‹ Dictionnaire du commerce, de l'industrie et de la banqueChapitre 546 sur 1134 · MIEL · texte numérisé non relu

MIEL

marchande du port se composait, an :tl décembre 18Î)H, de 77 navires, jaugeant ;n.0()0 t., dont (i.'j vap. avec 35.000 t. Service mensuel de la ligne Hickiners sur Yokohama, bimensuel de la Wilson Line sur IJombay.

Middiesborough est en communication, par chemins de fer, avec Newcaslle, Hartiopool, Vork,Darlington etWhilby.

— Agence consulaire de France.

Mini (Vins (In). V. Vixs.

MIKL. (Syn.: AngL: Eoney. — Allem, : Honig.

— Esp. :j1/te/. — \Và\.: Mêle.] Le miel est un liquide épais et sucré, pins on moins parfumé, que les abeilles ouvrières recueillent dans les nectaires des plantes, digèrent en partie dans l'estomac, puis dégorgent dans les alvéoles de cire de leurs rayons pour leur nourriture de l'hiver. On distingue trois sortes de miels : le miel vierge, liquide parfumé, transparent, légèrement ambré, qui découle sans pre.ssion des rayons ; le miel brut obtenu par pression et grâce souvent à l'intervention delà chaleur; le miel purifié obtenu par la fonte et la clarification du miel brut. Les miels les plus estimés viennent de Grèce, des Baléares, de Cuba, et, en France, de Narbonne et du Gâtinais. Ils renferment en moyenne 3 "/„ de saccharose, 71 de glucose, un peu d'albumine, des acides organiques et des éthers que leur confèrent leur odeur et leur saveur spéciales.

Le miel de Narbonne sent le romarin, comme celui de Crète et de Minorque; celui de Provence, la lavande; le miel de Cuba, la fleur d'oranger; le miel de Bretagne a souvent un arrière-goût désagréable qui lui vient du sarrasin; le miel de Corse a une certaine amertume provenant des fleurs du buis, et celui de Sardaigne a souvent aussi l'amertume de l'absinthe; le miel de Madagascar et de Bourbon est verdAtre, sirupeux et de qualité supérieure; celui de Maurice est blanc, rouge ou vert, dans une même ruche, suivant qu'il provient du latanier ou du tan rouge.

Le miel des abeilles de montagne est de première qualité, généralement blanc, à odeur douce et agréable, épais, grenu, clairet très pesant. Le miel de seconde qualité est celui des prairies et des campagnes à sarrasin; la troisième qualité est produite par les abeilles de bois. Le meilleur miel est celui qu'on sort delà ruclie au printemps; celui d'été n'est déjà plus aussi bon, bien que supérieur encore à celui d'automue: enfin, celui des jeunes essaims est préférable à celui des vieilles abeilles.

Le miel est employé dans la fabrication du pain d'épices, dans la préparation de quelques vins artificiels. Il sert aussi à améliorer les vins naturels défectueux, les bières et les cidres. Les confiseurs et les pâtissiers en font usage.

Grâce à ses propriétés organoleptiques, le miel est surtout employé comme aliment, soit seul, soit associé ou incorporé à des gâteaux et à des produits de confiserie. On l'emploie aussi fréquemment en médecine sous forme de mellites. Le miel rosat est du miel dissous dans de l'eau de roses de Provins et concentré par la cuisson.

Quelques miels peuvent être vénéneux, ayant été récoltés par les abeilles sur des solanées et antres plantes vireuses, mais ce cas est très rare. Ce qui l'est beaucoup moins, ce sont les falsifications du miel, dont les plus répandues sont l'addition de sucre et de sirop de sucre de fécule. Mais on peut y rencontrer aussi du lait, du jus de poire, de la gelée de coing, de la gomme arabique, de la géla-

tine, de la mélasse, de l'amidon et de la farine, etc. (V'. Falsific.vtiox des aliments.)

D' J. Laumoxier.

I,A l'itonucTioN or .miki. : En France. — Nous donnons ci-après, avec le nombre des ruches en activité, les chiffres de la production totale du miel et de la cire (en kilog.), avec la valeur moyenne du kilog. de miel et de cire (en francs), pour les années 1S'J2 à 189G : Années Xorabre des rue bos Prod. totale en actirilé du niiel

1892. 1.034.897 7.448.2Go

Il y avait, en 1898, 1.580. 715 ruches d'abeilles en activité, dont la production totale a été : miel, 7.588. 120 kilog., valant 10.404.699 fr. , au prix moyen de 1 fr. 38 le kilog. ; cire, 2.207.083 kilog., valant 4.780.151 fr., au prix moyea de 2 fr. 10 le kilog.

Les principaux départements français producteurs de miel et de cire sont, avec les quantités en kilog. : Départements Miel Cire Départements Miel Côtes-ilii-Nord . "lOO.OOO 200.000 Kure-et-Loir . . . 258.1.f Uleet-Vilaine.. 400.496 7i>.,=ia3 Loiret 181.096

Valeur

Production totale

Valeur

dukgr.

de la rire

du ïgr

Marne

(;iier

Finistère

Var

Loire- Inférieure

Aisne

Somme.. .

Corrèze.. .

Morbihan.

Isère

Cire

Prix dukgr.

Dans les Colonies françaises. — Nous n'avons pas les chiffres de la production algérienne en miel et cire, mais nous relevons, aux Tableaux du commerce (C. S.) pour 1897 et 1898 (en kilog. et fr.) :

Import. d'Algérie en France

Miel Prix dukgr. Cire

Export, de France en Algérie

Des chiffres d'export. de la cire algérienne on peut conclure à une production importante de miel qui est consommée sur place et qui pourtant est loin de suffire it la consommation, comme le montrent les chiffres de l'export. française. Kn admettant que l'export. de cire algérienne en France représente à peu près la moitié de la production, celle-ci serait donc de 115.000 à 120.000 kilog.,. qui correspondraient à une moyenne de 400.000 kilog. de miel fournis par 80.000 ruches en activité.

La Tunisie a exporté en France, en 1898, pour 100.000 fr. de cire animale brute.

Madagascar produit une notable quantité de cire (et par conséquent de miel), dont elle a exporté en France, valeurs en francs :

En 1895 pour . . .Fr. 22.000 1 En 1897 pour . . .Fr. 58.000

et dans les pays étrangers, en 1896, 171.980 kilog.

En Europe. — Une publication allemande, le Handeis Muséum, estime la production annnelle du miel en Europe à 80.000 tonnes, valant environ 55 millions de fr. Voici quelle serait la production des différents pays :

Nombre de ruclies T. de miel

Allemagne

Espagne

Autriche-Hongrie

France

Hollande

Belgique

G rèce

Russie

Danemark

Hors d'Europe. — En 1896, le Chili a exporté (C.S.) 2.030.294 kilog. de miel {miel surtida). évalués à 203.029 pesos ou piastres (de 1 fr. 875) et 201 .203 kilog. de cire animale valant 141.923 pesos. Les export, de miel ont été : pour 534.171 kilog. à destination de l'Angleterre; pour

MIÈXX-TCHÉOU

MILAN

1.022.463, de l'Allemagne; pour iG9.0l7, de la France. I^s export, de cire ont été : pour 81 .077 kilog. à destination de l'Angleterre; pour 102.210, de l'.VIleniagne; pour 17.270 de la France.

Co-MMEKCE. — On trouvera au mot Cire les chiffres du conimcrce pour ce produit des abeilles; nous ne nous occupons ici que du miel.

\je commerce du miel est certainement nn de ceux qui «nt le moins varié dans ce-; trente dernières années : les «hiffres d'environ 400.000 kilog. par an, que nous relevons aux import. (C. S.) pour les périodes décennales de 1807-76 et 1887-% se rapprochent sensiblement de ceux qu'on trouvera ci-après pour les années 1897 et 1898. Nous ^n dirons autant des export. (C.S.),qni depuis 1867 se tiennebt aux environs de 1. 100 à 1.200 T.

Voici les chiffres pour les années 1897 et 1898, en kilog. et fr. :

1897 PriiE.V.D. iSUS PriiE.V.D. du kilog. du kilog.

Importations 21.5.47S 0,81 1 410.377 0,81 Exportations 1.235.119 0.65 | 1.160.519 0,75

C'est le Chili qui de t«us temps a été notre principal fournisseur (118.725 kilog. en 1897 et 155.938 en 1898); puis viennent : l'iulie (44.668 en 1897 et 84.190 en 1898), l'Espagne (18.000 et 24.000). On remarque que l'Angleterre, qui est portée pour 26.156 kilog. en 1898 et r.\llemagne, pour 70.600 la même année, ne figuraient nominativement ni l'une ni l'autre, pour ce produit, dans les Import, de 1897.

Prés de la moitié de notre export, est à destination des Pays-Bas (313.396 kilog. en 1897 et rm.tySl en 1898) ; la Belgique reçoit les 2/3 de l'autre moitié (491.687 en 1897 et 378.826 en 1898). Nous exportons aussi des quantités notables en .Algérie (80.042 et 101.555 kilog.).

Douaties. — Le miel paye 15 fr. les 100 kilog. nets au T. G. etlOfr. les 100 kilog. bruts au T. -M. Les rayons de miel sont passibles du droit du miel. Les miels artiGciels (mélanges de miels et de sucre ou de glucose) suivent le régime des «Sirops» ou des « Contitures an sucre» (76 fr. T. G., 72 T. .M. les 100 kilog. nets, ou 38 fr. T. G., 36 T. .M.), selon que la proportion de sncre ou de glucose entrant dans le mélange atteint ou non 50 '/,.

Les ruches à miel, renfermant des rayons dont les abeilles ont été étouffées, sont admises en franchise comme celles qui renferment des essaims d'abeilles; mais les ruches vides, neuves on vieilles, sont soumises an droit qoi leur est propre d'après la matière dont elles sont faites.

MIÈNX-TCHKOU (ilinn-tchao, en dialecte de Canton). Tissu chinois, chaîne de soie et trame de coton. II est appelé, uni, sous-miènn-tchéou, et façonné, hoa-miènn-tchéou. Le fond est un reps analogue au gros de Tours, le broché est fait en sergé. La pièce a de la à 16 m. de long et la largeur est de 48 à 5i cm.

Ce tissu sert en Chine à l'habillement des femmes et des hommes: on en fait surtout des robes de femme et des culottes d'homme. La consommation en est considérable. On fabrique cette étoffe dans les provinces de Konang-toung, de Fo-kiènn, de Tchékiang et de Kiang-sou, notamment à Chonènn-té, près de Canton, à Hang-tchéou-fou et à Sou-tchéoufon. On a fait longtemps avec succès à Amiens nn tissu à peu près pareil, mais pins beau, l'éolienne, dont la chaîne était d'organsin et la trame de laine de Hollande, et l'on en a vendu en Chine vers l&jO.

MiPiin-tchéou uni. — La pièce pèse environ 700 gr. Il y a des unis armure taffetas, mais la plupart ont le grain du gros de Tours.

Miènn-tchéou façonné. — La pièce pèse ordinairement 680 gr. Cette étoffe est de diverses couleurs: blanc, bleu clair, vert pomme, cerise, grenat, écarlate, vert foncé et jaune paille. Elle se vend par cent pièces assorties et les assortiments varient.

N. Ro.NBOT.

3llLA.\. (It.^uf. : Lombardie.) La plus importante ville d'Italie au point de vue industriel et commercial : sa pop. a atteint au 31 mai 1900, le chiffre de 300.658 hab. (321.839 hab. en 1881, 220.000 en 1860.) j La province couvre une superficie de 3.169 kil. I carrés et comprend les arrondissements très indus- ; trielsd'.\bbiategrasso,GaIlarate,Lodi, .Milan, MoDza, ; avec nne pop. qui s'est élevée de 1.114.991 hab. en j 1881 à 1.307.091 en 1898.

1 La province possède 7.000 kil. de roates provin- I ciales ou communales; 838 de voies ferrées, sans I compter les 80 kil. de la ligne urbaine milanaise à I traction électrique, dont le mouvement a été, en 1899, ! de 51 millions 1 2 de voyageurs.

.Milan doit son importance, toujours croissante, à

! sa situation géographique, qui en fait le centre des

i communications méditerranéennes avec l'Europe

centrale : à 150 kil. de Gènes, dont elle absorbe les

; deux tiers du mouvement, elle est en communication

■ directe avec la France pari'urin et le Mon t-Cenis, avec

la Suisse, l'Allemagne occidentale et la Belgique

par le Gothard, avec r.\llemagne orientale par Vé-

I rone et le Brenner. Le percement du Simplon va

j encore favoriser Milan, puisque le tableau des dis-

: tances donne :

Par le Mont-Cenis

Par le Saint-Gothard.

Par le Simplon

Milan à Paris

Milan à Calais

Kil.

Kil.

Cette facilité et ce rayon étendu des communications, qui centralisent le mouvement commercial de la Péninsule, contribuent au développement des industries lombardes. (Voy. BREsctA, Berga.me, Crémone, CÔME, M.vNTOUE, etc.)

I.NDUSTRiEs. — La province de Milan est, de tonte l'Italie, celle qui compte le plus grand nombre d'établissements industriels: le nombre des ouvriers est de 150.000, dont 24.000 pour les industries mécaniques et chimiques, 8.000 pour les alimentaires, 80.000 pour les textiles, etc.

Industries métallurgiques, mécaniques et chimiques. — La province compte 94 fonderies d'acier, de fer, de cuivre, de boulons, de cloches, de caractères d'imprimerie, de limes, etc., occupant 2.352 ouvriers : 21 sont annexées à des établissements mécaniques: Milan seule en possède 82. Les usines mécaniques, au nombre de 348, occupent 12.000 ouvriers avec 3.000 chev. de force; elles se subdivisent en : fabriques de locomotives et wagons, dont les deux principales viennent de se réunir; 12 de chaudières et moteurs: 26 de machines industrielles; 19 d'appareils d'éclairage et de chauffage: 22 de constructions en fer: 94 de poids et mesures ; 44 d'appareils électriques, etc . Dans cette dernière branche, la fabrication italienne commence à s'étendre singulièrement, au point que les grandes fabriques suisses et américaines ont décidé d'établir des usines en Italie pour conserver leur clientèle, qui tendait à leur échapper. 36 usines à gaz produisent 33.478.981 m. cubes de gaz, représentant 4.603.975 lires, avec 2.796.825 lires de résidus.

De très importantes installations électriques existent ou sont en construction dans la province : les principales sont celles de Paderno et Vizzola, représentant ensemble près de 40.000 ciiev. de force effective; de nombreuses concessions de forces hydrauliques ont été accordées en ces derniers temps, et

MILAN

MILAN

leur transformation en énergie sera un coefficient important de développement industriel.

Les fours à chaux (G), à plaire (4), à briques (70), etc., au nombre total de 87, ont une production de 2 millions 1/2 de lires; les fours à briques, de 2.300.000 lires avec 1.636 ouvriers; 4 fab. de poteries, majoliques et porcelaines, de 1.700.000 lires; 4 verreries et cristalleries, d'environ 2 millions. Certaines de ces dernières sont françaises ou soutenues en partie par des capitau.x français.— 136 fal)riques de produits chimiques occupent 5.000 ouvriers : 19 produisent des acides minéraux, 12 des engrais chimiques, acide sulfurique et colle; 59 des savons, bougies, amidon ; 12 des poudres, pièces d'artifices, allumettes, etc. Ces diverses fabrications se développent très rapidement, limitant de plus en plus l'importation étrangère, notamment pour les engrais.

Industries alimentaires. — 553 moulins existent dans la province, disposant de 2.506 chev. de force, 1.20() paires de meules, 22 cylindres, 2.250 ouvriers; la quantité de céréales travaillées atteint par an 2 millions de qx. : 106 moulins emploient plus de 5.000 qx., 19 plus de 10.000, 7 plus de 20.000 par an. 81 établissements de perlage de riz, avec 541 ouvrier.s, produisent en moyenne 700.000 qx.

1.201 laiteries ou fromageries, avec 2.748 ouvriers, produisent dans la province 46.000 qx de beurre et 294.000 de fromages divers : industrie en constant accroissement. — L'extraction de l'huile des graines de ravison, de lin et d'arachides occupe 76 établissements, d'une production annuelle de 90.000 qx. — La fabrication des salaisons est renommée; elle donne une export, annuelle qui dépasse 100.000 qx et compte 47 fabriques avec 263 ouvriers; principal centre, Abbiategrasso.

Sur les 40 fabriques d'alcools, deux occupent 130 ouvriers. La «Société italienne des alcools» distille 162.238 qx de maïs, 2.417 de rizine; elle a produit 37.719 hectol. en 1898; l'autre, environ 25.000 hectol. — La production de la chicorée et autres succédanés du café est de 1 raillion 302.811 qx, avec 11 fab. et 197 ouvriers : une seule, à Milan, en occupe 180 et dispose de 63 chev.-vap. — 3 fabriques produisent environ 13.000 qx de glucose, en presque totalité liquide.

Industries textiles. — Elles occupent une place très grande dans la province de Milan, notamment celles de la soie et du coton : l'industrie de la soie, restée libre-échangiste, malgré des vicissitudes nombreuses, a su profiter des circonstances, du cours forcé et du change élevé pour se développer, même dans le tissage; au contraire, l'industrie du coton peut être considérée comme artificielle : les tarifs douaniers de 1892 ont été faits par elle et pour elle.

Industrie de la soie.— Elle occupe 36.000 ouvriers dans 280 établissements, qui se répartissent ainsi :

Etablissements Ouvriers

Moulinage de la soie 136 13.236

Filature de la soie 46 14.635

Cardage et filature de déchets... 5 338

Tissage de la soie 74 3.031

Préparation des soies à coudre. . 14 108

Essai et condition des soies 3 254

La force motrice totale employée dans ces établissements est de 1.712 chev., dont 1.442 à vapeur, 264 hydrauliques et 6 à gaz. Le moulinage de la soie compte en activité 8.707 bassines à vapeur et 172 à feu direct : 7 seulement de ces établissements ont l'éclairage électrique. La filature dispose de 94.187 broches en activité, de 208.769 pour les opérations accessoires, de 3.400 pour la filature des déchets. Le tissage, moins important que dans la province de Côme, compte 2.800 métiers mécaniques, 733 métiers à main simple, 965 Jacquart : les grands tissages sont à Desio, Gerenzano, Melzo, Seveso.

En ce qui concerne le conditionnement des soies, Milan tend à enlever à Lyon la première place. La Société coopérative pour les conditionnement et essais des soies a effectué les opérations suivantes, en kilog. :

1898 1899 En plus

Conditionnement 4.634.233 3.141.830 310.595

Pesage de soies 801.085 914.600 113.315

Pesage de cocons 1.299.890 2.019.700 719.810

L'assemblée générale du 5 mai 1900de cette Société a décidé la création de magasins généraux, destinés à recevoir les soies et cocons qui arrivent de toutes parts en quantités de plus en plus considérables sur le marcJié de Milan, et à l'effet de développer les relations directes avec le Levant et l'Extrême-Orient, pour l'import. des matières premières.

L'autre Société exerçant le conditionnement des soies (Orioni et C'") voyait passer en moyenne 1 million 200.000 kilog. par an ; le chiffre de 1899 a été de 2.488.195 kilog. au conditionnement et de 2.664.285 au pesage.

La production des tissages consiste en étoffes pour habits et ombrelles, doublures, garnitures, cravates, foulards et rubans ; les étoffes légères tiennent la plus grande place, et une assez forte quantité va à Paris même.

Industrie de la Laine. — - Cette industrie, si importante à Biella, Schio et Prato, ne comprend que 12 établissements dans la province de Milan, dont 2 filatures, 8 tissages et 2 fabriques comprenant filature et tissage.

Les deux filatures, dont l'une est française, comptent 4.780 broches et 170 ouvriers. Les 8 tissages (10 métiers mécaniques et 448 à main) occupent 789 ouvriers. Enfin deux derniers établissements, à Lodi et Somma- Lombardo, disposent de 7.000 broches, 239 métiers mécaniques et 202 à main, occupant 1.300 ouvriers. Au total : 2.250 ouvriers, 11.780 broches, 899 métiers, dont 249 mécaniques.

Industrie du Colon. — C'est la plus importante de la province après celle de la soie : les industriels des diverses branchasse sont unis ou s'unissent en syndicat.

La province de Milan comprend 16 filatures, 108 tissages, 12 établissements de filature et tissage de coton. Les 16 filatures disposent de 78.806 broches de filature, 4.000 de retordage, 1 .900 ouvriers : les trois principales maisons, à Lesmo, Macherio et Fagnano- Olona, comptent 28.000 broches à elles seules; les autres sont à Carate, Legnano, Olgiate. Le principal centre du tissage est Busto-Arsizio, le « Manchester d'Italie», qui compte 19 établissements avec 1.230 métiers et qui en comptera dans un an 10.000 de plus que l'on installe. Viennent ensuite : Legnano, avec 1.100 métiers, Monzaavec 1.130, Gallarate avec 800, etc. En résumé, les 108 tissages, occupant 12.000 ouvriers, disposent de 3.500 chev. de force, 10.331 métiers mécaniques et 1.243 à main. Les 12 établissements de filature et tissage emploient une forcede3.714chev.et6.000 ouvriers, qui font marcher 87.446 broches de filature, 3.808 de retordage, 3.933 métiers, dont 20 à main. L'industrie du coton est donc représentée par 136 usines, 9.305 chev. de force, 174.000 broches, 15.527 métiers, 20.000 ouvriers.

La principale production consiste en étoffes pour hommes (futaines, etc.) et pour dames (cotonnades, carolines, bordés, etc.), et en doublures: les futaines et les doubluresse font surtout dans l'arrondissement de Gallarate et le» étoffes pour dames dans celui de Monza. La fabrication des

MILAN

MILA-N

tissus unis de lingerie, transformée industriellement, a pris une grande importance; limitée au contraire est celle des tissus ouvrés (130 métiers mécaniques et 212 à main), bien qu'elle tende à se développer. A noter la fabrication des velours de coton à San-Vittore Olona, des doublures de matelas et des étoffes pour corsets à Busto. Citons enfin une importante fabrique de coton hydrophile, à Lonato- Fozzolo, avec 100 chev.-vap. , lOi ouvriers, etc.

L'industrie du Lin, du Chanvre et du Jute. — La filature est exercée par deux maisons dont l'une, le Linificio e Lanapificio nazinnale, possède 3établissements,à Fara,CassanoetCrema,occnpant3.6oO ouvriers, avec une force hydraulique de 2.3o0 chev., 31.000 broches, 400 métiers mécaniques. La production est d'environ 10 millions de kilog. de fils de lin et de chanvre, 1 million de kilog. de fils de jute, 4 millions de mètres de toile : à Cassano, une grande corderie mécanique a 16 machines travaillant continuellement. Une antre maison possède une filature à Melegnano, avec 0.900 broches et 600 ouvriers.

l^ tissage est e.\ercé dans 92 établissements, dont la production consiste surtout en linge de table damassé, toiles pour usage domestique, toiles à voile, toiles d'emballage et mixtes pour matelas; les principaux centres sont, outre .Milan, Trezzo. Vimercati, Besana, Busto-.Vrsizio, Bnsto-Uarolfo, Gallarata, Parabiago, Fagnano, Paderno, etc. Ces 92 tissages occupent 6.273 ouvriers, avec 773 métiers mécaniques, 3.807 à main, dont 3.282 simples et 523 Jacqnart.

Dans les antres branches de l'industrie textile, on peut citer encore : 29 tissages de matières mixtes pour ornements d'église, menbles et voitures, tapis et couvertures (1.300 ouvriers, 90i métiers, dont 200 mécaniques) ; 9 tissages de rubans et ceintures (500 ouvriers, 323 métiers, dont 271 mécaniques) : 5 tissages de passementeries, tresses, cordonnets, etc. (2. 160 ouvriers, 471 métiers et 963 machines diverses) ; 1 1 fabriques de tissus élastiques (5i7 métiers mécaniques et 700 ouvriers); 3 tissages de dentelles et rideaux (145 métiers mécaniques et 317 ouvriers) ; 7 fabriques de broderies mécaniques avec 111 machines an point passé, 9 au point de chaînette et 336 ouvriers.

Pour la teinture, blanchiment, apprêt et impression, les principaux centres sont: Milan (23), Busto-Arsizio (24) et Monza (18), soit 101 établissements avec 4.318 ouvriers et 110 moteurs à vapeur de 2.300 chevaux, 13 hydrauliques de 342 chevaux; 24 établissements ne teignent que les filés de coton; les antres teignent les tissus de coton (7), on les teignent et apprêtent (18), etc.

On compte enfin : à Milan, 44 fabriques de corsets (4), cravates (21) et lingerie (19), avec 2.842 ouvriers: dans la province, 28 fabriques d'articles de bonneterie avec 274 métiers et 991 ouvriers ; 30 fabriques de cordes à main avec 363 ouvriers et 1 fabrique importante d'ouvrages en poil et crin (tissus pour wagons, poils pour brosses et pinceaux), avec 274 ouvriers.

L'industrie ménagère est représentée dans la province de .Milan par 3.760 métiers, dont 3.877 pour le tissage du coton. 1.370 du chanvre, lin et jute, 132 de la laine, 49 de la soie, 3^)2 de matières mixtes.

I.NDisTiiiES DivKHSES. — L'industrie des chapeaux et accessoires compte 62 fabriques avec 4.210 ouvriers; à Monza, on fabrique 30.000 chapeaux de feutre par jour dans 21 usines, dont 6 principales (3.313 ouvriers) ; on peat dire que les fabriques de .Monza ont tué les fabriques similaires françaises.

L'industrie des peaux comprend 68 tanneries on usines de finissage, avec 1.112 ouvriers et 1.476 cuves; les peaux sont fournies par les abattoirs du pays; la production principale porte sur le cuir à semelle et à empeignes; quelques tanneries finissent les peaux de chèvre reçues des Indes, deux ou trois les maroquins pour chapellerie, une les peaux de chevreau et d'agneau pour gants. Les articles de cuir et de peaux sont ensuite fabriqués dans 78 établissements : les chaussures à la mécanique dans 3 fabriques avec 213 ouvriers ; les gants dans 30 avec 578 ;

les empeignes dans 9 avec 639; les courroies de transmission dans 3 avec 60; le cuir artificiel dans 3 avec 90 ; les maroquins dans 3 avec 148; les portefeuilles et portemonnaie dans 7 avec 228; les malles et valises dans I& avec 108: total : 2.076 ouvriers, 113 machines à tailler, 446 à coudre.

Les fabriques de papier sont an nombre de 4, avec 43.'> chev.-vap., 6 machines continues, 1 à tamboar et 879 ouvriers; les articles en papier, enveloppes, etc., donnent du travail à 1.328 ouvriers dans 57 fahriiiues; I9G typographies on lithographies emploient 3.789 ouvriers.

Les scieries mécaniques de la province, an nombre de- 29. disposent de 33 moteurs et de 376 chevaux. 82 scies mécaniques et 434 carriers; il faut y ajouter ane nouvelle importante fabrique de bois de placage, récemment inaugurée à .Milan, qui vient s'ajouter aux 4 déjà existantes.

La fabrication des meubles constitue une industrie considérable, avec ses principaux centres à Cesano, Maderno, Lissone, .Meda, .Milan, Seregno, Seveso, etc. : elle occape 9.014 ouvriers, dont 1.199 répartis dans 62 fabriques et 7.813 à domicile ; la plus grande partie produit des meubles ordinaires, une dizaine à peine des menbles de luxe. — Les 33 fabriques de parquets ont 19 moteurs de 339 chevaaz, 89 scies et 906 ouvriers. I>es autres articles de bois, cadres, corniches, billons, etc., sont fabriqués par 911 ouvriers dans 25 établissements.

20 fabriques de voitures ont 339 ouvriers; 3 fabriques de bouchons de liège, 270 ouvriers: 23 fabriques d'instruments de musique, 267. — Une industrie fort importante est celle des boutons, notamment en corne (13 fabriques, 1.251 ouvriers). — Les jouets sont fabriqués par 200 ouvriers dans 3 fabriques: les pinceaux dans 3 fabriques (37 ouvriers) ; les peignes dans 9 (314 ouvriers) : les pipes de racine dans 4 (86 ouvriers) ; les brosses dans 11 (338' ouvriers): au total, 2.226 ouvriers. — Les métaux précieux occupent 734 ouvriers dans 61 fabriques. — Enfin l'industrie du caoutchouc, câbles et fils électriques compte à Milan une des principales fabriques d'Europe, puisque soa chiffre annuel d'affaires atteint 9 millions de lires, dont une forte partie pour l'expert.; elle occupe 1.400 ouvriers. Une autre fabrique produit les articles de caoutchouc industriel.

Les progrès industriels sont rendus manifestes par l'augmentation continue de la main-d'œuvre : le nombre d'ouvriers était, en 1876, de 59.440; en 1896, de 75.366; il est aujourd'hui de 142.947: la force motrice était de 29.767 chev.-vapenr en 1892, elle est de 48.875 en 1900, sans compter les moteurs électriques, qu'on peut évaluer à 20.000 chev. pour la province. .\ Milan ou dans la province sont : l'Institut technique supérieur, l'École vétérinaire, 10 écoles on instituts techniques secondaires, l'École supérieure d'art appliqué à l'industrie, l'École d'arts et métiers, 23 écoles professionnelles ou populaires de dessin, etc. A la fin de 1898, il existait à .Milan 105 Sociétés industrielles représentant nn capital de 240 millions: ce chiffre s'est très sensiblement augmenté dans les deux années suivantes, et on serait très près de la vérité en évaluant à 300 millions le capital actuel de ces Sociétés, parmi lesquelles nous ne comprenons, pas celle des chemins de fer de la Méditerranée avec son capital de 180 millions, ni les 46 Sociétés coopératives à capital illimité.

Prodiits .\gricoles.— Les principaux produits agricoles de la province sont : le blé, 878.041 hectol. ; le maïs, 1 million 487.356; le riz, 729.188; le seigle, 116.903; l'avoine, 163.794: le vin, 44.180; le lin, 11.429 qx; les fromages, 106.935 qx; le beurre, 46.869 qx; les cocons, 3.223. 110 kgr. Milan possède une école supérieure d'agriculture et une

! chaire ambulante de récente création, une station avec

' cours de fromagerie à Lodi.

; I.e commerce des vins a constitué, pour défendre ses

I intérêts, l'Union lombarde des négociants en vins, siégeant

I à Milan.

I BA:<Qi't;s. — .\ Milan se trourent, outre un des sièges.

MIXEUAIS

MINERAIS

de la BaïKiue d'Italie, de la Banque de Naples et une succursale de la Banque de Sicile, plusieurs autres établissements de crédit, dont les plus importants sont :

La Banque commerciale italienne, qui, avec le concours de la Banque de Paris et des Pays-lias, vient de porter son capital à GO millions; elle possède des succursales à Florence, Gênes, Naples, Home, Turin et Messine; son mouvement total a été, en 1891», de 1G.141 millions; l'actif, dans la même année, a élé de 423. 424. GW lires ; le passif, de 420.412.621 lires; bénéfice, 3.012.027 lir«- J^e Crédit italien, au capital de 25 millions : actif en 18JJ, 230.340.135 lires; passif, 228.158.583; bénéfice, 2. I87.ai»2. Ces deux Sociétés ont pris une large part au développe- 'ment industriel, en subventionnant et lançant plusieurs Sociétés. — La Société banqnière milanaise (ex-Weill- Schott), la Banque lombarde des dépôts et comptes courants, la Banque populaire, la Banque coopérative miliinaise, la Société foncière milanaise, (1. Aliprandi et C", Henri .Mylius et C", Zaccaria Pisa, Rœsti et C", etc.

.Milan est le siège d'un consulat de France, d'une •Chambre de commerce italienne et d'une Cbambre de commerce française, fondée en 1885, dont l'action s'étend a toute l'Italie. Une autre Chambre de commerce est à Lodi.

Henry Blanc.

MILE ANGLAIS. Le mile anglais vaut 1.7l>0 yards et l.G09m.3i;). Le mile anglais carré équivaut à 2 kil. c. o899. (Voy. Mesures et Poios.)

.MILLE. On distingue, comme mesures itinéraires, la mille géographique de la au degré de l'équajg„r^7 422 m., et le mille marin de 60 au degré, ou arc de méridien d'une minute, ou tiers de lieue marine = 1.832 m. ou 120 nœuds. (Voy. Mesures et "Poids, Nœun.) Le mille marin carré de GO au degré = 3 kil. c. 4307. MILLEFEUILLE. Plante appartenant au genre Achillée, qu'on employait autrefois pour la guérison ■des blessures et qui est aujourd'hui d'un usage très restreint dans l'herboristerie.

MILLOM. V. CuMBERL.xNi) : ludustrlc du fer. .MIMOS.\. V. Matières tannantes.

MIXE ORAXGE. V. CÉRUSE et MiNIUM.

MiNER.vis. On désigne sons le nom de minerai toute substance minérale telle qu'elle est extraite <lu sol. Les masses de substances minérales renfermées dans le sein de la terre sont classées, relativement aux règles de l'exploitation de chacune d'elles, sous les trois qualifications de mines, minières et carrières. (Voy. Carrières, Mines.) Nous donnons ci-après la liste des principaux minerais métalliques, c'est-à-dire des matières minérales dont on extrait les métaux, en les classant par ordre alphabétique. Minerais d'antimoine. — Les minerais d'antimoine sont le sulfure d'antimoine, ou stibnite, et les oxydes d'antimoine. Le sulfure d'antimoine (appelé aussi antimoine sulfuré, antimoine cru et, dans le commerce, simplement antimoine), séparé de sa gangue par fusion, se présente sous la forme des vases dans lesquels on a laissé solidifier le produit; à l'intérieur, il est formé d'aiguilles cristallines très longues, d'un gris bleuâtre ; sa poudre salit fortement les doigts. Il entre en fusion quand on l'approche d'une bougie.

La production annuelle des minerais d'antimoine est d'environ 11.000 T., dont le tableau ci-après donne la répartition, la valeur sur place en francs ei le prix moyen de la tonne.

Les impoi-t. et export. (C. S.) ont été pour la France, en î897etl898,enkilog.: ^^^^ ^^^^

Import 816. 50G 437.235

Export 622.700 616.971

France

Algérie

Autriche

Hongrie (et Croatie-Slavonie).

Italie

Espagne ,

Portugal

États--tjnis

Australie

Nouvelle-Zélande

Production en tonnes

Valeur

sur place

n fr.

XA

(inconnue)

7fi.000 174.000

Prix

moyen

Prix E.V.U. : Import, et export, en 1897, 0fr.l5 le kilog.,en 1898, 0 f r. 20.

Exempts de droits d'entrée en France.

Minerais d'argent. — Les principaux minerais d'argent sont : l'argent natif, le sulfure et le chlorure d'argent. Ils renferment presque toujours d'autres corps dans une proportion plus ou moins considérable (antimoine, bismulii, soufre, cuivre). L'argent natif est celui qui est recueilli à l'état métallique à peu près pur, sous forme de masses, pépites, paillettes, etc. (Voy. Argent.)

Minerais d'arsenic. — L'arsenic se rencontre dans la nature à l'état de pureté (arsenic natif) ou en combinaison avec différents métaux. L'arsenic natif est en masses lamelleuses ou concrétionnées. (Voy. Arsenic.)

La moyenne annuelle de nos import. (C. S.) de minerai d'arsenic a été de 7.071 kilog. valant 2.161 fr., et celle de nos export, de 4.736 kilog. valant 1.516 fr. pour la période décennale 1887-96; voici les chiffres d'import. et d'expert. (C.S.) pour l'année 1898: Import., 702 kilog. à 0 fr.60 le kilog.; export. : ()8.991 kilog.. à Ofr.oO.

Les tableaux du commerce ne donnent aucun chiffre ni à l'import., ni à l'expert., pour l'année 1897.

Minerais de cobalt. — Le cobalt ne se trouve dans la nature que combiné avec l'arsenic, le soufre, etc. Les minerais les plus importants sont la smaltine ou cobalt arsenical (arséniure de cobalt) et la cobaltine ou cobalt gris (sulfo-arséniure de cobalt). La smaltine se présente en cristaux cubiques ou en masses cristallines compactes gris d'étain ou gris d'acier. Elle est facilement décomposée par l'acide azotique et donne, à chaud, avec cet acide, une solution avec dépôt d'acide arsénieux. La cobaltine a un éclat métallique assez vif, blanc d'argent ou blanc rougeàtre ; elle cristallise dans le système cubique et se dissout dans l'acide azotique, en donnant un dépôt d'acide arsénieux et de soufre et une solution rouge. (Voy. Bleus : couleurs.)

(L'administration des douanes assimile les mattes de cobalt aux minerais de cobalt.)

Production moyenne annuelle, 3.382 T., ainsi réparties

Colonies françaises et pays de

protectorat

Russie...

Norvège.

Espagne.

Production en tonnes

Valeur ur place en fr.

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