera. Les plus riches en couleur sont les seules cultivées en vue de l'extraction de l'indigo. Ce sont : l'indigotier des teinturiers ou des Indes [Indigofera tincloria), le plus riche en indigo, mais de qualité médiocre ; l'indigotier à feuilles argentées, ou d'Egypte, qui fournit le meilleur produit. Il y a encore l'indigo franc, l'indigotier disperma, etc.
Il est inutile d'entrer ici dans le détail de la culture de l'indigo : il suffira d'indiquer que ce sont les Indes qui produisent à elles seules près de la moitié de l'indigo consommé dans le monde entier. La Chine, le Japon, la Malaisie (Java), l'Australie, l'Amérique (Brésil, Mexique, Guatemala, États- Unis), l'Afrique (Sénégal, Soudan, Haute-Egypte) fournissent aussi de l'indigo.
Les plantes du genre Indigofera sont des herbacées à tige ligneuse, peu élevées : VIndigofera tinctoria atteint une hauteur de 1 m. à 1 m. 50, sa grosseur est celle d'un doigt. Semée à la volée, la graine germe au bout de 3 à 5 jours et la plante demande trois mois pour son complet développement.
Elle renferme un glucoside incolore, soluble dans l'eau, appelé indican et susceptible, par l'action des acides étendus ou par la fermentation, de se dédoubler en un corps sucré, Vindiglucine, soluble dans l'eau, et en deux matières colorantes, l'indigotine, principe colorant de l'indigo, et Vindirubine, ou rouge d'indigo, tous deux insolubles dans l'eau.
Le traitement que l'on fait subir aux plantes cod siste donc à les soumettre à une espèce de fermer tation en présence de l'eau, laquelle, décantée
MATIÈRES COLORANTES
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battue à l'air, laisse déposer l'indigo, que l'on fait sécher et que l'on presse en pains plus ou moins volumineux.
Les indigos sont loin d'avoir tous la même valeur : celle-ci dépend de la plante et de la façon dont on la traite pour extraire l'indigo, ainsi que du pays qui la produit. On distingue donc les indigos d'après leur provenance. Les pins connus sont : les Java, pûte grasse, cassure lisse, happant à la langue, belle nuance bleu violet: les Bengale, dont il existe beaucoup de qualités; les Guatemala, ressemblant aux précédents; ces indigos, cotés selon leur provenance, sont classés d'après leur couleur, qui indique la qualité.
Pour apprécier celle-ci, on se base sur l'aspect extérieur de l'indigo. L'indigo bien robe n'a pas de matières étrangères à sa surface, dont la couleur est la même que celle de l'intérieur; si cette surface offre des inégalités de nuance, l'indigo est dit rubané, ou pointillé, si l'inégalité de nuance offre des points. L'indigo sablé est celui qui possède des grains de sable dans sa masse. L'indigo brûlé n'a pas de consistance : pressé dans la main, il tombe en fragments noirâtres. Les indigos légers et poreux à pâte unie et lisse absorbent immédiatement l'humidité déposée avec la langue sur leur cassure fraîche, ils sont dits chauds; les indigos froids, toujours durs et lourds, absorbent moins vite cette humidité.
Quelles qne soient l'habileté et l'habitude des négociants en indigo pour en reconnaître la qualité, il est toujours indispensable, si l'on veut obtenir tin renseignement exact, d'avoir recours an dosage de l'indigotine, principe colorant de l'indigo, et aussi à un essai comparatif de teinture qui monl trera la nuance du produit examiné. j La richesse des indigos en indigotine est très I variable : elle est de (x> à 70 V, dans les Bengale j surfins et descend à 15, à 20 "/', dans les indigos de j qualité inférieure.
! Teinture en indigo. — Ce n'est pas à proprement
j -parler une teinture, puisque l'indigo est insoluble
} dans l'eau. Mais sous l'influence de certains corps,
1 appelés réducteurs, il se transforme en un produit
j incolore, l'indigo blanc, qui est soluble dans l'eau.
I Cest dans cette solution, désignée sons le nom de
I « cuve d'indigo », que l'on trempe les fils et les tissus
i à teindre; ils s'imprègnent d'indigo blanc, on les
; met alors à l'air : sons l'influence de l'oxygène de
j l'air, l'indigo blanc se transforme en indigo bleu
I insoluble, qui reste dans les fibres. Selon l'intensité
I désirée, on effectue plusieurs passages dans la cuve,
I toujours suivis d'une exposition à l'air.
I Bien que la synthèse de l'indigo ait été effectuée
j depuis un quart de siècle, c'est en 1898 seulement
que l'indigo artificiel a fait son apparition sur le
marché.
CoMMEBCE DE l'Ixdigo. — Voir les tableaux cidessus.
Carmin d'indigo.— Le carmin d'indigo est une ombinaison d'indigo et d'acide sulfurique, soluble :i bleu dans l'eau, et qui sert à teindre la laine. Sa consommation a beaucoup diminué depuis l'apparition des colorants bleus artificiels ayant de plus grands avantages.
Kermès. — Le kermès est une sorte de cochenille Coccus ilicis) vivant sur le chêne; la femelle servait, dès la plus haute antiquité, à teindre la laine
en rouge. Depuis la découverte au .Mexique du Coccus cacti, l'emploi du kermès a presque complètement cessé, sa richesse en couleur étant moins grande.
Laque-dye. — Insecte du genre de la cochenille, qu'on mélange à celle-ci pour donner plus de solidité à la teinture. (V. Laques.)
Orseille. (Voy. Lichens.) — C'est une matière colorante rouge bleuâtre extraite de divers lichens croissant sur les roches maritimes {Roccella fuciformis) ou terrestres [Roccella montagni). Ces lichens, traités par l'ammoniaque à une douce température, fournissent un extrait colorant vendu sous le nom d'orseille ou cudbear. D'un emploi général avant la découverte des colorants azoTques rouges, l'orseille a vu diminuer sa consommation dans des proportions considérables, mais on en produit toujours.
Quercitron. — Le Quercus nigra ou tinctoria est un grand chêne de r.\mérique du Nord, dont l'écorce contient un tanin particulier, l'acide quercitannique, et un glucoside, le quercitron. Ceglucoside se dédouble en un sucre soluble, l'isodulcile, et en quercitrine, véritable matière colorante jaune du quercitron.
La quercitrine est moins soluble que le quercitron, mais elle fournit des nuances plus belles et plus pures. Aussi la prépare-t-on pour la teinture en traitant le quercitron par un alcali, en filtrant, en acidifiant par l'acide sulfurique et en faisant bouillir quelques heures. Le produit filtré, lavé et mis en pâte, constitue la flarine du commerce.
Le quercitron a les mêmes usages que le bois jaune et la gaude, les nuances qu'il fournit étant absolument les mêmes.
Rocou. — Le rocouyer {Bixa forellana) est un arbrisseau de 4 à 5 m. de haut, croissant dans l'Amérique Centrale et dans r.\mérique du Sud, et dont les graines, broyées avec de l'eau et mises à fermenter, fournissent la matière colorante appelée rocou. En réalité, on a isolé du rocou deux colorants : l'un, soluble dans l'eau, a reçu le nom i'orelline, il teint en jaune le coton mordancé en alumine; l'autre, la bixine, est la véritable matière colorante du rocou. La bixine est insoluble dans l'eau : pour teindre, on la dissout dans le carbonato de soude, on plonge le coton dans ce bain, et ou fixe la couleur par un passage en acide sulfurique à 1/2" B. La nuance est aurore ; elle est orangée, si on emploie le rocou brut, sans en séparer l'orelline. Le rocou sert peu comme nuance directe, mais il est employé pour donner un pied aux bleus de cuve, et surtout pour modifier la nuance des teintures obtenues avec les bois jaunes, le safrauum et les rouilles à l'oxyde de fer.
Santal.— C'est un bois rouge, dur, lourd, fourni par le tronc du Peterocarpussantalius,graQû arbre qui pousse en Australie, à Madagascar, en Indo- Chine, et*. Le principe colorant de ce bois est la santaline, isolée par Pelletier sous forme de résine, en extrayant la poudre du bois par l'alcool, filtrant et évaporant. Mais cette couleur s'obtiendrait plus pure en carbonisant à froid le bois par l'acide sulfurique concentré, qui dissout la couleur sans l'altérer. On n'aurait plus qu'à précipiter par l'eau et filtrer. Weidel a isolé du santal un autre corps incolore cristallisé : le santal, qui rougirait à l'air en s'oxydant. Le bois de santal fournit en teinture des nuances ronges avec les mordants d'étain et d'alumine, et
MATIERES COLORANTES
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des bruns avec les sels de fer. Ces nuances sur coton sont assez solides. Pour la laine, le santal, employé avec les autres bois de teinture, donne des nuances grenat et des couleurs modes.
B. Matières colorantes organiques artificielles. — Historique. — La première matière colorante artificielle fut retirée du goudron de houille en 1834 par Runge, qui signala ses propriétés tinctoriales. C'était l'acide rosolique. Ce fait passa inaperçu. C'est en 1845 que Guinou, de Lyon, découvrit le pouvoir tinctorial de l'acide picrique, connu depuis longtemps déjà. En 1853, Schlumberger prépara une matière colorante rouge, la murexide, qui trouva une application en teinture. Mais la découverte par Perkins, en 1856, de la maucéine, obtenue par oxydation de l'aniline, fut la véritable origine de l'industrie des matières colorantes artificielles. Cette couleur fut en effet fabriquée en grand, et ses qualités précieuses, solidité, beauté, furent cause de son grand succès. Nathauson et Hofmann, à deux années de distance, avaient signalé la coloration rouge que prend l'aniline chauffée avec du clilorure d'étain, mais ce fut Verguin qui, en 1859, constata que cette coloration était due à une magnifique couleur dont MM. Renard frères, de Lyon, brevetèrent la préparation en l'appelant fuchsine.
Le succès de la fuchsine fut inouï ; on n'était pas encore habitué à une telle beauté et à un tel éclat pour les couleurs, joints à une grande facilité d'application. Une foule de chercheurs se lança dans la nouvelle voie ouverte à la chimie, et les découvertes succédèrent aux découvertes. Violets, bleus, verts, jaunes vinrent bientôt s'ajouter au beau rouge de la fuchsine, et en une dizaine d'années, l'industrie des couleurs d'aniline prospéra dans des proportions étonnantes. Ce début brillant fut assombri par une série de procès retentissants, dont la conséquence funeste fut la création à l'étranger d'usines de matières colorantes par les industriels que la rigoureuse sentence des tribunaux empêcha de travailler en France. Ce fut une des causes de la décadence de cette industrie en France, où elle naquit, et de sa prospérité à l'étranger. Aujourd'hui, elle est devenue pour ainsi dire le monopole de l'Allemagne et de la Suisse, qui fournissent tous les autres pays du monde. En Allemagne surtout, cette industrie a pris des développements inouïs, et les puissantes usines qui s'en occupent ont atteint une prospérité unique dans l'industrie. Elle distribue des dividendes de 30 à 50 Vo, qui ne représentent cependant qu'une partie des bénéfices nets, car les réserves ordinaires et extraordinaires, ainsi que les amortissements, représentent à eux seuls plusieurs fois le dividende.
Cette forte situation financière et les progrès constants réalisés par l'industrie allemande des couleurs artificielles rendent la lutte difficile, sinon impossible, pour les autres pays. Toutefois, un certain nombre de colorants importants ont vu le jour en France dans ces derniers temps : tels sont le noir Vidal et l'indigo artificiel.
Importance de l'industrie des matières colorantes. — Aucun document, comme statistique, ne permet d'évaluer cette importance, qui est considérable et dépasse certainement plus de iOO millions de francs par an, pour la production totale des couleurs exclusivement. Les renseignements de la Douane sont insuffisants et pour ainsi dire nuls, car, de par la loi sur les brevets français, les fabriques
allemandes sont obligées de fabriquer en France, ei leur production échappe à tout contrôle. Mais si cette importance des couleurs artificielles ne peut se chiffrer exactement, des faits économiques frappants en montreront l'influence. Le midi de la France, aux environs d'Avignon, dans le département de Vaucluse, se livrait avec succès et avec bénéfices à la culture de la garance, dont la racine était employée depuis des siècles à produire le rouge turc, teinture d'une grande beauté et d'une grande solidité. La production pour ce seul département était évaluée entre 20.000 et 25.000 T., selon les années. Or, vers 1870, trois chimistes, Perkin, Graebe et Liebermann, un Anglais, un Suisse et un Allemand, réalisèrent la synthèse de l'alizarine, principale matière colorante de la garance, et peu de temps après cette synthèse fut pratiquée en grand dans l'industrie, qui livra le produit en pâte d'une richesse de 20 "/o-J 5 kilog. de cette pâte correspondaient à environ 100 kilog. de garance. Eb moins de dix ans, la culture de la garance disparut complètement du midi de la France, tuée par la concurrence de l'alizarine artificielle.
Aujourd'hui, un cas sinon identique, du moins ayant des analogies, se présente pour l'indigo, dont la synthèse scientifique, réalisée depuis 25 ans, a fini par devenir industrielle, grâce aux efforts opiniâtres des chimistes allemands et français. Qu'adviendra-t-il de la culture de l'indigo? L'avenir seul peut répondre, et il est possible que le sort de l'indigo soit le même que celui de la garance.
A côté de ces deux exemples typiques, il faut joindre les produits colorants exotiques autrefois utilisés en teinture et maintenant complètement disparus et oubliés. Seuls, résistent encore les colO' rants naturels à qui leur bas prix et leur qualité permettent de supporter la concurrence toujours plus active et plus pressante des colorants artificiels.
Indication des principales couleurs. — Le cadre de cet ouvrage ne permet pas de donner la liste des centaines de colorants artificiels qui se trouvent dans le commerce: l'intérêt serait d'ailleurs restreint et cela exigerait trop de place. Nous nous contenterons de grouper ces nombreuses cou- : leurs par nuances, et pour chaque nuance non» i nommerons les colorants les plus employés, en indiquant à quelle fibre textile ils sont plus particulièrement destinés. . j
Bleus. — L'indigo artificiel doit entrer maintenant dans cette catégorie. Si sa consommation est encore restreinte, par suite de sa fabrication limitée, elle ira certainement en se développant. Ses applications et son mode d'emploi sont les mêmes que pour l'indigo natureP.
Pour la teinture du coton, on a recours aux bleus basiques et aux bleus substantifs. Les premiers demandent un mordançage au tanin et à l'émétique, les seconds teignent directenaent le coton sur bain d savpn.
Le bleu méthylène est un des bleus basiques plus intéressants, les bleus oxaziniques : bleu mi
1. La Société chimique des Usines du Rhône, à Lyon (usin Saint-Fons, Rhône), a pris un brevet en France, en 1897, poui fabricatio-n de l'indigo artitieiel et cédé l'exploitation de son bret pour l'Allemagne, à la fabrique de Hœchst. (Voy. Indigo artiI CIEL.) L'inrenteur du procédé est M. Kœtschet, ingénieur chimid directeur des recherches scientifiques de la Société des Usines iv ' Rhône.
MATIÈRES COLORANTES
MATIERES COLORANTES
et
dola, bleu phénylme, bleus indazines, etc analogues, sont bon marché.
Les bleus indoïnes {naphtindone) sont employés pour faire des imitations d'indigo. Les bleus substantifs : bleus diamines, benzoazurines, bleu Chicago, se recommandent par la facilité de leurs teintures.
Le bleu méthyle on bleu marine s'emploie aussi sur coton.
La teinture de la laine exige des couleurs acides. En première ligne, il faut citer les nombreux bleus d'alizarine, dont la solidité et la pénétration sont supérieures à l'indigo. Ce sont des bleus foncés; ils ont remplacé presque complètement les indulines, qui, si elles étaieut solides, prenaient mal et donnaient des nuances piquetées de points blaocs.
Les bleus chromotropes, les bleus alizarinecyanines, les bleus lanacyles sont également de bons bleus foncés.
Les nuances vives sont obtenues avec les bleus eanniiis, cya/jo/ et analogues, qui ont remplacé le carmin d'indigo, plus terne. Le bleu Victoria fournit aussi des nuances très vives.
Un des plus anciens bleus artificiels, encore très employé, est le bleu alcalin ou nicholson. .
Parmi les bleus,nne mention spécialedoit être réservée à l'indigo synthétique. (Voy. Indigo artificiel.) Bruns. (Voy. Bruns (Couleurs.) — Les couleurs brunes s'obtiennent soit par des mélanges de couleurs, soit par l'emploi de colorants seuls. Il ne s'agit ici que de ces derniers. L'un des plus connus est le brun Bismarck, couleur basique azoîque, qui se fixe sur tanin et émétique ; d'autres bruns substantifs s'utilisent aussi pour le coton ; tels sont : le brun Congo, Chicago, diamine, cachoudiamine, Mikado, Zambèze et les diazobruns.
La laine emploie plus particulièrement les bruns d'antbracène sur mordant de chrome, qni donnent des nuances très solides.
Gris. — En général, les gris s'obtiennent en employant une faible quantité décolorants noirs, mais il existe des colorants donnant directement des gris ; tels sont : la nigrisine, les gris directs, qui teignent directement ou sur tanin, les gris diaminè, zambèze, etc., et enfin le cachou de Laval, qui permet d'obtenir toutes les gammes .possibles de brun et de gris : c'est un colorant de la classe des « couleurs soufrées », obtenu par l'action du soufre sur les matières organiques les plus diverses, son, sciure de bois, etc.
Les gris sur laine s'obtiennent avec les colorants précédents, et surtout en employant les couleurs en très faibles quantités. A citer que l'alizarine sur laine mordancée au nickel ou à l'urane se tient en jolies nuances grises.
Jaunes et orangés. (Voy. Jaunes). — Les jaunes artificiels sont excessivement nombreux. L'a«ra/HîHe et la thioflacine et le jaune de quinoléine fournissent de très jolis jaunes sur coton et laine. Les jaunes substantifs pour coton sont très intéressants. En tète viennent la chrysamine, la chrysophénine, le jaune solide diamine, dont les nuances sont jaune franc. Les jaunes pour coton, jaune soleil, jaune Mikado, etc., vont plus vers l'orangé. A citer encore le jaune chlorawine, jaune thiazol, les chlorophénines, la curcumine, etc. Comme orangés substantifs pour coton, il y a les orangés diamines, les orangés Mikado, etc.
Sur laine et sur soie, les orangés azoïques, lèsjaunes d'anthracène, le jaune de carbazol,. lesr jaunes d'alizarine, les jaunes sur chrome, latartrazine, fournissent soit directement, soit sur mordant, d'excellentes teintures allant du jaune franc h l'orangé rouge et brunâtre.
Les couleurs jaunes nitrées, acide picrique, jaunede Martius, jaune de naphlol, sont moins intéressantes.
Comme couleurs jannes azoïques, il faut' encore nommer : la chrysine, Vazoflaiine, le jaune mètanil, la citronine, spéciales à la laine et à la soie. Noirs. — Le noir est la couleur dont l'emploi est le plus considérable. Il est permis de le regretter. .Aussi a-t-on cherché à remplacer le noir au campêche, qui était pour ainsi dire le seul employé, il y » cinquante ans. Le premier noir qui fît concurrence fut le noir d'aniline. Ce n'est pas à proprement parler une couleur, car elle se forme sur la fibre même par oxydation d'un sel d'aniline dont on l'a imprégnée. Le noir d'aniline, qui a des qualités exceptionnellesde beauté et de solidité, est d'un maniement délicat, car sa préparation n'est pas sans altérer la fibre et même il la détruit, si l'on agit sans précaution .. Quoi qu'il en soit, surtout avec les bas prix actuelsde l'aniline, il est appliqué en grand dans la teinture et l'impression du coton. Sur laine, il n'a pas donné de résultats aussi bons que sur le cotbn.
Un concurrent nouveau et très sérieux dû noir d'aniline est le noir Vidal, appartenant à la même classe de colorants sulfurés que le cachou de Laval. Le noir Vidal a pour lui la facilité de teinture et sa solidité. Dès que son prix sera nn peu abaissé et que l'on sera complètement maître de son application,, ce sera le noir pour coton par excellence.
Les autres noirs directs, noir diamine, noir Colombia, noir direct, ont moins d'importance qne les précédents. On fait aussi des noirs par diàzotation sur la fibre : ils ne sont pa* sans présenter quelque intérêt, dans les cas où l'on vent laisser» la fibre toute sa résistance.
Pour la laine il existe nn grand nombre decolorants noirs azoïques très employés. En tête viennent les noirs naphtols et naphty lamines, les noirs diamants, puis les noirs jais, anthracène, azonoirs, noirs au chrome, noir Zambèze, noirs aw chromotrope, etc., qui tous teignent la laine directement.
Les noirs d'alizarine se font sur laine chroBnéeet sont très solides.
Tous les noirs artificiels font une très sérieuseconcurrence au noir campèche, qui lutte seulement par son bas prix.
Rouges.— Les rouges artificiels peuvent, comme les autres colorants d'ailleurs, se classer en ronges» basiques, rouges acides et ronges teignant par mor-=dants métalliques.
A la première classe appartiennent : la- foehsine,. qui fut la grande couleur artificielle découverte, celle dont le succès colossal décida de l'industrie descolorants d'aniline; la rhodanine, magnifique couleur qui a détrôné les éosines, dont cependant la beauté et la nuance fluorescente étaient rares en qualités; la safranine, d'un emploi assez restreint; les pyronines. Toutes ces couleurs teignent le coton mordancé au tanin, la soie et la laine.
Dans les rouges acides, on trouve encore la fuchsine acide, et surtout les ponceauX;,crocéines et
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écartâtes, qui ont remplacé la cochenille dans la teinture de la laine. Les substituts d'orseille, roccelline, bordeaux et amarantes, sont des rouges plus violacés qui ont pris la place de l'orseille.
L'azofuchsine etïazocarinin, plus récents, sont très employés; la première a remplacé la fuchsine acide en grande partie.
Dans la division des colorants rouges acides, il faut placer les rouges substantifs, dont la découverte amena une révolution dans l'industrie de la teinture du coton. En effet, jusque-là toutes les substances colorantes appliquées à cette fibre végétale exigeaient un mordançage spécial soit au tanin, soit aux .sels métalliques. Le rouge Congo, première couleur substantive découverte, teint, au contraire, directement le coton sur bain de savon salé. A la suite de cette couleur vinrent les benzopurpurines, les rouges diamines, rouge Saint-Denis, etc., dont les qualités de résistance sont variables, mais qui ont la précieuse propriété de teindre directement le coton, d'où leur emploi considérable dans la teinture des articles bon marché.
Les rouges nécessitant un mordançage aux sels métalliques sont les rouges d'alizarine, qui ont remplacé presque complètement les rouges à la garance. On les applique sur coton, sur laine et sur
Enfin, un dernier rouge a pris, dans ces dernières années, une place assez grande en teinture et en impression : c'est le rouge de paranitraniline, couleur azoïque préparée sur la fibre même, en combinant la ;></ra/(î(rrt/(i7i(/(e diazotée avec le bétanaphtol. Le rouge obtenu est très beau et assez solide. 11 fait aussi certaine concurrence aux rouges d'alizarine.
Verts. — Les verts artificiels ne sont pas aussi nombreux que les rouges.
Les vert malachite et vert brillant sont des verts très vifs de nature basique: ils servent pour le coton sur mordant de tanin. Comme verts substantifs, il y a le vert diamine et quelques autres. Comme vert teignant sur mordant, il faut citer la céruléine, excellente couleur très employée pour la laine. L'alizarine viridine est aussi une bonne couleur spéciale pour l'impression du coton. Les verts de dinitrosorésorcine et le vert naphtol teignent aussi sur mordants.
Violets. — Le plus ancien est le violet Perkin ou mauvéine, première couleur artificielle qui ait été obtenue. Puis vint le violet de Paris ou violet méthyle, d'une nuance si éclatante et d'un emploi si considérable.
Parmi les violets substantifs, nous citerons les violets de Hesse, violet diamine, héliotrope, etc. 11 y aussi des violets sur mordants. Entête vient le violet d'alizarine, obtenu avec l'alizarine et les mordants de fer; la gallocyanine, très employée en impression, les bordeaux d'alizarine, etc.
La laine emploie des violets acides, comme les Piolets à l'acide 4 B, 6 B, 4 BV, 6 BV, les violets formyl, violet benzyl, etc.
Considérations générales sur la préparation i>fis colorants artificiels. — Les matières colorantes organiques artificielles prennent naissance dans une foule de réactions chimiques; mais les corps dont elles dérivent sont toujours des bases ou aminés aromatiques, comme l'aniline et ses homologues: toluidine, xylidine, etc., les naphtylamiues,
etc., ou des phénols, tels que le phénol ordinaire ou ses homologues, crésols, ou les diphénols, résorcine, on encore les naphtols, etc.
Tous ces corps n'existent généralement pas par eux-mêmes, ils dérivent de corps fondamentaux qui sont des carbures d'hydrogène : benzine, toluène, naphtaline, anthracène, qui, eux, existent dans le goudron de houille, d'où on les retire par différents moyens dont le principal est la distillation fractionnée. C'est pourquoi les couleurs artificielles sont appelées couleurs de goudron. Les carbures traités par l'acide nitrique se transforment en dérivés nitrés, lesquels par l'hydrogène (réduction) donnent les aminés, point de départ de la fabrication des couleurs. En effet, en appliquant à ces aminés une série de réactions ingénieuses, quelquefois simples comme une oxydation, d'autres fois, au contraire, très compliquées, on produit des couleurs.
11 est impossible dans le cadre de cet ouvrage d'indiquer les procédés employés pour arriver à ces résultats ; nous nous contenterons d'énumérer succinctement les principales réactions ordinairement utilisées pour arriver à produire industriellement les couleurs « dites d'aniline » (bien à tort, car s'il est vrai quece corps entre pour une forte proportion dans l'industrie des matières colorantes artificielles, il est de celles-ci, et même beaucoup, pour lesquelles l'aniline ne joue aucun rôle).
Les couleurs nitrées s'obtiennent par l'action de l'acide nitrique sur certains corps, comme les phénols. Ce sont toujours des colorants jaunes.
Les couleurs azoïques, qui forment une colossale classe de colorants d'une importance considérable, résultent de l'union (copulation) d'un corps comme l'aniline ou d'autres bases analogues, que l'on traite par l'acide nitreux (diazotation)avec un autre phénol ou une autre aminé. L'opération s'effectue à une basse température voisine de 0», et les rendements sont quantitatifs. Ce procédé simple et rationnel a permis de préparer une foule de couleurs azoïques, eu présence d'une diamine obtenue au préalable par la réduction d'un azoïque.
En oxydant l'aniline seule dans certaines conditions, on obtient les indulines. Si cette oxydation a lieu en présence de certains homologues de l'aniline, comme l'ortho et la paratoluidine, on obtient la fuchsine.
L'oxydation de la diméthylaniline, corps dérivé de l'aniline, conduit à une magnifique couleur violette, le violet de Paris. Ces deux dernières couleurs appartiennent à la classe du triphénylméthane, classe très nombreuse et très importante, dont les colorants se distinguent par de très belles nuances vives et fraîches. Ce sont précisément ces matières colorantes qui ont été découvertes les premières : leur beauté et leur éclatent déterminé leur succès. Leurs modes de préparation sont trop variés pour qu'on puisse les indiquer : on est loin, bien loin d'avoir épuis»> toutes les combinaisons possibles.
Comme sourced'acide nitreux, on utilise le nitrite de soude en présence d'un acide minéral.
Les couleurs oxaziniques se forment par l'union avec les phénols dans certaines conditions de bases aromatiques nitrosées. Les indophénols sont voisins des oxazines.
Si l'on opère l'union ci-dessus en présence de l'hy-J drogène sulfuré, on a les couleurs thiaziniques,^ dont le principal représentant est le bleu méthylène.
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Lt'S couleurs précédentes ne sont pas les seules enjrfndrées par les bases nitrosées, les earhodines, dérivent aussi de ces dernières.
Les *'«/■/•« H i»« et les indulines soal des couleurs allant du bien au rouge, en passant par le violet. Elles se forment par l'oxydation d'un mélange d'une diamine et d'une autre aminé comme l'aniline, les tolnidines, etc., dans certaines proportions. Par exemple, pour la safrauine ordinaire, on part de l'orthotoluidine et de l'aniline, que l'on oxyde à froid par le bichromate de potassium.
Si on chaude l'acide pbtalique,ou mieux son anhydride, avec la résorcine, qui est un homologue du phénol ordinaire, on obtient une matière colorante jaune ayant une très belle fluorescence: c'est la fluorinéine, corps fondamental de toute une série de superbes couleurs douées de magnifiques fluorescences : les plitaléiiies. L'une des plus importantes est la rhodamine, couleur rouge avec des reflets jaunes très jolis, qui a détrôné l'éosine, dérivé brome de la fluorinéiue.
Une catégorie très importante de matières colorantes, dites d'alizarine, dérive du carbure fondamental, l'anthracène, que l'on trouve dans le goudron de houille. Ce carbure oxydé se transforme en anthraquinone, qui par l'acide sulfuriqne donne les dérivés snifonés. Ces derniers, fondus avec de la soude caustique, fournissent l'alizarine. En variant les conditions opératoires, on arrive à toute une série de couleurs : purpurine, ftaro et anthrapurpurine^ bordeaux d'alizarine, bleu d'alizarine, etc., qui sont tous des homologues de l'alizarine renfermant plus d'oxygène.
Leurs propriétés tinctoriales remarquables leur donnent une grande importance industrielle. Une classe de colorants qui s'est développée beaucoup dans ces derniers temps est celle des colorants dits soufrés, parce qu'on les obtient en fondant avec du soufre et du sulfure de sodium certains corps organiques. Le premier colorant de cette classe a été le cachou de Lai al, obtenu par Croissant et Bretonnière en chauSant de la sciure de bois avec du soufre et du sulfure; puis, il y a quelques années, est apparu le noir Vidal, ainsi appelé du nom de son inventeur et qoi se prépare en remplaçant la sciure par des paramidophénols.
Applications des couleurs artificielles. — Les principales sont la teinture et l'impression des fibres textiles. Les couleurs artificielles donnèrent lieu longtemps, pour cet usage, à des reproches plus ou moins fondés, dont l'origine est curieuse, ha première couleur découverte fut, nous l'avons dit, le violet Perkin ou mauvéine. Or, il se trouva que cette couleur, outre sa beauté supérieure aux couleurs naturelles alors utilisées, était très solide à la lu- Bttière et aux autres agents destructifs des couleurs, air, savon, etc. 11 s'ensuivit que par la suite toute nouvelle couleur trouvée était comparée au violet Perkin: si elle s'en rapprochait comme solidité, on l'adoptait, puis on la mettait de côté. .Mais quand apparut la fuchsine, dont nous avons dit l'heureuse fortune, les choses changèrent. En effet, le hasard voulut qu'elle fût découverte chez un teinturier en soie; or, pour cette fibre, il faut avant tout de l'éclat, les antres propriétés sont secondaires. A coup sûr, la nouvelle couleur remplissait ces conditions, et son magnifique éclat, comparé aux colorants ternes alors usités, eut vite fait son succès
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extraordinaire. On tomba même d'un excès dans l'autre : on négligeait les colorants peu résistants: désormais on utilisa tout, même les plus fugaces, même ceux dont on dit qu'ils sont un déjeuner de soleil. De là des réclamations, et cette idée, qui résista si longtemps, même aux faits les plus probants : les couleurs d'aniline ne sont pas solides, elles ne valent pas les anciennes couleurs. On les accusa aussi d'être vénéneuses, parce que l 'une d'elles, la fuchsine, se préparait avec un corps éminemment toxique, l'acide arsénieux. II fut démontré que cette toxicité était due à une mauvaise préparation de la couleur, dans laquelle on avait laissé de l'acide arsénieux: mais elle-même n'est nullement toxique.
Petit à petit, les résistances du début faiblirent et disparurent; il fallut bien constater que si certaines couleurs sont fugaces, d'autres ne le sont pas, et la gamme des colorants artificiels s'élargissant avec eux, le teinturier n'eut qu'à faire un choix judicieux pour trouver les nuances lui convenant le mieux, soit comme éclat, soit comme solidité.
On n'ignore pas, en effet, que si certaines étoffes d'un usage journalier ont besoin de supporter, sans se décolorer, de fréquents lavages et savonnages, cette condition est tout à fait superflue pour les damas de soie à 40 ou 50 fr. le mètre : il leur faut de l'éclat, point n'est besoin de les savonner. La vérité est surtout aujourd'hui qu'il existe des colorants artificiels d'une solidité égale et même supérieure aux classiques couleurs d'autrefois.
Souvent, dans le commerce, la mauvaise qualité est uniquement due au bon marché exigé par les acheteurs. Le rouge turc fait avec l'alizarine artificielle peut être tout aussi solide que celui fait avec la garance : il suffit de payer suffisamment le teinturier et de ne pas lui demander de la « camelote ».
Outre la coloration des fibres végétales, les colorants artificiels servent à colorer une foule d'autres substances : pelleteries, bois, os, ivoire, paille, papier, plumes, etc. On en fait des mines pour crayons; bref, leur usage est général.
Quant à la façon de les appliquer, elle est, en général, beaucoup plus simple que celle décrite pour les colorants naturels. .\u mot Teinture on indique succinctement les principaux moyens employés.
i' Matières color-^ntes minérales. — Il ne s'agit ici que des matières colorantes minérales servant à colorer les fibres textiles. Elles sont peu nombreuses, car du fait de leur insolubilité dans l'eau les colorants minéraux ne peuvent servir en teinture, et si certains sont utilisés dans ce but, c'est qh'on parvient à les produire directement sur la fibre.
On tourne parfois la difficulté de l'insolubilité des matières colorantes minérales, pour certains usages, en s'en servant comme de couleurs plastiques que l'on fixe sur le tissu, en les mélangeant à un corps comme l'albumine, coagulable par la chaleur sur le tissu même et emprisonnant ainsi la couleur qui se trouve fixée superficiellement. Ce procédé, peu employé aujourd'hui, n'était d'ailleurs utilisé qu'en impression.
.\u contraire, certaines couleurs minérales se forment facilement par double décomposition entre deux sels solubles dont il est facile d'imprégner à l'avance la fibre : le précipité coloréqniseformese trouve emprisonné à l'intérieur même des fibres et adhère fortement. Ainsi se font les :
Jaunes et orangés de chrome. — On plonge la
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fibre à teindre dans un bain d'acétate ou de pyrolignite de plomb marquant 1 à 3° B., et sans laver, on plonge dans un bain acide de bichromate de potasse, par exemple 3 à 5 kilog. de ce corps dans 100 litres d'eau, additionnés de 1 à 2 kilog. d'acide ■soHurique. La nuance jaune se développe ainsi.
;Pour avoir des orangés, on traite le jaune par un i)ain bouillant d'eau de chaux.
Ces couleurs sont très vives et se font beaucoup •en teinture et en impression.
Rouilles et chamois au fer. — Pour obtenir ces inuances, on imprègne la fibre d'un sel ferreux, •comme le sulfate de fer à 4 ou 5" B., et on passe en ammoniaque ou en eau de chaux. On répète successivement ces passages jusqu'à ce que l'on obtienne la nuance voulue.
En passant en tanin la fibre imprégnée du sel ferreux, il se forme un tannate de fer que l'on emploie parfois comme couleur. Les couleurs à l'oxyde de fer résistent bien au savon et à la lumière, mais les acides les altèrent facilement.
iBistre au manganèse. — On passe la fibre dans nne solution d'un sel manganeux,sulfateouchlorure; puis on passe en soude et termine l'oxydation par un passage au chlorure de chaux on chlorure de soude.
Bleti de Prtisse. — Cette couleur avait une grande importance avant l'apparition des couleurs artificielles, importance bien diminuée aujourd'hui. Pour produire le bleu de Prusse, on commence par donner un pied de rouille avec un sel de fer et de la chaux, comme nous avons indiqué ci-dessus, puis on lave •et passe dans un bain de prussiate jaune de potasse (ferrocyanure), additionné d'acide sulfurique, jusqu'à ■ce que la couleur bleue soit bien développée; on lave •et fait sécher à l'ombre.
En ajoutant au bain de fer une certaine quantité •d'un sel d'étain, on modifie la nuance du bleu, qui .acquiert le ton pourpre du bleu d'indigo; ces bleus •s'appellent Bleus de France.
Les couleurs produites, se formant directement sur tissu, ne font l'objet d'aucun commerce; les matières premières sont les produits chimiques que nous avons indiqués. Léon Lefèvre,
Directeur de la Revue générale des Matières colorantes et des industries qui s'y rattachent.
Allemagne. — L'extraction des matières colorantes des pondrons de houille est une des industries qui, dans ces derniers temps, se sont le plus développées en Allemagne. Il existait dans ce pays, au 14 juillet 1893, 25 fabriques d'aniline et de.couleurs d'aniline, et 48 établissements qui, ■en outre des couleurs, s'occupaient de différents produits iprovenant de la distillation du goudron de houille, acide .picrique, acide phénique, etc.— L'export. est actuellement ■«inq fois supérieure à celle des autres pays réunis. Le ttableau suivant permet de constater (en kilog.), l'importance qu'elle a prise d'année en année :
Couleurs d'aniline Aniline, huile et autres provenant Alizarine et seU du goudron
Ainsi, depuis 1883, l'export. de l'alizarine a plus que doublé, celle de l'huile et des sels d'aniline est devenue dix-neuf fois plus grande, et celle des matières colorantes ■a quintuplé.
En 1898, les principaux pays d'expert, ont été : Pour l'alizarine : les Indes Anglaises, qui ont reçu 2.308.000
kilog. , les Etats-Unis 3.308.000, la Grande-Bretagne 2.030.000. — Pour les sels et huiles d'aniline : les États- Unis 3.990.000 kilog., la Russie 2.440.000, la Suisse 1.338.000, la France, 1.089.000.— Pour les couleurs d'aniline et autres tirées du goudron de houille : les États- Unis 4.231 .000 kilog., la Grande-Bretagne 4.007.000, l'Autriche 1.907.000, la Chine 1.479.000, l'Italie 1.238.000, les Indes Anglaises 1.033.000.— (Rapport du consul général de France à Leipzig, 21 février 1899.) MATIÈRES DÉCOLORANTES. V. Chlorures.
MATIÈRES D'OR ET D'ARGENT. Voy. Argent, Bijouterie, Garantie des ouvrages d'or et d'argent. Monnaies, Or, Orfèvrerie.
MATIÈRES TANNANTES. Le tannage (voy. ce mot) est l'opération qui a pour but de transformer la peau en cuir (voy. Cuir), c'est-à-dire en une substance imputrescible, souple et élastique que l'ébullition dans l'eau ne peut plus convertir en gélatine. Les matières, à peu près exclusivement d'origine végétale, qui servent au tannage sont dites matières tannantes; elles pénètrent dans la peau par endosmose et se fixent sur les fibres du derme, les empêchant de se coller les unes aux autres par la dessiccation et conservant à la peau sa souplesse.
Les nombreuses matières tannantes végétales (on en compte jusqu'à 350) peuvent se diviser en trois groupes principaux : 1° celles qui sont fournies par les écorces ; 2» celles qui sont fournies par les graines, fruits, feuilles, excroissances maladives, racines, etc. ; 3° celles qui sont fournies par le bois de la plante. Mais de telles classifications sont sans grand intérêt pratique ni même sans délimitation bien précise.
Ces matières sont employées par l'industrie des cuirs soit à l'état brut, soit sous une forme concentrée, tels sont les extraits; nous ne nous occuperons ici que des principales.
L'écorce de chêne vient en tête des matières tannantes ; on la récolte sur les chênes de différentes espèces, notamment sur le chêne à grappes ou chêne d'hiver, le chêne à pédoncules ou chêne d'été, le chêne vert, le chêne à poil duveteux ou chêne noir. Les deux premiers sont les plus appréciés comme aussi les plus répandus dans toute l'Europe centrale, qui les cultive en vue de l'écorçage. Le chêne vert et le chêne noir, qui croissent, le premier dans le S. et le S.-E., le dernier dans l'E. et l'O. de l'Europe centrale, sont un peu moins riches en substances tannantes; à 10 ou 15 ans, le chêne vert se revêt d'une écorce très forte dont la valeur se trouve amoindrie. Le chêne rouvre, qui vient en Algérie, en Espagne et dans le midi de la France, donne aussi des produits utiles ; l'écorce de sa racine, connue sous le nom de « garouille », fournit une matière tannifère de première qualité. Les cuirs tannés à l'écorce de chêne rouvre sont raffermis et de couleur brun foncé. Le chêne-liège, dont la première écorce constitue le liège, possède dans son écorce intérieure nne très bonne matière tannante, de couleur rougeâtre, mais plutôt ramollissante. (Voy. Liège.) Le chêne-châtaignier vit surtout dans l'Amérique du Nord ; son écorce, d'épaisseur extraordinaire, est très employée aux États-Unis et au Canada.
Le tan provenant de ces diverses espèces de chêneâ donne au cuir les qualités caractéristiques qui expliquent la recherche des produits du tannage au pnr tan de chêne. Les cuirs — principalement les cuirs forts à semelles traités à l'échauffé — des contrées où la culture des forêts de chêne à écorçage est la plus florissante (Rhin, Moselle, Saar, Neckar, etc.),
MATIKRES TAXXAXTES
MATIKRES TANNANTES
sont le plus en favenr, bien que là également les tanneries où l'on emploie exclusivement do tan de chêne disparaissent de plus en plus.
La vallonée (voy. ce mot), produite dans l'Asie- Mineure par deux chênes d'espèce différente, est une matière tannante très employée, qui tend à rendre les cuirs fermes et qui par cela même est excellente pour le cuir fort à semelles: elle doit être évitée dans la fabrication des cuirs à empeignes.
Pour maintes espèces de chênes on n'emploie pas
•ulement l'écorce, mais aussi le bois, presque également riche en matières tannantes ; tel est le cas dn chêne du Mosquito. répandu dans r.\mérique Centrale et Septentrionale : on l'emploie en Europe sous forme d'extrait, en combinaison avec d'antres matières tannantes.
C'est aussi sur les chênes qu'on rencontre la noix de galle, résultat de la piqûre faite par la guêpe galliqne sur les feuilles, tiges et branches du chêne de galle, abondant en Asie-Mineure. La noix de galle, très riche en substance tannante, se distingue en de nombreuses espèces : noix dn Levant (Smyrne), de Mossonl, d'Alep, de Chypre, de Tripoli, et s'emploie dans la teinture (voy. Matières colorantes) aussi bien que dans la tannerie. Les noix de galle d'Enrope ne sont guère propres an tannage. Les galles dites « Knoppern », qu'on trouve notamment dans les forêts de chênes de Hongrie, sont produites par la piqûre des jeunes glands: on les emploie avec un mélange de vallonée et d'écorces de pin, dans la fabrication des cuirs forts à semelles, dont elles augmentent la fermeté en leur donnant une couleur sombre. (Voy. Matières COLORANTES, Noix DE GALLE.)
Les pins de plusieurs sortes, sapin {Àbies), mélèze {Lari.r), pinastre (Pinus), fournissent aussi une matière tannante. Il faut citer en premier lieu le sapin ronge {Àbies excelsa), dont le bois, comme récorce, donne une matière tannante à bon marché et très employée, surtout pour les cnirs forts à semelles. On la mélange d'ordinaire avec des extraits de bois de châtaignier et de chêne, des galles knoppern, dn bois de quebracho et des écorces de mimosa. A citer aussi le sapin blanc on à feuilles d'if {Àbies pectinala], utilisé en Autriche-Hongrie, en Styrie, en Suisse et en Russie, mélangé avec du dividivi et des myrobolans; le sapin hemlock on sapin-ciguë, de r.\mérique du Nord, dont l'écorce extérieure fournit un extrait importé en Europe et qui n'est pas moins riche en matière colorante qu'en tanin. Les pays méditerranéens se servent beaucoup du pinastre, très abondant en Dalmatie, dont le produit est connu sous le nom i'écorce snobar (écorce intérieure) et de scorza rossa (écorce extérieure).
L'écorce du bouleau est employée en Europe et en Amérique; cet arbre est surtout répandu en Finlande, Laponie, Norvège et Russie ; on le cultive aussi maintenant en Europe Centrale. Son tan rend le cuir clair et mou, il est donc particulièrement propre an cuir à empeignes. C'est de l'écorce extérieure du bouleau qu'on extrait, par distillation à sec, l'huilegoodron de bouleau qui sert à la fabrication du véritable cuir de Russie, auquel elle donne son odeur caractéristique.
L'aulne noir et l'aulne blanc ou gris contiennent aussi des matières tannantes, employées surtout dans quelques parties de la Russie, en mélange avec d'antres.
L'écorce de saule fournit une des matières tan-
nantes dont on se sert le plus en Enrope : tontes les espèces sont utilisées, notamment le sanle de sable {Salix arenaria), le saule fébrifuge {Salix russeliana), le sanle de lisière (SVi/jxca/jrea) et le lauriersaule {Salix pentandra). Cette écorce, additionnée de tan de chêne, procure an cnir, avec une couleur agréable, l'élasticité et la souplesse. En .\llemagne, on s'en sert surtout pour le cuir à gants de coulenr rougeàtre; le cuir de Russie et le cnir de Suède sont le plus ordinairement préparés avec l'écorce de saule.
L'écorce de m imosa est récoltée sur diverses espèces d'acacias qui croissent en .\ustralie, dans l'Inde, an Cap, au Sénégal, à la Réunion, en Algérie, dans l'Amérique du Snd, etc. C'est surtout celle d'Anstralie qu'on emploie en Enrope sous le nom commercial de icattle, en deux sortes : « le wattle de bois noir » et le « wattle de bois vert », provenant de Sidney. On distingue, d'après la forme : le mimosa long (d'environ 1 mètre), le mimosa « choped » (en morceaux hachés) et le mimosa « gronnd » on moulu: l'écorce béchora n'est qu'une variété de mimosa. L'écorce de mimosa rend de grands services dans la fabrication des cuirs à semelles, en combinaison avec des myrobolans et des vallonées. La coupe des cuirs tannés au mimosa est brun foncé, tirant sur le rougeàtre.
Le quebrachoest un arbre de l'Amériqne Centrale et Méridionale dont il y a plusieurs variétés, de bois rouge et de bois plus clair; c'est surtout le bois rouge qui est employé dans le tannage; l'écorce est à peu près délaissée. Il sert aussi comme matière colorante (voy. ce mot). C'est aujourd'hui une des matières tannantes les plus répandues sous forme d'extraits, à cause surtout de son bon marché, car elle est inférieure comme résultat à l'écorce de chêne et au tan de pin, et les cuirs tannés au quebracho se rembrunissent au soleil.
Le bois de châtaignier fournit autant de tan que le bois de chêne: il est utilisé sous forme d'extraits, notamment en combinaison avec le pin et les vallonées, pour les cuirs forts à semelles et les cuirs forts à courroies.
Les myrobolans, fruits d'un arbre de l'Inde orientale, ont une écorce très riche en substances tannantes : on l'emploie surtout pour les cuirs forts à semelles, pour les cuirs de vache et les cuirs à courroies de transmission ; les cuirs ainsi préparés donnent une coupe jaune. (Voy. Myrobolaxs.)
Le sumac est particulièrement employé pour les cuirs à équipement, cuirs de mouton et de chèvre, dont il éclaircit la couleur. On appelle ainsi les feuilles et jeunes rameaux moulus du Rhits cotinus et dn Rhus coriaria, qui croissent dans l'Europe Méridionale. La meilleure espèce vient de Sicile; celle d'Espagne lui est peu inférieure, mais elle est souvent falsiOée, comme celle de Portugal, avec de la poudre d'aloès et même du sable. Le sumac de France se distingue en fauvis (qui vaut presque celui de Sicile), donzère, redon et pudis. Le sumac du Tyrol est souvent falsifié aussi.
L'algarobilla, importé de l'Amérique du Snd, est le fruit capsulaire dn Bahamocarpum lœvifolium ; il assouplit les cuirs et convient par conséquent aux cuirs à empeignes ; il remplace fort bien le sumac en divers cas: il a de plus la qualité de donner au cuir une belle coulenr claire: mais il faut toujours le mélanger avec d'antres matières tannantes.
MATIERES TANNANTES
MAURICE
Le dividivi ou lihidibi (voj'. ce mot) n'est propre qu'au tannage des cuirs auxquels une certaine mollesse n'est pas préjudiciable; il donne d'ailleurs au cuir une grande solidité.
Le catéchu ou cachou, ou terre japonaise, fait partie des matières tannantes d'outre-mer : lecatéchu de Bourbon est l'espèce la meilleure, sous l'apparence d'une matière brune, cassante, de goût très désagréable; le catécliu de Bengale, dont le titre tannant est bien moindre, est un extrait d'Arecahetula, ce même végétal avec les feuilles duquel les Indiens préparent le masticatoire connu sous le nom de bétel. (Voy. Cachou, Matières colorantes.)
Pour le gambier, ou gaitibir, ou encore catéchu ou cacliou en tubes, nous renvoyons au mot Gambier.
Toutes les espèces en sont largement falsifiées, dès le lieu de production parfois, souvent aussi en Europe par les intermédiaires, au moyen de sable, d'argile, de sang, de sucre, etc. La substance tannante du catéchu est très favorable aux cuirs à empeignes, à harnais et à capotes, auxquels elle donne une ténacité rappelant celle du caoutchouc.
L'écorce monésia, peu employée en Europe, l'est depuis longtemps et en grandes quantités au Brésil; sa substance tannante d'un titre élevé et sa substance colorante claire ont des effets favorables; son action ressemble à celle de l'écorce de chêne; on en a, tout récemment, importé en France desquantités notables. Le Brésil exporte aussi un extrait solidifié de cette écorce.
L'écorce weinmannia, connue aussi sous le nom de « tan rouge », employée dans les Antilles et l'Amérique du Sud; l'écorce kirihinan, qui vient en Nouvelle-Zélande, et l'écorce naucite ou marquitte, produit des Antilles et de l'Amérique Centrale, sont en usage dans leurs pays d'origine pour le tannage des cuirs.
L'Inde et d'autres pays tropicaux utilisent aussi comme matières tannantes : l'écorce de jujubier, l'écorce de bancoulier, l'écorce de mango, l'écorce de churcor, dont le Chili a récemment expédié de petites quantités en Europe.
L'Amérique du Sud produit encore l'écorce de mangle, prise sur un arbre qui forme des forêts aux embouchures des fleuves et aux bords de la mer; en Angleterre, on l'emploie dans la tannerie et la teinturerie.
Citons enfin les écorces de diverses espèces d'eucalyptus, dont l'industrie australienne tire pour le tannage des cuirs un excellent parti.
Des essais tentés en 1900 avec une nouvelle substance tannante provenant des racines d'un arbuste appelé Tara ou Téri, qu'on trouve en Birmanie et dans l'Assam, ont donné des résultats intéressants. Le laboratoire de tannerie de Bristol en aurait retiré 33% de matière tannante et même jusqu'à 50 et 60 Vo par des procédés plus parfaits. Cette nouvelle matière serait supérieure à la plupart des substances, le tan de chêne excepté, employées jusqu'à ce jour. Avec la gélatine, elle forme un dépôt neigeux. On peut lui donner différentes couleurs en y incorporant des produits appropriés, de sorte que le Tara fournirait non seulement une substance tannante très recommandable, mais encore une excellente matière colorante. Il a notamment sur le dividivi cet avantage que sa dissolution n'est sujette à aucune fermentation nuisible.
Commerce et Douanes.— On trouvera au mol Ecorces
(Écorces à tan) les chifïi'os d'import. et d'exporl. de l'ensemble des écorces à tan, moulues ou non, i>our les années 18!»;», 18% et. 1807; nous croyons bon de donner ici les chiffres de l'année 1898 (C.S.) avec un peu plus de détail, en kilog. :
IMPOUTAïlO.NS
Angleterre 42.300
Relgiqne 47:).;i22
Espagne 1.501.479
Australie 22.820
Etats-Unis 29.;;!K)
Zone franche . . . 392. iWi
Algérie 5.772.376
Total avec les autres pays.
KXPOItTATIONS
Allemagne 29.175.031
l'avs-lîas (MW.OOS
Heigique 10.119.20!>
Suisse ,
Italie
Zone franche .
Algérie
Le prix E. V. D. du kilog. d'écorces à tan est de Ofr.95.
Nous donnons à Matikhks colouantes les statistiques concernant le bois de quebracho, le sumac, le cachou, etc., qui sont à la fois des matières colorantes et tannantes. Les arrivages de bois de quebracho à Hambourg, qui étaient de 71.700 T. en 1897, ont été de 93.400 T. en 1898.
Pour les droits de douane, voy. Ecouces et MATifiRES
COLOUANTES.
MATTEAU. Réunion de 5 ou 6 flottillons de soie au moyen d'un mince cordonnet nommé en italien pantinio; ce petit paquet constitue le matteau ou pantiine. 20 de ces paquets forment à peu près 1.500 grammes et constituent une main de soie (trame ou organsin). J. P.
M.VL'lJEUGK. Ville industrielle du département du Nord, située sur la Sambre canalisée, à 140 m. d'altitude, 8 kil. de la frontière de Belgique et 76 kil. S.-E. de Lille, par 50° 17' lat. N. et i- 41' long. E. de Paris. Pop. : 19.799 hab. en 1896. — Ateliers de constructions mécaniques, fonderies et laminoirs, hauts-fourneaux, fabr. de balances et bascules, de limes, de broches et cylindres pour filatures, brosseries. Le trafic annuel du port sur la Sambre est d'environ 35.000 T. — Le bureau auxiliaire de la Banque de France à Maubeuge, qui était dirigé par la succursale de Valenciennes, a escompté, en 1898, 23.359 effets pour 15.685.000 fr. Il a été transformé en succursale à la fin de 1898; ses opérations ont été, en 1899, de 26.054.000 fr., dont 20. (MX). 000 fr. en effets escomptés. La nouvelle succursale s'est classée au 79" rang. Agences du Crédit Lyonnais et de la Société Générale. Station du chemin de fer du Nord (à 228 kil. de Paris) sur Saint-Quentin, Mons, Namur, Fourmies. Mouvement de la gare :
Expéditions Expéditions et
Voyageurs au départ
arrivages 15i).70& 164.400 de Paris à Mau-
Prix du transport, par 1.000 kilog.
beuge: G. V. 72fr.20; P. V. 36fr. 55.
MAUX». Poids de commerce aux Indes anglaises. Voy. Mesures et Poids.
MAUUICE (Ile). L'île Maurice fait partie du groupe des îles Mascareignes, dans l'Océan Indien ; elle est située par 19» 58'-20" 31' de lat. S., et par 57" 18'-57»48' de long. E. de Greenwich, à 800 kil. à l'E. de Madagascar et à 180 kil. au N.-E. de la Réunion. Sa superficie est de 1.914 kil. carrés, sa plus grande longueur, N.-E.-S.-O., de 58 kil. sur 37 kil. de large. Port-Louis, la capitale de l'île, est le meilleur port de ces parages.
La température varie de 15° à 30° centig. ; la moyenne de l'année, à Port-Louis, dépasse 25° ; dans l'intérieur, le climat est plus tempéré et plus sa-
MAURICE
MAURICE
Inbre ; la saison chaude dore do décembre à avril : c'est aussi l'époque des cyclones et des ouragans.
Gouvernement. — L'île Maurice a été acquise par les Anglais en 1800 et leur appartient depuis lors; elle est administrée par un gouverneur assisté d'un conseil privé de 7 membres. Le pouvoir législatif est exercé par un conseil de gouvernement de 27 membres, dont 8 officiels, 9 choisis par le gouverneur et 10 élus ; les décisions de ce conseil sont soumises à la ratification du Gouvernement de la métropole. Les lois françaises y sont encore en partie restées en vigueur. Estimation des recettes budgétaires pour 1900, 9.020.000 roupies (de 1 Ir. 54); dépenses, 8.500.000 R.
Population : 375.000 hab., dont 117.000 Européens, créoles, esclaves affranchis et Chinois, et ^8.000 Indiens. Port-Louis, la seule grande ville de la colonie, renferme 60.000 hab. (V. Port-Louis.)
Cultures. — Le sol est fertile et convient à tontes les cultures tropicales ; la principale est celle de la canne à sucre; aussi la baisse continue des prix du sucre, depuis plusieurs années, et la concurrence des sucres de betterave causent-elles un grand malaise dans la colonie. Les mesures prises par le Gouvernement anglais pour relever le cours de la roupie sont défavorables à l'exportation et contribuent encore à augmenter l'intensité de la crise. Pourtant les appréhensions du commencement de 1898 se sont dissipées au cours de l'année sous l'influence d'une récolte sucrière exceptionnelle. Les principaux pays acheteurs de sucre de Maurice sont l'Inde, Ceylan, r.\lrique Australe, l'Australie, etc.
Les autres cultures industrielles de l'île sont : l'aloès, dont on exporte les fibres en .Angleterre, et la vanille, que l'on envoie principalement en France. Le café, l'indigo, le coton, les épices, les arachides sont produits en trop petites quantités pour donner lieu à des exportations.
Les forêts sont riches en bois de teck, ébène, tamarin, acacia.
Depuis l'abolition de l'esclavage, en 1834, Maurice doit avoir recours aux Indiens pour la maind'œuvre nécessaire à ses exploitations. Un fonctionnaire, appelé « protecteur des immigrants », est spécialement chargé de veiller à ce qu'il ne se commette pas d'abus au détriment de ces travailleurs dont un grand nombre, d'ailleurs, deviennent petits propriétaires.
Commerce.— I^ Commerce général de l'île Manrice s'est élevé en 1897 à 57.700.000 R. (environ 88.800.000 fr. an coars moyen de l'année, de 1 fr. 5i la roupie), en dlmination de pins de 6.(X)0.000 de R. sur le chiffre de l'exercice précédent. Il revient, en 1898, à 60.000.000 de R.
Tableaa des pays avec lesquels .Maarice entretient des relations commerciales (en roupies) :
expoutatiox
Pays de destination 1896 1897
Inde il.ii2.601 11.280.969
Ceylan 5.105.442 4.132.143
Cap de Bonne-Espérance 4.993.049 4.547.(«3
Australie 3.323.826 2.624.090
États-Unis 1.815.291 1.793.179
.Madagascar 1.141.883 901.242
Ile de la Réunion... 1.093.287 785.101
France 516.345 287.464
Royaume-Uni 394.235 452.395
Pays divers 1.190.375 3.848.169
ToUux
importation
Pays de provexasce 1896 1897 1896
Inde 16.329.169 12.641.842 16.766.37Î
Rovaume-Uni 7.412.771 6.œ0.240 5.443.93«
Prince 3.997.9TO 2.981.108 2.0TO.56T
.\nstralie 1.145.710 671.908 942.414
États-Unis 624.423 780.035 896.364
.Madagascar 460.666 464.519 481.801
Pays divers 2.223.6.90 2.866.:i56 1.724..''>56
Totaux :j2.19i.ir» 27.056.008 28.236.008
L'export. de l'île Maarice consiste pour les neuf dixièmes en sucre, rhum et mélasse, produits de la canne à sucre.
Voici la liste des principaux articles exportés (en R.) :
Sucre 28.347.738 23.666.280 26.211.349
Rhum 230.821 62.732 82.753
.Mélassis 91.913 1.286.516 2.013.480
Fibres d'aloès 233.3*7 K2.208 444.197
Vanille 120.623 223.2M 231.13»
Articles divers 2.425.411 2.276.696 1.277.060
Espèces et numéraire 403.940 2.884.331 1.606.440
Totaux 31.893.775 30.654.007 31.866.437
Si l'on retranche de ces chiffres la valeur des marchandises en transit et des sorties de numéraire, on constate que les export, de l'ile atteignent à peine 26.000.000 de R.
I^s import sont tombées de 32.000.000 de R. en 1896 à 27.000.000 en 1897, par suite de la situation précaire de l'industrie sucrière, pour revenir, en 1898, à 28.236.000 R. Knviron le tiers de ces import, consiste en grains (riz) de l'Inde et de l'Indo-Chine, Maurice tirant de l'extérieur la plus grande partie des produits nécessaires à l'alimentation de ses habitants.
Principaux articles importés (en R.)
Grains et farines. . . 10.465.052 9.4.39.765 10.544.903 Conserves, salaisons 1.6.59.901 1.5.33. 382 1.299.110
Boissons 1.817. .342 1.211.753 904.9,33
Huiles 1.324.211 817.115 774.849
Tissus et confections 2.616.759 2.279. 1G8 1.053.473 Produits chimiques et pharmaceutiques 2.077.457 1.162.414 2.0.".2.226
Charbon 908.118 850.442 717.856
Espèces 2.784.606 1.436.929 4.997.671
Divers 8.540.963 8.305.038 5.978.985
Totaux 32.194.409 27.036.008 28.326.008
L'agriculture remplace de plus en plus les engrais organiques par des engrais chimiques composés après analyse des terres, et qui ont principalement pour base le sulfate d'ammoniaque, les nitrates de soude et de potasse, le superphosphate de chaux. .Ainsi s'explique le chiffre élevé des importations de produits chimiques; sons cette dénomination, nous trouvons : sulfate d'ammoniaque 742.830R., nitrate de potasse 363.484, de sonde 242.6^, superphosphate de chaux 131.737.
La France envoie à .Maurice des comestibles (beurre, chocolat, huile), des bougies, du vin, du vinaigre, des spiritueux, des modes et des chaussures, de la bijouterie, etc- Madagascar, de la viande do boucherie.
Le chiffre des import, de France a diminné de plus de 60 7. ces quinze dernières années, de 5.444.418 fr. à 3.373.831.
Moyens de communication.— La longueur des chemins de fer en exploitation est de 105 milles. L'île est en relation avec l'Europe au moyen des paquebots des .Messageries Maritimes (départs bi-mensuels de .Marseille); en outre, des paquebots anglais quittent mensuellement Londres et Liverpool à destination de Maurice.
Monnaies. — La monnaie légale du pays est la roupi» de l'Inde, qui se subdivise en 100 centièmes; en outre, il circule des monnaies d'appoint spéciales de 20 et 10 cents en argent, et de 5, 2, 1 cents en cuivre, ayant force libératoire jusqu'à concurrence de 5 R. Tout document stipulé autrement qu'en roupies, c'est-à-dire en francs ou en livres sterling, doit être réglé en ces monnaies on l'éqai-
MAYOTÏE
MAZAMET
valent en roupies, avec le change sur Paris on Londres, coté en tant pour cent de prime sur le pair de 10 R. pour 1 liv. st. ou 25 fr. (on cote aussi x roupies pour 25 fr. ou pour 1 liv. st.).
Poids et Mesures.— Depuis le 1" mai 1878, le système métrique a été mis en vigueur dans la colonie. Les affaires ne se traitent plus que sur cette nouvelle base.
Banques. — Banque Commerciale de .Maurice, capital 2.000.000 de R., eu actions de 200 R., cotées 248 R. au 30 janvier 1900; the Bank of .Manritius, limited, capital 200.000 liv. st., en actions de 10 liv. st., cotées 135 R. Le total des capitaux des Sociétés anon)'mes locales (Sociétés de crédit, Sociétés sucrières, Assurances, Docks et diverses) atteint près de 30.000.000 de R.
Le gouvernement de .Maurice s'étend aux îles Rodrigue, Seycheiles, Amirantes et Chagos.
M.vuiUTAXlE OCCIl>K.\TALE. Nom doi^né en février 1900 à la vaste région saharienne qui s'étend entre le cap Juby, la rive droite du Sénégal, Tombouctou et le sud du Maroc, et qui dépend du gouvernement général de notre grande colonie de l'Ouest- .Africain; elle est partiellement occupée par les populations maures et touaregs.
>lAYi;xcE. Ville d'Allemagne, située dans le grand-duché de Hosse, sur la rive gauche du Rhin, à 64 m. d'alt. et 32 kil. N.-O. de Darmstadt, par 49» oO' 44" lat. N. et a''o6'8' long. E. de Paris. Pop. : 40.000 hab. en 1860, 66.313 en iSSo, 76.300 en 1893. Ateliers de constructions de machines, fabr. de chaussures, de vêtements, de meubles, d'instruments de musique, de produits chimiques, d'huiles, de cofires-forts, distilleries. Fabr. de conserves, jambons renommés. (Voj'. J.vmboxs.) Brasseries.
Export, de meubles, d'objets en cuirs, etc. Import, de fers, charbons, vins, etc. Tribunal et Chambre de commerce. Ecole commerciale.
Centre de chemins de fer sur Hambourg, Bade, Wiesbaden, Ems, Creuznach. Services réguliers de bateaux à vapeur entre .Mayence et Rotterdam.
MAYOTTE. Ile du groupe des Comores, appartenant à la France, située entre la côte N.-O. de Madagascar etla côte orientale d'Afrique, entre 12° 34'— 13» 04' lat. S. et 42" 43' —43» 03' long. E. de Paris. Sup. : 330 kil. carrés (40 kil. sur 8). Pop. : 18.000 hab. environ, comprenant surtout des Arabes, puis des Sakalaves, des Africains, quelques Indiens ; les blancs sont peu nombreux. Chef-lieu : Dzaoudzi, 1 .000 hab. L'île est montagneuse et entourée de récifs. Point culminant : 660 m. L'année est partagée en deux saisons : la saison sèche, ou bonne saison, commence en mai et finit en octobre; l'autre, appelée hivernage, se distingue par de grandes chaleurs, des pluies torrentielles et des orages incessants. Les fièvres paludéennes ne sont redoutables pour les Européens qu'à certaines époques de l'année. Les recettes du budget local étaient en 1897 de 233.000 fr., les dépenses de 229 . 000 ; la part de la métropole était, au budget de 1898, de 44.843 fr.
Mayotte et le groupe des Comores sont placés, par le décret du 9 septembre 1899, sous l'autorité d'un gouverneur assisté d'un secrétaire général et d'un conseil d'administration.
Productions. — La principale est la canne à SHCre. Il y a dans l'île 9 sucreries et 4 distilleries de rhum. 11 se fabrique annuellement environ 4.000 tonneaux de sucre et de 180.000 à 200.000 litres de rhum. L'industrie sucrière occupe près de 3.000 travailleurs. La culture de la vanille et l'exploitation des bois font de grands progrès. D'importantes plantations de café ont été créées.
Commerce extérieur.— Les import, ont été, du 1" mars au 31 décembre 1808, de 392.000 fr., surtout en bœufs et riz de -Madagascar, étoffes anglaises, machines, vins et spiritueux de France. Les export, ont consisté principalement en sucre, 2.300 T. pour 690.000 fr. ; vanille, 2.743.000 kilog. pour 137.000 fr. ; rhum, 54.000 lit. pour 16.000 fr. ; café, cacao et peaux de bœufs. Le commerce est entre les mains des Hindous. Ils font venir les marchandises par des boutres, de Zanzibar, de Bombay et de .Madagascar.
Navigation. — .Mayotte est une escale de la ligne des Messageries .Maritimes partant de Marseille le 10 de chaque mois pour .Madagascar et Maurice.
Il n'existe à .Mayotte qu'un seul port, celui de Dzaoudzi, et qu'un seul marché, celui de M'Sapéré.
Les monnaies d'or et d'argent en usage sont celles de l'Union latine. Les monnaies divisionnaires d'argent ont cours légal sans limitation de quantité.
Régime douanier. — Mayotte est soumise au tarif métropolitain, sauf les exceptions réglées par décrets des 26 novembre 1892, 13 janvier 1894 et 15 janvier 1895. (Voy. Annales Com. ext., 2* fasc, 1893.) Les produits d'origine importés en France entrent en franchise, sauf exceptions. Un décret du 21 décembre 1899 a établi, dans la colonie de .Mayotte et dans les protectorats de la Grande-Comore, d'.\njouan et de Mohéli, un droit de statistique sur les marchandises de toute nature et de toute origine importées ou exportées, à l'exception de celles expédiées par cabotage, soit d'un port à un autre d'une de ces possessions, soit d'une de ces possessions à une autre. Ce droit est fixé comme suit : 15 centimes par colis sur les marchandises autres que le sucre, le riz et le sel, en futailles, caisses, sacs ou autres emballages; 15 centimes par 1.000 kilog. ou par mètre cube sur les marchandises en vrac; 15 centimes par 1.000 kilog. sur le sucre, le riz ou le sel, que ces marchandises soient en vrac, en sacs ou tout autre emballage; 15 centimes par tête sur les animaux vivants ou abattus des espèces chevaline, mulassière, asine, bovine, ovine, caprine et porcine. Abel Ravier.
Bibliographie. — Mayotte et Comores : Exposition Universelle de 1900.
MAZAGAIV. Ville et port du Maroc, qui, en arabe, porte le nom de El-Djedida : elle a une importance réelle, et presque tous les pays d'Europe y ont des agents consulaires. La région est très saine et on pourrait faire du havre un excellent port. Le mouvement de ce port est de 223 navires jaugeant 140.301 t. à l'entrée en 1898. La valeur des export, pendant cette même année, a été de 3.347.000 fr. et celle des import, de 3.833.000. Les premières portent principalement sur les amandes, les œufs, le maïs et les laines; les autres sur les cotonnades, le sucre et les bougies. En dehors de la Grande-Bretagne, de la France et de l'Allemagne, les échanges se font aussi, mais aux import., avec la Belgique.
MAZAMET. (T.\RN.) Une des plus importantes villes industrielles du Midi, à 31 kil. S.-E. d'Albi, par 43° 39' lat. N. et 0» 1' long. 0. de Paris. Pop. : 10.000 hab. en 1860, 13.712 en 1899; canton, 22..390. L'industrie principale de Mazamet est celle de la peau de mouton et de la laine; la fabrication des lainages ne vient qu'au second rang. Toutes les régions de la France où se pratique l'élevage du mouton envoient leurs tontes à Mazamet.
Le mouvement des marchandises a été le suivant en 1889 et 1899, en milliers de kilog, :
AunivAGES Expéditions
Peaux L.aines Laines Cuirots
en l.iinc en suint lavées
La valeur moyenne des laines a été, en 1899, de 4 fr. 10 le kilog., celle des cuirots de 6 fr. 10 par douzaine. L'ensemble de la production s'est chiffré
MAZOUT