MULET. V. BÉTAIL
MULÈTE ou MULETTE. La mulette d'eau douce, dite aussi moule des peintres, est une moule non comestible, dont on emploie souvent les coquilles pour étaler les couleurs d'or et d'argent destinées à la peinture. On y trouve parfois des perles, dont Linné a essayé de provoquer artificiellement la production plus fréquente. De pareils essais ont été renouvelés récemment (1899) avec une certaine sorte d'huîtres, mais jusqu'ici sans beaucoup de succès. Une grande espèce de la Loire et du Rhin est celle qui donnerait la plus belle nacre et les perles les moins défectueuses.
MULHOUSE, importante ville manufacturière de la Hante-Alsace, à 113 kil. S. de Strasbourg, à 30.\. de Bàle, à 15 0. du Rhin, située sur l'ill, qui n'y est pas encore navigable, sur le canal du Rhône an Rhin, sur les chemins de fer de Strasbourg à Bàle, de Paris à .Mulliouse, de .Mulhouse à Wesserling et à Massevaux, de Mulhouse à MûUheim, sur les tramways de Mulhouse à Ensisheim, à Wittenheim et à Pfastatt.
La ville de Mulhouse a fait partie de la Confédération helvétique jusqu'à la fin du XVIIP siècle. En 1797, elle demanda à être incorporée à la France; l'acte de réunion fut signé le 29 janvier 1798. Elle ne comptait alors que 6.000 habitants.
La pop., qui se cliiUrait par 58.773 âmes en 1866, 52.892 en 1871, a été recensée en 1895 à 82.986 âmes, y compris une garnison de 4.775 hommes.
C'est en 1746, lorsque l'Europe recevait de l'Inde la plus grande partie des étoiles imprimées appelées indiennes, que trois Mulhousiens, Samuel Kœchlin, J.-J. Schmaltzer et Jean-Henri Dollfus, éta- Wirent dans leur ville la première fabrique de toiles peintes. Dix ans plus tard, les manufactures mulhousiennes livraient annuellement plus de 30.000 pièces d'indiennes, chacune de IG aunes, et en 1768 on comptait à .Mulhouse et dans la banlieue 15 fabriques de toiles peintes. Les indienneurs achetaient les tissus dans l'Inde et en Suisse. A partir de 1808, l'introduction des toiles de l'Angleterre et des Indes
fut prohibée. Des filatures et des tissages furent créés à proximité d<?s manufactures d'indiennes, malgré l'éloignement du marché d'approvisionnement du coton. Grâce au bas prix de la main-d'œuvre et à l'emploi des moteurs hydrauliques, moins coûteux que les machines à vapeur, alors très imparfaites,^ ces établissements prospérèrent. Le succès de la filature et du tissage provoqua la création d'ateliersde constructions mécaniques, d'usines de produit* chimiques, de toutes les branches accessoires, et même celle de filatures de laine peignée, car la laine est devenue un article important dans le rayon de .Mulhouse.
La ville de Mulhouse est entourée de villages manufacturiers. On compte dans l'arrondissement 21 filatures avec 820.610 broches, et dans le district de la Chambre de commerce de .Mulhouse 41 filatures avec 1.140.479 broches; dans l'arrondissement, 18 tissages avec 7.037 métiers, et dans le district de la Chambre de commerce 35 tissages avec 16.63& métiers.
Le mouvement du port a atteint en 1898 400.000 T., dont 290.000 de houille ; en 1887, il ne dépassait pas 264.000 T. Le mouvement des marchandises a presque doublé en 10 ans au chemin de fer; on reçoit aujourd'hui 940 T. par jour et on en expédie 490.
En 1898, l'ensemble des opérations à la succursale de la Reichsbank s'est chiffré par 964.509.200 M., dont25.ii01.200en prêts sur titres, 188.986.000 pour l'escompte, 749.82;i.900 en virements.
Mulhouse possède une Compagnie savante, reconnue établissement d'utilité publique en 1832, la première de ce genre qui ait été fondée, la Société Industrielle, qui a puissamment contribué au développement de l'industrie. Paul Muller.
MULQULXEUIE (Fils de). Fils de lin de qualité et de finesse exceptionnelles. Ces fils, filés à la main avec des lins cultivés spécialement, étaient surtout destinés à la fabrication de la dentelle et des toiles très fines appelées toilettes. On nommait mulquinier le fabricant qui tissait ces sortes de fils, ou bien encore le négociant qui revendait cet article. C'était surtout dans les arrondissements d'.\vesnes, de Cambrai et de Douai que se trouvait le plus grand nombre d'ouvrières produisant le fil de mulquinerie.
L'emploi de ces fils a totalement disparu aujourd'hui, même pour les fils à dentelles. E. D.
.MUMCll. iMuxcHEx.) Capitale de la Bavière, sur les deux rives de l'Isar, 48* 9' de lat. N. et H' 35' long. E. (Greenwichj. En moins de vingt ans, Munich a doublé de population (230.000 en 1884, près de 500.000 en 1900), et sa superficie s'est tellement étendue, qu'en y comprenant celle des faubourgs elle se trouve être à peu près égale à celle de Berlin. Munich occupe une place très importante au point de vue commercial et industriel, mais c'est une grandeur récente, qui n'a pas de passé glorieux comme .Augsbourg et Nuremberg : elle est la métropole artistique de r.\llemagne, un centre scientifique. Lesindustries d'art décoratif y sont considérables, ainsi que d'autres branches, comme l'optique. .\ côté de la peinture sur verre, de la ferronnerie, il faut citer les gants et les ouvrages en peau, les fleurs artificielles, la fabrication de machines, la blanchisserie et la teinturerie, le matériel de chemins de fer, le papier, le caoutchouc, l'alcool et les liqueurs, l'impression, la librairie, la chromolithographie, l'autotypie. La brasserie (la bière de Munich a une repu-