V. Fonds de commerce
NAPHTALIXE. La naphtaline est un hydrocarbure qui se forme dans la décomposition pyrogénée de la plupart des corps hydrocarbonés. On l'extrait des huiles lourdes de goudron de houillequi passent à la distillation entre 180" et 250°; elle se sépare de ces huiles par refroidissement. Elle présente alors la consistance d'une pâte que l'on soumet à l'action de la presse hydraulique pour en exprimer complètement l'huile ; les gâteaux ainsi obtenus sont épuisés par la lessive de soude chaude et par l'acide sulfurique, enfin lavés à l'eau chaude. On obtient ainsi la naphtaline ordinaire, qu'on redistille à 200» dans des cornues en fonte pour l'avoir pure. En mettant la naphtaline ordinaire dans une marmite que l'on recouvre d'une feuille de papier buvard collée sur les bords et en chauffant au bain de sable cet appareil, complété par un cône de carton collé également aux rebords du vase, les vapeurs de naphtaline se purifient en traversant le papier buvard et se condensent en paillettes nacrées sur les parois intérieures du cône.
On emploie beaucoup la naphtaline, en petits pains, plaques ou boules blanches, pour la conservation des pelleteries, fourrures, laines et collections d'histoire naturelle, son odeur éloignant les mites et vers on entravant leur éclosion. C'est un puissant antiseptique. On l'utilise aussi pour la carburation du gaz d'éclairage, sous le nom d'albocarbon, et pour en doubler ainsi le pouvoir éclairant : le gaz traverse un petit réservoir contenant 3 gr. de naphtaline, qu'il fond et dont les vapeurs l'accompagnent au brûleur.
Le principal emploi industriel de la naphtaline est la préparation des naphtols, la naphtalamine et l'acide phtalique, composés d'où dérivent de nombreuses matières colorantes rouges, orangées, ponceaux, écartâtes, jaunes et bleues. (Voy. Matières coLOR.vNTES.) C'cst avec des dérivés de la naphtaline que la « Badische Anilin und Soda Fabrik » de Ludwigshafen (Allemagne) fabrique l'indigo synthétique. (V. Bleus, Indigo artificiel.)
La naphtaline est exempte de droits à l'entrée en France, comme les autres produits obtenus directement par la distillation du goudron de houille.
NAPIITE. Le naphte, qui avait été spécialement dénommé dans la loi du 6 mai 1841, n'est autre chose que du pétrole (voy. ce mot). La même désignation
est, du reste, employée souvent pour désigner les diverses huiles minérales propres à l'éclairage.
NAPIITOPUUPUULXE. Nouvelle matière colorante d'un rouge intense, dérivée de la naphtaline. On l'obtient par oxydation de la naphtazane au moyen du bioxyde de manganèse, en présence d'acide sulfurique. Elle teint le coton, mordancé en alumine, en rouge cramoisi susceptible d'application en peinture.
NAPLES. (Italie.) Chef-lieu de la province de ce nom, en communication ferrée avec Rome (249 kil.) : un train bimensuel rapide va actuellement de Naples à Palerme par Reggio-Calabria et le ferry-boat qui réunit cette ville à Messine. Pop. : 336.073 hab.
La province de Naples a une superficie de 871 kil. carrés, avec une pop. de 1.166.717 hab.
Les dernières statistiques donnent comme distribution de force motrice : 1.483 chev. hydrauliques, dont 1.388 pour les moulins, 77 pour la fabrique d'armes, etc.; 308 chaudières et 8.733 chev. -vapeur, dont 2.224 pour les usines métallurgiques et mécaniques privées, 1.838 pour celles de l'État et des Sociétés de chemins de fer, 1.733 pour les moulins à vapeur, 1.003 pour les distilleries, 302 pour les fabr. de pâtes alimentaires, 133 pour les scieries à vapeur, 233 pour les produits chimiques, etc. ; et enfin 34 moteurs à gaz représentant 440 chevaux de force.
Principales industries : 7 fabr. de combustibles agglomérés, avec une production annuelle de 30.000T. (98 ouvriers) ; 134 usines métallurgiques et mécaniques, fonderies et usines diverses de propriété privée, occupant 6.400 ouvriers : cuivre, zinc et alliages, fer eu fils et traverses, pointes de Paris, fonderies de bronze, de cloches, de caractères. Les grandes usines mécaniques sont : la fabr. de canons W.-G. Armstrong, Mitchell et C'% à Pozzuoli (1.200 ouvriers) ; l'Entreprise industrielle italienne de constructions métalliques, àCastellamare (800 ouvriers), ponts, hangars, caissons à air comprimé; Havvthorn et Guppy, fabr. de moteurs (618); Carminé De Luca et C'% bronze (800); C. etT.-T. Pattison, chaudières, machines-outils, locomobiles (600) ; les 13 autres, beaucoup moins importantes, occupent ensemble 377 ouvriers.
Les industries d'État emploient 8.423 ouvriers dans l'Arsenal maritime (direction des constructions navales, des armements, de l'artillerie et torpilles) et les usines dépendant du Ministère de la guerre (Fonderie royale. Arsenal de construction d'artillerie, Fabr. d'armes). L'Arsenal maritime comprend 32 usines ou sections spéciales, à Naples et Castellamare ; c'est sur cette dernière plage qu'est le chantier naval. La Fabrique royale d'armes est à Torre- Annunziata et peut produire par jour 230 fusils avec bayonnettes.
Les Sociétés de chemins de fer ont 4 usines occupant 1.826 ouvriers.
On installe actuellement une grande usine électrique.
Dans une revue rapide, on compte : 123 carriè^ de calcaire, pouzzolane, tuf, lave (1.330 ouvrier 73 fours à chaux, plâtre, briques (660 ouv.) ; 17 fal de poteries, céramiques, verres et cristaux (607 oui 71 fabr. de produits chimiques: acide sulfurique] nitrique 3, céruse et couleurs 7, allumettes 3, b<i gies 6, savons 6, crème de tartre 40, cirage!, et avec 500 ouvriers.
XAPLES
L'industrie alimentaire comprend 173 monlins, ilont 47 à vapeur, travaillant 2 millions de quintaux (le blé (616 ouv.): 213 fabr. de pâtes alimentaires, dont 20 à moteurs mécaniques, produisant annuellement 400.000 qx m. (614 ouv.); 140 pressoirs d'huilf 780 ouv.); li établissements œnologiques, dont un seul important avec 100 ouvriers; etc.
L'industrie textile n'en occupe que 2.683, dont 488 pour la soie (23 établissements), 100 pour la laine (2 établ.), 801 pour le coton (18 établ.); à citer encore : 2 tissages de lin, 1 filature de chanvre, 2fabr. de rubans et passementeries avec 140 ouv.; 37 teintureries: 6 fabr. de bonneteries; 9fabr. de cordages (321 ouv.), dont une d'État, à Castellamare, avec 180 ouv. ; enfin 3.084 métiers à tisser à domicile, dont 3.022 pour coton, l.D88ponr lin et chanvre, etc.
L'industrie des peaux est importante dans la province : 30 tanneries avec 1.300 ouvriers; à Résina ;! étab. avec 316 ouv.; à Barra 1 avec 78 ouv. : à S. Giovanni à Teduccio 2 avec 103 ouv.; à Naples, 40, dont 31 préparent les peaux pour gants i30.000 peaux par semaine, 300 ouv.). La fabrication italienne des gants a en effet ses principaux centres à Naples et à Milan : elle y fut importée de Grenoble; elle occupe 7.000 ouvriers et produit environ 233.000 douzaines de paires par an. La confection des chaussures comprend 9 fabriques avec 400 ouvriers (une seule en a 285).
L'industrie des dérivés du bois donne du travail à 2.400 personnes; elle comprend : 13 scieries à vapeur ou fabriques de cadres, caisses, etc.; 21 fabr. de meubles, 34 de chaises, dont une avec 230 ouv. ; 32 de voitures, dont plusieurs importantes, les équipages étant nombreux et bien conduits à \aples.
Les industries locales de l'orfèvrerie dite napolitaine travaillent l'or à bas titre; elles occupent 1.726 ouvriers; le centre de l'industrie du corail (1.792 ouv.) est, comme port de pêche et confection, à Torre del Greco.
La population ouvrière de toute la province de Naples est de 30.000 personnes.
De grands travaux ont été accomplis en ces vingt dernières années ou sont en cours : raquednc. de Seriuo, qui de 83 kil. apporte 130.000 m. cubes d'eau par jour à Naples et qui a coûté 37 millions; la construction des égouts, qui devrait être terminée en 1903 et dont le devis, qui sera dépassé, est de 22 millions; l'élargissement des rues, pour lequel s'est fondée, en 1888, une Société au capital de 30 millions, d'accord avec la ville.
Naples est restée le grand marché d'approvisionnement de toute l'Italie méridionale et de la Sicile.
La production agricole moyenne se résume dans les chiffres suivants, pour la province de Naples : blé, 94.679 hectol.; maïs, 114.349: vin, 394.076; oranges et citrons, 30.383.674 pièces: chanvre, 33.839 qx m.: fromages, 1.164. 11 faut noter depuis 1899 un réveil très marqué dans l'élevage des vers à soie, qui fut autrefois une source de richesse pour la région.
Port de Naples. — Le port de Naples, an point de vue commercial, est le second d'Italie; mais à une très grande dislance après Gênes. Le mouvement total, entrées et sorties comprises, a été, de 1889 à 1898 :
Tgnnes Nombre Tonneaux embarquées ou de navires de jauge débarquées 7.376 3.354.955 757.702