‹ Dictionnaire du commerce, de l'industrie et de la banqueChapitre 561 sur 1134 · CTO · texte numérisé non relu

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Totaux.... 2.47(;.G75 3.451.7G5 3.G72.G50 Sur ce total de 1898, l'Indo-Chine ne figure que pour 82.G82 taëls à l'importation, soit un peu plus de 3 %, et 205.148 taëls à l'exportation, soit 17 "/„. Tout le reste vient de Hongicong, ou y va.

Le nombre total de ciievaux et mulets de bAt ayant passé au bureau de Mong-tsé en 1898 s'est élevé à 179. 2G9, dont GO. 529 à l'import., 49.030 à l'export., et G3.710 pour le transit. En ne prenant que les cliillres se référant à l'import. et à l'export., et en estimant le poids moyen de la cbarge d'un cheval à 1201ivros chinoises (72icil. 4), cela donnerait environ 8.300 T. de marchandises passant par Mongtsé.

Le commerce de cette place a une tendance à progresser, et cette progression deviendra très rapide quand les communications seront plus aisées et moins coûteuses.

Les principales import, sont : les filés de coton (n° 20 et surtout 10, numérotage anglais), pour G9.800 piculs (4 millions 21G.000 kilog.) et 1.835.300 h. -k. -taëls (G.882.375 fr.), surtout des filés de Bombay, puis du Japon ; les cotonnades, 28.443 pièces pour 70.000 taëls (2G2.000 fr.), surtout les shirtings; les lainages, en petite quantité, 4.533 pièces pour 30.000 taëls; le pétrole, 105.300 litres, pre.sque tout de provenance américaine; le tabac, 8.000 piculs pour 182.300 taëls, etc.

Les principales expert, sont : l'étain des mines de Kioutsiou (25 kil. N.-O. de .Mong-tsé), pour 9G4.200 h. -k. -taëls, à raison de 20 à 23 taëls (82 fr. environ) le picul de 60 kilog. 4, et même 30 taëls ; l'opium, 1.200 piculs pour environ 1 million de fr., dont la moitié à peu près va au Tonkin. L'étain entre à lui seul pour 80 % dans les export. (35.000 à 40.000 piculs de 00 kilog. 1/2 environ). 11 se vend à Swatow, Amoy, Xing-Po, Shangbaï, etc., en concurrence avec celui des Détroits, qui est toutefois plus estimé pour la fabrication si considérable en Chine du papier de culte : il est plus dur et peut être battu en feuilles très minces^

MOXITKUR OFFICIKL DU COMMERCE. Publication hebdomadaire spéciale de l'Office national du Commerce extérieur. Voy. Renseignements

COMMERCI.IUX.

MOXXAIE. Parmi les institutions humaines et sociales, il en est peu dont l'histoire remonte aussi loin dans le passé et qui aient aussi efficacement servi les intérêts de la civilisation que la monnaie. Considérée an point de vue tliéorique, la monnaie a été l'objet de dissertations innombrables. Tout récemment encore, les polémiques entre mouométallistes et bimétallistes remplissaient le monde. Le Dictionnaire

1. Le commissaire des dou.ines impériales à Mong-tsé, dans son rapport de l'année 1890, fait à ce propos les remarques suivantes :

0 Pour se procurer l'étain, les marchands de Mong-tsé passent un contrat avec les chefs mineurs de Kiou-lsiou pour un certain nombre de piculs. Us leur avancent l'argent nécessaire aux travaux pendant les premiers mois de l'année, et vers la huitième ou neuvième lune ils débattent avec eux le prix du picul pour la saison qui s'ouvre. Les prix pour la campagne 1895-96 ont été, paraît-il, de 20 taëls de Mong-tsé sur le carreau de mine et pour la campagne 1896-97 de 19 taëls 50 cents. Les négociants disent qu'en payant ces prix ils ont perdu ; mais la question est de savoir si ces prix sont réels. Nous avons découvert : 1* que l'argent nécessaire aux travaux n'est avancé aux mineurs qu'à un taux d'intérêt fort élevé; 2° que les poids en usage aux mines sont de 5 "/, i)lus lourds que ceux de la Douane; 3* enlin que le prix stipulé au contrat subit touiours un rabais de 10 •/.. »

du Commerce a nécessairement moins de place à donner à l'appréciation des doctrines qu'à l'expose des faits, et nous ne l'oublierons pas. Rappeler brièvement les raisons d'être de la monnaie et ses origines premières; montrer comment une sorte de vocation naturelle prédestinait les métaux précieux au monopole de la fonction monétaire ; distinguer les uns des autres et caractériser scientifiquement les éléments assez hétérogènes dont se composent nos circulations métalliques; déterminer le rôle et définir le devoir du législateur en matière monétaire ; dire quelles ont élé les bases des systèmes existants, quelles perturbations ils ont subies, et quel état de choses en est résulté: indiquer les obligations qu'imposent aux gouvernements la ))onne fabrication des espèces monétaires et la défense ou l'entretien de la circulation; passer en revue les unités monétaires, en vigueur dans les divers États; extraire enfin des statistiques monétaires, officielles ou autres, les données les plus importantes, tels doivent être le plau et les limites du présent article. Ceux qui se trouvent ailleurs consacrés au Ch.\.nge, à l'AROENr, à I'Or, au P.\pieu-monnaie, au Billon, à I'Union latine, nous aideront à réduire à quelques pages une étude qui pourrait aisément prendre les proportions d'un volume.

Utilité et Caractères de la Monnaie. — La source principale du bien être, ici-bas, c'est le commerce, fécondant la production. Il est impossible que chaque liomme crée, à lui seul, tout ce qui lui est nécessaire, à plus forte raison tout ce qui lui serait utile ou agréable. Par la division du travail et par le jeu de l'échange, la somme des satisfactions individuelles et collectives arrive à s'accroître presque indéfiniment. Et, sans doute, l'échange n'implique pas, comme condition sine qiia non, l'existence et l'usage d'une monnaie. Le troc direct d'une marchandise ou d'un service contre une autre marchandise ou un autre service est chose habituelle chez; les peuples primitifs, et cela se pratique encorequelquefois tians les .sociétés civilisées. Mais le troc ne résout que d'une manière pénible et incomplète le problème dont la solution devient, au contraire, très simple là où une monnaie bien choisie et unanimement acceptée réduit, pour ainsi dire, au même' dénominateur toutes les valeurs sur lesquelles peuvent porter les transactions commerciales. La monnaiesubstitue au troc direct, souvent impraticable, le mécanisme alternatif de la vente et de l'achat. Par exemple, l'éleveur qui a cédé son bœuf ou son cheval pour une certaine quantité de monnaie pourra payer à son tour, avec une partie de cette monnaie, les menues denrées dont il aura besoin, tandis qu'il n'aurait su comment se les procurer par voie de permutation directe, puisque chacune d'elles ne représente, comme valeur, que la centième partie, peut-être, d'un cheval ou d'un bœuf. Partout où le» affaires comportent quelque développement, la monnaie est un intermédiaire indi.spensable. Instrument et régulateur des échanges, elle devient par cela même la mesure universelle des valeurs; et, à c* double titre, elle arrive à symboliser et à personnifier, pour ainsi dire, la richesse, dont elle facilite également la circulation et la tiiésaurisation.

Pour bien remplir cette mi.ssion complexe, il importe, — Aristote l'avait déjà remarqué, — que la^ monnaie ne soit pas un numérateur fictif, un simplt signe conventionnel, mais une véritable marcha

MONNAIE

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dise, possédant d'une manière effective la valeur qui lui servira à mesurer les antres. C'est là nn principe que l'on n'a jamais violé impunément, et les exceptions, à cet égard, ne font que conflrmer la règle. Il faut, pour faire une bonne monnaie, nn produit concret, désirable par lui-même et supposant une certaine somme de travail préalable. L'investiture monétaire accroîtra sans doute l'importance de ce produit, qui sera dès lors plus demandé; mais si la démonétisation devait entraîner l'avilissement absolu de la substance monnayée, c'est que l'on aurait fait un mauvais choix.

Et ce principe ne se trouve point infirmé par la distinction classique qui oppose les monnaies de compte aux monnaies réelles. Nos pères comptaient en livres tournois, comme nous comptons en francs, et la livre tournois n'existait pas en tant que pièce d'or ou d'argent ; mais, après avoir compté et additionné en livres tournois ce qu'ils devaient, ils le payaient avec les espèces ayant cours. C'étaient, suivant les temps et les lieux : comme espèces d'argent, les deniers, les gros blancs, les mailles, les liards et hardis, les testons, les lys, les louis ou les écus; comme espèces d'or, les agnels ou moutons, les deniers, les florins, les royaux, les couronnes, les anges ou angelots, les francs d'or, les nobles et les saluts; les écus surtout et, plus tard, les louis

de toutes sortes Et les ordonnances royales se

chargeaient de faire savoir combien de livres, de sols on de deniers tournois valait chacune de ces pièces. La monnaie de compte se traduisait ainsi en monnaies réelles'.

Origines de la monnaie. — A ce principe, qui vent que les monnaies avec lesquelles on achète soient elles-mêmes des marchandises, et non de simples signes, les sociétés primitives se conformaient instinctivement : et, en fait, elles n'allaient pas chercher loin le terme de comparaison destiné à faciliter leurs échanges. La première monnaie fut, par exemple : chez les peuples pasteurs, le bœuf ou le mouton; chez les peuples pêcheurs, un poisson ou nn coquillage; chez les peuples chasseurs, les peaux de bêtes ; chez les peuples agriculteurs, le blé, le maïs, l'orge...; ailleurs, ce fut l'outil familier, l'usteusile quotidien.

Pour voir fonctionner ces monnaies primitives, il n'est pas indispensable de remonter aux âges préhistoriques. On les trouve encore usitées chez les populations restées dans l'enfance, en Afrique notamment. Certaines tribus se servent de coquillages (voy. C.\URis) ; les autres, du sel ; d'autres encore, de verroteries, de baguettes de enivre, de lames de fer, de couteaux, de bandes de colonnade. Ailleurs, on continue à compter, comme au temps d'Homère, par têtes de bétail ou par têtes d'esclaves. Les petits

1. La monnaie de compte, par excellence, serait cette monnaie de banque dont l'exemple le plus connu est le marc de banque de Hambourg. Michel Chevalier, dans l'ancien DUtionnaire du Commerce (au mot Monnaik), le définissait.comme suit :« C'est une monnaie de compte dont le type se compose d'une quantité fixée une fois pour toutes d'anient lin et qui avait été imaginée par les commerçants de cette cité pour parer à l'inconvénient qu'entraînait la circulation de pièces de monnaie de toute origine, dont la plupart él aient usées... Les commerçants hambourgeois convinrent de déposer à la banque les pièces de monnaie qu'ils possédaient et l'usage s'en est perpétué jusqu'à nous. On ou\Te à chacun un compte où l'on porte à son crédit les espèces qu'il a déposées ijour la quanUté de 6n qu'elles contiennent et l'unité qui sert de dénominateur commun à ces quantités diverses est le »ia;-c «te bnn'^ue. .. Il y a eu aussi un» monnaie de banque à Gènes, à Venise, à Amsterdam...»

fragments de cuir estampillés qui ont longtemps fait fonction de numéraire dans le nord de la Russie présentent pour la science ce double intérêt qu'ils substituaient nne Gction à nue réalité et que, procédant visiblement des monnaies archaïques des peuples chasseurs on pasteurs, ils semblaient déjà frayer la voie aux espèces métalliques des nations civilisées. Le métal lui-même commence ordinairement par être employé sons forme de lingots, barres, plaques, boules ou cylindres. Parfois le lingot monétaire imite grossièrement nne monnaieantérieure, poisson ou coquillage, hameçon, hache ou bêche. Et quand le lingot ainsi façonné fait place aux disques monétaires frappés au marteau, l'empreinte qu'on y met rappelle volontiers le type initial.

C'est assurément une évolution curieuse et suggestive que celle qui nous montre ainsi, successivement affectés au même usage, le bœuf vivant, la peau de bœuf, le lingot en forme de tête de bœuf et la pièce de cuivre portant une tête de bœuf dessinée sur la face ou le revers. Plus tard, alors même que sur le métal tonte trace de cette lointaine filiation s'est effacée, la langue en conserve encore le souvenir'.

Métaux précieux. — Si, chez tous les peuples dignes de ce nom, l'évolution monétaire a abouti à l'emploi des métaux précieux comme instruments d'échange et mesures des valeurs, c'est qne l'expérience suffisait pour dicter aux hommes cette juste préférence. Les qualités caractéristiques d'une bonne monnaie, matériellement parlant, sont les suivantes :

1" La matière choisie ne doit pas être trop rare : elle doit cependant l'être assez pour que sa valeur intrinsèque, à volume et à poids égal, soit supérieure à celle de la plupart des autres marchandises ;

2° La matière choisie doit être douée, autant que possible, d'homogénéité et d'incorruptibilité;

2>* Elle doit être facilement et sûrement divisible ;

4" 11 est désirable qu'elle présente assez de malléabilité, d'une part, et de résistance de l'autre, pour bien recevoir et conserver longtemps nne effigie distinctive;

'6* Il est bon que ses qualités physiques (densité, couleur, sonorité) nous aident à en vérifier aisément l'identité et rendent diflSciles les imitations frauduleuses.

Tel était le programme de l'espèce de concours ouvert entre les divers produits de la nature et de l'industrie. Les métaux, d'une manière générale, y satisfont certainement mieux que tout le reste. Mais, même parmi les métaux, il en est de plus ou moins propres au service dont il s'agit, et là aussi une évolution s'est continuée d'âge en âge, les monnaies de fer cédant la place aux monnaies d'airain, de cuivre ou de bronze : et celles-ci se laissant supplanter à leur tour par les monnaies d'argent, d'abord, et par les monnaies d'or ensuite. Les monnaies de platine n'ont été, croyons-nous, essayées qu'en Russie. Quant à la monnaie de nickel, elle est aujourd'hui usitée dans beaucoup de pays. Ces diverses solutions du problème, d'ailleurs, ne s'excluent pas l'une l'autre, et tontes les législations modernes consacrent l'existence d'une véritable hiérarchie monétaire où se superposent, par exemple, le bronze, le nickel, l'argent et l'or, avec des valeurs graduées

1. Pecunia, en latin, vient de peciis, bétail ; le mot anglais yife a le même sens étymologique ; capital vient de caput, tête, etc.

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et des pouvoirs inégaux. Cette diversité est nécessaire pour alimenter tout à la fois les payements importants et les menues transactions; mais il importe que le vrai caractère de chacune de ces monnaies soit exactement défini.

Principes du droit monétaire moderne. — L'histoire des anciens systèmes monétaires nous entraînerait bien au delà des limites qui nous sont ici tracées, et en ce qui concerne les abus dont, en ces matières, les gouvernements despotiques furent longtemps coutumiers, nous nous bornons à renvoyer le lecteur au mot Livre, où nous avons résumé la carrière si accidentée de la livre sterling anglaise et de notre livre tournois, progressivement réduites l'une au tiers environ, l'autre à la 80» partie de leur consistance initiale. S'il y a une circonstance atténuante à invoquer en faveur de quelques-uns des rois « faux-monnayeurs », c'est que, ignorant les vrais préceptes du droit monétaire, ils se croyaient autorisés et même conviés, par leur omnipotence, à prendre toute mesure dont leurs finances obérées devaient tirer profit. Changer à volonté le poids, le titre ou le cours des monnaies unissait par leur sembler aussi légitime qu'il peut l'être actuellement de modifier, du jour au lendemain, l'intérêt des bons du Trésor ou celui des fonds confiés à l'État par les communes ou les établissements publics.

Maintenant encore, malgré les progrès de la science économique, il s'en faut de beaucoup que tous les hommes qui se vouent à l'étude des questions monétaires préconisent les mêmes solutions, et la diversité des intérêts individuels n'est pas seule à causer ces divergences d'opinions.

En tout cas, il est certaines affirmations que l'on peut désormais formuler avec une entière confiance. D'abord, entre ces trois ou quatre sortes de monnaies que nous voyons circuler simultanément, or, argent, bronze ou nickel, il existe, par la force des choses et en vertu de la loi, des différences essentielles. Si ces monnaies ne se distinguaient l'une de l'autre que par les valeurs respectives des métaux qui les constituent, la coexistence de plusieurs unités indépendantes produirait une confusion regrettable. Pour éviter ce mal, on a réservé aux métaux les plus riches le titre et les prérogatives à'étalons monétaires. Ce sont là les seules vraies monnaies, dans le sens économique du mot. L'étalon monétaire est, d'ailleurs, scientifiquement caractérisé par les deux conditions suivantes :

1° Force libératoire illimitée ; ce qui signifie que le créancier ne peut interdire l'emploi de cette monnaie-là à son débiteur, quelle que soit l'importance du versement;

2" Libre frappe, ce qui veut dire que les particuliers peuvent exiger la conversion en espèces monnayées des lingots qu'ils portent aux hôtels des monnaies, sans avoir à subir d'autre perception que celle qui correspond aux frais de l'opération.

Force libératoire illimitée et libre frappe : tel est le double attribut des étalons monétaires.

Mais, au-dessous de ces unités privilégiées, pour leur assurer les sous-multiples dont le commerce ne saurait se passer, on a été amené à créer, avec un métal inférieur, d'autres instruments monétaires à valeur plus ou moins fictive, dont le pouvoir résulte uniquement du lien par lequel le législateur les a rattachés aux unités principales. Ces monnaies auxi-

liaires ayant une valeur intrinsèque inférieure, très inférieure souvent, à leur valeur nominale (voir le mot Billon), l'émission en devient une source de bénéfices considérables, et l'État doit être seul à les frapper, dans la mesure des besoins de la circulation. Par contre, les particuliers ne sont tenus de les accepter que jusqu'à concurrence d'un certain cliiflre fixé par le législateur.

Échelles mo7iétaires. — L'échelle des monnaies d'un pays, telle que la constitue la suite des monnaies étalons et des monnaies auxiliaires, est presque partout, à l'heure actuelle, une échelle décimale. Chez nous, les pièces frappées, bronze, argent et or, sont entre elles, à tous les degrés, comme-!, 2, 5 et 10 : 1 centime, 2 centimes, 5 centimes, 10 centimes ou 1 décime, 2 décimes ou 20 centimes, a décimes ou 50 centimes, 10 décimes ou 1 franc, 2 francs, 5 francs, 10 francs, 20 francs, 50 francs, 100 francs. La monnaie anglaise est moins symétriquement graduée : la livre sterling se divise en 20 shillings, dont chacun se subdivise en 12 pence ou deniers \

Étalon unique et double étalon. — L'Angleterre est, depuis 1816, au régime de l'étalon unique d'or, gold standard. L'unité monétaire de la Grande- Bretagne est cette livre sterling que personnifie le souverain d'or {sovereign). Et ses monnaies d'argent, comme ses monnaies de bronze, sont de simples moanaies auxiliaires à valeur plus ou moins majorée. Le pouvoir libératoire en est limité à 40 shillings pour l'argent, à 1 shilling pour le bronze.

L'étalon unique peut, d'ailleurs, être, au lieu de l'or, l'argent, et c'est ainsi que l'avaient conçu un certain nombre de pays, européens ou autres, plus habitués à manier le métal blanc que le métal jaune.

La France, elle, a réalisé, non sans quelque succès, le paradoxe économique consistant à instituer, côte à côte, deux étalons monétaires, l'argent et l'or, en stipulant un rapport fixe entre la valeur de l'un et la valeur de l'autre. Il semblerait chimérique de décréter que le blé, sur le marché français, vaudra toujours deux fois autant que le seigle. Eh bien, la loi française des 7-17 germinal an XI (28 mars- 7 avril 1803) fait à peu près cela pour l'or et pour l'argent : « Cinq grammes d'argent au titre de 9/10 de fin, déclare- t-elle solennellement, constituent l'unité monétaire, qui conserve le nom de franc, n Voilà ainsi l'argent expressément appelé à la dignité d'étalon monétaire; mais l'or va l'être à son tour. En effet, les art. 6 et suivants annoncent qu'il sera fabriqué des pièces d'or de 20 fr., au titre de 9/10 aussi, et ils en règlent le poids de façon à attribuer obligatoirement à l'or une valeur égale à 15 fois 1/2 celle de l'argent (ce qui était à peu près la vérité commerciale sur le marché français en 1803). La libre frappe était acquise à l'or comme à l'argent, et les deux monnaies avaient plein pouvoir libératoire. C'étaient bien deux étalons différents, mais solidaires*.

Ce système composite a de chauds partisans et

1. La division duodécimale compte encore quelques partisans qui font au chifire 12 un mérite de son extrême divisibilité : il est divisible par 2, 3, 4 et 6, tandis que 10 n'est divisible que par 2 et 5. Mais le système décimal simplifie tellement les calculs que les Anglais eux-mêmes aspirent en grand nombre à une reforme analogue à celle qui, en France, date déjà d'un siècle.

2. Le législateur de l'an XI avait admis l'éventualité de remaniements ultérieurs, au cas où la valeur relative de l'or aurait notablement changé ; mais, en fait, le statu quo avait été maintenu, et les bimétallistes sont vite arrives à faire de la fixité absolue du rapport légal un article essentiel de leur credo.

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d'ardents adversaires. L'expérience, qni avait d'abord para favorable au bimétallisme, a fini par le condamner, et c'est ce qu'il faut expliquer ici le plus brièvement possible.

Les bimétallistes, — on devrait dire les biétalonistes, — professant que les lois humaines peuvent, au besoin, abroger les lois naturelles, considéraient comme définitivement acquis ce rapport de 15 1/2 qu'avait sanctionné le législateur de l'an XI. Et, partant de cette hypothèse, il leur semblait y avoir tout avantage à laisser l'édifice monétaire assis sur une double base, argent et or. Par le système du double étalon, outre que l'on s'épargne un choix délicat, on peut dire qu'on enrichit la circulation et qu'on assure plus de stabilité à la valeur du franc. .\vec l'étalon unique d'or ou l'étalon unique d'argent, l'avenir de la monnaie dépend des destinées d'un seul métal. Le double étalon peut, comme le pendule compensateur des physiciens, amortir les variations d'un instrument qui, pour bien faire, ne devrait jamais se déranger. Il est commode, d'ailleurs, d'être à même de traiter sur la base de l'or avec les pays à or, et sur la base de l'argent avec les pays à argent, la parité des deux monnaies ne changeant pas.

Telle est, réduite à sa plus simple expression, la théorie bimétalliste. Voici maintenant ce que les monométallistes y répondaient : «N'espérez pas, disaient-ils, que la grande loi naturelle de l'offre et de la demande se laisse longtemps paralyser par un texte quelconque. Selon les circonstances, le monde verra encore la valeur de l'or et celle de l'argent se rapprocher ou s'écarter l'une de l'autre ; et alors l'harmonie cessera : celui des deux métaux qui se trouvera déprécié par rapport à sa valeur légale afiQuera dans vos hôtels monétaires, forcés de toujours le payer le même prix : et l'autre métal émigrera pour s'assurer le bénéfice de cette plus-value que le système du lo 1 /2 n'admet pas. Ainsi se réalisera, une fois de plus, l'axiome de Gresham : La mauvaise monnaie chasse la bonne. Et, au lieu du double étalon, vous aurez l'étalon alternatif, vous aurez «l'étalon boiteux», tantôt l'or, tantôt l'argent, toujours le moins désirable des deux... »

Ces prédictions, qui étaient judicieuses, se sont toujours vues plus ou moins homologuées par les faits. Il faut reconnaître toutefois que, pendant trois quarts de siècle, les inconvénients du bimétallisme n'ont pas surpassé ses avantages. Les grandes frappes d'or avaient alterné avec les grandes frappes d'argent; et la France, devenue comme le clearinghouse monétaire du monde, suffisait à maintenir entre les deux métaux un équilibre au moins approximatif.

La rupture faillit se produire dès le milieu du siècle, lorsque s'offrirent coup sur coup, avec une abondance qni semblait alors prodigieuse, l'or californien et l'or australien. La situation antérieure des deux métaux monétaires se trouvait sensiblement altérée. .Mais, comme l'a si bien montré Gladstone, loin de constituer un péril pour l'économie générale des peuples, le flux d'or de cette époque venait, d'une façon presque providentielle, donner satisfaction aux énormes besoins de numéraire d'une génération dont l'activité s'accélérait brusquement sous l'influence simultanée de la vapeur, de l'électricité, des traités de commerce... N'y avait-il pas là de quoi précipiter l'évolution qui appelle aux honneurs monétaires des métaux de plus en plus

riches? Dans ces conjonctures, la soudaine abondance de l'or fut certainement un bienfait, an lien d'être une cause de perturbation. On vit néanmoins, comme contre-partie de cette abondance sans précédent, le métal blanc faire prime pendant presque toute la durée du second Empire, à raison de 1, de 2 et même de 3 •/«• Il n'en fallait pas davantage pour provoquer la refonte clandestine on l'exportation de notre argent monnayé, écus et pièces divisionnaires. Et la disette de menue monnaie blanche fut la cause première de cette sorte d'alliance monétaire qui a pris le nom d'Union latine et qui, après 33 ans, lie encore la France, l'Italie, la Belgique, la Suisse et la Grèce. Un article spécial Ini est consacré ciaprès. (Voy. Union latine.) Bornons-nous ici à faire observer que le pacte international du 23 décembre 1865 impliquait pour notre régime monétaire un commencement de désorganisation, non seulement parce qu'il ouvrait oflBciellement à des effigies étrangères la circulation nationale; mais aussi parce qu'en vue de déjouer les agissements de la spéculation (exportation et refonte), il abaissait le titre des pièces divisionnaires 1835 millièmes de fin, an lieu de 900) et en restreignait à 50 fr. la force libératoire entre particuliers. Le franc lui-même, dont la loi de l'an XI avait fait l'unité nationale par excellence, se trouvait matériellement dénaturé, et l'étalon d'argent ne se retrouvait plus intact que dans l'écu de cinq francs, dont le titre avait été respecté.

Aussi bien, cette première crise était peu de chose à côté de celle qui, au lendemain de la guerre francoallemande, allait déterminer non plus la hausse, mais la baisse du métal blanc, .\insi qu'on l'a pu voir ailleurs (au mot Argent), des chutes successives ont, en vingt ans, réduit de plus de moitié le prix de ce métal : alors que nos monnaies lui prêtent encore, nominalement, une valeur de 222 fr. 22 par kilog. de fin, il se paye à peine 100 fr. en lingots, et c'est là une sorte de cataclysme économique, car rien d'analogue ne s'était vu dans le passé.

Trois causes principales ont contribué à cet effondrement : i' la croissante désaffection des peuples riches pour une monnaie volumineuse et lourde; 2* la surabondance d'un métal dont la production s'est élevée en peu d'années de moins de 1.500.000 à plus de 5 millions de kilog., sans que l'avilissement du prix des lingots ait pu arrêter cet essor; 3* les mesures législatives que la disgrâce de l'argent a provoquées dans beaucoup de pays et qui étaient de nature à l'aggraver encore.

On vit d'abord l'.Allemagne unifiée, au lendemain de ses victoires, profiter des ressources d'une colossale indemnité de guerre pour passer directement de l'étalon d'argent à l'étalon d'or (lois du 4 déc. 1871 et du 9 juillet 1873). Elle avait même commencé la vente de ses thalers^ A tout cet argent démonétisé, l'Union latine offrait un refuge. Elle allait ainsi devenir le déversoir préféré des mines d'outre-mer, puisque chez nous 15 kilog. 1/2 d'argent continuaient, de par la loi, à valoir 1 kilog. d'or, alors qu'ailleurs il ne se négociait plus qu'à prix réduit. Si les pouvoirs publics n'avaient pas avisé, nous aurions vu notre or et nos richesses s'échanger contre d'énormes apports de cet argent dont la baisse ne pouvait plus être conjurée. Les gouvernements français, italien, belge et suisse, se mirent heureusement d'accord

1 . Et eUe y rerient, cette année même, après une longue interruption. (Loi du 1*' jnin 1900.)

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pour limiter d'abord, par voie de maximums annuels et journaliers, puis pour suspendre tout à fait la fabrication des écus (loi française du a août 187G et décret du lendemain ; convention du 5 novembre 1878, confirmée sur ce point par plusieurs conventions ultérieures). Depuis cette époque, la frappe libre n'existe que pour l'or, et par conséquent l'argent n'a plus droit, chez nous, à la qualification d'étalon monétaire, bien que la force libératoire des écus émis avant 1879 reste entière.

Il n'est pas douteux que la France, comme le monde entier, a souffert de la crise de l'argent ; mais elle a dû se féliciter des mesuresdéfensives qui protégèrent à temps sa circulation, et le régime mixte auquel elle s'est trouvée amenée répond si bien aux exigences de la situation présente, que de grands paj's, comme l'Inde anglaise et les États-Unis, ont fini par envier et imiter jusqu'à un certain point cet état de choses. On a vu, pourtant, cette polilique critiquée avec beaucoup de violence et de continuité par le parti bimétalliste, renforcé du parti agricole, auquel on faisait croire que la baisse des prix était la suite nécessaire de la déchéance de l'argent. Sans entrer ici dans la discussion de cette thèse, constatons que tous les efforts des argentistes sont restés infructueux. Ils prétendaient nous ramener, coûte que coûte, au double étalon. Ils s'y sont évertués en vain. Rien ne leur a donné gain de cause, ni le Congrès monétaire de 1889, ni la grande Conférence internationale de 1892, à Bruxelles, ni les téméraires propositions faites au gouvernement anglais, il y a quelques années, par les délégués plus ou moins autorisés des États-Unis et de la France. D'ailleurs, par une contradiction singulière et peut-être inconsciente, le Ministère français qui s'était à ce point compromis en faveur de l'étalon d'argent est aussi celui qui, peu de mois après, donnait à ce même étalon le coup de grâce, en commençant la démonétisation des écus de l'Union latine (convention du 29 octobre 1897).

L'Union latine est donc, maintenant acquise, en fait, à l'étalon d'or, et bien d'autres victoires ont accompagné celle-là, facilitées par l'énorme développement qu'a pris la production de l'or dans le monde.

Après l'Allemagne, l'étalon d'or a conquis successivement les États Scandinaves, les Pays-Bas, la Finlande, la Roumanie, l'Autriche-Hongrie, l'Inde anglaise, la Russie, le Japon, enfin les États-Unis eux-mêmes, après bien des tiraillements.

Le Mexique et une partie de l'Amérique du Sud restent fidèles, et pour cause, à l'étalon d'argent. L'Espagne ne s'en est pas non plus détachée; mais la monnaie blanche n'y est émise, maintenant, que pour le compte de l'État ; et malgré cette prudente réserve, les frappes d'écus y ont dépassé toute mesure, au grand dommage du crédit espagnol. Il est vrai que le Portugal, qui a adopté l'étalon d'or dès 1854, n'en est pas moins dans une fort médiocre situation monétaire. Lk où régnent l'imprévoyance et le désordre financier, tous les régimes aboutissent forcément aux mêmes embarras.

Une des formes les plus intéressantes de l'argent monnayé consiste maintenant dans ces grosses pièces blanches qui, sans que rien en solidarise la valeur avec celle de l'or, circulent pour ce qu'elles valent, comme de simples lingots certifiés : talaris, dollars, piastres, etc.. Nous aurons à en mentionner

quelques-unes lorsque, à la suite de cet article, nous passerons en revue les principales monnaies en usage dans les deux mondes à la fin du XIX' siècle.

Fabrication des monnaies, entretien et défense des circulations monétaires. — Qu'il s'agisse de monnaies frappées pour le compte de l'État ou pour le compte des particuliers, un triple devoir s'impose aux pouvoirs publics.

1" Il faut d'abord que la fabrication des espèces monétaires soit irréprochable, notamment comme poids et comme titre. A cet effet, la loi dans chaque pays limite les tolérances de fabrication, en plus ou en moins, à une fraction presque infinitésimale du poids et du titre droits. Pour la pièce de 20 fr., par exemple, la marge réglementaire est de 1 millième seulemeat pour le titre (titre maximum, 901; titre minimum, 899) et de 2 millièmes pour le poids (poids maximum, 6 gr. 4645; poids minimum, 6 gr. 4387). Grâce à tous les progrès d'ordre technique qui y ont été réalisés au cours du XIX' siècle, la Monnaie de Paris arrive, en fait, à réduire encore de moitié ces minimes écarts.

Autrefois les gouvernements, au lieu de fabriquer eux-mêmes les monnaies nationales, les faisaient souvent fabriquer sous leur surveillance par des entrepreneurs. Il en est encore ainsi à Bruxelles. Mais les grands États ont tous été amenés à substituer au système de l'entreprise celui de la régie directe, qui présente plus de garanties. En France, la réforme date du 1" janvier 1880 et elle a coïncidé avec la disparition de la dernière Monnaie de province (Bordeaux). Nous ne saurions entrer ici dans le détail de toutes les opérations que nécessite la fabrication des monnaies, y compris les multiples vérifications qui ont pour but et pour effet de ne laisser sortir des ateliers que des pièces parfaitement conformes aux prescriptions légales. En France, un dernier contrôle s'exerce, à la fin de chaque année, par les soins d'une Commission spéciale où sont représentés les grands Corps de l'État, plus la Banque de France, la Chambre de commerce de Paris, l'Académie des sciences... L'administration soumet à cette Commission les échantillons prélevés au hasard sur chaque brève, et elle est ainsi mise à même d'affirmer publiquement au chef de l'État l'absolue régularité des frappes. A Londres, la Corporation des orfèvres procède, avec un cérémonial archaïque, à. des constatations analogues [trial of the pyx).

Conformément au principe de la libre frappe, tout particulier qui a des lingots d'or propres au monnayage peut les porter au bureau du change de l'Hôtel des Monnaies de Paris. S'il ne tient qu'à réaliser la valeur de son apport, le bon de monnaie qu'on lui délivre (après essai du métal), à raison de 3.437 fr. par kilog. de fin, est payable dans les dix jours; mais toute monnaie légale peut servir à l'acquitter. Si c'est de l'or que le déposant veut se voir restituer sous forme de pièces neuves, le délai peut être plus long.

La Monnaie de Paris fabrique, non seulement toutes les monnaies françaises et coloniales, mais aussi les monnaies étrangères que peuvent lui commander les gouvernements eux-mêmes ou leurs représentants dûment autorisés. Les Monnaies de Berlin, de Vienne, de Bruxelles. . . travaillent aussi pour l'extérieur, quoique moins abondamment. La Monnaie de Londres ne frappe que pour l'Angleterre et ses colonies ; mais il existe à Birmingham

MOxXNAlE

MONNAIE

ni grand établissement privé qui fournit des mon-

laies de billon à plus d'un pays.

2" Une fois lancées dans la circulation, les moniiaies se trouvent soumises à des frottements qui, incessamment répétés, unissent par en émousser les empreintes et en diminuer le poids. C'est ce qu'on appelle le frai, et la loi, ici encore, doit fixer une limite, pour ne pas laisser s'éterniser des pièces trop altérées. Pour la pièce de 20 fr., la tolérance (le frai est de 5 millièmes du poids minimum admis pour les pièces neuves, ce qui autorise, par rapport au poids droit, un déficit maximum presque égal à 7 millièmes. Au delà, il j* a déchéance. En fait, l'expérience prouve que nos pièces de 20 fr., au XIX' siècle, perdaient en moyenne, par an, à peu près la 10.000' partie de leur poids' (soit pour 1 million en or une perte annuelle de 100 fr., et pour

I milliard une perte annuelle de 100.000 fr.). C'est donc, normalement, vers l'âge de 70 ans que la pièce de 20 fr. devient mûre pour la refonte.

A qui doit incomber la perte résultant de la refonte des pièces frayées ? La loi anglaise, naguère •encore, laissait celte perte à la charge du dernier porteur. La pièce légère présentée aux guichets de la Banque était cisaillée, séance tenante, et le caissier n'eu rendait que les morceaux : évidente injustice, car ce n'est pas le dernier porteur qui a usé la pièce, c'est tout le monde. Aujourd'hui, en Angleterre comme en France, la perte est à la charge du budget, et l'État reprend, pour sa valeur nominale, toute pièce d'or qui, n'ayant plus le poids voulu, n'a néanmoins subi que l'action naturelle du frai.

3° Il ne suffit pas de renouveler, à mesure qu'elles «'usent, les mounaies émises par les soins de l'État.

II reste encore à défendre la circulation contre les éléments étrangers qui s'y glisseraient indûment. Le faux monnayage est de tous les temps et de tous les pays. Les lois le punissent sévèrement; mais cette criminelle industrie trouve aujourd'hui pour s'exercer fructueusement des facilités particulières. Tous les procédés de reproduction se sont perfectionnés ; la rapidité des communications permet au fanx-monnayeur d'opérer hors frontières ; et, d'autre part, la baisse énorme du métal blanc fait qu'il peut réaliser de gros bénéfices en fabriquant avec de faux coins de beaux écns en bon argent à 900 millièmes, lesquels ne trahissent leur criminelle origine ni par le poids, ni par le son, ni par l'analyse chimique. C'est là un des dangers de notre régime monétaire.

Aussi bien l'invasion des fausses monnaies n'est pas toujours la seule qu'il y ait à redouter ou à combattre. Il faut aussi se défendre contre l'introduction intéressée de certaines espèces étrangères qui cherchent à se faire accepter pour plus qu'elles ne valent. En France, indépendamment des arrangements conclus avec l'Italie, la Belgique, la Suisse et la Grèce, des décisions successives avaient ouvert les caisses publiques à l'or autrichien, à l'or espagnol, à l'or russe... Mais, quand s'est accentuée la baisse de l'argent, les écus espagnols, les piastres bour- j boniennes, les pesos de l'Amérique du Sud sont venus à nous, en foule, abusant de leur ressemblance avec i notre pièce de 5 francs. Puis c'est le bronze étranger, j sous italiens, sons espagnols, sous argentins et autres, i qui nous a infestés. La Douane avait le droit et le !

1. Le taux moyen du frai annuel tend à se réduire pour l'or à ' mesure que s'accroissent les encaisses immobilisées dans les I banques. I

devoir de les arrêter au passage; mais elle n'y réussissait guère; et une fois entrés, ils l>énéQciaient tout à la fois de la tolérance du public et des incertitudes de la jurisprudence. Il a fallu, pour conjurer ce fléau grandissant, une loi nouvelle, celle du 30 novembre 1896, qui autorise expressément la saisie, à l'intérieur du territoire, des monnaies de billoo n'ayant pas cours légal en France.

Unités Tuonétaircii «le!4 principaux États

Commençons par l'Earope et rappelons d'abord qne la France, la Belgique, la Scisse, TItalie et la Grèce, constilaécs depuis 1863 à l'état d'Union (voy. Union l.vtine), ont poor unité monétaire le franc^, qu'il convient actuellement de définir, non plus comme le faisait la loi de l'an XI, par 5 grammes d'argent à 900 millièmes, mais par les conditions de frappe des monnaies d'or. En France, les monnaies d'or actuelles sont les pièces de iOOfr., de 50 fr., de âO fr. et de 10 fr. (celles de 40 fr. et de 5 fr. ne se frappent plus, mais ont encore conrs). La pièce de 20 fr. mesure 21 mm. de diamètre ; elle doit être au titre de 900 millièmes et peser 6gr. 43161. Les autres coupures ont le même titre et des poids proportionnels. L'écn de 5 fr. est en argent à 900 millièmes et pèse 23 gr. ; diamètre, 37 mm. Les antres pièces d'argent sont celles de 2fr., 1 fr., Ofr. 50 etOfr. 20, celte dernière tombée en désuétude. Leur titre commun n'est plus qne de 833 millièmes, avec des poids réglés à raison de 5 gr. pour i franc. Les pièces de bronze (cuivre, 93; étain, 4: zinc, 1) sont celles de 10, 5, 2 et 1 centimes, pesant 10, 3, 2 et 1 grammes, avec des diamètres de 30 23, 20 et 13 mm.

L'Allemagne unifiée s'est donné poar anité monétaire le reichsmark ou mark, divisé en 100 pfennigs. Le régime étant celui de l'étalon unique d'or, le mark se trouve défini par les conditions de frappe des pièces d'or (20, 10 et 3 marks). La pièce de 20 marks mesure 22 mm. 1/2 de diamètre; elle est au titre de 900 millièmes et doit peser 7 gr. 965. Le mark correspond ainsi à 1 fr. 235 de monnaie d'or française. Les monnaies allemandes d'argent, de nickel et de bronze n'ont qne des valeurs conventionnelles.

L'Angleterre a pour unité monétaire la litre sterling ipound), de ^shillings, le shilling se divisant Ini-même en 12 pence ou deniers. La livre sterling, c'est, depuis 1816, 7gr. 988 d'or à 11/12 (oa 916,67 millièmes), soit une valeur de 23 fr. 221. La pièce d'or ainsi frappée s'appelle le souverain {socereign). Elle mesure 22 mm. de diamètre, et le demi-souverain 19,3; on frappe quelquefois des pièces de 2 et 5 livres. L'échelle monétaire anglaise se complète, à titre subsidiaire, par de nombreuses pièces d'argent, depuis la couronne ou croicn (28 gr. 276 d'argent à 923 millièmes) jnsqu'ans petites pièces de 4, 3, 2 et 1 deniers, qu'on frappe pour la reine chaque année, à l'occasion da jeudi saint; et par trois pièces de bronze, le penny, le demi-penny et le quart de penny ou farthing.

Le même système monétaire a cours dans r.\fSTRALiE, au Cap de Bonne- Espérance, etc.

L'.\L"TRicnE-HoNGRiE avait pour unité monétaire le florin d'argent, qui valait, métalliquement, 2 fr. 30 de notre monnaie d'argent, et que la loi du 2 août 1892 a réduit à 2 fr. 10, par assimilation av«c le cours du papier-monnaie. Cette même loi, instituant l'étalon unique d'or, a désigné comme unité le demi-florin ou couronne, divisée en 100 hellers. La pièce d'or de 20 couronnes (21 mm. de diamètre) est aa titre de 900 millièmes et doit peser 6gr. 773. La couronne équivaut ainsi, sur le pied de l'or, à 1 fr. 03 de notre monnaie. Les coupures admises sont : en or. 20 et 10 couronnes, en argent 2 et 1 couronne, en nickel 20 et 10 hellers, en bronze 2 hellers et 1.

Le Danemark, la Xorvêge et la Suède ont comme étalon aniqne l'or, et comme unité monétaire la couronne, divisée en 100 œre. La pièce d'or de 20 couronnes (23 mm.) est an titre de 900 millièmes et doit peser 8gr. déOG; d'où pour la conronne une valeur correspondant à 1 fr. 389. Monnaies aaxiliaires d'argent et de bronze.

L'Espagne a pour unité monétaire la peseta ou piécette, divisée en 100 centimes, comme le franc. Matériellement,

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