ESPÈCES .MÉDICINALES OU PH.\RMACECTIQUES
On appelle espèces, en mtidecine et en pharmacie, des végiitaux ou parties de végétaux ayant des propriétés physiques et chimiques analogues ; on les mélange après séchage et on les conserve pour l'usage : infusions, décoctions, tisanes, bains, lotions, gargarismes, collyres, injections, etc. On distingue généralement : 1° les espèces toniques (quinquina, gentiane, centaurée, lumeterre, etc.), qui comprennent : les stomachiques, les antiscorbutiques, les antiscrofuleuses, les fébrifuges, les dépuratives, les astringentes, etc. ; 2» les espèces excitantes ou stimulantes {thym, mélisse, menthe, cannelle, etc.), qui comprennent : les apéritifs, les sudorifiques, les anthelminthiques, etc. ; 3° les espèces émollientes (mauve, guimauve, bouillon-blanc, coquelicot, dattes, etc.), qui comprennent les feuilles et les fruits pectoraux et béchiques, etc. On donne encore le nom d'espèces aux semences froides (courges, concombres, etc.), aux farines émollientes (graines de lin, de seigle et d'orge), aux farines résolutives (fenugrec, fève, lupin-blanc), aux espèces carminatives (anis, coriandre, fenouil).
A un autre point de vue, qui est celui de l'administration des Douanes, les espèces médicinale» se divisent en :
1° Racines médicinales : gaimaare et althéa; ipécacnanha, gris, noir, blanc, faux ; jalap; réglisse; salsepareille, du Honduras, de Brésil, de Portugal; rhubarbe; raifort sauvage; iris de Florence; gingembre; ginseng, nard indien ou spicanard, faux ginseng; angélique; bardane; cabaret; canne on roseau de Provence; chiendent; capoor CQchree: ellébore; épurge ; fenouil; gentiane; pyrèthre; quinquina: ratanhia ; saponaire ; saxifrage ; scammonée ; thapsia ; valériane ; vétyver, etc.
2* Herbes, feuilles et fleurs médicinales : guimauve ; mauve; bourrache; datnra ; rue; marjolaine; sauge; bouillon blanc ; menthe, poivrée, poaliot, des jardins, crépue, du Japon; mélisse; hysope; rose de Provins; fleurs de pensées; camomille; fleurs de sureau, hièble, du Canada, à grappes blanchâtres; fleurs de basilic; fleurs de mélilot; fleurs de sarriette; fleurs de saponaire ; barbotine ou semencine; fleurs ëe lavande et d'oranger; feuilles d'oranger, de bétel, de girofle, de séné. — Herbes ou tiges herbacées : bourgeons de sapin, centaurée, chardon bénit, figue, héliotrope ou herbe aux verrues, jns(|uiame, livéche, pariétaire, psyllinm, romarin, Sabine, scabiense. tanaisie ou herbe ans vers, les mélanges dits thé suisse et thé de Lorraine, le thym, les vulnéraires, etc. — Feuilles: d'arnica, belladone, bétoine, buglosse, bourrache, cannelier, dent-de-lion ou pissenlit, géranium, giroflier, gui de chêne, guimauve, jaborandi, laurier franc, lierre.
maté on thé dn Paraguay, mauve, morelle, patcbonli, pécher, pyrèthre, raisin d'ours on basserole, romarin. Sabine, sassafras, sonci, vanillier, véronique, etc.— Fleurs: arnica, buglosse, caille-lait, centaurée, coquelicot, cousso d'Abyssinie, géranium, grenadier, immortelle, lavande, muguet, ortie blanche, pécher, pivoine, pyrèthre, roses sèches ordinaires, roses trémières, souci, tanaisie, thé, tilleul, tussilage ou pas-d'àne, violette, etc.
3* Écorces médicinales : écorces de citron, d'orange, etc.; écorces de quinquina, gris, jaune, rouge, blanc, faux, nova et caraïbe; angnstore; bois de fer à tête de mort; cannelle blanche et cannelle giroflée ; câprier; cascarille; galac ; garon; giroflier; cotonnier des Indes; magnolier glauque ; orme pyramidal ; prunier de Virginie ; sassafras ; simarouba ; strychnos; sureau; tamarix; hièble; cascara sagrada; winter, etc.
4* Lichens médicinaux : lichen et mousse d'Islande; coralline blanche; monsse ou coralline de Corse; mousse de Jafina on de Ceylan; mousse perlée; ta-o (fncas dn Japon).
5* Fruits et graines médicinaux : baies de sureau, de myrtille on d'airelle; anis étoile; baies d'alkékenge. de laurier, de morelle, de viorne; fruit du baobab; calebasses pleines ; coloquintes ; coques du Levant ; fèves de Saint- Ignace, du Calabar; noix de cyprès, vomiques, de kola; pignons doux, d'Inde ou graines des Moluques ; pois à gratter; pommes du pin à pignons; sablier; sébesles; tamarins. — Graines : ambrette, ache, alliaire, angélique, benque, carvi, épurge, chardon argentin, citronille, coing, concombre, coriandre, cumin, garou, jusqniame, lavande, livèche, melon, nielle ou nigelle, pivoine, pourpier, psyllium, saxifrage, seigle ergoté, staphisaigre, stramoine, tanaisie, etc.
Commerce. — Voici, d'après les Tableaux du Commerce pour 1897, quels ont été les chiffres, à l'import. et à l'export. (C. S.), pour les Espèces médicinales, en kilog. nets :
Prix IMPORT. EXPORT. E.V.D.
Racines : <*" J^iiog*
Guimauve 248 10.690 0,95
Réglisse 2.057.087 550.706 0,40
.\utres 1.327.823 876.698 3.50
Herbes,fleurs et feuilles 1.234.078 1.948.895 1,80 Écorces :
Citron, orange, etc 197.147 51.565 1 »
Quinquina 950.847 69.451 2 »
.\utres 55.918 25.189 1 »
Lichens 29.107 145. «2 0,75
Fruits :
Sureau, myrtille, airelle....'. 8.155 6.735 0,40
Casse, tamarin 190.884 107.002 0,m
Antres 1.216.899 500.168 3 »
Total en valeurs :
Pour 1897. ... Fr. 13.627.325 8.693.678
Détail des import. : La guimauve nous vient d'Italie pour moins d'un 1/3 et de Belgique pour plus d'un 1/4; — la réglisse, d'Espagne pour plus de 1/2, puis de Turquie pour presque tout le reste; les racines autres, pour 1/3 d'Italie et, pour un peu moins de 1/10 chacun, d'Espagne, de Turquie et des États-Unis; — les herbes, fleurs et feuilles, pour 1/3 d'iulie, 1/6 d'.\ntriche, 1/8 de Belgique. 1/10 environ d'.\llemagne et à pea près autant des Indes anglaises ; — les écorces de citron, d'orange et variétés, de Haïti pour près de 1/2, d'Italie pour 1/7; — les écorces de quinquina, pour plus de 1/2 des Pays-Bas et pour près de 1/4 d'.\ngleterre ; — les écorces autres, pour 1/3 d'Autriche et pour 1/4 d'Angleterre ; — les lichens, presque en totalité dn Japon ; — les baies de sureau, de myrtille et d'airelle, pour 5/8 du Portugal et pour 1/4 d'Allemagne:
— la casse et le tamarin, presque tout de la Martinique:
— les fruits autres, pour 1/4 de Turquie, pour 1/8 d'Espagne et presque autant de Tunisie.
Détail des export. : La guimauve, 1/5 en .\ngleterre, 1/6 aux États-Unis, 1/8 en Espagne et en .\ntriche; — la réglisse, environ 1/3 en .\Uemagne et autant en Belgique;
ESSAIS DES MÉTAUX
ESSAIS DES MÉTAUX
— les racines autres, 2/7 en Angleterre, 1/7 en Allemagne et autant aux États-Unis; — les herbes, fleurs et feuilles, plus de la moitic en Angleterre, puis viennent l'Allemagne et la Suisse pour 1/9 chacune; — les écorces de citron, d'orange, etc., 1/3 en Belgique, 1/5 dans la République Argentine et presque autant en Allemagne;— les écorces de quinquina, près du 1/3 en Espagne, et près du 1/3 en Turquie ; — les écorces autres vont pour près de 1/2 en Espagne; — les lichens, les 2/ij en Allemagne, le 1/4 en Belgique; — les baies de sureau, de myrtille et d'airelle vont en Danemark pour plus de la moitié, presque tout le reste en Italie; — la casse et le tamarin, presque entièrement en Italie; — les fruits autres, 1/4 en Angleterre, 1/10 aux États-Unis et en Italie, etc.
Droits de douane. — Les racines de guimauve et d'althéa payent, aux 100 kilog. N. : 20 fr. T. G., 13 fr. T. M. quand elles sont fraîches et originaires du pays d'import., 23 fr. aux deux tarifs quand elles ont une autre origine; 30 fr. T. G., 23 fr. T. M. quand elles sont sèches et originaires du pays d'import., 33 fr. quand elles ont une autre origine. Les autres racines sont exemptes de droits.
Les herbes, fleurs etfeuilles sontgénéralementexemples de droits. Exception est faite : pour les fleurs de guimauve, mauve, bourrache, datura, rue, marjolaine, sauge, bouillon-blanc; pour la menthe mondée, la menllie bouquet; pour l'hysope mondée, l'hysope bouquet ; pour les fleurs de roses de Provins, de pensée; pour les fleurs de camomille, de sureau, de basilic, de mélilot, de sarriette et de saponaire, qui payent, aux 100 kgr. N., 30 fr. T. G., 40 fr. T. M. si elles sont originaires du pays d'import., 33 fr. aux deux tarifs si elles sont originaires d'ailleurs.
L'écorce de quinquina, ainsi que les écorces autres, est exempte de droits. Les écorces de citrons, d'oranges et variétés payent 10 fr. T. G., 7 fr. T. M. si elles sont originaires du pays d'import., 13 fr. aux deux tarifs en cas contraire.
Les lichens sont exempts de droits.
Les fruits et graines (il ne s'agit pas ici, bien entendu, des fruits confits au sucre ou confitures au sucre, mais seulement des espèces médicinales en nature) sont exempts de droits quand ils ne sont pas dénommés spécialement au Tarif; de môme pour la casse et le tamarin. Quant aux baies de sureau, de myrtille ou d'airelle, elles payent aux 100 kgr. N. : 100 fr. aux deux tarifs si elles sont originaires du pays d'import., et 103 fr. dans le cas contraire.
ESPÉNILLE (Bois d'). V. Bois exotiques d'ébé-
NISTERIE.
ESI'IVIT DE PREUVE. (Proof Spirit.) Terme de comparaison du titre alcoolique en Angleterre. (V. Alcoo.métrie.)
ESSAIS. Les opérations par lesquelles on se propose de reconnaître si la qualité, la composition et les propriétés d'une substance quelconque ont été altérées, soit par sophistication, soit par des causes naturelles ou accidentelles, sont désignées sous le nom A'essais. On voit par là qu'il n'est guère de marchandise qui ne puisse donner lieu à des essais. Ceux-ci sont d'autant plus nécessaires que la marchandise est plus sujette aux falsifications et aux altérations. Ce n'est pas ici le lieu de faire connaître les modes d'essai adoptés pour les diverses matières, qui toutes sont, dans ce Dictionnaire, le sujet d'articles spéciaux où l'on donne, sur leurs altérations et falsifications et sur les moyens de les reconnaître, les renseignements dont les commerçants et le public peuvent avoir besoin.
Nous nous bornons à parler spécialement ci-après des essais de matériaux, de métaux, des soies; pour le reste, nous renvoyons aux articles Alcoométrie, Dégustation, Falsific-v^tions, etc., et, en général, à tous les articles relatifs aux produits naturels ou fabriqués.
ESSAIS DES MÉTAUX. Quand on achète quelque
chose qui'en vaut la peine, on en fait la «réception », c'est-à-dire qu'on l'examine soigneusement et qu'on l'essaye, si possible. Que s'il s'agit de métaux, fer ou acier, destinés à des constructions de machines, de ponts, de chaudières, la réception se fait dans des conditions spécifiées dans un caliier des charges précis, et par les soins d'un ingénieur contrôleur. Le Génie, l'Artillerie, la Marine, les Ponts et Chaussées, les Compagnies de chemins de fer-, les constructeurs de ponts, de charpentes, de chaudières, de machines, etc., «reçoivent» tous les métaux qu'ils emploient, fonte, fer, acier, cuivre, bronze, soit à l'état de matière brute, soit à l'état de pièces finies. Les cahiers des charges spécifiant les essais à faire varient dans la forme et dans les détails, mais ils ne se contredisent pas les uns les autres. On cherche, depuis quelques années, à unifier les méthodes d'essais. Cela est très désirable, mais on ne s'est pas encore tout à fait mis d'accord. Une Commission a été formée sous le nom de Commission des méthodes d'essai des matériaux de construction. Elle a fait de la bonne besogne. Son travail, publié par l'Imprimerie Nationale, comporte 4f vol. in-4°. Le premier volume contient le rapport général ; les tomes II et III, 43 rapports spéciaux, rien que sur les essais des métaux ; le dernier volume traite des matériaux autres que les métaux. Nous renvoyons à cet excellent travail ceux de nos lecteurs qui voudront entrer dans les détails.
Les essais de métaux sont des essais physiques, mécaniques et chimiques. Nous ne parlerons que des essais mécaniques, lesquels sont les plus usuels. Ceux-ci comportent, d'après l'ordre adopté dans le, rapport général de la Commission :
i" Essais par action graduée : traction, compression, flexion, pliage, cintrage, courbage, torsion, cisaillement, poinçonnage ;
2" Essais par action brusque (choc) : flexion, pénétration superficielle, perforation ; 3° Essais de dureté et de fragilité; 4° Essais de façonnage à froid et à chaud ; 5° Essais sur pièces finies : fils, câbles, chaînes, tuyaux, tubes, plaques planes et embouties.
Certaines personnes ont attaqué les essais de traction dans ces dernières années. Elles ont fait remarquer qu'ils demandent une préparation relativement longue et coûteuse, l'emploi de machines fort dispendieuses, encombrantes et difficiles à vérifier ; en outre, pour une pièce donnée, les résultats des essais de traction, faits en différents points, varient sensiblement. Ces objections n'ont pas prévalu jusqu'à ce jour auprès des consommateurs, etj l'essai de traction est celui auquel on a, et de beau-j coup, le plus souvent recours.
On répond aux objections : que le prix des essais est à la charge de l'acheteur, par conséquent le' vendeur n'a pas à s'en plaindre; quant à l'emploi de machines difficiles à vérifier, les vérifications n'ont pas besoin d'être fréquentes, et les contrôleurs ont divers moyens de constater les fraudes; enfin, les différences constatées dans les essais faits sur une même pièce ne sont jamais assez grandes pour infirmer les conclusions tirées d'un seul essai. Il y a d'autres raisons qui militent en faveur des essais de traction : c'est de la résistance à la traction que se déduisent, en mécanique, les lois de toutes les autres résistances; c'est sur les faits expérimentaux constatés dans la traction que se basent la plupart des
ESSAIS DES MÉTAUX
ESSAIS DES METAUX
^considérations théoriques qui sont introdcites dans la science dite de la résistance des matériaux. On peut donc admettre que l'essai de traction restera longtemps encore, si ce n'est toujours, l'essai mécanique par excellence pour la plupart des métaux. Pour faire un esaai de traction du métal d'une barre profilée, d'une plaque ou tôle, d'une pièce finie, on découpe à l'outil, préalablement, une barrette dans celte barre, tôle ou pièce. Cette barrette a généralement une section rectangulaire ou circulaire sur une longueur de 100 ou 200 millimètres, elle se termine à ses deux extrémités par une section semblable, niais plus forte. Ces extrémités renforcées sont les « tètes » de la barrette, lesquelles s'insèrent entre les mâchoires de la machine à essayer. Cette machine, de types très divers, est puissante; elle exerce, dans le sens de l'axe longitudinal de la barrette, un effort total de traction qni atteint souvent et même dépasse 50 T. Son action doit être régulièrement progressive, continue, elle ne doit point agir par choc, par secousses. Elle part de zéro et ne s'arrête qu'au moment de la rupture de la pièce, dans le cas d'une expérience normale.
Si ou suit l'allongement de la barrette entre les deux coups de pointeau qui limitent la longueur de 100 ou 200 mm. sur laquelle se porte l'observation, on constate que, pendant un certain temps, l'allongement est proportionnel à l'augmentation de la charge de traction. Si, pendant ce temps, on supprime l'action de la charge, on constate que la barrette revient à sa longueur initiale. Mais, si, comme dans les essais normaux, lachargecontinue à augmenter, il arrive nn moment où les allongements croissent plus vite que les charges. Le moment où ce phénomène commence à se produire s'appelle la « limite d'élasticité », qu'il serait dangereux de dépasser en service. Au delà de la'limite d'élasticité, jusqu'à la rupture, la barrette cesse de revenir sur elle-même si l'on supprime la charge : les allongements ne sont plus élastiques, ils deviennent permanents, et, si le métal qu'on essaye à la traction est ce qu'on appelle « doux », on voit la section de la barrette diminuer en un certain point. 11 se produit une « striction » en ce point : «'est là que la barrette casse.
On note la charge de rupture, on divise cette charge par la section initiale, en millimètres carrés, 4e la barrette et on obtient ainsi la charge de rupture par millimèlre carré : c'est l'unité adoptée. On a pu calculer de même la charge à la limite d'élasticité. La barrette cassée est retirée de la machine ; la cassure est examinée attentivement, on note sa forme et son aspect. La Commission des «ssais note 13 genres de cassures au point de vue de la couleur et de l'aspect, 8 au point de vue de la forme, H à celui de la texture: ce classement -t un maximum, mais il faut une certaine praiqne pour être à même de spécifier et d'apprécier -iifBsamment une cassure : blanche, grise, terne, rillante, nette, à sifflet, à arrachements, grenue, ibreuse, etc.
La cassure examinée, on rapproche les deux moraux de la barrette cassée, et on mesnre la disince qui existe entre les coups de pointeau ; cette istance est plus grande que la distance initiale le 100 ou 200 mm.; on en déduit l'allongement pour cent. L'essai à la traction est alors terminé. Il a donné la résistance par millimètre carré à la
limite d'élasticité, la résistance à la rupture, l'allongement pour cent et la striction. Ce sont tons les éléments suffisants qui permettent d'apprécier la valeur moyenne du produit essayé.
La plupart des machines à essayer à la traction sont disposées aussi pour des essais à la compression, spécialement pour les fontes. Dans les constructions, on fait travailler généralement la fonte à la compression, attendu qne c'est dans ces conditions qu'elle résiste le mieux, et de l)eaucoup. Les échantillons soumis aux essais décompression ont généralement la forme de petits cnbesde 1 à 2 cm. de côté. Ils sont faits ainsi pour éviter pendant l'expérience toute déformation latérale, tout «flambage », qui pourrait se produire s'ils avaient plus de longueur que de côté. On n'a à observer, ici, que la charge de rupture produisant l'écrasement, charge que l'on ramène au centimètre carré.
Les essais de flexion se font soit par l'action lente d'une presse hydraulique ou à vis, soit par l'action brusque d'un mouton. Les rails sont essayés de ces deux manières; les essieux subissent le choc: la fonte s'essaie également au choc.
Voici qnelques exemples de ces essais :
À. Flexion par action lente à la presse. Rail de la C" de Lyon, type P.-L.-.M. (A), pesant 34 kilog. 200 le m. Un rail de 1 m. oO de longueur au minimum, reposant par le patin sur deux points d'appui angulaires distants de 1 m., reçoit une pression de 25 T. pendant 5 minutes, laquelle ne doit pas produire une déformation (flèche) de plus de 0 m. 005. La pression s'élevant à 40 T. ne doit pas donner une flèche de plus de 20 mm. : on pousse ensuite la charge jusqu'à ce que le rail casse.
Pendant l'expérience on note l'augmentation de la flèche sous l'accroissement continu de la charge; après rupture, on examine la cassure, comme sage.
B. Essai au choc d'un essieu d'acier pour voitures et wagons, type de la C'* P.-L.-M.
Le mouton est constitué dans son ensemble par 2 montants en fer ayant 6 à S m. de haut, reliés en haut et en bas pour maintenir leur écartement. Ces montants servent de guide au mouton proprement dit, lequel est une masse prismatique en fonte pesant, dans l'espèce, 500 kilog. Ils sont encastrés par le bas dans une masse en ;fonte (chabotte) de 10 T., laquelle repose sur un massif maçonné de 1 m. de hautenr et 3 m. carrés 3 de base. Une telle fondation a pour but d'annuler l'influence de l'élasticité, de façon que l'action produite par le choc du mouton sur l'essieu s'exerce intégralement.
L'essieu est essayé sur ses fusées et au milieu de son corps. Pour l'essai des fusées, l'essieu est maintenu par un poids de 2 T., le mouton pèse 500 kilog., sa chute est de 1 m. 60: sous le coup, la fusée frappée ne doit pas donner une flèche de plus de 25 mm. et moins de 23 mm. La fixation d'un minimum de flèche a pour but d'imposer l'emploi d'un métal doux, non cassant. Les fusées ainsi fléchies sont redressées au mouton dans les mêmes conditions.
Pour essayer le corps de l'essieu, on emploie un mouton de 400 kilog. tombant de 4 m. 50, l'essien étant appuyé sur deux supports distants de 1 m.;iO. Le choc ne doit pas donner une flèche de pins de 250 mm. et de moins'de200 mm. L'essien choisi pour l'essai doit subir deux flexions et deux redressements dans des conditions semblables.
ESSAIS DES METAUX
C. Pour les essais de fonte à la flexion par choc, on emploie généralement des barrettes carrées de 40 mm. de côté et de 200 mm. de long-. Ces barrettes, placéessur deux supports distants de 100 mm., doivent supporter (sans rompre) le choc d'un petit mouton de 12 kilog. tombant de 400 mm.
Les essais de pliage à froid et à chaud, ceux de poinçonnage, d'emboutissage, de cintrage, d'aplatissement, etc., à froid ou à chaud, sont moins usités que les précédents : ils sont un peu spéciaux. Nous ne pouvons que les mentionner. Ils ont leur utilité dans certains cas. Les essais à chaud sont assez délicats à faire, ils demandent le concours d'ouvriers exercés.
On voit que les ingénieurs ont à leur disposition de très nombreux moyens pour se rendre compte de la valeur des métaux qu'ils emploient. La nécessité d'essais nombreux se vérifiant l'un par l'autre est évidente quand on réfléchit que pour certaines constructions ou certaines pièces, comme les chaudières, les ponts, les rails, les essieux, les bandages, etc., la vie des hommes est constamment en jeu. On voit aussi que tous ces essais et leur appréciation ne peuvent être faits par le premier venu, et qu'il ne suffit pas d'être un homme pratique, un homme d'atelier exclusivement, pour être en mesure de fixer le détail des essais à faire et d'en discuter les résultats.
Quesiun industriel, un commerçant, un commissionnaire doit se procurer des barres profilées, des tôles, des pièces finies destinées à des emplois comportant un danger en cas de mauvaise fabrication, il faut qu'il les fasse /'ficeco/r par un ingénieur familiarisé avec les usines métallurgiques, les ateliers de construction et les essais de matériaux. Que si l'acheteur n'est pas fixé sur les exigences à imposer pour la réception de ces produits, il devra formuler ces exigences dans un cahier des charges. La rédaction d'un cahier des charges est chose fort complexe, et il ne faut pas non plus s'en mêler quand on n'en a pas l'expérience. C'est tout au plus si, dans ce dernier cas, on peut se permettre de choisir un cahier des charges parmi les modèles existants. Certaines personnes se figurent que les cahiers des charges les plus sévères sont les meilleurs. C'est une très grosse erreur. Certaines administrations ont des cahiers des charges tels que les fournisseurs sérieux hésitent à soumissionner, s'abstiennent même. Ces cahiers des charges exagérés forcent le fournisseur à frauder : cela a été dit dans des enquêtes. D'autres cahiers des charges ne sont que des extraits mêlés de modèles divers; ceux-là aussi sont dangereux, et l'ingénieur contrôleur qui doit veiller à l'exécution d'exigences contradictoires quelquefois, non formulées dans le même esprit en tous cas, se trouve très embarrassé dans l'exercice de son contrôle. Il ne peut apporter dans l'appréciation de ses essais l'unité nécessaire, et la qualité des matières reçues s'en ressent. Les cahiers des charges de nos grandes Compagnies de chemins de fer sont de bons modèles à suivre, quoiqu'ils ne se ressemblent pas encore assez.
Le cadre du présent travail étant forcément très étroit et le public auquel nous nous adressons n'étant pas spécial, nous ne pouvons qu'indiquer ici les procédés de métallographie microscopique étudiés par M. Osmond et analysés par l'auteur dans les rapports de la Commission des essais. Ces procédés, en cours d'étude dans certaines parties, permettront