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METAL DEPLOYE

application des dispositions, beaucoup plus sévères, de l'art. 423 du C. Pén., au cas où les poids et mesures, anciens ou nouveaux, seraient reconnus faux.

S'il est vrai que les ventes faites par les coopératives et les syndicats ne peuvent pas avoir pour effet, en raison des conditions dans lesquelles elles sont effectuées, d'entraîner l'application des droits de patente, on ne saurait en conclure que les poids et mesures qui y sont employés doivent être exempts des taxes de vérification. Il n'est pas nécessaire, pour qu'un individu soit passible de la taxe des poids et mesures, qu'il soit, en même temps, redevable de la contribution des patentes, aucune connexité n'existant entre l'un et l'autre de ces droits. (Arrêt du Conseil d'État, 2 février 1885.)

Le 20 mai 1898, la Cour de cassation s'est prononcée pour l'application de la vérification et de la taxe y afférente aux syndicats agricoles.

Le mètre n'est pas seulement astreint à avoir la longueur de l'étalon unique: il faut encore qu'il revête la forme qui lui a été assignée. De même, la forme des poids n'est pas facultative. (Instruction n* IX.)

Les instruments de pesage ne doivent pas s'écarter des formes usitées. En cas d'innovation, le Gouvernement se réserve de faire procéder à un examen préalable de l'instrument nouveau avant d'accorder, s'il y a lieu, l'autorisation de s'en servir dans le commerce. (Instruction n" X.)

En 1898, les principes de l'uniformité ont été contestés en ce qui concerne les balances. Un constructeur soutenait : i* qne ces appareils ne rentrent pas dans les prévisions du système métrique : 2" qu'ils échappent aux prescriptions relatives au poinçonnage, lorsqu'ils sont destinés aux usages des particuliers. Un arrêt de cassation, du 1" juin 1899, a repoussé ces prétentions.

La vérification des poids et mesures est assurée par des agents de l'administration, nommés par le Ministre du commerce, selon l'ordonnance de 1839 et le décret de 1873. Ces agents procèdent périodiquement à des visites, même à domicile; les frais occasionnés par ces opérations sont recouvrés par une taxe perçue sur les commerçants assujettis à la vérification.

Vérification initiale et vérification périodique. — La vérification initiale a pour but d'assurer la justesse des instruments de pesage ou de mesurage, ainsi que leur conformité avec les modèles autorisés. En effet, il ne suffit pas qu'un poids ait la pesanteur légale, une mesure de capacité la contenance réglementaire; il faut encore que ces résultats soient obtenus à l'aide de dimensions convenues. De cette manière, la forme des instruments finit par devenir familière aux acheteurs comme anx vendeurs, en sorte que les dangers de fraude involontaire on préméditée, provenant de la confusion d'une mesure avec une antre, se trouvent écartés. Les conditions de réception exigées sont fixées par l'ordonnance de 183*.), ainsi que par les décisions ministérielles et les décrets rendus depuis.

Mais les instruments de pesage et de mesurage sont susceptibles de s'altérer par l'usage; la vérification périodique a pour objet de veiller à ce que la signification qui s'attache à la présence du poinçon ne se trouve pas démentie par les faits. Dans ce but, chaque année, le vérificateur se rend dans les communes pour y examiner les poids, mesures et appa-

reils de pesage; tous ceux qui sont reconnus offrir des garanties suffisantes sont marqués du signe de la vérification périodique.

Aux termes de l'art. 38 de l'ordonnance du 17 avril 1839, la vérification périodique est annoncée dans toutes les communes au moins deux jours à l'avance. L'apposition dn poinçon constitue l'attestation que le contrôle a donné des résultats satisfaisants. Tout objet non frappé de ce cachet est tenu pour suspect. Afin de faciliter la surveillance, la loi du 4 juillet 1837 prohibe comme irréguliers les instruments de pesage et de mesurage non revêtus du signe de la vérification. Précisant davantage, l'art. 27 de l'ordonnance du 17 avril 1839 confère aux préfets le pouvoir de fixer le délai pendant lequel chaque commune doit être vérifiée, et prévient «les commerçants, entrepreneurs et industriels qu'il leur est interdit, à l'expiration dn délai ci-dessus fixé, d'employer ou de garder en leur possession des poids, mesures et instruments de pesage qui n'auraient pas été soumis à la vérification périodique et au poinçon de l'année ».

En visitant sur place les balances et les autres appareils, conformément aux dispositions des art. 22 et 23 de l'ordonnance précitée, les vérificateurs peuvent déjà se faire une idée de la bonne foi qu'ils rencontrent: si quelque chose leur parait suspect, ils notent leurs impressions: puis, dans la période comprise entre le 1" août, date de la clôture des opérations périodiques, et le 1" janvier, ils se rendent à l'improviste dans les localités où leur retour leur a paru utile: ils saisissent les objets faux on irréguliers que l'on aurait pu dissimuler à leurs regards à l'époque de leur premier passage. Tel est le but des tournées dites de surveillance.

Vérification à domicile et Vérification centralisée. — Le vérificateur accomplit sa mission soit en se transportant chez les commerçants (art. 19 de l'ordonnance du 17 avril lSi9), soit en demandant l'apport du menu matériel à la mairie (art. 20 de la même ordonnance), sauf à visiter sur place les balances et antres appareils (art. 22 et 23). Dans les deux cas, les opérations de vérification doivent être effectuées à l'aide des instruments de précision mis par l'Etat à la disposition des agents. Les circulaires des 24 avril 1833 et 29 octobre 1896 sont catégoriques à cet égard. Le premier mode constitue la vérification à domicile, le second porte le nom de vérification centralisée. Chacun a ses inconvénients et ses avantages. J. Dksclozeaux,

Avocat à la Cour daj'pcl de Paris.

MÉTAL ANGLAIS. V. Alliages.

MÉTAL BLANC. V. Maillechort.

MÉTAL DÉPLOYÉ. On donne le nom de métal déployé a un treillis métallique, composé de lanières d'acier ou de tout antre métal, sans solution de continuité et sans soudure, en mailles à losanges, obtenu mécaniquement par une machine dite « Golding ». Cette machine reçoit à l'avant des tôles pleines et livre à l'arrière des tôles ajourées, sans perte de matière.

Le métal déployé est surtout usité comme clôture, mais aussi comme garde-corps de ponts, de balcons, de cages d'ascenseurs, comme protecteur de volants et courroies dans les usines, etc. Il sert encore à fabriquer des objets mobiliers ou artistiques : corbeilles, paniers, garde-feu, etc.

Une usine de Saint-Denis s'est fait une spécialité

METALLURGIE

METALLURGIE

de celte production métallique, dont elle a fourni près de 300.000 m. carrés dans les principales constructions de l'Exposition de 1900. Chaque machine Golding produit de 6o à 470 m. carrés de métal déployé, suivant les largeurs de mailles, de 10 à 150 millimètres.

MÉTAL DES CLOCHES. V. Alliages, Cuivre.

JiKT.VLLURGlli;. La métallurgie est l'art d'extraire les métaux des minerais qui les contiennent, puis de les mettre partiellement en œuvre. Les minerais métallifères (voy. Minerais), tels qu'ils sortent des mines, ne contiennent que très rarement le métal à l'état pur. Par exception, l'or, l'argent, le platine, se rencontrent souvent à l'état de paillettes, de pépites même, dans certains sables ou certaines roches. En général, on trouve le métal cherché soit à l'état d'oxyde: c'est le cas du zinc, de l'étain, du fer; soit à l'état de carbonate (fer), de sulfure (plomb, cuivre, mercure), d'arséniure (nickel), etc. De plus, presque tous les minerais arrivent de la mine à l'usine métallurgique mélangés avec une matière étrangère que l'on appelle gangue, et dont il faut se débarrasser, si l'on n'a pu le faire préalablement à la mine.

Les traitements métallurgiques sont de trois espèces : mécanique, chimique, électrique.

Les traitements mécaniques comprennent le cassage, le triage, le lavage. Ils ont pour but l'enrichissement du minerai. Le cassage se fait soit à la main actionnant un marteau, soit mécaniquement par l'emploi d'une chute d'eau ou d'une machine à vapeur actionnant des pilons ou bocards, ou bien par l'emploi des concasseurs-broyeurs. Le triage se fait quelquefois à la main, et le plus souvent au moyen de cribles, ou bien d'appareils à piston, de tables à secousses, de tables circulaires à rotation. Ces appareils mécaniques permettent de séparer régulièrement des sables de poids on de volumes différents. On comprend que le choix des appareils varie avec la valeur des minerais et les circonstances locales, telles que facilité ou rareté de la maind'œuvre, existence de chutes d'eau, proximité de combustible, etc.

L'enrichissement magnétique est employé pour séparer le fer spathique ou le fer presque pur, dit magnétite, du sulfure de zinc (blende).

Les traitements chimiques sont de deux sortes : par voie sèche et par voie humide.

La voie sèche comprend : la calcination, le grillage, la fusion, l'affinage, la liquation, la coupellation, la sublimation.

La calcination et le grillage sont deux opérations similaires ; dans la dernière, l'action de la chaleur est poussée plus loin que dans la première. Ces opérations ont pour but de chasser l'eau, l'acide carbonique, le soufre, contenus dans certains minerais de fer, de cuivre, de plomb, de zinc, d'étain, d'antimoine. Calcination ou grillage se font en tas, en cases, ou dans des fours spéciaux dont quelquesuns sont très perfectionnés.

La fusion s'opère dans des fours divers. Notre article Fours donne quelques notions sur ces appareils. Notre article Haut-Fourneau parle de l'installation des grands fours à réduire les minerais do fer, et notre article Fonderie décrit succinctement les usines où l'on refond les métaux pour les jeter en moules. Les minerais de cuivre, d'étain,

de plomb se traitent quelquefois dans des demi-hauts fourneaux ou des fours h réverbère.

L'affinage des fontes de fer se fait au four à pudd- 1er, au convertisseur Ressemer ou au four Martin- Siemens. Celui du cuivre se fait quelquefois au convertisseur, et, le plus souvent, dans des fours à réverbère ; celui du plomb et celui de l'étain se font par liquation. C'est par liquation que l'on sépare le bismuth et le sulfure d'antimoine.

La coupellation se fait dans des fours à réverbère spéciaux combinés de façon à pouvoir, à un moment donné, lancer de l'air à la surface du bain. On l'emploie le plus souvent pour séparer l'argent du plomb argentifère.

La sublimation fonrnit l'acide arsénieux, le mercure et le zinc.

Les exemples que nous venons de donner, et les suivants, ne sont pas formels, et ne sont cités qu'à titre d'indication, tels ou tels minerais se traitant souvent par des méthodes absolument différentes : cela dépend des pays, des usines, des cas particuliers.

Les traitements chimiques par voie humide comprennent l'amalgamation avec le mercure et les réactions par les acides ou certains produits spéciaux. Pour extraire l'or, au Transvaal, on a recours à l'amalgamation et à la cyanuration. Le minerai de platine, lorsqu'il est arrivé à son maximum de concentration et d'enrichissement, est traité par l'eau régale.

V électro-métallurgie est d'application récente, et elle est surtout employée pour la production de l'aluminium, métal dont les utilisations se multiplient tous les jours. L'électricité, en métallurgie, est utilisée soit comme source d'extrême chaleur, soit comme agent de décomposition par les courants. On appelle électrolyse cette action des courants. L'aluminium est dégagé de son minerai soit par l'action thermique dans le four électrique, soit par électrolyse, et des usines à aluminium importantes sont installées près de chutes d'eau puissantes qui produisent l'électricité sous ces deux formes. Au four électrique de son invention, M. Moissan a pu obtenir le manganèse, le molybdène, le titane, le tungstène, soit à l'état pur, soit à l'état de carbure. Quant à l'électrolyse, ses applications métallurgiques sont plus variées et plus considérables que celles des fours. Outre pour l'aluminium, l'électrolyse est employée à la préparation de l'or, à l'extraction du zinc, à l'affinage du cuivre et du nickel, à la séparation de l'étain dans les déchets de fer-blanc. (Voy. Électro-Chimie et Électrolyse.)

Les métaux étant obtenus à l'état brut, purs, à l'aide des procédés indiqués ci-dessus, il reste à leur donner des formes régulières, et c'est généralement encore dans les usines métallurgiques que se fait ce dernier travail. Nous avons défini, dans notre article Aciéries, le matériel d'une usine à acier, à fer fondu ; la sidérurgie est de beaucoup, en fait, la branche de la métallurgie la plus considérable, dans notre pays notamment. (Voy. Acier, Fer, Fonte, où l'on trouvera les chiffres de la production et du commerce, pour les principaux pays.)

La métallurgie procède de la physique, de la chimie, de la construction proprement dite et de la construction des machines; elle est une spécialité pour l'ingénieur moderne, spécialité qui demande

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